Élection présidentielle roumaine de 2019

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Élection présidentielle roumaine de 2019
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(2e tour)
Type d’élection Présidentielle
Klaus Iohannis at EPP Summit, March 2015, Brussels (cropped).jpg Klaus Iohannis –
Dan Barna.jpg Dan Barna –
Viorica Dăncilă June 2019.jpg Viorica Dăncilă –
PSD
Mircea Diaconu - Apr 2011 (cropped).jpg Mircea Diaconu –
Theodor Paleologu 2012-04-22.jpg Theodor Paleologu –
PMP
KelemenHunorFotoThalerTamas.jpg Hunor Kelemen –
UDMR

L'élection présidentielle roumaine de 2019 se tiendra les 10 et 24 novembre 2019. Le président sortant, Klaus Iohannis, est candidat à sa réélection.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dissensions entre présidence et gouvernement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Référendum roumain de 2019.

Le pays est depuis plusieurs années le théâtre d'un bras de fer entre le président pro-européen Klaus Iohannis — soutenu par le Parti national libéral et le Forum démocratique des Allemands de Roumanie — et le gouvernement mené par le Parti social-démocrate. Le chef d'État et le gouvernement s'affrontent en particulier sur des réformes liées à la justice et à la lutte contre la corruption[1],[2].

Victor Ponta, président du PSD, battu par Iohannis lors de la présidentielle précédente, se maintient à son poste de Premier ministre. Lorsqu'il est mis en examen par la Direction nationale anticorruption pour 22 chefs d'accusation de corruption présumés, Iohannis exige sa démission[3]. De même, Iohannis exprime son mécontentement avec les tentatives de modifications apportées au Code pénal[4]. En novembre 2015, à la suite de l'incendie de la discothèque Colectiv, Ponta quitte finalement la tête du gouvernement[5].

Le 10 novembre 2015, l'ancien commissaire européen Dacian Cioloș est nommé Premier ministre[6]. Il le reste jusqu'aux élections législatives roumaines de 2016, qui marquent le retour du PSD au pouvoir.

Le conflit entre le PSD et le président Iohannis se poursuit, alors que Liviu Dragnea est désormais à la tête du PSD. Cette opposition conduit notamment à la mise à référendum par Iohannis de deux propositions sur ces thèmes le 26 mai 2019. La population est amenée à se prononcer sur deux questions. La première porte sur l'interdiction des pardons et des amnisties en faveurs de personnes condamnées pour corruption. La seconde propose quant à elle d'interdire au gouvernement de recourir à des ordonnances d'urgence dans le domaine judiciaire, et à faciliter le droit de recours à la Cour constitutionnelle contre ce type d'ordonnance. Les deux propositions sont approuvées par plus de 80 % des votants, pour un taux de participation qui, bien que ne s'élevant qu'à un peu plus de 40 %, se révèle plus important qu'attendu, et permet une validation des résultats par franchissement des quorum exigés. Le référendum est par conséquent vu comme un désaveu de la coalition au pouvoir, qui avait appelé au boycott, et comme un soutien à la lutte anti corruption du président Iohannis[7].

Chute du gouvernement social-démocrate[modifier | modifier le code]

Le 26 août, Călin Popescu-Tăriceanu, candidat de l'ALDE ayant échoué à obtenir le soutien du PSD, quitte la coalition gouvernementale. Dăncilă a alors 45 jours pour convoquer un nouveau vote de confiance et de chercher de nouveaux alliés[8]. Cette rupture a lieu à la suite de l'incarcération en mai de la même année de Liviu Dragnea[9]. Le lendemain, l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), qui a soutenu le gouvernement du PSD jusqu'en juin 2019, rejette une proposition de soutenir le gouvernement en échange d'y entrer[10].

Fin août, le président Iohannis rejette les nominations de nouveaux ministres par le PSD, exigeant à la place un vote de confiance[11].

Le gouvernement est renversé le 10 octobre, à l'issue de l'adoption de la quatrième motion de censure déposée à son encontre, votée par 238 voix favorables, soit cinq de plus que la majorité requise[12],[13].

Modalités[modifier | modifier le code]

Conformément à l'article 81 de la Constitution, le président est élu au suffrage universel direct majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Avant la révision constitutionnelle de 2003, effective en 2004, la durée du mandat était de quatre ans[14].

