Piège à souris

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Souricière, Piège et tapette.
Une souris prise dans un piège à souris.

Un piège à souris, ou souricière, est un piège destiné à attraper les souris ou d'autres micromammifères. Les pièges à souris sont généralement placés à un endroit où l'on soupçonne la présence de rongeurs, afin d'en réduire le nombre.

Il existe plusieurs types de piège à souris, chacun avec ses avantages et ses inconvénients. Le plus notable étant la tapette à souris constituée d'une barre sur ressort qui se referme brutalement sur l'animal, lequel active le mécanisme par son poids en voulant attraper un appât (nourriture). De plus gros pièges sont étudiés pour attraper d'autres rongeurs comme les écureuils, les rats ou d'autres animaux.

Types de pièges[modifier | modifier le code]

Les souricières[modifier | modifier le code]

L'Encyclopédie de Diderot et D’Alembert donne la définition suivante :

« En termes de Layetier, c’est une boite ou un piège où les souris se prennent sans pouvoir en sortir. Il y en a à bascule, de natte, & à panier. Voyez chacun de ces termes.
SOURICIERE A BASCULE, chez les Layetiers, est un petit coffre carré fermé de tous côtés, excepté par un bout, qui est comme une espèce de trape qui s’éleve par le moyen d’une bascule dont il est garni, & qui est retenue très-foiblement par un crochet qui répond à l’appât qu’on a eu soin de suspendre dans la souriciere ; ensorte que quand l’animal vient pour y mordre, la bascule tombe & l’enferme.
SOURICIERE A NATTE, c’est en Layeterie un petit coffre sur lequel est un panier de fil de fer dont l’ouverture va toujours en diminuant, & se termine par des pointes qui empêchent l’animal de sortir.
SOURICIERE A PANIER, c’est chez les Layetiers une simple planche garnie d’un panier comme la souriciere à natte. Voyez SOURICIERE A NATTE »

— « Souricière », dans Diderot et D’Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. 15, Paris, Le Breton, Durand, Briasson, Michel-Antoine David,‎ 1751, 1e éd. (lire en ligne), p. 414.

Le XIXe siècle connaissait également la souricière à bascule[1], et le quatre-de-chiffre[2].

La tapette à souris[modifier | modifier le code]

Une tapette à souris chargée avec son appât

Le premier piège à souris déposé aux États-Unis fut inventé par William C. Hooker de la ville d'Abingdon, dans l'Illinois qui reçut le brevet no 528 671[3] pour son invention en 1894[4]. James Henry Atkinson, un inventeur britannique, créa en 1897 un prototype très proche de la tapette à souris moderne appelé Little Nipper (litt. Petite pince) et probablement basé sur l'invention de Hooker[5].

La tapette à souris moderne fut inventée par Hiram Maxim, également inventeur de la mitrailleuse Maxim, et est une simple planchette de bois avec une barre de fer attachée au bois par un ressort. Un crochet permet de la charger, crochet qui se défait lorsque l'animal est présent, ce qui fait que la barre de fer vient lui briser la nuque. Un appât, stéréotypiquement du fromage est placé afin d'attirer l'animal dans le piège. En fait, la plupart des rongeurs ne sont pas attirés par le fromage et préfèrent les céréales, le chocolat, le pain ou la viande. Le beurre et le beurre d'arachides sont également assez efficaces. Une fois l'animal en place, la barre de métal se replie rapidement et avec une grande force. L'appareil est prévu pour casser la colonne vertébrale, les côtes, ou le crâne de l'animal. La force peut-être suffisante pour décapiter l'animal mais c'est assez rare. Les rats, plus gros et musclés que les souris réussissant relativement facilement à s'échapper des tapettes à souris, une version plus grande et puissante est utilisée pour eux.

Des associations de protection des animaux comme l'américaine PETA se sont exprimées contre les tapettes à souris. Pour lutter contre ce piège jugé cruel, elles ont développé des pièges à souris alternatifs, comme une tapette à souris plus « humaine » qui ne tue ni ne blesse l'animal[6].

Les pièges à souris électriques[modifier | modifier le code]

Ces pièges, les plus récents, délivrent à la souris une décharge électrique létale lorsque le rongeur, en entrant dans le piège, connecte deux électrodes et complète ainsi un circuit électrique. Les électrodes sont situées dans une boîte en plastique pour éviter toute blessure sur les humains ou d'autres animaux. Ils peuvent être utilisés comme des pièges à souris normaux, mais conviennent également à des usages sur de grandes surfaces, par exemple dans les usines, les entrepôts ou autres commerces[7],[8].

Les pièges à souris à dents[modifier | modifier le code]

Un piège à souris à dents

Peu répandus, ces pièges consistent en une sorte de mâchoire en plastique et ressemblent aux pièges à loups. Une fois, attiré dans le piège, le rongeur déclenche un puissant mécanisme qui se referme sur lui. Cet appareil tue la majorité des rongeurs.

