École d'Aquitaine (mosaïque)

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L' École d'Aquitaine désigne un courant stylistique d'ateliers itinérants de fabrication de mosaïque, dont le centre régional se situe en Gaule aquitaine à partir du IVe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette école stylistique de mosaïque ce caractérise par la spécificité régionale comportant un quadrillage déterminant des cases contenant un motif végétal stylisé, ou plus rarement un solide évidé sur fond noir produisant un effet de volume. Les décors restent dans des canevas géométriques, mais ils sont bien caractérisés par des éléments spécifiques comme les ondes, puis plus tardivement viennent les motifs végétaux, comme les rinceaux de vigne, de lierre ou d'acanthe.

Puis viendront des compositions originales comme la Mosaïque aux arbres fruitiers et aux lys (420-440) de Séviac, ou encore la Mosaïque à la vigne, représentatives de cette école régionale qui a tout de même subie les influences extérieures, notamment celles de l'École d'Afrique[1].

Les matériaux employés sont les marbres pyrénéens, roches dont l'ophite pour sa couleur verte, terre cuite, pâte de verre pour la polychromie des décors de mosaïque.

Sites comportant des mosaïques de l'École d'Aquitaine[modifier | modifier le code]

Mosaïque d'une antichambre de la villa gallo-romaine de Montmaurin.
  • Aubagnan : villa gallo-romaine.
  • Brocas : villa gallo-romaine. Lors de travaux menés en 1840 dans un pré, sur le bord de l'Estrigon à proximité de l’étang et des anciennes forges, une mosaïque a été découverte et marque probablement l’emplacement des vestiges d'une villa romaine. La mosaïque est décrite dans une lettre envoyée le , par le capitaine d'artillerie V. Brongniart à Raoul Rochette[2], secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts. Composée de marbres blanc, bleu et jaune et de briques rouge pâle et rouge brun, mesurant 3,10 × 3,50 m environ, composé de pierres d'un centimètre cube. L'endroit est désormais le lieu-dit nommé Pré de la mosaïque[3],[4].
  • Brossac : villa gallo-romaine de la Coue d'Auzenat.
  • Elusa : Domus de Cieutat[5]. Les vestiges de la Domus, maison urbaine de près de 3 000 m2, est implantée au cœur de la cité d'Elusa et servit de demeure d'apparat à son riche propriétaire. Elle abrite un centre d'interprétation doté d'outils interactifs inédits permettant de découvrir la vie sociale dans cette capitale gallo-romaine.
  • Fount de Rome : villa gallo-romaine de Fleury.
  • Gaujac : villa gallo-romaine de Craoustes d’Herm. DDes murs romains étaient encore visibles au XIXe siècle. S’y dirigeait un réseau d’adduction d’eau dont les traces ont été relevées au lieu-dit Loste (canalisation en tuile romaine) et au lieu-dit Balansan. Selon les chroniques de la cité et du diocèse d'Acqs de A. Dompnier de Sauviac (1874), on y aurait découvert des substructions très importantes et les restes d'une petite basilique avec son abside et ses nefs latérales, les fondations de nombreuses habitations, divers débris, dallages, pavages, tuiles, des mosaïques, des armes, des monnaies romaines, restes d'une ville brulée. Dufourcet y fit des fouilles et estima que cette ville devait être composée d'un groupe de villas gallo-romaines construites à proximité du camp permanent occupé aujourd'hui par les jardins du château.
  • Labastide-d'Armagnac : villa gallo-romaine de Géou[6].
  • Layrac : villa gallo-romaine d'Hilarius.
  • Lescar : villa gallo-romaine.
  • Lespignan : villa Vivios. Un opus signinum revêt le sol de l'une des pièces de cette villa.
  • Loupiac : villa gallo-romaine de Loupiac.
