Élections législatives roumaines de 2020

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Élections législatives roumaines de 2020
329 députés et 136 sénateurs
avant
Marcel Ciolacu.png Parti social-démocrate – Marcel Ciolacu
EPP Summit, Sibiu, May 2019 (47021083044) (cropped).jpg Parti national libéral – Ludovic Orban
Dan Barna.jpg Union sauvez la Roumanie – Dan Barna
EPP Congress 5719 (8099356346).jpg Union démocrate magyare de Roumanie – Hunor Kelemen
Victor Ponta la semnarea declaratiei politice privind infiintarea USL 2.0 - 14.11 (4) (15621866127) (cropped 2).jpg Alliance des libéraux et démocrates – Călin Popescu-Tăriceanu
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Parti Mouvement populaire – Eugen Tomac
Victor Ponta debate November 2014.jpg Pro Romania – Victor Ponta
Premier ministre
Sortant
Ludovic Orban
PNL

Les élections législatives se tiendront en Roumanie d'ici décembre 2020, si le Parlement n'est pas dissout avant cette date. Un scrutin anticipé est cependant possible du renversement du gouvernement par une motion de censure.

Le Parti national libéral est jugé favori du scrutin.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dissensions entre présidence et gouvernement[modifier | modifier le code]

Le pays est depuis plusieurs années le théâtre d'un bras de fer entre le président pro-européen Klaus Iohannis - soutenu par le Parti national libéral et le Forum démocratique des Allemands de Roumanie - et le gouvernement mené par le Parti social-démocrate. Le chef d'État et le gouvernement s'affrontent en particulier sur des réformes liées à la justice et à la lutte contre la corruption[1],[2]. Cette opposition conduit notamment à la mise à référendum par Iohannis de deux propositions sur ces thèmes le 26 mai 2019.

La population est amenée à se prononcer sur deux questions. La première porte sur l'interdiction des pardons et des amnisties en faveurs de personnes condamnées pour corruption. La seconde propose quant à elle d'interdire au gouvernement de recourir à des ordonnances d'urgence dans le domaine judiciaire, et à faciliter le droit de recours à la Cour constitutionnelle contre ce type d'ordonnance.

Les deux propositions sont approuvées par plus de 80 % des votants, pour un taux de participation qui, bien que ne s'élevant qu'à un peu plus de 40 %, se révèle plus important qu'attendu, et permet une validation des résultats par franchissement des quorum exigés. Le référendum est par conséquent vu comme un désaveu de la coalition au pouvoir qui avait appelée au boycott, et un soutien à la lutte anti corruption du président Iohannis[3].

Pré-campagne et chute du gouvernement[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2019, la Première ministre Viorica Dăncilă est désignée candidate à l'élection présidentielle roumaine de novembre suivant[4]. Le 26 août, du fait de cette désignation par le PSD, plutôt que de soutenir Călin Popescu-Tăriceanu, candidat de l'ALDE, ce dernier quitte la coalition gouvernementale. Dăncilă a alors 45 jours pour convoquer un nouveau vote de confiance et de chercher de nouveaux alliés[5]. Cette rupture a lieu suite à l'incarcération en mai de la même année de Liviu Dragnea, ancien président de la Chambre des députés et chef du PSD, au pouvoir depuis 2016[6]. Le lendemain, l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), qui a soutenu le gouvernement du PSD jusqu'en juin 2019, rejette une proposition de soutenir le gouvernement en échange d'y entrer[7].

Fin août, le président Iohannis rejette les nominations de nouveaux ministres par le PSD, exigeant à la place un vote de confiance[8].

Le gouvernement est renversé le 10 octobre, à l'issue de l'adoption de la quatrième motion de censure déposée à son encontre, votée par 238 voix favorables, soit cinq de plus que la majorité requise[9],[10]. Le président Klaus Iohannis doit tenir des consultations pour la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale[11]. Des législatives anticipées peuvent aussi être convoquées si la majorité des députés s'y résignent. Cette solution a les faveurs du président et du Parti national libéral (PNL) dont il est issu et de l'Union sauvez la Roumanie (USR)[12].

