Évacuation de ressortissants

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L'évacuation de ressortissants (abrégé ː RESEVAC) est un type d'opération militaire, par lequel une (ou plusieurs) force(s) armées(s) fait quitter aux citoyens étrangers un pays où ils sont en danger. La plupart du temps, ce danger est lié à l'instabilité politique, des émeutes voire une guerre civile. Parfois c'est également la conséquence d'une catastrophe naturelle ː tremblement de terre, cyclone, tsunami, etc.

Théorie[modifier | modifier le code]

L'évacuation de ressortissants est une opération très complexe, présentant de forts enjeux politiques et diplomatiques. Elle consiste à faire intervenir, dans un pays où le fonctionnement normal des services publics n'est plus assuré, une force armée étrangère, qui ne doit pas prendre parti pour un camp dans le cadre d'une guerre civile. Son seul rôle consiste à faire quitter le pays aux citoyens de sa nationalité, ou éventuellement d'autres nationalités, pour les amener en lieu sûr. Il existe peu de forces armées dans le monde capables de mener seules une telle opération, qui fait appel à de multiples composantes ː terrestre, aérienne, maritime, voire spatiale (satellite de reconnaissance). Les seuls pays ayant mené avec succès de telles opérations sont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

La doctrine militaire française[1] distingue ː

  • Évacuation primaire, qui consiste à extraire les ressortissants des lieux où ils sont en danger (domicile, travail) vers une zone sûre, contrôlée par des forces amies ː les points de regroupement (PR). C'est la partie la plus délicate ː les forces terrestres doivent trouver les ressortissants, et les évacuer dans de bonnes conditions de sécurité (par exemple, dans des véhicules blindés) vers une zone sûre. Elles sont susceptibles d'être prises à partie par les belligérants, et de devoir répliquer par la force pour remplir leur mission. Les ressortissants rassemblés dans les PR sont ensuite transportés, toujours sous escorte militaire, vers un point d'évacuation (PE) central (aérodrome local, port, plage) où ils pourront être récupérés par des navires, avions de transport tactique ou hélicoptères, et de là vers un centre de regroupement et d'évacuation des ressortissants (CRER), toujours déployé en zone sûre, où ils seront accueillis pendant une période pouvant aller jusqu'à plusieurs jours.
  • Évacuation secondaire, qui consiste à faire quitter le pays aux ressortissants à partir du CRER, soit vers un pays voisin où ils seront en sécurité, soit directement vers leur pays d'origine. Elle n'est pas non plus exempte de danger ː ainsi, en 2008, un avion de transport militaire français décollant de N'Djaména a été visé par un tir de missile, qui l'a raté[2].

Historique[modifier | modifier le code]

La première grande évacuation par voie aérienne eut lieu entre décembre 1928 et février 1929, lorsque 586 étrangers durent quitter Kaboul lors d'une guerre civile[3]. Leur évacuation fut assurée par la Royal Air Force vers l'Inde, la voie terrestre étant trop dangereuse.

Principales opérations RESEVAC[modifier | modifier le code]

Les opérations RESEVAC au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « DIA – 3.4.2. LES OPÉRATIONS. D'ÉVACUATION DE RESSORTISSANTS (RESEVAC) ».
  2. « La bataille de N’Djamena », sur Grands-reporters.com, (consulté le 1er mai 2018).
  3. (en) Ben Farmer, « Afghanistan: 80 years since the British evacuation of Kabul », sur The Daily Telegraph, (consulté le 14 novembre 2016).
  4. Pierre Sergent, La Légion saute sur Kolwezi, Presses de la cité, 1978 (ISBN 2724203984)
  5. Paul Villatoux, « La Légion saute sur Kolwezi. Opération Bonite », Le Fana de l'Aviation, no 582,‎ , p. 30-37.
  6. Jean-Dominique Merchet, « Evacuation des étrangers », Libération,‎ .
  7. « Tchad: 936 étrangers évacués depuis samedi », La Dépêche,‎ .

Bibliographie[modifier | modifier le code]