Émilie Gamelin

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Mère Veuve Gamelin
Mère Émilie Gamelin,
sculpture de Raoul Hunter

La Bienheureuse Émilie Gamelin, née Émilie Tavernier (19 février 1800 - 23 septembre 1851)[1], est une religieuse canadienne, fondatrice des Sœurs de la Providence de Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émilie naît à Montréal[2] en 1800. Elle est la 15e d’une famille de 15 enfants mais 9 de ses frères et sœurs sont déjà décédés à sa naissance. Sa mère meurt en 1804 et son père décède en 1814. Au décès de sa mère, elle est confiée à sa tante paternelle, madame Marie-Anne Tavernier et son mari Joseph Perrault. À dix-huit ans, elle tient la maison de son frère François, devenu veuf, et accueille avec compassion les pauvres qui s’y présentent.

Elle apprend à connaître la ville et correspond avec sa cousine, Agathe Perrault-Nowlan, alors qu’elle demeure à Québec pour aider bénévolement une autre cousine. En 1823, elle épouse Jean-Baptiste Gamelin, de vingt-sept ans son aîné. Il mourra quatre années plus tard, laissant Émilie veuve. Après le décès de son époux, elle continua à prendre soin d’un jeune homme déficient mental appelé Dodais qui avait sauvé la vie de Jean-Baptiste avant leur mariage. Émilie Gamelin a eu 3 enfants qui sont tous décédés en bas âge.

Sur le conseil de Jean-Jacques Lartigue et de Jean-Baptiste Bréguier dit Saint-Pierre, son directeur spirituel, qui l’invite à prier la Vierge des Douleurs, elle s'intéresse aux œuvres caritatives. Membre de la Confrérie de la Sainte-Famille et de l'association des dames de la charité, elle fournit un effort dévoué au sein de ces organisations.

Ayant pris la décision de vendre ses propriétés, elle ouvre au total trois refuges, principalement pour les femmes âgées et infirmes, dès 1830 avec l'aide du curé Claude Fay. Lors des épidémies cholériques de 1832 et 1834, elle n'hésite pas à venir visiter les malades et réconforter les familles. Une maison se trouvant près du nouvel évêché de Montréal lui est offerte par Antoine-Olivier Berthelet.La « Maison de la Providence » sera appelée communément la « Maison jaune ».

Déjà sensible au sort des prisonniers et prisonnières de la ville, elle visite, de 1837 à 1839, les prisonniers politiques et condamnés de la rébellion à la prison Au Pied du Courant. Elle attrape la fièvre typhoïde en 1838 et se trouve à l’article de la mort avant de finalement en guérir. Mgr Ignace Bourget, nommé évêque de Montréal en 1840, désire faire immigrer de France des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul pour diriger l'œuvre de Madame Gamelin. L'Asile de la Providence sera construit grâce au dévouement de Mgr Bourget et de Madame Gamelin qui quêtent pour en défrayer les coûts. Il ouvrira ses portes en mai 1843.

Devant les délais migratoires des sœurs européennes, Mgr Bourget et Jean-Charles Prince d’une nouvelle congrégation religieuse canadienne. Le 25 mars 1843, 7 novices entrent chez les Filles de la Charité Servantes des Pauvres, communément appelées Sœurs de la Providence. Mme Gamelin sent en elle le désir de se donner tout entière. À la demande de Mgr Bourget, elle visitera Elizabeth Ann Bayley Seton aux États-Unis pour obtenir des renseignements sur la manière de gouverner une communauté. Revenue avec une copie de la règle de saint Vincent de Paul, elle est admise au noviciat le 8 octobre 1843, fait profession avec les six premières recrues, le 29 mars 1844, et est élue supérieure le 30 mars 1844.

