Samir Geagea
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Samir Geagea (سمير جعجع), né le 25 octobre 1952 à Ain-el-Remmaneh (Beyrouth), est un ancien chef de milice et homme politique libanais. Il est marié à Sethrida Geagea.
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Naissance [modifier]
Issu d'une modeste famille maronite originaire de Bcharré (Liban Nord), il commence des études de médecine en 1972 à l'université américaine de Beyrouth dans un Liban en pleine effervescence politique. Il s'engage auprès du parti Al-Kataëb (les Phalanges), un des principaux partis chrétiens au Liban.
La guerre [modifier]
Lorsque la guerre civile éclate au Liban en 1975, il interrompt ses études de médecine pour rejoindre la milice du parti Kataëb qui devient le noyau des Forces libanaises. Il continuera plus tard ses études à l'université Saint-Joseph mais n'obtient pas son diplôme de médecine. De ses quatre années d'étude, il ne conservera que le surnom de Hakim (docteur).
En 1976, les milices chrétiennes étaient alliées aux Syriens mais après que Hafez el-Assad décide de soutenir le camp dit palestino-progressiste en 1977 un conflit éclate entre la Syrie et les chrétiens. Soleimane Frangié, un ami personnel de Hafez el-Assad depuis les années 1950, décide de s'allier à la Syrie. Soleimane Frangié est un ancien président de la République et un chef féodal et son fils Tony est le chef d'une milice maronite de Zghorta, une cité du Liban nord fortement rivale de Bcharré, la ville de Geagea. Les affrontements se multiplient entre la Brigade Marada (la milice de Frangié) et les Kataëb de Bashir Gemayel. L'assassinat de Joud el Bayeh, un cadre local des Kataëb par des miliciens de Frangié fait monter la tension d'un cran. Dans une guerre, la cause est souvent monétaire, la source alimentant la guerre : les taxes de guerre aux usines de ciment de Chekka.
Bashir Gemayel charge alors certaines unités dont celle de Geagea et d'Elie Hobeika de mener une attaque contre le clan Frangié et capturer les responsables de l'assassinat. L'expédition a lieu le 13 juin 1978. Les circonstances exactes de la bataille demeurent controversées mais Tony Frangié, fils de Soleimane Frangié ainsi que la majeure partie de sa famille est tuée. Geagea est gravement blessé au bras et évacué. Selon certaines versions, Tony Frangié aurait refusé de livrer les coupables et serait mort dans les combats qui ont suivi. Selon Soleimane Frangié senior (le père de Tony), il aurait été exécuté de sang-froid par les miliciens phalangistes. La plupart des versions imputent la mort de Tony Frangié à Elie Hobeika plutôt qu'à Geagea qui aurait été inconscient suite à sa blessure.
Entre 1977 et 1982, Geagea gravit les échelons des forces libanaises et devient une figure importante parmi les militants.
Le 13 septembre 1982, Fadi Frem est nommé par le Président Béchir Gemayel, tué le lendemain dans un attentat à la bombe, chef des Forces libanaises, suivi de Fouad Abou Nader et, en mars 1985 de Elie Hobeika. Les Forces libanaises se trouvent alors dans une position délicate, l’allié israélien tentant de se désengager du conflit libanais et les bailleurs de fonds libanais étant fortement affectés par l’effondrement de l’économie. Elie Hobeika négocie à Damas avec Walid Joumblatt et Nabih Berri l’accord tripartite qui renforce l’influence syrienne au Liban et autorise Damas à y maintenir ses troupes. Geagea, hostile à toute influence syrienne au Liban organise l’éviction de Hobeika qui se voit obligé de quitter l’enclave chrétienne avec ses partisans. Il forge une nouvelle alliance avec les États-Unis et l’Irak ba'assiste rival de la Syrie.
Geagea a guidé les Forces Libanaises en 1983 dans la guerre de la montagne contre les syriens, druzes, joumblattistes et progressistes. Avec le retrait des Israéliens de la montagne, les druzes, les joumblattistes et des palestiniens, fort du soutien syrien, détruisent des villages et villes chrétiens de la montagne du Mont-Liban et provoquent le déplacement de dizaines de milliers de chrétiens vers les régions de Beyrouth-Est en automne 1983.
