Simon Harel

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Simon Harel

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Simon Harel est un intellectuel québécois né à Montréal en 1957. Écrivain et essayiste, il est professeur titulaire et directeur du Département de littérature comparée de l'Université de Montréal, où il dirige le Laboratoire sur les récits du soi mobile. Il a été professeur au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal de 1989 à 2011.

Cheminement académique et professionnel[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, Simon Harel poursuit des études de deuxième cycle à l’Université du Québec à Montréal. C’est au contact de professeurs comme Madeleine Gagnon qu’il développe un intérêt pour la psychanalyse, notamment par la fréquentation des œuvres de Catherine Clément, Jacques Lacan et René Major.

À la suite de ses études montréalaises, Simon Harel s'installe en France en 1981 avec le projet de poursuivre des études de doctorat au Département de psychanalyse de l'Université Paris-VIII. Il arrive toutefois à Vincennes quelques mois après la dissolution de l’École freudienne de Paris. Simon Harel complète alors un diplôme d’études approfondies (DEA) à l’Unité d’enseignement et de recherche de littérature française et comparée de l’Université Paris-VII avant d’y entreprendre, sous la direction de Julia Kristeva, des études doctorales en lettres. Sa thèse, déposée en 1986, s'intitule « L’écriture de la psychose dans les textes de Rodez d’Antonin Artaud ». L'intérêt de Simon Harel pour la psychanalyse croît tout au long de ses études universitaires. S’il connaît très bien les œuvres des psychanalystes français (dont Jacques Lacan, Serge Leclaire et René Major), c’est toutefois la psychanalyse anglaise qui le fascine, particulièrement la lecture que font les penseurs et écrivains français des théories de Melanie Klein, Wilfred Bion et Donald W. Winnicott.

C’est à l’Université du Québec à Montréal, là où il a fait ses premières armes intellectuelles, que Simon Harel débute sa carrière de chercheur. De 1986 à 1988, il complète, sous la direction de Régine Robin, un postdoctorat au Département de sociologie. Il devient par la suite chercheur autonome, financé par les Fonds FCAR de 1988 à 1989, année où il décroche un poste de professeur adjoint à l’UQAM. Il est promu en 1993 au titre de professeur agrégé puis, en 1997, à celui de professeur titulaire. En 2001, Simon Harel participe activement, avec Pierre Ouellet, à la création du site montréalais du Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT), dont il est le directeur de 2001 à 2007, puis le directeur intérimaire de septembre 2008 à août 2009.

En carrière, Simon Harel a été à la tête de nombreux réseaux de recherche et projets scientifiques subventionnés par divers organismes. Instigateur du projet Modalités du lien de confiance (2006-2008), il assure actuellement la direction scientifique du projet Zones de tension : expressions de la conflictualité dans la littérature québécoise et canadienne 1981-2006 (2007-2011). Chercheur et communicateur prolifique, il a dirigé ou codirigé onze ouvrages collectifs et sept numéros spéciaux de revue. Il a aussi publié une œuvre littéraire, dix monographies et plus de cent vingt articles. Il a par ailleurs présenté plus de deux cent cinquante communications orales et conférences, en plus d’organiser vingt-cinq colloques ou événements scientifiques d’envergure.

Il est lauréat du prestigieux prix Trudeau[1] (2009-2012) et a été nommé, en 2009, membre de la Société royale du Canada.

Champs de recherche[modifier | modifier le code]

Au cours des vingt dernières années, Simon Harel a agi à titre de pionnier en ouvrant un champ de recherche novateur à la frontière des études littéraires et des études culturelles. Il a été l’un des premiers à décrire la singularité de l’expérience migratoire au Québec, qui se produit dans un contexte minoritaire. Il s’est intéressé aux problématiques interculturelles, aux questions qui font référence à la place de l’étranger dans la société, et a poursuivi des recherches sur la précarité de nos espaces de vie. Conscient de l’insuffisance de certains discours critiques (sur l’hybridité, le métissage, l’identité à la carte), il se donne à présent comme objectif de cerner les formes instables, souvent conflictuelles, de la mobilité culturelle. Sa réflexion est enracinée dans l’étude des récits, qui constitue selon lui un mode d’appréhension privilégié de la pluralité culturelle, mais aussi dans l’étude des discours et des pratiques sociales.

