Activités politiques des frères Koch

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Les activités politiques des frères Koch concernent les influences politique et financière de Charles G. et de David H. Koch sur la politique aux États-Unis. Cette influence transparaît tant directement qu'indirectement au travers des multiples organisations politiques que soutiennent les frères Koch[1],[2],[3]. Les frères Koch sont les fils de Fred C. Koch, fondateur des Koch Industries, la deuxième plus grande entreprise privée des États-Unis, qu'ils détiennent à 84%[4]. Les deux frères sont aussi les principaux contributeurs des fondations de la famille Koch, qui servent leurs intérêts en matière environnementale et politique. 

Les deux frères ont significativement contribués à financer des think tanks libertarien et conservateur. Leur réseau d'organisations a dépensé près de 889 millions de dollars entre 2009 et 2016 et il est comparé par Politico comme le principal rival du comité national républicain[5]. Ils supportent activement des organisations qui soutiennent des candidats républicains, et en particulier ceux qui luttent pour la réduction de l'importance de l'État, la réduction des dépenses publiques, notamment en matière de santé avec la sécurité sociale. Dotés d'une fortune basée sur les énergies fossiles, ils sont également de fervents supporters des organisations et scientifiques notables capables de légitimer le climatoscepticisme, afin de pouvoir prolonger leurs activités d'extraction pétrolière avec la Koch Industries[6]. Jusque 2010, ils ont également donné environ 100 millions de dollars à des dizaines d'organisations promouvant le libéralisme économique et la dérégulation des marchés[6].

Les frères Koch sont également omniprésents directement dans la politique américaine. Ainsi en 2013, plus de la moitié du Sénat et de la chambre des représentants ont reçu de l'argent de la part d'un ou des deux frères[7]. Cette contribution massive dans la politique change radicalement depuis le début des années 1990 les mesures prises, presque toujours servant les intérêts de la famille Koch.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'expression "frères Koch" se réfère généralement aux fils de Fred C. Koch[8],[9],[10],[11]. Les deux frères les plus actifs sont Charles Koch and David H. Koch qui ont racheté les parts de leurs frères Frederick et Bill en 1983[12].

David H. Koch fut le vice-président du ticket du parti libertarien en 1980[13], aux côtés de Ed Clark. Ils soutenait la suppression de la sécurité sociale, du FBI et de la CIA, ainsi que des écoles publiques[14],[15]. Koch a sorti un demi-million de dollar de sa poche pour cette campagne, alors que lui et Ed Clark n'ont fait qu'1,1% durant l'élection[16]. L'expérience des présidentielles de David Koch a convaincu les frères de ne pas se lancer dans une carrière politique, mais à la place, d'user de leur fortune pour arriver à véhiculer leurs idées et leurs volontés.

David Koch supportait le mariage gay ainsi que le retrait des troupes militaires du Moyen-Orient. Il était aussi partisan d'une coupe budgétaire dans la défense et une augmentation des taxes pour rééquilibrer le budget[17].

Désirant maintenir leur anonymat, Charles et David donnent à des groupes à but non-lucratif qui ne révèlent pas l'identité de leur donneurs[18].

Charles Koch soutient et finance des organisations promouvant les idées libertariennes et d'économie de marché libre, comme l'Institut Cato[19],qu'il a co-fondé avec Edward H. Crane et Murray Rothbard en 1997[20], et il est membre du comité de direction du Mercatus Center, un think tank d'orientation de marché. Charles Koch a soutenu son frère dans sa candidature à la vice-présidence en 1980[6]. Après cet échec, Charles affirme la politique conventionnelle est un "marché corrompu" et qu'il "souhaite faire avancer les idées libertariennes"[6]. En plus des organisations, les frères Koch soutiennent et financent des universitaires libertariens[21], ainsi depuis 1992, el Charles G. Koch Summer Fellow Program soutien et favorise la réussite de jeunes libertariens[22].

Les deux frères promeuvent leur idéal d'un marche libre, en soutenant la liberté économique, et en la considérant comme essentiel pour le bien-être de la société.

Activité politique[modifier | modifier le code]

La société Koch Industries se dit elle-mêmes porteuses des valeurs de l'économie de marché et d'une société libre, et supportant ceux qui font de même[23] .

