Éditions Mélanie Seteun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Éditions Mélanie Seteun
Repères historiques
Création 1998
Dates clés 2001 : lancement de Copyright Volume !
Fondée par Samuel Étienne & Gérôme Guibert
Fiche d’identité
Forme juridique Association
Statut Association
Siège social Nantes  (France)
Dirigée par Gérôme Guibert
Spécialités Musiques actuelles / musiques populaires
Collections revue Volume !, Musique & Société, Rock & Politique, Musique et environnement professionnel, Géo-environnement
Langues de publication Français et Anglais
Diffuseurs Les Presses du réel
Site web volume.revues.org

Les Éditions Mélanie Seteun sont une maison d'édition associative, consacrée à la publication de travaux universitaires en sciences sociales et humaines (quatre collections d'ouvrages) et d'une revue de recherche, Volume ! La revue des musiques populaires, ayant pour objet principal l'analyse des musiques populaires[1].

Mélanie Seteun[modifier | modifier le code]

Couverture du numéro 12-2

L'association fut officiellement créée en décembre 1998[2] par Samuel Étienne (Mélanie Séteun en étant une anagramme[3]) et Gérôme Guibert, mais l'activité éditoriale démarra en réalité six mois plus tôt, en juin 1998, avec la publication de la première référence[4]. Ils étaient, à l'époque, de jeunes doctorants désireux de proposer « des réflexions sérieuses sur les musiques populaires »[5], selon la formule de Simon Frith[6], généralement peu traitées en France par des approches universitaires[7] ou tout simplement sans l’attention qui accompagne habituellement la réflexion sur d'autres produits culturels jugés plus « légitimes »[8].

En 1998, il n'y avait pas de revue française consacrée à l'étude spécifique des musiques populaires. Le paysage éditorial et universitaire était majoritairement dominé par l'analyse strictement musicologique des musiques savantes et celle ethnomusicologique des sociétés et musiques traditionnelles lointaines.

Volume ! La revue des musiques populaires[modifier | modifier le code]

Samuel Étienne, Gérôme Guibert et Marie-Pierre Bonniol fondèrent alors en 2001 la revue Copyright Volume !, afin d'offrir un espace spécifique pour les jeunes chercheurs d'autres disciplines, travaillant sur les musiques populaires, le sous-titre initial « musiques actuelles et problématiques plastiques » affichant une volonté d'ouverture vers les travaux de recherche associant musiques populaires et arts plastiques.

Volume ! n°8-1

La revue fut créée pour offrir en France un espace distinct des recherches de musicologie consacrées aux musiques savantes et d'ethnomusicologie consacrées aux musiques traditionnelles "du monde". Elle est néanmoins ouverte à ces approches, dans la mesure où elles prennent pour objet les musiques populaires du XXe siècle, dans une approche pluridisciplinaire.

Elle propose ainsi des articles de jeunes chercheurs comme d'universitaires français et internationaux reconnus, croisant des disciplines aussi variées que la nouvelle musicologie, la sociologie, l'esthétique, ethnomusicologie, les cultural studies, l'économie, la géographie, les sciences de la communication, l'histoire culturelle, les sciences politiques et les études littéraires.

Les collections d'ouvrages[modifier | modifier le code]

La collection Musique et Société[modifier | modifier le code]

La Radio et ses publics.jpg

Les Éditions Mélanie Seteun proposent une collection d'ouvrages de sociologie des musiques populaires, Musique et Société, lancée en 1998 (et coéditée entre 2000 et 2010 avec l'Irma), désormais distribuée par Les Presses du réel[9], qui compte des livres sur :

  • Politiques des musiques populaires au XXIe siècle[10] dirigé par Elsa Grassy et Jedediah Sklower, les actes du colloque international "Changing the tune" tenu à l'université de Strasbourg en juin 2013[11] ;
  • Sound Factory, dirigé par Stéphane Dorin, sur les rapports entre musiques populaires et industries culturelles[12], et qui réunit les actes du colloque qui avait été tenu au Palais de Tokyo en 2008[13].
  • la Radio et ses publics (2009)[14], de Hervé Glevarec et Michel Pinet ;
  • un ouvrage dirigé par Denis-Constant Martin sur la rappeuse Diam's[15], Quand le rap sort de sa bulle. Sociologie politique d’un succès populaire[16] ;
  • un ouvrage d'Anne Petiau[17] sur le phénomène de la tecktonik et les danses electro, TechnoMedia. Jeunes, musique et blogosphère.
  • Stéréo, Sociologie comparée des musiques populaires France-Angleterre (2008), ouvrage franco-britannique dirigé par Hugh Dauncey et Philippe Le Guern, également publié en anglais par Ashgate ;
  • la techno et les free parties, avec Bruyante Techno (1999) d'Emmanuel Grynszpan, et Un maquis techno. Modes d'engagement et pratiques sociales dans la free party (2000) de Sandy Queudrus[18] ;
  • les rapports entre musiques actuelles et littérature, avec l'ouvrage Les Mots distordus (2000), de Stéphane Malfettes ;
  • Les nouveaux courants musicaux : simples produits des industries culturelles ? (1998) et le secteur des musiques amplifiées (2006), de Gérôme Guibert ;
  • la culture et les pratiques metal[19] (2003) et le monde du rock[20] (2006), de Fabien Hein ;

