Heritage Foundation

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Heritage Foundation
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Domaine d'activité Politique intérieure et étrangère, questions de société
Histoire
Création 1973
Budget
Caractéristiques
Personnes-clés Jim DeMint, président.
Joseph Coors, Edwin Feulner et Paul Weyrich, fondateurs.
Edward Noble, Richard Mellon Scaife, donateurs.
Siège Washington, États-Unis
Site web heritage.org

La Heritage Foundation est un laboratoire d'idées et lobby américain basé à Washington. Il se donne pour mission de « formuler et promouvoir des politiques publiques conservatrices sur les principes de la libre entreprise, du gouvernement limité, de la liberté individuelle, des valeurs traditionnelles américaines et d'une défense nationale forte »[1].

La fondation a eu une influence prépondérante auprès de la présidence Ronald Reagan entre 1980 et 1988, et continue d'exercer un grand rôle dans la conception des politiques publiques américaines, au point d'être considérée comme l'un des plus puissants think tanks des États-Unis dits conservateurs[2](bien que libéral sur plusieurs points, notamment sur le plan économique), mais plutôt couramment appelé néo-conservatisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

La Heritage Foundation est fondée en 1973 par Joseph Coors, Edwin Feulner et Paul Weyrich[3]. Profitant de la dynamique du militantisme économique né du mémorandum Powell (en)[4], mécontents du « consensus libéral (en) » du président américain Richard Nixon, comme de la nature consensuelle et prudente des laboratoires d'idées existant[5], Weyrich et Feulner cherchent à créer une organisation qui fournirait en temps voulu aux décideurs politiques des argumentaires concis. Grâce à 200 000 dollars apportés par Joseph Coors, la Analysis and Research Association est d'abord lancée en 1970, soutenue par les magnats de la presse Edward Noble et Richard Mellon Scaife. L'organisation est finalement repensée et la subdivision dédiée à la politique devient la Heritage Foundation, le 16 février 1973. Paul Weyrich est son premier président. Plus tard, sous la présidence de Frank J. Walton, la structure adopte la méthode de la collecte de fonds par publipostage, avec pour conséquence une hausse de son revenu de un million par an en 1976[6].

Sous l'administration Reagan[modifier | modifier le code]

En janvier 1981, au début de la mandature Reagan, la fondation publie Mandat pour le leadership (en), un rapport de plus de 2000 suggestions visant à réduire le poids du gouvernement fédéral et à le faire évoluer, sur le plan de la politique sociétale, vers une direction conservatrice. Il est bien reçu par la Maison-Blanche, et nombre de ses rédacteurs intègrent ensuite un poste au sein de l'administration en place. Environ 60% des propositions ont été mis en œuvre ou initié durant la première année de mandat de Ronald Reagan[6],[7].

Le think tank préconise également le développement d'un nouveau système de défense balistique pour les États-Unis. Reagan l'adopte en tant que priorité de défense en 1983, sous l'appellation « Initiative de défense stratégique. »[6] Au milieu des années 1980, la Heritage Foundation s'affirme en tant qu'organisation-clé au sein du mouvement conservateur national, en publiant des rapports influents en politique intérieure et extérieure, de même que par le biais de figures en vue telles que Bob Dole et Pat Robertson[6]. Le magazine Time désigne la fondation comme étant « la principale entité d'une nouvelle race de laboratoires d'idées. »[8]

Sous l'administration George H.W. Bush[modifier | modifier le code]

Alors que George H.W. Bush, vice-président de Ronald Reagan durant ses deux mandats, lui succède à la présidence du pays en 1988, la fondation maintient son influence dans les choix politiques de l'administration. Elle est un partisan majeur de l'Opération Desert Storm en Iraq et, selon Frank Starr, correspondant à Washington du journal le Baltimore Sun, les études de l'organisation « ont grandement contribué à la réflexion » de la Maison-Blanche sur sa politique étrangère post-soviétique[9]. En politique intérieure, à l'occasion de sa proposition de budget pour 1990, le gouvernement reprend six des dix réformes rédigées dans l'ouvrage Mandat pour le leadership III. Le laboratoire d'idées est également impliqué dans la « guerre culturelle » des années 1990, avec la publication de « l'Index des indicateurs culturels dominants » de William John Bennett. Le document soutient que le crime, les naissances hors-mariage, le divorce, le suicide des adolescents, la drogue et quatorze autres indicateurs sociaux se sont dégradés depuis les années 1960[6].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Heritage Foundation – About
  2. Berkowitz, Bill. « The Heritage Foundation at 35 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2014-07-25, Media Transparency, March 3, 2008.
  3. « Brewery magnate Joseph Coors dies at 85 », USA Today,‎ (lire en ligne)
  4. Bill Moyers, « How Wall Street Occupied America ». The Nation, 2 novembre 2011.
  5. Susanna Monroney, « Laying the Right Foundations », Rutherford,‎ , p. 10
  6. a, b, c, d et e Lee Edwards, The Power of Ideas, Ottawa, Illinois, Jameson Books (ISBN 0-915463-77-6).
  7. Richard Holwill, The First Year, Washington, D.C., The Heritage Foundation, , p. 1.
  8. « Joining the think ranks », Time,‎ (lire en ligne)
  9. Frank Starr, « What Will the U.S. Fight For? », Baltimore Sun,‎ (lire en ligne)