En 2014, Charles Koch écrit au Wall Street Journal qu'il souhaite restaurer les "principes d'une société libre." Il décrit ses opposants comme des "collectivistes"[24],[25].

Contributions politiques[modifier | modifier le code]

En 2008, les trois principales fondations de la famille Koch ont financé 34 organisations politiques, dont trois que la famille a fondé, et plusieurs qu'ils dirigent[6]. En 2011, le comité d'action politique de l'entreprise familiale, Koch Industries, a donné près de 2,6 millions de dollars à des candidats aux élections présidentielles américaines[26]. Les frères Koch supportent principalement des candidats républicains. En 2010, ils soutiennent la proposition 23 en Californie qui visait la suspension du "Global Warming Solutions Act" de 2006[27],[28],[29],[30]. Les deux frères ont donné près de 60 millions de dollars pour les élections présidentielles de 2012 en vue de faire perdre Barack Obama[31],[32]. Selon le Center for Responsive Politics, sur les 274 millions de dollars de dons anonymes, au moins 86 millions peuvent être "attribués à des groupes de donateurs du réseau de la famille Koch[33],[34]."

Aide financière au gouverneur Scott Walker[modifier | modifier le code]

Selon Mother Jones, le comité d'action politique (PAC) de Koch Industries est le deuxième financeur de la campagne électorale de Scott Walker pour l'élection du gouverneur du Wisconsin en 2010[26],[35]. Cette contribution ne représente cependant qu'un demi pour cent de la campagne de Walker[36],[35]. La plupart du soutien de Walker vient en réalité d'un financement de près de 3 millions de dollars de la part de Americans for Prosperity, groupe de défense d'intérêts sous la houlette des frères Koch[37]. Selon le Palm Beach Post, AFP ont dépensé près de 700 000 dollars pour la communication de Scott Walker dans sa position contre la négociation collective[38],[39].

Mitt Romney[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, David H. Koch a organisé un dîner de charité à 50 000 dollars le repas pour la campagne des élections présidentielles de 2012 de Mitt Romney au sein du parti républicain, suscitant protestations et opposition dans le camp libéral et progressiste[18],[40],[41],[42]. Les industries Koch ont par ailleurs citées ces protestations comme un exemple de l'hypocrisie libéral[43]. William Koch, frère de Charles et David, a donné un million de dollar à l'association Restore Our Future, un super-PAC soutenant Mitt Romney[18]. Durant les primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2008, David Koch a donné 2 300 dollars à Romney[18].

Élections de 2016[modifier | modifier le code]

Un groupe associé aux Koch ont annoncé la levée de 889 millions de dollars pour les élections présidentielles américaines de 2016[44],[45],[46].

Les efforts contre le PATRIOT Act[modifier | modifier le code]

Les frères Koch ont donné chacun 10 millions de dollars à l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) pour s'opposer à l'administration Bush et au PATRIOT Act[47]. Selon le magazine Reason, ces 20 millions de dollars correspond "substantiellement à plus ce que les Koch ont donné pour tous les candidats combinés durant ces quinze dernières années[47],[48]."

Organisations[modifier | modifier le code]

Le réseau des frères Koch

Impact[modifier | modifier le code]

Une étude de 1997 du Comité national de la philanthropie (NCRP) a identifié douze fondations américaines qui ont eu une influence clé dans la politique publique américaine depuis les années 1960. Parmi elles, trois étaient de la famille Koch[49]

Fondations familiales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fondations de la famille Koch.

Groupes de réflexion et organisations politiques[modifier | modifier le code]

Charles et David Koch sont à l'origine du développement de nombre d'organisations organisant la vie politique américaine. Ils sont des acteurs fondateurs du Cato Institute et de la société fédéraliste[50], et sont membres et donateurs du Mercatus Center[51], de l'Institut pour les études humaines[51], de l'Institut pour la justice[52], de l'Institut pour la recherche énergétique[53], de l'Heritage Foundation[54], de l'Institut de Manhattan[54], de la Reason Foundation[51], de l'institut George C. Marshall[55], de l'Institut de l'entreprise américaine[55], et de l'institut Fraser[56],[57]. Ils font partie des directoires de nombres de ces instituts et organisations comme l'Institut Cato[58], la Reason Foundation ou l'Institut Aspen[59]. En 2011-2012, durant la période électorale, le réseau d'organisations soutenues par les frères Koch a soulevé plus de 400 millions de dollars[53].