Dans les années 1840 jusqu'en 1851, son institut mettra sur place de nombreuses œuvres de charité, dont l'hospice Saint-Joseph pour les prêtres âgés et infirmes (1844), une école régulière (1845) et une école pour sourdes et muettes (1851) à la Longue-Pointe, une maison à La Prairie (1846), un couvent à Sainte-Élisabeth (1849) près de L'Industrie ainsi qu'un bureau de placement pour jeunes filles et un centre de soins pour les malades mentaux pour lequel elle reçoit le soutien du gouverneur Louis-Hippolyte La Fontaine. Elle est une intervenante précieuse en 1847 lors de l'épidémie de typhus (Hospice Saint-Jérôme Émilien/Hôpital Saint-Patrice) et en 1849 lors de l'épidémie de choléra (Hôpital Saint-Camille).

En 1850, une école fut fondée à Sorel. En cette même année, Mère Gamelin va visiter les hôpitaux pour malades mentaux aux États-Unis dans le but d’ouvrir un établissement semblable à Montréal; ce qui n’arrivera pas de son vivant. Affaiblie par son œuvre caritative exceptionnelle, elle est emportée le 23 septembre 1851 par l'épidémie de choléra qui sévit à nouveau cette année-là à Montréal.

Suite[modifier | modifier le code]

Affiche historique au parc Émilie-Gamelin.

Son institut, qui comptait à sa mort cinquante-et-une sœurs et dix-neuf novices et prenait soin de près d’un millier de personnes, a définitivement ouvert la porte aux instituts caritatifs fondés par la suite.

Le pape Jean-Paul II a proclamé son héroïcité le 23 décembre 1993 et elle a été proclamée bienheureuse le 7 octobre 2001, toujours par Jean-Paul II.

Montréal honore depuis quelques années son nom, le square Berri ayant été rebaptisé parc Émilie-Gamelin (1995). Il est situé entre les rues Berri et Saint-Hubert et fait face à la rue Sainte-Catherine, occupant l'ancien emplacement de l’Asile de la Providence (détruit en 1963). Une statue à son effigie, sculptée par l’artiste Raoul Hunter, orne la sortie de la rue Sainte-Catherine au métro Berri-UQÀM depuis l’an 2000.

Le Centre international des Sœurs de la Providence abrite, entre autres, le Centre Émilie-Gamelin (Musées des Sœurs de la Providence) qui contient deux salles d’exposition permanentes sur Émilie Tavernier-Gamelin et sur les Sœurs de la Providence et une salle d’exposition temporaire sur l'enseignement aux sourdes-muettes. Il est situé au 12055, rue Grenet. Les Sœurs de la Providence servent encore les plus démunis dans neuf pays (Canada, États-Unis, Chili, Salvador, Argentine, Haïti, Cameroun, Philippines et Égypte).


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, Vie de mère Gamelin, fondatrice et première supérieure des Sœurs de la Charité de la Providence, Éditions Eusèbe Senécal, Montréal, 1900.
  • Collectif, Biographies De La Mère Gamelin et De Ses Six Compagnes Fondatrices De L'institut Des Filles De La charité Servantes Des Pauvres Dites Sœurs De La Providence De Montréal, Providence Maison Mère, Montréal, 1918.
  • Collectif, Mere Gamelin Fondatrice Des Sœurs De La Providence De Montreal, Sœurs De La Providence, Montreal, 1924.
  • Collectif, L'Institut de la Providence. Histoire des Filles de la Charité Servantes des Pauvres dites Sœurs de la Providence, Providence Maison Mère, Montréal, 1925.
  • Maurice H.Beaulieu, S. J, Mère Gamelin, Imp. Chaumont, Montreal, 1942.
  • Denise Robillard, Émilie Tavernier-Gamelin, Éditions Du Meridien, Laval, Québec, 1988.
  • Mgr André Marie Cimichella, Émilie Tavernier-Gamelin. La grande dame de Montreal fondatrice des sœurs de la Providence, Éditions Carte Blanche, 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite Jean, « TAVERNIER, ÉMILIE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 8 avril 2014.
  2. Encyclopédie de l'Agora

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