Formation d'un nouveau gouvernement[modifier | modifier le code]

Le 11 octobre, le président Iohannis annonce la nomination prochaine d'un nouveau Premier ministre d'ici le 15 octobre, affirmant que le prochain gouvernement devrait être issu du PNL. Celui-ci soutient la candidature de son président Ludovic Orban[13].

Le 15 octobre, Orban est formellement chargé de former un gouvernement par le président Iohannis. Il a dix jours pour obtenir la confiance du Parlement de Roumanie[14]. Tandis que Pro Romania a exprimé son refus de soutenir un tel gouvernement, l'Union sauvez la Roumanie (USR) — qui plaide pour des législatives anticipées — et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), disent ne pas exclure un possible soutien parlementaire conditionnel à ce gouvernement[15].

Renversement du gouvernement Orban[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Orban est renversé le 5 février 2020 par une motion de censure déposée par l'opposition sociale-démocrate, qui s'oppose au projet de loi de réforme du Code électoral prévoyant le rétablissement du scrutin à deux tours pour l'élection des maires. La motion recueille 261 suffrages favorables, soit 28 de plus que le minimum requis[16].

Le 6 février, Orban est chargé de former un nouveau gouvernement[17]. Les analystes estiment que le projet de réforme du système électoral et la reconduction d'Orban sont une stratégie du président Iohannis pour obtenir des législatives anticipées[18]. Le 10 février, Orban annonce une composition gouvernementale identique à celle votée en novembre 2019[19].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le mode de scrutin pour l'élection des députés et des sénateurs a été modifié en 2015. La nouvelle loi électorale, promulguée le 20 juillet 2015 par le président Klaus Iohannis, accorde un député pour 73 000 habitants et un sénateur pour 168 000 habitants[20]. Par conséquent, 308 députés et 135 sénateurs sont à élire, auxquels s'ajoutent les 18 députés représentants les minorités nationales et les quatre députés et les deux sénateurs représentants la diaspora[21].

La nouvelle loi électorale marque le retour à un scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre des județe tant pour le Sénat que pour la Chambre des députés[22].

Les partis doivent dépasser le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés pour obtenir une représentation parlementaire, alors que les alliances électorales doivent atteindre 8 à 10 % de ces suffrages. Pour la première fois, les Roumains vivant à l'étranger peuvent voter par correspondance, afin d'éviter les difficultés d'organisation de vote ayant eu lieu lors de l'élection présidentielle de 2014[22].

Principaux partis politiques[modifier | modifier le code]

Parti et coalition Président Idéologie Sièges en 2016
Députés Sénateurs
Parti social-démocrate (PSD) Marcel Ciolacu Centre gauche
Social-démocratie, Conservatisme social, Populisme
154 67
Parti national libéral (PNL) Ludovic Orban Centre droit
Libéral-conservatisme
69 30
Union sauvez la Roumanie (USR) Dan Barna Centre droit
Europhilie, Anti-corruption
30 13
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) Hunor Kelemen Centre droit
Défense des droits des magyars de Roumanie, Régionalisme
21 9
Alliance des libéraux et démocrates (ALDE) Călin Popescu-Tăriceanu Centre droit
Libéral-conservatisme, Populisme
20 9
Parti Mouvement populaire (PMP) Eugen Tomac Centre droit
Libéral-conservatisme
18 8
Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité (PLUS) Dacian Cioloș Centre droit
Europhilie, Libéralisme, Anti-corruption
Nouveau
Pro Romania (PRO) Victor Ponta Centre
Social-libéralisme
Nouveau

Sondages[modifier | modifier le code]