  • Loupian : villa gallo-romaine[7]. Les mosaïques de Loupian relèvent de deux sources stylistiques distinctes. Les pavements des salles de réception évoquent par bien des aspects les réalisations de l’Aquitaine de l’Antiquité tardive. On note une prédilection pour les motifs naturalistes, avec une prépondérance pour la vigne, comme ornement de remplissage ou décor principal. Dans le triconque, ils sont associés à des figures à valeur allégorique comme la frise de cornes d’abondance de l’abside, ou bien avec une représentation architecturale, les colonnes d’un portique dans la salle principale. Les pièces secondaires offrent des compositions du style arc-en-ciel, qui se développe en Syrie à partir de la fin du IVe siècle. Treize pièces conservent des mosaïques.
  • Lussas-et-Nontronneau : villa gallo-romaine de Nontronneau.
  • Martres-Tolosane : villa romaine de Chiragan.
  • Moissac : villa gallo-romaine.
  • Montcaret : villa gallo-romaine[8],[9].
  • Moncrabeau : villa romaine de Bapteste.
  • Montmaurin : villa gallo-romaine.
  • Montréal-du-Gers : villa gallo-romaine de Séviac. Palais du Bas-Empire romain de 6 500 m2, qui abritait à l'époque une famille d'aristocrates, doté de tapis de mosaïques polychromes et de vastes thermes privés.
  • Nérac : ruines romaines de Nérac.
  • Nissan-lez-Ensérune : villa gallo-romaine de La Vernède[10],[11].
  • Plassac: vestiges de trois villas gallo-romaines, musée sur le site.
  • Pujo-le-Plan : villa gallo-romaine des Bignoulets. Mosaïques découvertes dans les jardins du presbytère, et au chevet de l'église Saint-Martin de Pujo-le-Plan, « décors de rinceaux végétaux en feuilles d'acanthe, une composition linéaire géométrique ainsi que des octogones irréguliers, sécants et adjacents par les grands côtés, déterminant des carrés et des hexagones oblongs. Le décor est réalisé à l'aide de tesselles de 0,5 à 1,5 centimètres de côté faites de matériaux divers (roches calcaires, ophite, marbre et terre cuite) dont la palette colorée comprend du noir, blanc, rouge-orangé, rose, jaune clair, et foncé, vert, gris sombre, gris clair, et gris bleuté »[12].
  • Saint-Sever : villa du Gleyzia d'Augreilh. « Les mosaïques médiévales de Saint-Sever et de Sorde-l'Abbaye sont les plus anciennes du groupe de pavements romans du Sud-Ouest de la France. Elles sont très proches l'une de l'autre par le style et se caractérisent par le déploiement d'un important décor végétal qui couvre la presque totalité du pavement. De nombreux motifs sont empruntés aux mosaïques régionales de l'Antiquité tardive. »[13].
  • Samadet : villa gallo-romaine Crédita, sur le site de Saint-Julien.
  • Sarbazan : villa gallo-romaine de Servatius, au lieu-dit de Mouneyres. Mosaïques récoltées en dépôt à l'abbaye d'Arthous.
  • Serres-Gaston : villa gallo-romaine.
  • Sorde-l'Abbaye :
    • villa gallo-romaine de la maison des abbés de l'abbaye Saint-Jean de Sorde. Le dessin de ces mosaïques est très proche de celui de la mosaïque de Brocas.
    • villa gallo-romaine de Barat-de-Vin. Le site archéologique de Barat-de-Vin est celui des vestiges d’une ancienne villa gallo-romaine. Situé à l’est de Bayonne, entre le Gave de Pau et le Gave d’Oloron qui se jettent plus loin dans l’Adour, ce gisement archéologique témoigne d’une habitation très ancienne de la région. Il se trouve sur une voie de passage entre Bordeaux au nord et l’Espagne au sud, qui longe ici le Gave d’Oloron. Cette voie fut très vite pratiquée par les hommes qui établirent sur ses abords plusieurs foyers d’habitation et cela depuis la préhistoire (voir le site archéologique de la grotte de Duruthy, à l’est du site de Barat-de-Vin). Les romains l’empruntèrent aussi : on retrouve aujourd’hui les traces de plusieurs villas gallo-romaines dans la région (voir ici le site de l’abbaye ancienne à Sorde-l’Abbaye, à 2 km à l’ouest du site de Barat-de-Vin). Cette voie deviendra aussi Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, le long duquel on trouve quelques grands témoignages architecturaux du Moyen-Age.