Citizens for a Sound Economy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Citizens for a Sound Economy.

Americans for Prosperity[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Americans for Prosperity.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kenneth Vogel, « The Koch ATM », Politico,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Nicholas Confessore, « Koch Brothers’ Budget of $889 Million for 2016 Is on Par With Both Parties’ Spending », New York Times,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Daniel Schulman, « Koch vs. Koch: The Brutal Battle That Tore Apart America's Most Powerful Family », Mother Jones,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Fisher, Daniel, « Inside The Koch Empire: How The Brothers Plan To Reshape America », Forbes,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Kenneth P. Vogel, « Behind the retreat of the Koch brothers' operation », sur politico.com, (consulté le 27 octobre 2016)
  6. a, b, c, d et e (en) Jane Mayer, « Covert Operations: The billionaire brothers who are waging a war against Obama », The New Yorker, Condé Nast Publications,‎ (lire en ligne)
  7. Park Avenue: money, power and the American dream - Why Poverty? , par The Why 5 janvier 2013
  8. (en) Jonathan T. Davis, Forbes Richest People: The Forbes Annual Profile of the World's Wealthiest Men and Women, Wiley, (ISBN 978-0-471-17751-7), p. 138 :

    « Founding member (1958) John Birch Society  – reportedly after seeing Russian friends liquidated »

  9. (en) Hoover's 500: Profiles of America's Largest Business Enterprises, Hoover's Business Press, (ISBN 978-1-57311-009-9), p. 286 :

    « In 1929 Koch took his process to the Soviet Union, but he grew disenchanted with Stalinism and returned home to become a founding member of the anticommunist John Birch Society. »

  10. (en) Leslie Wayne, « Brothers at Odds. », The New York Times, NY,‎ , Sec. 6; Part 2, p 100 col. 1. (ISSN 0362-4331, lire en ligne) :

    « He returned a fervent anti-Communist who would later become a founding member of the John Birch Society. »

  11. (en) Sara Diamond, Roads to Dominion: Right-Wing Movements and Political Power in the United States, New York, Guilford Press, (ISBN 0-89862-862-8), 324 n. 86.
  12. The brothers settled in 2001, in (en) Kroll, Luisa, « Billionaire Family Feuds: The High Stakes Of Dysfunction And Dissent », Forbes,‎ (lire en ligne)
  13. Quixotic ’80 Campaign Gave Birth to Kochs’ Powerful Network May 17, 2014 NYT
  14. (en) Phil Kerby, « The Libertarians: Freedom to a Fault? », Los Angeles Times,‎ , D1 (lire en ligne)
  15. (en) Charlotte Curtis, « Man Without a Candidate », The New York Times,‎
  16. (en) Brian Doherty, « Where Did the Libertarian Party Go Wrong? », Reason, (consulté le 9 septembre 2011)
  17. (en) Kenneth P. Vogel, « David Koch breaks from GOP on gay marriage, taxes, defense cuts », POLITICO
  18. a, b, c et d (en) Bykowicz, Julie, « Romney's 'Koch Problem': $3 Million », Bloomberg News,‎ (lire en ligne)
  19. (en) Kate Zernike, « Secretive Republican Donors Are Planning Ahead », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « 25 Years at Cato » (consulté le 10 juillet 2009)
  21. (en) Brian Doherty, Radicals for Capitalism: A Freewheeling History of the Modern American Libertarian Movement, PublicAffairs, (ISBN 1-58648-572-5), p. 410 :

    « One longtime Koch lieutenant characterized the overall strategy of Koch's libertarian funding over the years with both a theatrical metaphor and an Austrian capital theory one: Politicians, ultimately, are just actors playing out a script. The idea is, one gets better and quicker results aiming not at the actors but at the scriptwriters, to help supply the themes and words for the scripts - to try to influence the areas where policy ideas percolate from: academia and think tanks. Ideas, then, are the capital goods that go into building policy as a finished product – and there are insufficient libertarian capital goods at the top of the structure of production to build the policies libertarians demand. »

