Hermann Buhl
Hermann Buhl, né le 21 septembre 1924 à Innsbruck et mort le 27 juin 1957 sur le Chogolisa, est un alpiniste considéré comme l'un des meilleurs alpinistes autrichiens de l'après Seconde Guerre mondiale. Il est le premier alpiniste ayant gravi deux sommets de plus de huit mille mètres d'altitude, l'un des deux seuls alpinistes (avec Kurt Diemberger) ayant fait deux premières ascensions de sommets de plus de huit mille et le seul ayant fait une première ascension de sommet de plus de huit mille en solo.
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Biographie [modifier]
Hermann Buhl, le plus jeune d'une fratrie de quatre enfants, est né à Innsbruck. Après la mort de sa mère, il vit dans un orphelinat. Il fait partie des louveteaux scouts à Innsbruck avant l'interdiction du scoutisme en Autriche. Dès les années 1930, il commence à fréquenter les massifs calcaires des environs d'Innsbruck (Karwendel, massif de l'Empereur, Wetterstein). En 1939, il rejoint le Deutscher Alpenverein d'Insbruck (le Club alpin allemand) et grimpe rapidement jusque dans le niveau 6. Il est membre de l'équipe de secours en montagne d'Innsbruck (Bergrettung Innsbruck).
La Seconde Guerre mondiale interrompt ses études de commerce. Il rejoint les troupes alpines principalement au Monte Cassino. Après avoir été fait prisonnier de guerre par les États-Unis, il retourne à Innsbruck et gagne sa vie avec des petits boulots. À la fin des années 1940, il complète sa formation de guide de haute montagne.
Alpinisme [modifier]
Hermann Buhl s'affirme très tôt comme l'un des meilleurs alpinistes du moment en réussissant de nombreuses ascensions très difficiles. Adepte de l'escalade en solitaire, il est aussi un pionnier de l'alpinisme hivernal dans les voies difficiles.
En 1953, il atteint le sommet du Nanga Parbat mais en redescend avec de graves gelures aux pieds. Deux ans plus tard, il recommence néanmoins à enchaîner les ascensions et repart en expédition en 1957 pour tenter d'escalader un deuxième « 8 000 », le Broad Peak. Parvenu à la cime le 9 juin, Buhl devient le premier homme a avoir gravi deux sommets de plus de 8 000 mètres. Quelques semaines après sa victoire sur le Broad Peak, Hermann Buhl tente, de nouveau avec Kurt Diemberger, l'ascension du Chogolisa (7 665 mètres). Ils ne peuvent atteindre le sommet, arrêtés par la tempête à 7 300 mètres d'altitude. Hermann Buhl trouve la mort à la descente, à 7 200 mètres, lorsqu'une corniche cède sous ses pieds et le fait chuter dans le vide. Son corps n'a pas été retrouvé[1].
Ascensions [modifier]
- Face sud-est de la Fleischbank
- 1948 - Face nord de l'aiguille de Triolet
- Face nord de l'aiguille des Grands Charmoz
- Face nord de l'aiguille Blanche de Peuterey
- Paroi Eigerwand
- Éperon Walker, aux Grandes Jorasses
- Arête de Peuterey
- Face est du Watzmann, en solitaire, en hiver et de nuit
- Voie Solda à la Marmolada, en hiver
- 1952 - Ascension en solitaire de la face nord-est du piz Badile
- 1953 - Première ascension du Nanga Parbat (8 125 mètres), qui fut également la première conquête d'un sommet de plus de 8 000 mètres par un grimpeur en solitaire
- 1955 - Face est du Grand Capucin
- Face ouest de l'aiguille Noire de Peuterey
- Face ouest du Dru
- Face ouest de l'aiguille du Midi, en solitaire
- Couloir Gervasutti au mont Blanc du Tacul, en solitaire
- 1957 - Première ascension du Broad Peak (8 047 mètres), au sein d'une équipe austro-allemande menée par Marcus Schmuck et incluant Kurt Diemberger
Bibliographie [modifier]
- Hermann Buhl ou l'Invention de l'alpinisme moderne : présenté par Horst Höfler et Reinhold Messner ; avec les textes originaux d'Hermann Buhl ; traduit par Agnès Couzy. Grenoble : Glénat, coll. « Hommes et montagnes », 2005. 281 p.-[48] p. de pl., 23 cm. (ISBN 2723451879). Titre original : Hermann Buhl : am Rande des Möglichen (Zurich : AS Verlag, 2003)
- Hermann Buhl, Du Tyrol au Nanga Parbat, Hoëbeke, Paris, 1997 (ISBN 2-84230-023-8)
- Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 2, Paris, Atlas, 1976, 2400 p.
Voir aussi [modifier]
Notes et références [modifier]
- Hermann Buhl, Du Tyrol au Nanga Parbat, Hoëbeke, Paris, 1997 (ISBN 2-84230-023-8), épilogue La dernière trace rédigé par Kurt Diemberger