Camille Chamoun

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Camille Chamoun
كميل نمر شمعون
Image illustrative de l'article Camille Chamoun
Fonctions
2e président de la République libanaise
Président du Conseil Abdallah al-Yafi
Khaled Chehab
Saeb Salam
Abdallah al-Yafi (2e fois)
Sami Solh
Rachid Karamé
Abdallah al-Yafi (3e fois)
Sami Solh (2e fois)
Prédécesseur Béchara el-Khoury
Successeur Fouad Chéhab
Biographie
Nom de naissance Camille Nimr Chamoun
Date de naissance
Lieu de naissance Deir-el-Qamar (Liban)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Beyrouth (Liban)
Nationalité libanaise
Parti politique Parti national libéral
Enfant(s) Dory Chamoun, Dany Chamoun
Diplômé de Université Saint-Joseph de Beyrouth
Religion Église maronite

Camille Chamoun
Liste des présidents de la République libanaise

Camille Nimr Chamoun (كميل نمر شمعون), né le à Deir-el-Qamar au Liban et mort le à Beyrouth, est un homme politique libanais. Il a été président de la République libanaise de 1952 à 1958.

Débuts[modifier | modifier le code]

Camil Nimr Chamoun est né dans une famille de confession chrétienne maronite. Il poursuit ses études primaires et secondaires chez les frères Maristes de Beyrouth, mais doit les interrompre en raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale et de la déportation sur ordre des autorités ottomane de toute sa famille à Kir-Chéhir, en Anatolie, en 1916.

De retour au Liban le 6 janvier 1919, le jeune homme sans ressources accepte, pour des raisons alimentaires et à son corps défendant un poste de commis au Service de la Dette publique ottomane qui était alors en voie de liquidation. C'est un travail de rond-de-cuir qu'il décrira plus tard dans son ouvrage autobiographique Crise au Moyen-Orient comme un purgatoire lui ayant causé des souffrances morales intolérables. Il en démissionne au bout de cinq mois et s'engage dans des études de droit à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. Il obtient brillamment sa licence en 1923 et est admis au Barreau l'année suivante. Ayant sollicité en 1922, un emploi à la bibliothèque nationale libanaise qu'il réorganise avec succès, il publie dans la presse francophone de Beyrouth ses premières études à caractères juridique et économique qui lui valent d'être remarqué par le rédacteur en chef du quotidien Le Réveil, dont il deviendra le collaborateur le plus recherché. Dès lors, conjointement à son étude d'avocat, il mènera une activité de journaliste. Ses éditoriaux écrits dans un style qui reste un modèle de pureté et de concision ont été réédités dans les années 1980.

Tenté par la politique, il se présente à l'âge de 28 ans au poste de candidat délégué dans la circonscription de Deir-el-kamar et emporte son premier succès électoral. L'élection au scrutin à deux tours ayant été entre-temps abolie, il brigue le poste de député du Mont Liban et emporte le siège en janvier 1934, succès qu'il réitèrera aux élections législatives de 1937 et de 1943. Membre fondateur du Bloc destourien, il accède en 1937 au poste de ministre des Finances dans le cabinet de Khaled Chehab. Fervent partisan de l'indépendance du Liban, il est arrêté sur ordre des Forces mandataires, ainsi que d'autres membres du gouvernement le 11 novembre 1943 et est emprisonné dans la forteresse de Rashaïa avec Béchara el-Khoury et Riyad es-Solh. Pendant ce temps le vice-Premier ministre Habib Abou Chahla et le ministre Magid Arslan se retranchent dans la forteresse de Bchamoun et constituent le Gouvernement du Liban libre. Le 22 novembre, soit 11 jours après, des manifestations de soutien publiques et massives entraînent l'intervention du général Catroux, qui fait libérer les détenus et les réintègre dans leurs fonctions. Cette date marque le point de départ de l'indépendance du pays et constitue aujourd'hui encore sa fête nationale.

Le 27 avril 1944 Chamoun, ministre de l'Intérieur, doit faire face à une contre-manifestation des partisans du Mandat. Le cortège des manifestants se dirige vers la place de l'Étoile où se trouve le parlement et tente d'arracher le drapeau national. Une fusillade éclate. Les forces de l'ordre gouvernementale rétablissent le calme mais cet épisode laissera cinq morts sur le carreau. Pour calmer les polémiques qui s'ensuivent, Chamoun se résigne en août 1944 à abandonner le portefeuille de l'Intérieur pour la fonction de ministre plénipotentiaire auprès de la cour de Saint James à Londres, où il présentera ses lettres de créances et sera accrédité comme ambassadeur du Liban. Il mène avec succès les démarches pour l'adhésion du Liban aux Nations unies.

Chamoun est ensuite réélu aux législatives en 1947 et en 1951.

Présidence[modifier | modifier le code]

Chamoun est choisi pour remplacer El-Khoury en 1952. Pendant la guerre civile de 1958, il fait appel aux forces américaines qui débarquent à Beyrouth. On lui reprochait de ne pas tenir compte des musulmans libanais. Fouad Chéhab, maronite lui aussi (le président est obligatoirement maronite au Liban), est choisi pour remplacer Chamoun car ce dernier jouit d'une popularité considérable chez les musulmans libanais. C'est la fin du mandat de Chamoun.

Le Parti national libéral[modifier | modifier le code]

Après sa présidence en 1958, Chamoun a fondé le Parti national libéral (Noumour Al-Ahrar) la même année. Il est réélu à l'Assemblée nationale en 1960 jusqu'en 1964, puis il est réélu en 1968 et en 1972 (la dernière jusqu'à la fin de la guerre civile). Après l'élection de 1968, le Parti libéral national a tenu 11 sièges sur 99, devenant la plus grande partie simple dans l'Assemblée nationale notoirement rompue. Même si le parti se dit laïque, il demande une importance majeure des chrétiens libanais, en particulier des maronites.

Guerre civile[modifier | modifier le code]

Dès le début de la guerre, Chamoun et son parti crée la Milice des tigres (en arabe, Numūr). Il rentre dans le bloc chrétien dominé par les Kataëb. Il fusionne avec les autres milices chrétiennes pour former les Forces libanaises.

En 1980, la base générale du PNL est détruite par une attaque surprise du rival chrétien de Chamoun, Bashir Gemayel, et des Forces libanaises pourtant sous sa commande. En 1982, lors de l'invasion israélienne, il s'allie avec ce dernier.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

En 1984, Chamoun rejoint le gouvernement d'unité nationale comme vice-Premier ministre. Il meurt le 7 août 1987, à l'âge de 87 ans. Son fils Dany le remplace à la tête du parti jusqu'à son assassinat en 1990, et son second fils Dory prend la place de Dany.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Précédé par Camille Chamoun Suivi par
Moussa Kanaan
1975
Coat of Arms of Lebanon.svg
Vice-Premier ministre du Liban
1975-1976
Fouad Boutros
1976-1982
Said Nasrallah
1975
Coat of Arms of Lebanon.svg
Ministre de l'Intérieur
1975-1976
Salah Salman
1976-1979
Philippe Takla
1975-1976
Coat of Arms of Lebanon.svg
Ministre des Affaires étrangères
1976
Fouad Boutros
1976-1982
Elie Salem
1983-1984
Coat of Arms of Lebanon.svg
Ministre des Finances
1984-1987
Joseph Hachem
1987-1988
Bahaeddine Bsatt
1982-1984
Coat of Arms of Lebanon.svg
Ministre de l'Habitat et des Coopératives
1984-1987
Joseph Hachem
1987-1988