Musiques actuelles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Musiques actuelles est un terme institutionnel créé par les directions régionales des Affaires culturelles en France. Ce terme désigne certaines musiques actuelles utilisant des amplificateurs. On peut également trouver les expressions musiques amplifiées ou musiques actuelles amplifiées (MAA).

Historique[modifier | modifier le code]

Ces termes ont vu le jour au début des années 90 dans une logique de reconnaissance de la part des institutions de ces musiques aux travers d'opérateurs culturels et par la mise en place de dispositifs de financements favorisant la création, la pratique, l’enseignement et la diffusion des musiques amplifiées.

Musiques actuelles est une appellation non contrôlée, utilisée par le Ministère de la Culture lors de la création de La Commission nationale des musiques actuelles, le 7 décembre 1997[1] puis par la Circulaire du sur les SMAC, avec la mise en place du soutien apporté par l'État aux Scènes de Musiques Actuelles[2] remplaçant, le programme Cafés-Musiques initié en 1991[3]. Le ministère reconnaissait ainsi des pratiques musicales populaires qui « n'étaient pas, ou étaient insuffisamment prises en compte, dans les politiques publiques »[4]. Cette reconnaissance s'inscrit dans une histoire plus longue qui débute avec l'arrivée du rock en France à la fin des années 1950[5].

L'expression Musiques actuelles a été utilisée en l'absence de consensus de l'ensemble des membres de la commission pour une autre appellation : « musiques plurielles, populaires, amplifiées, contemporaines, vivantes... »[6], tout en étant conscient des différences entre les genres musicaux qu’elle englobe (jazz, rock, chanson, musique traditionnelle, rap, techno ou musiques électroniques) et des implications sociales des groupes sociaux concernés[6].

Risques[modifier | modifier le code]

Un traumatisme sonore (en anglais: Acoustic trauma) peu déclencher des Acouphènes permanents[7] et/ou une Perte d'audition due au bruit.

Il est démontré qu'un volume de 85 dB est sans risque pour l'oreille. Au contraire, un volume de 110 dB présente un danger immédiat[8]. L'écoute de musique amplifiée nécessite une attention sur le volume de la musique. Par exemple, une exposition à un volume de 88 dB (A) sur une durée de 100 minutes engendre des élévations temporaires des seuils auditifs (d'un ratio 8 dB pour une fréquence de 4 Khz)[8].

En France, un décret du 15 décembre 1998 relatif aux « lieux musicaux » cherche à protéger l’audition du public dans les bâtiments où de la musique est amplifiée et à limiter les fuites de bruit vers l’extérieur[9].

Durée d'exposition permises Niveau sonore en dB(A)
8 h 90
4 h 93
2 h 96
1 h 99
30 min 102
15 min 105
7,5 min 108
225 s 111
112,5 s 114

Musiques actuelles ? musiques amplifiées ?[modifier | modifier le code]

Musiques populaires, musiques urbaines, musiques jeunes, toutes se retrouvent sous les termes génériques de musiques actuelles et/ou de musiques amplifiées. Quelle définition permet de prendre en compte l’ensemble du phénomène qui regroupe plusieurs styles musicaux, allant du Jazz au Rock en passant par le Biggie Pokoe au Reggae ? Pour le Ministère de la Culture c’est le terme « musiques actuelles » qui permet de désigner l’ensemble de ces styles musicaux, depuis la mise en place par Mme Trautmann de la Commission Nationale des Musiques Actuelles en 1998. Mais cette définition met de côté les musiques traditionnelles qui certes ne sont plus « actuelles » au sens de récentes mais qui ont évolué avec le temps et qui utilisent les nouvelles technologies. Quant aux « musiques amplifiées », le sociologue Marc Touché[10] nous dit que ces musiques « ne désignent pas un genre musical en particulier, mais se conjuguent au pluriel pour signifier un ensemble de musiques et de pratiques sociales qui utilisent l’électricité et l’amplification sonore comme éléments majeurs, entre autres, des créations musicales et des modes de vie (transport, stockage, conditions de pratiques, modalités d’apprentissage)».

