Tamara Drewe

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Tamara Drewe

Titre original Tamara Drewe
Réalisation Stephen Frears
Scénario Moira Buffini
Acteurs principaux
Sociétés de production BBC Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Comédie
Sortie 2010
Durée 111 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Tamara Drewe est un film britannique réalisé par Stephen Frears, sorti le 14 juillet 2010 en France. Ce film est une adaptation du roman graphique Tamara Drewe de Posy Simmonds.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Tamara Drewe, jeune journaliste londonienne commence à se lasser de son quotidien dans la capitale. Elle décide donc tout naturellement de retrouver son village natal du bocage anglais, dans le Dorset. Immédiatement, sa beauté incomparable ne laisse personne insensible et attire très vite les convoitises entraînant ainsi une cascade d'évènements absurdes et ridicules dans le paisible village.

Résumé[modifier | modifier le code]

Tout commence sur l’image attrayante du torse musclé d’Andy Cobb un beau paysan de la campagne anglaise. Comme en contrepoint viennent s’inscrire les moins poétiques évocations d’hommes et de femmes pianotant sur le clavier de leur ordinateur portable. Ce sont des écrivains plus ou moins talentueux pensionnaires du Cottage « Far from the madding crowd » tenu par la belle et vertueuse Beth Hardiment. Son mari Nicholas Hardiment célèbre auteur de romans policiers se manifeste par un visage disgracieux et un physique enrobé. C’est un miracle qu’il ait épousé une aussi belle femme que la vertueuse Beth. Au lieu d’en remercier le Ciel nuit et jour, il ne songe qu’à batifoler en compagnie de donzelles plus jeunes.

Le décor est planté quand débarque au pays la très pulpeuse Tamara Drewe qui vient de se faire faire un nez tout neuf. Son attrayant physique lui avait déjà permis de commencer une relation avec le séduisant Andy Cobb. Hélas le défaut de son nez y avait mis un terme malheureux. Cet obstacle levé, le jeune et fougueux paysan ne demande qu’à reprendre le flambeau. Mais la belle Tamara doit assister à un concert rock pour écrire un article dans son journal et voilà qu’une relation se noue entre elle et Ben Sergeant le beau batteur du groupe. Tamara quitte sa maison de campagne pour suivre son amoureux à Londres et c’en serait fait d’Andy sans l’intervention de l’espiègle Jody Long, une gamine en mal de people et tombée amoureuse du beau musicien à travers des magazines pour ado. Elle en pince tant pour le rocker qu’elle ne consent pas à l’idée de son départ. Elle se glisse avec sa copine dans la maison déserte de Tamara pour utiliser son ordinateur et faire en son nom une proposition des plus explicites à son ancien ami.

Le mail tombe sous les yeux de Ben qui ne l'entend pas de cette oreille. Les deux amoureux se fâchent. Tamara quitte Londres pour se remettre au vert. Hélas à peine revenue à la campagne, elle assiste impuissante aux amours torrides d’Andy et d’une serveuse de restaurant. Catastrophée, elle n’a d’autre recours que se jeter dans les bras du peu séduisant Nicholas qu’elle a pourtant toujours méprisé. L’auteur célèbre se croit enfin comblé : il va pouvoir vivre avec la belle jeune femme, quitter son cottage, son métier d’écrivain et surtout son épouse qu’il juge trop ennuyeuse. Mais Tamara se ressaisit. D'ailleurs Beth, l’épouse trompée, a découvert le pot aux roses. Ben le rocker musicien s’est rendu compte que toute sa brouille avec Tamara venait des manigances de la petite Jody Long.

Entre temps Glen McCreavy l’un des pensionnaires s’est rapproché de Beth en laquelle il commence à voir sa nouvelle égérie. Alors quand il apprend l’inconduite de son mari, il lui offre son réconfort. Mais l’époux qui vient de se voir abandonné par sa belle Tamara, n’entend pas laisser sa femme aux bras du nouveau venu. Une bagarre s’engage entre les deux hommes. Ils se bousculent. Nicholas tombe et sa tête cogne contre un abreuvoir. Comble de malchance un troupeau de vaches excitées par le chien de Ben lui passe accidentellement sur le corps. Le malheureux succombe à ses blessures. Pour conclure Tamara se met avec Andy le paysan. Beth se console dans les bras de Glen son ancien pensionnaire, et la petite Jody Long hérite contre toute attente du bouillonnant Ben Sergeant.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (V. F.) sur le site d’AlterEgo (la société de doublage[1]) et Carton de doublage T.V.[N 1]

Production[modifier | modifier le code]