Est élu le candidat ayant recueilli, au premier tour de scrutin, la majorité des suffrages exprimés. À défaut, il est procédé à un second tour entre les deux candidats arrivés en tête au premier. Est alors déclaré élu le candidat qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. Les résultats sont ensuite validés par la Cour constitutionnelle[14].

Candidats[modifier | modifier le code]

Le président sortant, Klaus Iohannis, favori des sondages, annonce dès 2018 être candidat à un second mandat[15]..

Le 7 juillet 2019, Ramona Ioana Bruynseels annonce sa candidature pour le Parti du pouvoir humaniste[16]

Le 13 juillet 2019, Dan Barna est désigné comme candidat par les membres de l'USR[17]. Une semaine plus tard, la coalition USR+PLUS s'accorde sur une candidature unique pour l'élection présidentielle, et sur la désignation de Dacian Cioloș, chef de file de PLUS, en cas de victoire au poste de Premier ministre[18].

Après avoir laissé entendre qu'il serait candidat, le président du Parti social-démocrate, Liviu Dragnea, annonce après les élections européennes de 2019, marquées par la défaite de son parti, qu'il n'entend pas se présenter et que le PSD choisira son candidat entre la maire de Bucarest, Gabriela Firea, et le président du Sénat — membre de l'ALDE, partenaire de coalition du PSD — Călin Popescu-Tăriceanu[19]. Le 23 juillet 2019, Viorica Dăncilă est désignée candidate par le Bureau national permanent de son parti[20].

Le lendemain, l'ALDE annonce la candidature de Călin Popescu-Tăriceanu[21]. Le 26 août, celui-ci retire sa candidature au profit de l'indépendant Mircea Diaconu, également candidat de Pro Romania[22].

Le 25 août, Theodor Paleologu est désigné candidat du Parti Mouvement populaire[23].

Le 30 août, Hunor Kelemen est désigné candidat de l’Union démocrate magyare de Roumanie[24]. Déjà candidat en 2009 et 2014, il a alors rassemblé 3,8 % et 3,5 % des voix.

Candidats à l’élection présidentielle Roumaine de 2019
Candidat Parti(s) Idéologie Fonctions
Klaus Iohannis en mars 2015 Klaus Iohannis Parti national libéral (PNL)
Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR)
Centre droit
Libéral-conservatisme
Europhilie
Président de la Roumanie depuis 2014
Maire de Sibiu de 2000 à 2014
Viorica Dăncilă en juin 2019 Viorica Dăncilă Parti social-démocrate (PSD) Centre gauche
Social-démocratie
Conservatisme social
Première ministre de Roumanie de 2018 à 2019
Députée européenne de 2009 à 2018
Dan Barna.jpg Dan Barna Union sauvez la Roumanie (USR)
Parti de la liberté, de l'unité et de la solidarité (PLUS)
Centre droit
Libéralisme
Europhilie
Député roumain depuis 2016
Mircea Diaconu - Apr 2011 (cropped).jpg Mircea Diaconu Pro Romania (PRO)
Alliance des libéraux et démocrates (ALDE)
Centre gauche
Social-libéralisme
Député européen de 2014 à 2019
Ministre de la Culture en 2012
Theodor Paleologu 2012-04-22.jpg Theodor Paleologu Parti Mouvement populaire (PMP) Centre droit
Libéral-conservatisme
Unionisme
Député roumain de 2008 à 2016
Ministre de la Culture de 2008 à 2009
Kelemen Hunor Hunor Kelemen Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) Centre droit
Défense des intérêts de la minorité hongroise
Régionalisme
Député roumain depuis 2000
Ministre de la Culture de 2009 à 2012 et en 2014

Sondages[modifier | modifier le code]

Premier tour[modifier | modifier le code]

Institut Date Échantillon
Klaus Iohannis Senate of Poland 2015 02 (cropped 2).JPG
Iohannis
Viorica Dăncilă June 2019.jpg
Dăncilă
Dan Barna.jpg
Barna
Mircea Diaconu - Apr 2011 (cropped).jpg
Diaconu
Theodor Paleologu 2012-04-22.jpg
Paleologu
KelemenHunorFotoThalerTamas.jpg
Kelemen
Autres
Sociopol NC
43 %
21 % 15 % 11 % 4 % 6 %
PSD NC
40 %
18 % 20 % 13 % 7 % 2 %
USR 1 500
40,5 %
21,4 % 19,7 % 7,6 % 10,8 %
IMAS 9–28 septembre 2019 1 010
45,3 %
12,4 % 14,2 % 16,6 % 7,7 % 3,8 %