En 1989, il entérine l'accord de Taëf qui apporte des modifications majeures et drastiques à la constitution libanaise et, aux yeux des restants des membres du parlement libanais de 1972 (moins que 60 %), semble arrêter les conflits meurtriers au Liban datant des guerres de 1975-1976 entre libanais et palestiniens, libanais entre eux, ainsi qu'entre libanais, syriens et israéliens. Il s'ensuit une guerre meurtrière avec le gouvernement présidé par le général Michel Aoun qui rejette cet accord. Aoun est vaincu par la force syrienne, puis s'exile en 1990. Geagea refuse de rallier le nouvel ordre mis en place par la Syrie et tente de reconstituer une opposition politique écrasée par la présence syrienne.
L'incarcération et la libération [modifier]
Samir Geagea est arrêté en avril 1994 après avoir commis l'attentat contre l'église de Notre-Dame de la Délivrance à Jounieh, attentat qui a fait dix morts. Une loi d'amnistie couvre les crimes commis pendant la guerre. Il est innocenté de l'attentat en question, mais l'amnistie dont il profitait n'est pas rétablie[réf. nécessaire]. Il prend comme avocat, le Français Wallerand de Saint-Just. Il est alors inculpé pour des crimes commis pendant la guerre. Le parti des forces libanaises est dissout et interdit.[réf. nécessaire]
Par la suite Samir Geagea est condamné à trois peines de mort commuées en prison à vie pour l'assassinat de rivaux politiques, dont l'attentat qui avait coûté la vie au Premier ministre Rachid Karamé en 1987. Son procès est qualifié d'« inéquitable » par Amnesty International[1] et de farce par ses partisans. Il est confiné en solitaire dans une cellule de 6 mètres carrés aménagée dans un sous-sol du ministère de la défense avec un droit de visite extrêmement restreint. Ses avocats et sa femme ne peuvent le visiter que très rarement et toujours sous la surveillance d'un gardien, avec interdiction d'aborder des sujets politiques. Par la suite, la privation de soleil et les conditions d'incarcération vont gravement affecter sa santé.
Tout au long de son incarcération, il sera représenté par son épouse Sethrida Geagea au sein des instances de son parti. L'assassinat de Rafiq Hariri et la révolution du cèdre qui force la Syrie à se retirer du Liban ouvre la voie à sa libération.
Le 18 juillet 2005, lors de la première séance du nouveau parlement, une centaine de députés, sur un total de 128, dont son épouse, Sethrida, ont voté en faveur de l'amnistie de l'ancien chef de la résistance libanaise principalement chrétienne[2].
Le 26 juillet 2005, il est libéré et quitte le Liban pour se faire soigner à l'étranger.
Il rentre au Liban à l’automne 2005 et s'installe dans une villa près de la forêt des Cèdres et s’affirme comme l’un des principaux dirigeants de l’Alliance du 14 Mars, aux côtés de Saad Hariri et Walid Joumblatt. En février 2006 il déclare l'objectif de cette alliance : la destitution du président Lahoud : un objectif qui ne sera jamais atteint, puisque Lahoud est allé au bout de son mandat. Son objectif actuel est la vérite sur les attentats des syriens au Liban.[réf. nécessaire]
Il a été victime d'une tentative d'assassinat 4 avril 2012[3].
Bibliographie [modifier]
- Jean-Marc Aractingi, La Politique à mes trousses, Éditions l'Harmattan, 2006 (ISBN 978-2-296-00469-6).
Notes et références [modifier]
- Samir Geagea et Jirjis al Khoury : Torture et procès inéquitables Amnesty International, novembre 2004
- http://www.rfi.fr/actufr/articles/067/article_37599.asp Nouveau gouvernement, Geagea amnistié] Paul Khalifeh, RFI, 20 juillet 2005
- Liban : tentative d’assassinat politique, Le Figaro, 6 avril 2012.