La collection Rock et Politique[modifier | modifier le code]

L’engagement de la musique populaire britannique contre les gouvernements Thatcher (2004) avec le livre Stand Down Margaret de Yasmine Carlet[21].

La collection Musique et environnement professionnel[modifier | modifier le code]

En partenariat avec la fédération des lieux de musiques actuelles (Fedelima), les éditions Mélanie Seteun ont créé en 2014 la collection "Musique et environnement professionnel", constituée d'études émanant des acteurs artistiques et culturels et de leurs représentants[22].

La collection Géo-environnement[modifier | modifier le code]

En 2004, Samuel Étienne créa la collection Géo-environnement[23], consacrée à des monographies géographiques et géomorphologiques. Elle évolue actuellement indépendamment des Éditions Mélanie Seteun.

Autres activités des Éditions Mélanie Seteun[modifier | modifier le code]

Réédition numérique de la revue Vibrations. Musiques, médias, société[modifier | modifier le code]

Couverture du numéro "La scène"

La revue Volume ! et les Éditions Mélanie Seteun ont entrepris avec Antoine Hennion et le portail Persée la numérisation intégrale et la mise à disposition du public en 2016 de la première revue française d'étude des musiques populaires, Vibrations. Musiques, médias, société et de l'ouvrage Rock, de l'histoire au mythe (dir. Antoine Hennion et Patrick Mignon), qui devait en constituer le septième numéro[24].

Conférences & festivals[modifier | modifier le code]

La revue participe depuis quelque temps à de nombreux événements, notamment des conférences, à la Cité de la musique[25], au Musée du Quai Branly, toujours autour des "musiques noires" [26], au Palais de Tokyo[27], au Point Éphémère, autour du punk[28] ou lors du festival Hip-Hop session, autour des musiques noires[29].

Minimum Rock'n'Roll[modifier | modifier le code]

En mai 2004, elle a coédité avec l'association Disco-Babel, le premier numéro de la revue Minimum Rock'n'Roll[30].

Les tournées « GBH+support »[modifier | modifier le code]

GBH+support est un collectif de chercheurs en sciences humaines gravitant autour de Volume ! ayant proposé, entre 2004 et 2007, des conférences grand public sur les musiques populaires.

Ce collectif était rattaché à l'association loi 1901 Mélanie Séteun, éditeur d'ouvrages universitaires en sciences humaines et sociales, et son activité visait à promouvoir la revue scientifique Copyright volume!. Une vingtaine de conférences ont été organisées en France et au Canada, aussi bien dans le cadre de festivals musicaux ou de formations académiques, l'idée fondatrice étant d'"imiter le fonctionnement d'un groupe de rock"[31] et d'"inciter le débat entre intervenants et avec le public"[32]. Au total, une quinzaine de chercheurs ont intégré ce collectif. Les thèmes évoqués inclus: la techno, le hip-hop, les fanzines, le metal, le rock et les religions, le rock alternatif, le jazz.

Origine et contexte[modifier | modifier le code]

Le nom GBH+support fait référence au groupe punk anglais Charged GBH- dont le logo est d'ailleurs détourné, ce qui provoqua l'ire du groupe anglais[33] - mais également au principe d'organisation de concerts : la tête d'affiche est souvent accompagnée d'un groupe débutant ("support" en anglais), chargé de chauffer la salle. L'acronyme fait aussi référence aux initiales des membres du collectif originel: G pour Guibert (Gérôme Guibert), B pour Bonniol (Marie-Pierre Bonniol), H pour Hein (Fabien Hein), le support étant Samuel Etienne[34].