  22. (en) « Charles G. Koch Summer Fellow Program », Institute for Humane Studies at George Mason University (consulté le 10 septembre 2010) : « The Charles G. Koch Summer Fellow Program combines a paid public policy internship with two career skills seminars and weekly policy lectures. You'll gain real-world experience, take a crash course in market-based policy analysis, and hone your professional skills. The intensive ten-week program begins in June and includes a $1,500 stipend and a housing allowance. »
  23. (en) « A Consistent, Principled Effort », Koch Industries (consulté le 9 septembre 2011)
  24. (en) « Charles Koch: I'm Fighting to Restore a Free Society », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  25. (en) « Moran Reads Kochs Commentary into Congressional Record » (consulté le 19 avril 2014)
  26. a et b (en) « Wisconsin Gov. Scott Walker: Funded by the Koch Bros. », Mother Jones, (consulté le 15 avril 2011)
  27. (en) « Names in the News: David and Charles Koch - Follow The Money », followthemoney.org
  28. (en) Todd Woody, « A Foil for the Koch Brothers? », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Margot Roosevelt, « Bid to suspend California global-warming law gets million from billionaire brothers' firm », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  30. (en) « Names in the News: David and Charles Koch - Follow The Money », followthemoney.org
  31. Koch Brothers pledge to defeat Obama in 2012, theatlanticwire.com
  32. (en) « The Koch Brothers Pledged $60 Million to Defeat Obama », Yahoo News,
  33. (en) Robert Maguire, « At Least 1 in 4 Dark Money Dollars in 2012 Had Koch Links », sur opensecrets.org, The Center for Responsive Politics, (consulté le 3 décembre 2013)
  34. (en) Kraske, Steve, « When it comes to political donations, the Koch Brothers trump all », Kansas City Star, (consulté le 5 décembre 2013)
  35. a et b (en) « Campaign Finance Limits and Deadlines », Wisconsin Government Accountability Board
  36. (en) Matthew Continetti, « The Paranoid Style in Liberal Politics », The Weekly Standard,‎ (lire en ligne)
  37. (en) « The Koch brothers alone gave twice as much money to Scott Walker as the total amount of money raised by Tom Barrett. », PolitiFact (consulté le 5 novembre 2013)
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  39. (en) Nick Carey, « Money flows into Wisconsin governor recall fight », Reuters,‎ (lire en ligne)
  40. Reston, Maeve. "Protesters raise cloud of sand as Romney raises 3 million $ in N.Y.", Los Angeles Times. Retrieved July 9, 2012.
  41. Gendar, Alison. "Mitt Romney hits the Hamptons and adds 3 million $ to his campaign war chest", New York Daily News, retrieved July 9, 2012.
  42. Rutenberg, Jim. "The Republicans' $3 Million Weekend in the Hamptons", The New York Times; retrieved July 8, 2012.
  43. O'Connor, Claire. "'Mitt Romney Has A Koch Problem' Say Protesters At Billionaire's Hamptons Fundraiser", Forbes, retrieved July 9, 2012.
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  47. a et b (en) Radley Balko, « The Koch Brothers' Right-Wing Conspiracy to Undermine the PATRIOT Act », Reason,‎ (lire en ligne)
  48. (en) Hunter, Jack, « When the Koch Brothers gave the ACLU $20 million to fight the Patriot Act », Rare,
  49. Sally Covington, Moving A Public Policy Agenda: The Strategic Philanthropy of Conservative Foundations, Washington, DC: National Committee for Responsive Philanthropy (en), 1997.
  50. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées LATimes2011-02.
  51. a, b et c (en) Dave Levinthal, « Inside the Koch brothers' campus crusade », Center for Public Integrity,‎ (lire en ligne)
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  54. a et b (en) Julia Lurie, Daniel Schulman et Tanseem Raja, « The Koch 130 », Mother Jones,‎ (lire en ligne)
  55. a et b (en) George Monbiot, « The Tea Party movement: deluded and inspired by billionaires », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  56. Huffington Post Canada, April 26, 2012; retrieved April 26, 2012.
  57. "Fraser Institute accepted $500K dollars in funding from oil billionaires", Vancouver Observer, April 25, 2012; retrieved April 26, 2012.
  58. Cato Institute, Board of Directors; accessed February 1, 2011.
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