Parmi ses domaines de recherche, signalons les formes contemporaines du récit de soi (autobiographie et autofiction); le multiculturalisme et l’interculturalité; la littérature québécoise contemporaine; la littérature québécoise des communautés culturelles; la littérature française contemporaine; les relations entre psychanalyse et culture; les études culturelles; les théories du récit; les intersections des espaces psychique et géographique; les dialogues de l’architecture et de la littérature; les expressions de la méchanceté littéraire.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2009 - Membre de la Société royale du Canada
  • 2009 - Lauréat du prix Trudeau (2009-2012)
  • 2006 - Récipiendaire, au nom du CELAT, du prix ACCA Nelson Mandela[2] pour la diversité et l'inclusion décerné par l'Association des communautés culturelles et des artistes (ACCA) dans le cadre du Mois de l'Histoire des Noirs
  • 2006 - Finaliste pour le prix Victor-Barbeau de l’Académie des Lettres du Québec décerné au meilleur essai pour Les Passages obligés de l’écriture migrante
  • 2006 - Finaliste pour le prix Spirale Eva-Le-Grand du meilleur essai pour Braconnages identitaires. Un Québec palimpseste
  • 2004 - Inscription au Canadian Who's Who
  • 2002 - Finaliste pour le prix Victor-Barbeau de l’Académie des Lettres du Québec décerné au meilleur essai pour Un boîtier d’écriture. Les lieux dits de Michel Leiris
  • 1993 - Prix du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal, catégorie littérature, décerné aux concepteurs du catalogue Antonin Artaud (Vice Versa : « Artaud », no 42, 1993).
  • 1992 - Prix Gabrielle-Roy décerné aux auteurs de Montréal imaginaire. Ville et Littérature, sous la direction de Pierre Nepveu et Gilles Marcotte, Fides, 1992, 424 p.

Publications[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Espaces en perdition. Humanités jetables, tome II, Québec, Les Presses de l’Université Laval, coll. « InterCultures », 2008, 289 p.
  • Espaces en perdition. Les lieux précaires de la vie quotidienne, tome I, Québec, Les Presses de l’Université Laval, coll. « InterCultures », 2007, 222 p.
  • Braconnages identitaires. Un Québec palimpseste, Montréal, VLB Éditeur, coll. « Le soi et l’autre », 2006, 136 p.
  • Les passages obligés de l’écriture migrante, Montréal, XYZ, coll. « Théorie et littérature », 2005, 252 p.
  • Un boîtier d’écriture. Les lieux dits de Michel Leiris, Montréal, Trait d’union, coll. « Spirale », 2002, 146 p.
  • La démesure de la voix. Parole et récit en psychanalyse, Montréal, Liber, 2001, 245 p.
  • Le voleur de parcours. Identité et cosmopolitisme dans la littérature québécoise contemporaine (1989), Montréal, XYZ éditeur, réédition en collection de poche, 1999, 334 p.
  • Le récit de soi, Montréal, XYZ éditeur, collection « Théorie et littérature », 1997, 250 p.
  • L’écriture réparatrice. Le défaut autobiographique : Leiris, Crevel, Artaud, Montréal, XYZ, coll. « Théorie et littérature », 1994, 231 p.
  • Vies et morts d’Antonin Artaud : le séjour à Rodez, Longueuil, Éditions du Préambule, coll. « L’Univers des discours », 1990, 343 p.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • Le Regard long, recueil de poèmes illustré par Alain Médam, Montréal, Liber, 2002, 135 p.

