Thibert II

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Thibert II
Tiers de sou de Thibert II frappé à Clermont. BNF, monnaies, médailles et antiques.
Tiers de sou de Thibert II frappé à Clermont. BNF, monnaies, médailles et antiques.
Titre
Roi des Francs d'Austrasie
595612
Prédécesseur Childebert II
Successeur Thierry II (Unification des 2 Royaumes)
Biographie
Titre complet Roi des Francs d'Austrasie et des Burgondes
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance 585
Date de décès 612
Père Childebert II
Mère Faileube
Conjoint Bilichilde
Théoudehilde
Enfant(s) Clotaire
Mérovée
Résidence Metz

Thibert II ou Théodebert (Thiodoberkht[1], Brillant dans le peuple[2]), né en 585, mort probablement en 612, est un prince mérovingien, roi d'Austrasie de 595 à 612. Sa capitale est la ville de Metz.

Sous la tutelle de sa grand-mère paternelle Brunehilde (Brunehaut), il participe à la longue période de guerres entre rois et reines francs commencée en 570.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Childebert II, roi d'Austrasie de 575 à 595, roi de Burgondie (Chalon) de 592 à 595, petit-fils de Brunehilde et de Sigebert Ier, roi d'Austrasie ; la mère de Thibert est la reine Faileube. À cette époque, le roi de Neustrie est un parent, Clotaire II, fils de Chilpéric Ier[3] (mort en 585) et de Frédégonde (morte en 597).

Il épouse en premiere noce Bilichilde, qui lui donnera trois enfant, dont Mérovée[4]. Elle meurt en 608, dans des circonstances inconnues. Leur fille, dont le nom nous est inconnu, est fiancée en juillet 610 à Adaloald de Lombardie, fils du roi Agilolf.

Il épouse en 609, en secondes noces Théoudehilde.

Roi sous la tutelle de Brunehilde[modifier | modifier le code]

Thibert devient roi d'Austrasie à la mort de son père, tandis que son frère cadet Thierry II (587-613) devient roi de Burgondie. La régence revient à la reine Brunehilde, qui s'installe d'abord à la cour d'Austrasie.

Elle en est chassée vers 600 et se réfugie auprès de Thierry avec leur sœur Thidilane.

Après le départ de Brunehilde[modifier | modifier le code]

En 600[5], Thibert et Thierry font alliance contre Clotaire et le vainquent à Dormelles, près de Montereau. Clotaire est privé de la plus grande partie de son royaume[6], qui est partagé entre les deux frères : Thibert reçoit les territoires du nord de la Neustrie, contiguës à son royaume.

La guerre contre Thierry (610-612)[modifier | modifier le code]

Les années 610-612 sont marquées par la guerre entre les deux frères. L'enjeu est au départ la possession de l'Alsace[7], attribuée à Thierry en 595.

Thibert est vainqueur en 610[7] ; Thierry lui cède l'Alsace lors de l'entrevue de Seltz. Thierry fait alors alliance avec Clotaire II, en lui promettant la restitution de la partie de la Neustrie accaparée par Thibert. Au mois de mai 612, il remporte la victoire lors des batailles de Toul et de Tolbiac (actuelle Zülpich, près de Cologne).

Thibert et son fils Mérovée sont éliminés[8] et Thierry s'attribue le royaume d'Austrasie.

Circonstances de la mort de Thibert[modifier | modifier le code]

Frédégaire ne dit pas ce que devient Thibert II.

Jonas de Bobbio prétend que Brunehilde l'a fait enfermer dans un monastère, et que peu de temps après elle a ordonné de le mettre à mort.

D'autres chroniqueurs, tels Aimoin de Fleury et Abbon de Fleury font de la mort du roi d'Austrasie un récit qui diffère de celui de Jonas et de celui de Frédégaire :
Ils racontent que Thibert, retiré dans Cologne, manifestait l'intention de s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, quand Thierry arriva devant cette ville. Le roi de Bourgogne fit sommer les habitants de lui livrer mort ou vif le roi d'Austrasie, les menaçant, s'ils s'y refusaient, de brûler leur ville et de les passer tous au fil de l'épée. Effrayés par ces menaces, les habitants de Cologne tuèrent le roi vaincu, et du haut des remparts jetèrent sa tête aux pieds du vainqueur.

Sources[modifier | modifier le code]

Parmi les ouvrages écrits à une date proche des événements, la principale source est la Chronique de Frédégaire, mais certaines "Vies de Saints" sont utilisées, notamment la Vie de saint Colomban.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur le Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Noêlle Deflou-Leca, Alain Dubreucq (dir.), Sociétés en Europe mi VIè-fin IXè siècle, Atlande, coll. Clefs Concours, 2003, pages 406-411 (fiche biographique : « Brunehaut »)
  • Stéphane Lebecq, Les Origines franques, Points/Seuil, 1990, pages 105-119 (première partie, chapitre 5 : « La faide royale (561-603) »).

Biographies de Brunehilde/Brunehaut[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger-Xavier Lanteri, Brunehilde : la première reine de France, Perrin, Paris, 1995, page 24 :

    « [Thiodoberkht, Brillant dans le peuple] »

  2. Roger-Xavier Lanteri, Brunehilde : la première reine de France, Perrin, Paris, 1995, page 345 :

    « « Peuple » s'écrivait « thiuda » en gotique et « thiod(a) » en vieux haut allemand. Il dérivera en « deutsch ». L'accent tonique était si fort que les Français n'ont retenu de Thiodoberkht que Thibert de Thiodorîkh que Thierry mais les scribes écrivent au VIe siècle. Teudoberctus et Theudoricus et le premier élément signifiant « peuple » sera confondu avec le grec theos, « dieu », d'où la forme Théodoric et Théodebert sur le calque fautif de Théodore. Nous les nommerons Thibert et Thierry. »

  3. Chilpéric Ier est le frère de Sigebert Ier.
  4. selon Christian Bouyer (Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 ISBN 2-262-00789-6, p. 64) Bilichilde est la « fille du maire du palais de Neustrie Ansbert », et la mère de Mérovée
  5. Lebecq, page 117.
  6. Il conserve une douzaine de pagi entre la Seine et la Manche.
  7. a et b Lebecq, page 118.
  8. Selon Lebecq, page 118 : Théodebert a soit été tué, soit été placé dans un monastère.