Développement du projet[modifier | modifier le code]

À l'origine, Tamara Drewe est un roman graphique de Posy Simmonds, basé sur Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. Paru en 2007[N 2], Tamara Drewe obtient le Prix de la critique de l'Association des critiques et des journalistes de bande dessinée en 2009. Le charme particulier et les possibilités offertes par le roman graphique ont séduit le réalisateur Stephen Frears, qui dira : « J’ai adoré sa réelle originalité. Christine Langan (directrice de la création chez BBC Films) m’a envoyé le livre en me disant : "J’ai quelque chose pour vous." J’étais dans l’avion pour New York quand je me suis décidé à ouvrir cette enveloppe. J’ai immédiatement aimé ce que j’étais en train de lire. Je me souviens que cela s’est passé comme ça avec The Snapper »[2].

L'écriture du scénario de l'adaptation du roman est confié par la production à Moira Buffini, et Frears accepta tout de suite de le réaliser, tant la première version du script était satisfaisante[2],[3]. Le roman graphique se présente comme un story-board, ce qui a beaucoup aidé la scénariste[2]. « C’est visuellement très complet et c’est presque déjà un film. Dans ses dessins, Posy donne énormément d’indications sur les personnages. Le roman graphique est littéralement un story-board. Il nous est souvent arrivé de tourner une scène, puis de regarder dans le livre en nous disant qu’on ne pouvait pas faire mieux », dira Buffini à ce sujet[2]. Avant que Frears accepte, Andrea Arnold fut pressentie pour réaliser Tamara Drewe, mais déclina l'offre[4].

Tamara Drewe marque le retour de Stephen Frears dans le registre de la comédie, après l'avoir délaissé après Héros malgré lui, au profit d'un registre plus dramatique comme avec The Queen, malgré quelques exceptions comme The Snapper et High Fidelity, mais avait besoin de changer d'air et de sortir des conventions des films d'époque mais aussi du style de langage[2]. Il a par ailleurs confié que réaliser ce film a été libérateur car « Le scénario m’a fait rire. Je l’ai trouvé drôle, sexy et contemporain. Adapter un roman graphique, c’est libérateur. On peut laisser courir son imagination, ça libère d’une façon extraordinaire (...) c’est une BD intelligente, fine, qui parle de choses qu’on connaît », ajoutant qu'il n'avait « jamais fait de film comme Tamara Drewe » et qu'il a « dû tout inventer »[2]. Il parle d'un « élément rare » qui est proposé dans le scénario : « les Anglais ne font pas de films sur la bourgeoisie », car selon lui, « c’est davantage une tradition française », ajoutant une références aux films de Claude Chabrol sur la bourgeoisie[2]. Frears aime bien dire que « Tamara Drewe est une comédie pastorale ! »[2].

Le réalisateur a également confié avoir réalisé « un film à la Clint Eastwood » et insiste sur les multiples références au western que l'on peut trouver dans Tamara Drewe, notamment les scènes d'attaques de bétail[2].

Casting[modifier | modifier le code]

Pour le rôle-titre, il fallait une bonne actrice pour interpréter notre emblématique héroïne, car « Tamara devait être super sexy, intelligente, un peu paumée, un peu malicieuse aussi car elle devait pouvoir jouer l’ironie tout en attirant la sympathie des spectateurs », selon Alison Owen, une des productrices[5]. Le choix s'est porté sur Gemma Arterton, car elle « paraissait rassembler toutes ces caractéristiques et Stephen est tombé sous son charme », selon Owen, ajoutant que « c'était vraiment Tamara comme on l’avait imaginée »[5]. Frears souligne les autres qualités d'Arterton : « elle est très flexible, comme une ligne qui ondulerait à sa guise… Et c’est une fille très sympathique, chaleureuse et drôle. Je me suis dit que j’aimerais la regarder pendant 90 minutes. C’est aussi simple que ça »[5].

Afin d'incarner le romancier coureur de jupons Nicholas Hardiment, Frears avait uniquement l'acteur Roger Allam en tête, après l'avoir fait tourner dans The Queen dans lequel il tenait le rôle du secrétaire particulier de la reine, car il le trouvait « génial »[5]. Pour interpréter le rôle de l'épouse trompée de Nicholas, Beth, le choix de Frears, complètement à l'opposé du personnage dans le roman graphique, s'est porté sur Tamsin Greig, car si elle est beaucoup plus jeune que son personnage, il leur fallait « une actrice qui puisse être à la fois spirituelle, émouvante et expérimentée »[5].