Directions et codirections d’ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Quel autre ? L’altérité en question, codirecteur de publication (avec Pierre Ouellet), Montréal, VLB Éditeur, coll. « Le soi et l’autre », 2007, 378 p.
  • Lieux propices. L’énonciation des lieux/le lieu de l'énonciation dans les contextes francophones interculturels, codirecteur de publication (avec Adelaide Russo), Québec, Les Presses de l'Université Laval, coll. « InterCultures », 2005, 355 p.
  • La mémoire inventée, codirecteur de publication (avec Caroline Désy et Sylvie Boyer), Montréal, Cahiers du CELAT à l’UQAM, 2003, 202 p.
  • Brésil@Montréal. Penser les transferts culturels : pratiques et discours du pluralisme, codirecteur de publication (avec Zilà Bernd), livre CD-ROM des actes du colloque tenu à l’UQAM du 2 au 6 décembre 2002, 2003.
  • Identités narratives. Mémoire et perception, codirecteur de publication (avec Pierre Ouellet, Jocelyne Lupien et Alexis Nouss), Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « InterCultures », 2002, 323 p.
  • L’infigurable, codirecteur de publication (avec Alexis Nouss et Michaël La Chance), Montréal, Liber, coll. « Bibliothèque Liber », 2000, 268 p.
  • L’étonnement, codirecteur de publication (avec Francine Belle-Isle et Gabriel-Louis Moyal), Montréal, Liber, coll. « Espace de réflexion psychanalytique », 2000, 223 p.
  • Le cabinet d’autofictions, codirecteur de publication (avec Alexandre Jacques et Stéphanie St-Amant), Cahiers du CELAT-UQAM, 2000, 217 p.
  • Résonances. Dialogues avec la psychanalyse, directeur de publication, Montréal, Liber, 1999, 350 p.
  • Antonin Artaud. Figures et portraits vertigineux, directeur de publication, Montréal, XYZ, coll. « Théorie et littérature », 1995, 297 p.
  • L’étranger dans tous ses états : enjeux culturels et littéraires, directeur de publication, Montréal, XYZ, coll. « Théorie et littérature », 1992, 190 p.

Articles et chapitres de livres récents[modifier | modifier le code]

  • « Fatalité de la parole : invective et irritation dans l’œuvre de Thomas Bernhard », dans Études littéraires : « Esthétiques de l’invective », vol. 39, no 2, hiver 2008, p. 59-83.
  • « La méchanceté littéraire : les figures malaisées de l’autre en soi », dans Le Coq-Héron : « Figures de l’autre en soi », no 192, janvier 2008, p. 57-69.
  • « Les loyautés conflictuelles de la littérature québécoise », dans Quebec Studies : « Textes, territoires, traduction : (dé)localisations / dislocations de la littérature anglo-québécoise », no 44, hiver 2007 / printemps 2008, p. 25-41.
  • « Répercussions violentes. Échos de l’œuvre de Thomas Bernhard », dans Protée : « Échos et résonances », vol. 35, no 1, 2007, p. 17-27.
  • « V.S. Naipaul. Une poétique de l’amertume », dans Ptah (Psychanalyse – Traversées – Anthropologie – Histoire) : « Géographie et histoire de la subjectivité », ARAPS 2003-2004, vol. 15, no 6, 2005, p. 179-198.
  • « Braconagem: um novo modo de apropriação do lugar ? », traduction de Nubia Hanciau, dans Interfaces Brasil / Canadá, no 5, 2005, p. 211-230.
  • « La chasse gardée du territoire québécois. 4. À la manière des tagueurs », dans Liberté, no 269, septembre 2005, p. 137-161.
  • « La chasse gardée du territoire québécois. 3. Braconnages identitaires », dans Liberté, no 267, février 2005, p. 110-128.
  • « L’ambiologie, forme contemporaine de la rumeur », dans Protée : « La rumeur », no sous la direction de Josias Semujanga, vol. 32, no 3, 2004, p. 9-24.
  • « La chasse gardée du territoire québécois. 2. Un Québec palimpseste », dans Liberté, no 266, décembre 2004, p. 105-117.
  • « La chasse gardée du territoire québécois », dans Liberté, no 265, septembre 2004, p.73-87.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://www.quotidien.uqam.ca/index.php?article=1090
  2. http://www.uqam.ca/nouvelles/2006/06-023.htm