Graphique[modifier | modifier le code]

Second tour[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats de la présidentielle roumaine de 2019
Candidats Partis Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Klaus Iohannis PNL, FDGR
Dan Barna USR, PLUS
Viorica Dăncilă PSD
Mircea Diaconu PRO, ALDE
Theodor Paleologu PMP
Hunor Kelemen UDMR
Autres candidats
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 100
Abstention
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le président roumain convoque un référendum sur la réforme controversée de la justice », sur Libération.fr (consulté le 30 juin 2019)
  2. « Roumanie: référendum sur la réforme de la justice », sur RFI, (consulté le 30 juin 2019)
  3. (ro) « Klaus Iohannis, mesaj extrem de dur: Votul din Parlament - o dovadă de maximă iresponsabilitate și de sfidare la adresa cetățenilor. Soluția pentru ieșirea din actuala situație este demisia lui Victor Ponta din funcția de prim-ministru », sur HotNewsRo, (consulté le 7 décembre 2015).
  4. (ro) « Klaus Iohannis anunța că nu este de acord cu modificarea Codului Penal. DNA: O serie de inculpați ar fi achitați », sur stirileprotv.ro, (consulté le 7 décembre 2015).
  5. (ro) « Consultări la Cotroceni. Președintele a terminat discuțiile cu partidele și societatea civilă. Iohannis va merge în Piața universității », sur www.evz.ro, (consulté le 13 novembre 2015).
  6. « Roumanie : Dacian Ciolos, un nouveau premier ministre très francophile », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2015).
  7. « Roumanie: quorum atteint pour le référendum anti-corruption », sur FIGARO, (consulté le 30 juin 2019)
  8. (en) Radu-Sorin Marinas, « Romania's ruling PSD party loses majority after ally quits », sur U.S., Reuters, (consulté le 26 août 2019).
  9. « Roumanie: nouveau revers pour le gouvernement, lâché par son allié », sur FIGARO (ISSN 0182-5852, consulté le 26 août 2019).
  10. (en) Radu-Sorin Marinas, « Romanian government looks unlikely to survive confidence vote after... », sur U.S., Reuters, (consulté le 28 août 2019).
  11. « Roumanie: la première ministre veut traîner le président devant la justice », sur Le Figaro (consulté le 7 septembre 2019)
  12. « Roumanie: le gouvernement de gauche populiste survivra-t-il à la motion de censure débattue ce jeudi au Parlement ? » (consulté le 9 octobre 2019)
  13. « En Roumanie, le gouvernement social-démocrate est tombé : "Il s'est moqué de la Roumanie comme personne ne l'a fait depuis 30 ans" » (consulté le 10 octobre 2019)
  14. a et b Constitution
  15. « Le président roumain veut briguer un second mandat », sur lexpressiondz.com (consulté le 1er juillet 2018)
  16. (ro) « Ramona Ioana Bruynseels și-a lansat oficial candidatura la prezidențiale », sur Libertatea, (consulté le 9 août 2019)
  17. (ro) « Dan Barna a fost desemnat candidatul USR la alegerile prezidențiale », sur Digi24,
  18. (ro) « OFICIAL. Final de negocieri la USR - PLUS: Dan Barna va fi candidatul la prezidențiale », sur Digi 24,
  19. http://business-review.eu/news/dancila-government-under-pressure-to-resign-power-struggle-at-top-of-psd-as-leader-dragnea-awaits-sentencing-in-corruption-case-201314
  20. (ro) « Viorica Dăncilă, desemnată candidatul PSD la alegerile prezidențiale. Doi lideri au votat împotrivă », sur Digi 24,
  21. (ro) « Tăriceanu, desemnat candidatul ALDE la prezidențiale: În acest moment în PSD bântuie un sentiment defetist, și anume își propun mult prea puțin. Candidatura Vioricăi Dăncilă, o dezamăgire », sur hotnews.ro, (consulté le 24 juillet 2019)
  22. (en) « ALDE decides to leave government, endorse Mircea Diaconu in presidential elections », sur actmedia.eu (consulté le 28 août 2019).
  23. (ro) « Paleologu: După președintele jucător și președintele spectator, e nevoie de un președinte învățător », sur hotnews.ro, (consulté le 25 août 2019)
  24. « Kelemen Hunor, desemnat candidat al UDMR la alegerile prezidenţiale » (consulté le 15 septembre 2019)