Les pièges destinés à capturer l'animal vivant[modifier | modifier le code]

Piège destiné à capturer l'animal vivant

Certains pièges sont fabriqués de manière à ne pas tuer le rongeur mais seulement à le capturer pour pouvoir le relâcher ensuite à un endroit ou il n'est pas nuisible. Il est important de relâcher le rongeur rapidement, car, une fois enfermé, il peut mourir de stress ou de déshydratation. L'animal ne doit pas être relâché près du lieu où il a été capturé, car il risque, grâce à son flair, d'y retourner promptement. La survie après la relâche n'est pas garantie, des espèces comme la souris domestique (Mus musculus) pouvant difficilement vivre sans la chaleur et la nourriture délivrée par une maison. Ces souris sont en effet mal adaptées à la vie en pleine nature, dans laquelle elles sont des proies faciles et où elles subissent la compétition d'autres espèces comme Apodemus sylvaticus [9].

Les pièges collants[modifier | modifier le code]

Souris piègée dans un piège collant.

Ces pièges sont fabriqués en appliquant de la colle, synthétique ou naturelle sur du carton, du plastique ou des matières similaires. Un appât peut être placé au centre du piège ou une odeur être ajoutée à la colle afin d'attirer l'animal. Ces pièges sont utilisés uniquement en intérieur, car à l'extérieur, les moisissures et la poussière les rendent inefficaces[10]. Une fois la souris piégée dans la colle, elle peut-être relâchée si l'utilisateur applique sur le piège une huile végétale qui permet de détacher le rongeur piégé. Néanmoins, si le piège est oublié, l'animal meurt bien plus lentement qu'avec d'autres types de pièges[11]. Cette solution est ainsi déconseillée par des associations protectrices des animaux comme PETA. Beaucoup de souris meurent de déshydratation, de sous-alimentation ou d'asphyxie. D'autres meurent d'hémorragies dues au fait qu'en essayant de s'échapper, elles arrachent leur propre peau. Dans certaines juridictions, des propositions ont été faite pour bannir les pièges collants ou pour restreindre leur usage[12]. En Irlande, il est illégal d'importer, de posséder, de vendre ou de proposer à la vente des pièges interdits, comme les pièges collants d'après le Wildlife Amendment Act, amendement promulgué en 2000[13].

Le piège du seau[modifier | modifier le code]

Le piège du seau est une autre méthode afin d'attraper de petits rongeurs[14]. Il peut être mortel ou simplement capturer l'animal vivant. Dans tous les cas, il est constitué d'un seau et d'une rampe. Un appât attire la souris qui va tomber dans le seau sans pouvoir en sortir. Si le piège est mortel, un liquide (acide, poison ...) peut y être mis pour tuer l'animal. Sinon, le seau sera vide. Dans ce cas, il faut relâcher le rongeur a bonne distance de l'endroit de capture, ce afin de l'empêcher de revenir grâce à son odorat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Souris », dans M. Vérandi, Pierre Boitard, Julius Theodor Christian Ratzeburg, édition revue corrigée et augmentée par Nicolas Joly, Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisibles, ou L'art de prendre et de détruire tous les animaux nuisibles à l'agriculture au jardinage, à l'économie domestique, à la conservation des chasses, des étangs, etc., etc., vol. 1, Paris, Librairie encyclopédique de Roret, coll. « Manuels Roret »,‎ 1852, 2e éd. (lire en ligne), p. 101.
  2. « Quatre-de-chiffre », dans Dictionnaire technologique, ou Nouveau dictionnaire universel des arts et métiers et de l'économie industrielle et commerciale, t. 18, Paris, Thomine,‎ 1831 (lire en ligne), p. 61.
  3. (en) William C. Hooker, « Animal Trap », sur Google Patents (en),‎ 6 novembre 1894 (consulté le 18 mars 2012).
  4. (en) Catalogue des brevets les plus célèbres sur le site de la New York State Library
  5. (en) Stephen van Dulken, Inventing the 19th Century : 100 inventions that shaped the Victorian Age from aspirin to the Zeppelin, New York, New York University Press,‎ 2001, 218 p. (ISBN 0-8147-8810-6 et 978-0-8147-8810-3, OCLC 717743333).
  6. (en) Tapette à souris alternative sur le blog de la PETA
  7. (en) U.S. Patent n°4 250 655
  8. (en) U.S. Patent n°4 780 985
  9. (en) Tattersall F. H., Smith, R. H. & Nowell, F (1997). "Experimental colonization of contrasting habitats by house mice". Zeitschrift für Säugetierkunde 62: 350–358.
  10. (en) PETA Media Center, Guide à l'attention des utilisateurs de pièges collants.
  11. (en) Article sur les pièges collants sur About Home and Garden
  12. (en) Tentative d'interdiction des pièges collants au Victoria, en 2005
  13. (en) Dick Roche acts again illegal glue traps sur le site du Departement pour l'environnement, l'héritage et les gouvernements locaux
  14. (en) Piège du seau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]