Intentions de votes en vue des élections législatives de 2020.
Institut Date Echantillon PSD ALDE USR PNL UDMR PMP PLUS PRO Autres Avance
IMAS 15 juillet –2 août 2019 1 010 19,4 % 7,3 % 21,4 % 25,5 % 4,2 % 2,9 % 9 % 6 % 4,2 % 4,1 %
IMAS 7–26 juin 2019 1 010 18,9 % 8,5 % 17,6 % 27,5 % 2,5 % 3,7 % 9,8 % 7,6 % 3,8 % 8,6 %
IMAS 2–20 mai 2019 1 010 21,4 % 10,2 % 14,4 % 29,3 % 3,3 % 5,5 % 8 % 6,3 % 1,7 % 7,9 %
IMAS 1er–21 février 2019 1 010 16 % 8,5 % 7,2 % 16,2 % 3,4 % 2,4 % 7,6 % 5,5 % 1,7 % 0,2 %
IMAS 11–30 janvier 2019 1 011 17,4 % 9,2 % 7,6 % 15,2 % 3 % 2,6 % 5,6 % 6,1 % 2,2 % 2,2 %
IMAS janvier 2019 NC 25,3 % 13,4 % 11 % 22,1 % 4,4 % 3,8 % 8,1 % 8,8 % 3,2 % 3,2 %
IMAS 4–20 décembre 2018 1 010 16,4 % 6,3 % 7,5 % 17,1 % 3 % 1,7 % 4,1 % 5,3 % 4 % 0,7 %
IMAS décembre 2018 1 010 25,2 % 9,6 % 11,5 % 26,1 % 4,6 % 2,5 % 8,1 % 6,2% 6,2 % 0,9 %
IMAS novembre 2018 1 010 24,9 % 11,7 % 14,8 % 23,3 % 5,8 % 2,1 % 8,2 % - 9,2 % 1,6 %
IMAS septembre 2018 28,1 % 11 % 9,5 % 27,1 % 5,6 % 2,7 % 10,1 % - 3 % 1 %
[1] 12 août-15 août 2018 800 25 % 10 % 9 % 21 % 4 % 3 % 13 % 7 % 8 % 4 %
Sociopol 7 août- 20 août 2018 1 005 35 % 10 % 8 % 19 % 4 % 3 % 13 % 3 % 5 % 16 %
IMAS juin 2018 1200 28.4 % 8.6 % 11.3 % 29.2 % 5 % 2.8 % 8 % - 10.9% 0.8 %
Sociopol 28 mai-8 juin 2018 1 003 40 % 7 % 9 % 18 % 5 % 1 % 8 % 3 % 9 % 22 %
IMAS février 2018 1 010 28.6 % 10.6 % 11.2 % 29.4 % 4.5 % 4.6 % - - 10.9% 0.8 %
Sociopol 27 Fev–5 mars 2018 1 000 34 % 5 % 12 % 33 % 6 % 5 % - - 5 % 1 %
CURS 3–10 janvier 2018 1 068 42 % 9 % 5 % 27 % 6 % 5 % - - 6 % 15 %
Avangarde 24 Nov–7 décembre 2017 700 46 % 13 % 5 % 23 % 5 % 4 % - - 4 % 23 %
CURS novembre 2017 1 067 43 % 9 % 5 % 27 % 6 % 6 % - - 4 % 16 %
IMAS septembre 2017 1 000 38.8 % 8.1 % 6.8 % 30.9 % 5 % 3 % - - 7.4 % 7.9 %
Sociopol 28 aout–14 septembre 2017 1 005 51 % 6 % 7 % 27 % 4 % 3 % - - 2 % 24 %
Avangarde 15–22 juin 2017 781 46 % 6 % 9 % 30 % 3 % 5 % - - 1 % 16 %
IMAS avril 2017 NC 40.6 % 8.5 % 8.2 % 25.4 % 15.2 %
Sociopol 6–14 mars 2017 1 007 47 % 6 % 12 % 21 % 5 % 3 % 6 % 26 %
IMAS janvier 2017 NC 49 % 6.8 % 8.3 % 20.7 % 28.3 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives roumaines de 2020
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate
Parti national libéral
Union sauvez la Roumanie
Union démocrate magyare de Roumanie
Alliance des libéraux et démocrates
Parti Mouvement populaire
Parti Roumanie unie
Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité
Pro Romania
Autres partis
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 330 Increase2.svg 1
Abstentions
Inscrits / participation