  • Valentine : villa gallo-romaine de Nymfius.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brieuc Fages, David Darnaude, Antoine Brunner, « [titre de l'article ?] », Archéologia, n°566, p. 49[réf. incomplète].
  2. Bulletin de la Société de Borda, Dax (Landes) : 17e année (1892), (lire en ligne).
  3. Solange Wydmusch, La Toponymie, un Patrimoine à Préserver, Éditions L'Harmattan, , 176 p. (ISBN 978-2296371910, lire en ligne), p. 69.
  4. icône image Image externe
    Guienne monumentale : mosaïque trouvée à Brocas aux forges de M. l'Areillet (Landes), lith. par P. B. (1842-1844)
    .
  5. Elusa la plus grande mosaïque gallo-romaine de France, lessourcesdelinfo.info.
  6. Jean-Pierre Bost, Pierre Debord, G. Fabri, Raymond Monturet et Hervé Rivière, « L’architecture de la villa gallo-romaine de Géou (Labastide-d’Armagnac) », Bulletin de la Société de Borda, n°4 , Dax, Société de Borda, 1984, p. 651-704 (ISSN 0337-0267).
  7. « Les nouvelles mosaïques de la villa gallo-romaine de Loupian (Hérault) », sur persee.fr.
  8. « Les mosaïques de poissons du site de Montcaret », sur kinettelasexa.canalblog.com.
  9. La villa gallo-romaine de Montcaret, sur web.archive.org.
  10. Clavel-Lévêque, M. et A. Lopez, « À propos des mosaïques romaines du château de la Vernède (Nissan-lez-Ensérune), et leur représentations figurées », Bulletin Soc. et Sciences naturelles, T.XXVIII, n° 69, Béziers, 2016, p.34-39.
  11. Mosaïque de la villa gallo-romaine de La Vernède, sur chateaulavernede.com.
  12. Cité in Magalie Dartus et Jérôme Brenot, « À Jouandet, Pujo-le-Plan, et Laglorieuse », Rapport final d'opération archéologique, fouille préventive, volume 1/3, Bordeaux, Éveha. SRA Aquitaine, p. 29-30.
  13. Catherine Balmelle, « Recueil génral des mosaïques de la Gaule, IV, Aquitaine II » , Gallia, 10e supplément, Éditions du CNRS, 1987, p. 20.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Catherine Balmelle, Les demeures aristocratiques d'Aquitaine. Société et culture de l'Antiquité tardive dans le Sud-Ouest de la Gaule, Bordeaux-Paris, Éditions Ausonius, 2001, 497 p. (ISBN 2-910023-25-7).
    • Jean-Michel Carrié, « Compte-rendu de lecture de : Les demeures aristocratiques ď Aquitaine. Société et culture de l'Antiquité tardive dans le Sud-Ouest de la Gaule. », Annales. Histoire, Sciences Sociales. 57e année, no 5,‎ , p. 1392-1394 (lire en ligne).
    • Georges Raepsaet, « Compte-rendu de lecture de : Les demeures aristocratiques ď Aquitaine. Société et culture de l'Antiquité tardive dans le Sud-Ouest de la Gaule. », L'antiquité classique, no 72,‎ , p. 650-651.
  • Brieuc Fages, David Darnaude, Antoine Brunner, « La Villa de Séviac, nouvel écrin pour les mosaïques de l'École d'Aquitaine », Archéologia, n° 566, juin 2018, p. 46-51.
  • Catherine Balmelle, « Recueil général des mosaïques de la Gaule Aquitaine », Gallia, 10e supplément, Éditions du CNRS, 1987, p. 20.
  • Georges Fouet, « Sauvetage d'une mosaïque dans la villa de Valentine (Haute-Garonne) », Revue de Comminges, t. XCII, 1979, p. 153-163.
  • A. Sartou, « À Jouandet, Pujo-le-Plan », Rapport final d'opération, Bordeaux, Éveha. SRA Aquitaine, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]