Dominic Cooper est choisi pour le rôle du rockeur Ben Sergeant après une lecture au cours duquel il était hilarant, selon Frears, mais aussi par que ce « les filles étaient excitées et m’ont dit : "Allez, prends Dominic Cooper !" ». Il avoue avoir obéi, car il « était dans Mamma Mia ! et les adolescentes tueraient père et mère pour lui ». Frears le trouve « très crédible et colle au rôle »[5]. Luke Evans, choisi pour le rôle d'Andy Cobb, fidèle homme à tout faire des Hardiment, correspond au personnage par son côté incroyablement « campagnard chic et discrètement sexy »[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage de Tamara Drewe s'est déroulé en septembre 2009[6], essentiellement dans le Dorset, où fut tournés les scènes de Stonefield et du pub[7]. D'autres scènes furent tournés à Londres, à Hertfordshire et dans le Somerset, ainsi qu'aux Pinewood Studios[7].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Tamara Drewe est bien reçu par les critiques professionnelles : le site Rotten Tomatoes note que 66% des 119 commentaires collectés sont positives, pour une moyenne de 6,3/10[8], tandis que le site Metacritic, qui recense les critiques de magazines anglophones, attribue au long-métrage un score de 64/100, pour un total de 28 critiques[9].

En France, le long-métrage obtient un excellent accueil de la part des critiques professionnelles, avec une note de 4/5 sur le site AlloCiné, pour 22 commentaires collectés[10].

Box-office[modifier | modifier le code]

Tamara Drewe a rapporté un total de 11 910 695 $ de recettes mondiales, dont 11 350 304 $ à l'international et 560 391 $ aux États-Unis, où il est distribué en sortie limitée (atteignant un seuil maximal de 59 salles en dixième semaine)[11].

Au Royaume-Uni, le long-métrage a totalisé 2,58 millions de £, se classant en seizième position des meilleures recettes dans le pays au cours de l'année 2010 pour une production ou co-production britannique et en sixième position des meilleures recettes au cours de la même anné pour une production ou co-production britannique indépendante[12].

En France, sorti dans une combinaison de salles assez modeste (atteignant un seuil maximal de 210 salles en deuxième semaine), Tamara Drewe parvient à se placer durant huit semaines dans le top 20 hebdomadaire, dont trois dans le top 10, avec près de 550 700 entrées[13]. Au bout de quatorze semaines restés à l'affiche, le long-métrage a déjà cumulé 588 397 entrées[14]. Après dix-huit semaines resté en salles, Tamara Drewe finit sa carrière avec 595 772 entrées la semaine du 10 novembre 2010[13],[15] [N 3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Doublage relevé lors de la diffusion télévisée.
  2. Le roman est paru en France en 2008.
  3. Selon la fiche IMDb dans la catégorie Box-office/business, Tamara Drewe a totalisé 600 017 entrées à la date du 31 décembre 2010 alors que sur la fiche CBO, il est resté 18 semaines en salles, jusqu'à la semaine du 10 novembre 2010, dont 14 semaines en province.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche de doublage V. F. du film » sur Alterego75.fr, consulté le 15 juin 2013
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Secrets de tournage de Tamara Drewe », sur AlloCiné (consulté le 12 avril 2014).
  3. « Tamara Drewe : naissance du projet », sur Commeaucinema (consulté le 12 avril 2014)
  4. (en) « Trivia for Tamara Drewe », sur IMDb
  5. a, b, c, d, e, f et g « Tamara Drew : le casting », sur Commeaucinema (consulté le 12 avril 2014).
  6. (en) Box office / business for Tamara Drewe sur l’Internet Movie Database (consulté le 12 avril 2014)
  7. a et b (en) Locations for Tamara Drewe sur l’Internet Movie Database (consulté le 12 avril 2014)
  8. (en) « Tamara Drewe  », sur Rotten Tomatoes, Flixster (consulté le 8 avril 2014)
  9. (en) « Tamara Drewe  », sur Metacritic, CBS Interactive Sites (consulté le 8 avril 2014)
  10. « Tamara Drewe : Critique presse », sur AlloCiné (consulté le 12 avril 2014).
  11. (en) « Tamara Drewe », sur Box Office Mojo (consulté le 11 avril 2014)
  12. (en) « Statistical Yearbook 2011 (voir pages 20 et 21) », sur bfi.org (consulté le 12 avril 2014)
  13. a et b « Tamara Drewe : Box-office français », sur JP Box Office (consulté le 11 avril 2014)
  14. « Fiche box-office de Tamara Drewe », sur cinefeed.com/ (consulté le 12 avril 2014)
  15. « Tamara Drewe », sur CBO (consulté le 12 avril 2014).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]