Thèmes traités[modifier | modifier le code]

Les thèmes abordés lors des conférences dépendent et varient avec les intervenants ayant intégré ce collectif[35]:

  • Alexandra Besnard: le deejaying
  • Christian Béthune : philosophie du rap
  • Marie-Pierre Bonniol: esthétique du rock
  • Yasmine Carlet : rock et politique
  • Samuel Etienne : presse musicale alternative, fanzines, rap et religion
  • Gérôme Guibert : rock alternatif, jazz hot, constitution des scènes locales
  • Fabien Hein : sociologie du metal, rock et religion
  • Isabelle Kaufmann : la danse hip-hop
  • Gildas Lescop : sociologie de la oi!
  • Emmanuel Parent : les musiques populaires
  • Anne Petiau : sociologie de la techno
  • Marina Sichantho : sociologie du punk parisien

The Copyright Volume Tours[modifier | modifier le code]

Les Disques 71 / Mélanie Séteun Records[modifier | modifier le code]

Fondé en novembre 2007 par Samuel Etienne, ce micro-label consacré à la musique noise et expérimentale évolue désormais hors du cadre de l'association[36].

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par "musiques populaires", les éditeurs entendent les musiques nées avec la reproduction mécanique et l'industrie du disque, à la fin du XIXe siècle. Il s'agit d'une définition anglo-saxonne, différente de celles proposées en France : "musiques actuelles" ou "musiques amplifiées".
  2. Cf. cette présentation sur le site de Place des Revues.
  3. Laurence Marie, « Copyright Volume ! Musiques actuelles et problématiques plastiques », Labyrinthe, 12|2002, Actualité de la Recherche (n° 12), URL : http://labyrinthe.revues.org/index1366.html
  4. La première édition de l'ouvrage de G. Guibert, Les Nouveaux courants musicaux) comporte la mention "Éditions Mélanie Séteun/Sensitive" sur la quatrième de couverture. Sensitive est une association nantaise qui "a pour vocation de soutenir des groupes indépendants en voie de professionnalisation" cf. le dossier de presse GBH+support 2004, dont Gérôme Guibert était également le secrétaire.
  5. Cf. la biographie officielle sur le site de l'association.
  6. Simon Frith, Taking Popular Music Seriously, Ashgate, 2007, 343 pp. Cf. également cet entretien de Philip Tagg.
  7. Notamment depuis la disparition à la fin des années 1980 de la revue pionnière Vibrations. Revue d'étude des musiques populaires.
  8. Cf. une interview de Samuel Etienne en 2006 et cette présentation sur le site d'Ent'revues.
  9. Cf. leur site.
  10. « Politiques des musiques populaires au XXIe siècle – Les presses du réel (livre) », sur www.lespressesdureel.com (consulté le 31 janvier 2016)
  11. Programme du colloque.
  12. Cf. Conférence au Palais de Tokyo.
  13. Cf. les archives du site du Palais de Tokyo, ou la page de Stéphane Dorin à ce sujet.
  14. Entretien sur France Culture le 9 juin 2009, ou sur Jet FM Nantes.
  15. Claude Dubar, recension de l'ouvrage, Temporalités, n°12, 2010
  16. À l'occasion de la parution du livre et du colloque de Bordeaux, une table ronde - cf. son [http://www.mollat.com/rendez-vous/en_presence_de_philip_tagg_et_denis_constant_martin-37124.html podcast podcast sur le site de la librairie - eut lieu le 12 avril 2010 à la librairie Mollat avec Denis-Constant Martin, Philip Tagg et Emmanuel Parent, autour du thème du colloque sur les musiques noires et de l'ouvrage.
  17. Présentation de l'auteur ici.
  18. Cf. cette recension.
  19. Interview de Fabien Hein sur le site Obsküre.
  20. Recension du Monde du rock sur le site Ethnographiques.org.
  21. Cf une interview de l'auteur, sur le site Obsküre.
  22. Cf. la présentation de la collection.
  23. Cf. cette présentation de la collection.
  24. Cf. Vibrations. Musiques, médias, société sur Persée.
  25. La conférence "Pop Music. Pop Musée. Un nouveau défi patrimonial" - cf. le site de la Cité de la Musique.
  26. Cf. le [tt_news=3501 site du musée].
  27. Cf. la conférence organisée le 19 octobre 2012 pour la publication de Sound Factory.
  28. Cf. le site du Point Éphémère
  29. Cf. l'agenda du festival.
  30. http://minimumrocknroll.free.fr/cp.pdf
  31. interview dans le magazine Punk Rawk, n°16, juin 2004
  32. L'Est Républicain, 19 avril 2005
  33. http://qualitystreetzine.blogspot.com/2009/06/quality-street-5-janvier-2004.html
  34. http://www.seteun.net/archives/gbh.htm
  35. a et b Press Book http://www.crilcq.org/activites/contribution/pressbookGBHQc.pdf
  36. Le catalogue.