Sénat[modifier | modifier le code]

Résultats des élections sénatoriales roumaines de 2020
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate
Parti national libéral
Union sauvez la Roumanie
Union démocrate magyare de Roumanie
Alliance des libéraux et démocrates
Parti Mouvement populaire
Parti Roumanie unie
Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité
Pro Romania
Autres partis
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 137 Increase2.svg 1
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le président roumain convoque un référendum sur la réforme controversée de la justice », sur Libération.fr (consulté le 30 juin 2019)
  2. « Roumanie: référendum sur la réforme de la justice », sur RFI, (consulté le 30 juin 2019)
  3. « Roumanie: quorum atteint pour le référendum anti-corruption », sur FIGARO, (consulté le 30 juin 2019)
  4. (ro) « Viorica Dăncilă, desemnată candidatul PSD la alegerile prezidențiale. Doi lideri au votat împotrivă », sur Digi 24,
  5. (en) Radu-Sorin Marinas, « Romania's ruling PSD party loses majority after ally quits », sur U.S., Reuters, (consulté le 26 août 2019).
  6. « Roumanie: nouveau revers pour le gouvernement, lâché par son allié », sur FIGARO (ISSN 0182-5852, consulté le 26 août 2019).
  7. (en) Radu-Sorin Marinas, « Romanian government looks unlikely to survive confidence vote after... », sur U.S., Reuters, (consulté le 28 août 2019).
  8. « Roumanie: la première ministre veut traîner le président devant la justice », sur Le Figaro (consulté le 7 septembre 2019)
  9. « Roumanie: le gouvernement de gauche populiste survivra-t-il à la motion de censure débattue ce jeudi au Parlement ? » (consulté le 9 octobre 2019)
  10. « En Roumanie, le gouvernement social-démocrate est tombé : "Il s'est moqué de la Roumanie comme personne ne l'a fait depuis 30 ans" » (consulté le 10 octobre 2019)
  11. « Roumanie : le gouvernement renversé par le Parlement », sur LExpress.fr (consulté le 10 octobre 2019)
  12. Mirel Bran, « Roumanie : la chute de la maison sociale-démocrate », sur Le Point (consulté le 10 octobre 2019)
  13. « Romanian president says to appoint PM-designate by Oct. 15 », sur U.S. (consulté le 11 octobre 2019)
  14. « Le conservateur libéral Ludovic Orban appelé à diriger la Roumanie », sur Libération.fr (consulté le 15 octobre 2019)
  15. « Romanian President Nominates PNL's Ludovic Orban as Premier », sur Balkan Insight (consulté le 15 octobre 2019)
  16. (en) « Romania’s Liberal Government falls after no-confidence motion. What comes next? », Romania Insider,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2020).
  17. « Roumanie: le Premier ministre déchu chargé de former le nouveau gouvernement », sur www.lalibre.be, (consulté le 7 février 2020).
  18. La-Croix.com, « Roumanie, le gouvernement libéral chute mais espère des élections législatives anticipées », lacroix.journal, (consulté le 7 février 2020).
  19. (ro) « Ludovic Orban anunta oficial lista ministrilor: Guvernul e acelasi », sur Ziare.com, (consulté le 10 février 2020).
  20. (ro) Paul Filimon, « Legea ALEGERILOR PARLAMENTARE pe LISTE, promulgată de Iohannis », România Liberă, 20 -7-2015.
  21. (ro) Iulia Rosca, « Presedintele Klaus Iohannis a promulgat Legea alegerilor parlamentare », HotNews.ro, .
  22. a et b (en) Mihai Pelin et Ana-Maria Popescu, « New Election Law in Romania », Radio România Internaţional,‎ (lire en ligne, consulté le 30 décembre 2015).