Les premiers lieux de musiques amplifiées en France[modifier | modifier le code]

Le premier établissement public entièrement dévolu aux musiques amplifiées est Le Florida à Agen. Répondant à un concours d'idée lancée par la municipalité, les architectes Ivan Franic et Michel Garcin (A.s.A. Architectes et associés - Paris) ont proposé de transformer un ancien cinéma désaffecté situé en centre-ville en un lieu comportant une salle de concerts (salle de diffusion de 700 places), une structure de répétitions musicales (5 studios de répétition et enregistrement dont un studio MIDI - MAO), un espace de convivialité organisé autour d'un bar, des locaux d'accueil, des locaux pour les artistes et les musiciens (loges) et un pôle administratif. Inauguré en mars 1993, ce lieu a connu un succès immédiat et a reçu le 18 janvier 1994 le Décibel d'or 1993 (catégorie Action-Silence : "transformation d'un ancien cinéma en salles de répétition et salles de concert rock sans nuisance pour l'environnement"). Le Florida constitue la première réalisation publique en France d'un équipement urbain regroupant toutes les activités musicales recourant à l'amplification. L'équipe de maîtrise d'œuvre comprenait également Maurice Auffret, acousticien et Michel Meynard - architecte d'exécution à Agen. Le deuxième "lieu de musiques amplifiées" public conçu sur ce concept sera inauguré en mars 1997 à Bordeaux par la même équipe (Ivan Franic et Michel Garcin, architectes, Maurice Auffret, acousticien avec D. De Marco - Bordeaux) : il s'agit de la Rock-School Barbey située en centre-ville et comportant une salle de 660 places, 6 studios de répétition et un studio d'enregistrement. Ces deux lieux, précurseurs dans leur approche architecturale, acoustique et fonctionnelle, constituent le point de départ de la réflexion qui aboutira à leur reconnaissance et à la création, quelques années plus tard, du label "SMAc" (Scène de Musiques Actuelles : Selon la définition donnée par le ministère de la Culture, le label SMAc correspond à des lieux musicaux de petite et moyenne capacité jouant un rôle fondamental en termes de diffusion et d'action culturelle. Ce sont des espaces de création ouverts à un large public notamment aux jeunes qui s'inscrivent dans une perspective d'aménagement culturel du territoire.

Normes belges[modifier | modifier le code]

En Belgique, la musique amplifiée est normalement limitée à 85dB (A) mais peut exceptionnellement être autorisée à émettre à 95 uo 100 dB (A)[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport de la Commission Nationale des Musiques Actuelles à Catherine Trautmann Ministre de la Culture et de la Communication, (lire en ligne), page 14
  2. « Circulaire du 18 août 1998 sur les SMAC (scènes de musiques actuelles) », sur www.culture.gouv.fr, (consulté le 24 mars 2017)
  3. « Scènes de musiques actuelles », sur mediatheque.cite-musique.fr, (consulté le 24 mars 2017)
  4. « Programme d'action et de développement en faveur des musiques actuelles », sur http://www.culturecommunication.gouv.fr/, (consulté le 22 juillet 2017)
  5. « Quelques dates des musiques actuelles en France - Le blog de formations-musique.com », sur blog.formations-musique.com (consulté le 22 juillet 2017)
  6. a et b Rapport de la Commission Nationale des Musiques Actuelles à Catherine Trautmann Ministre de la Culture et de la Communication (lire en ligne), page 14
  7. http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=acouphenes_pm
  8. a et b « musiques amplifiées et santé, chapitre IV », sur www.irma.asso.fr (consulté le 26 octobre 2016)
  9. «À force d’écouter la musique trop fort, on finit par l’entendre à moitié»
  10. http://www.irma.asso.fr/Marc-Touche
  11. http://www.lavenir.net/cnt/dmf20180222_01128878/concerts-et-festivals-les-normes-de-bruit-seront-aussi-renforcees-en-wallonie