Phytoestrogène

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Les phytoestrogènes sont un groupe de composés non stéroïdaux, produits naturellement par les plantes, qui du fait de la similarité de leur structure moléculaire avec l'estradiol (17β-estradiol) ont la capacité de provoquer des effets œstrogéniques ou anti-œstrogéniques[1].

Phytoestrogènes les plus communs dans les plantes

Leur nom vient de phyto, plante, et d'œstrogène, dérivé de estrus (période de fertilité des femelles de mammifères).

Sources de phytoestrogènes dans l'alimentation[modifier | modifier le code]

Selon une étude canadienne, les aliments qui contiennent le plus de phytoestrogènes sont les noix et les oléagineux (dont le soja), suivi des céréales et du pain, des Fabacées (légumineuses), de la viande, et des autres aliments transformés pouvant contenir du soja, des légumes, des fruits, des boissons alcoolisées et non alcoolisées. Le lin était la graine contenant le plus de phytoestrogènes[2]

Effets en nutrition humaine[modifier | modifier le code]

Sur les hommes adultes[modifier | modifier le code]

En 2010 une méta-analyse de 15 études a conclu qu'aucun aliment à base de soja ou complément alimentaire riche en isoflavones n'a eu d'effet sur la testostérone biodisponible chez l'homme.[3]. De plus, la supplémentation en isoflavones n'a pas d'effet sur les paramètres du sperme (concentration, décompte ou mobilité, volume)[4]

Chez le rat, il a été montré qu'une alimentation riche en phytoestrogènes était corrélée à une réduction du niveau de testostérone[5].

En France, à la suite d'une longue étude publiée en 2005, et bien que les études disponibles confirment la non toxicité de ces isoflavones, l'AFSSA suggérait de limiter l'apport journalier d'isoflavones à 1 mg par kilogramme de poids corporel, et d'ajouter un avertissement sur les produits contenant du soja. Ce projet n'a pas abouti.[6].

Sur les femmes adultes[modifier | modifier le code]

Les études sont contradictoires, et il n'est pas certain que les phytoestrogènes aient un effet quelconque en tant que facteur (favorisant ou protecteur) pour le cancer chez la femme.[7],[8]

Des études épidémiologiques ont montré un effet protecteur contre le cancer du sein[9]. Cependant des études In vitro ont conclu que les femmes ayant ou ayant eu un cancer du sein devraient être averties qu'elle avaient plus de risque de récidive si elles consommaient des aliments à base de soja, car les phytoestrogènes peuvent stimuler la croissance de cellules tumorales in vitro. La tumeur croît avec un faible taux de génistéine, tandis qu'une forte concentration de génistéine présente un effet protecteur. D'autres études montrent une corrélation négative entre consommation de soja et taux de récidive[10]. Ce sujet de recherche continue d'être exploré.

Une revue scientifique des études disponibles sur l'utilisation des phytoestrogènes pour améliorer les symptomes de la ménopause (bouffées de chaleur) a montré qu'il n'existait pas d'effet bénéfique démontré des phytoestrogènes sur ces symptomes indésirables[11]

Sur les nourrissons et les enfants[modifier | modifier le code]

En juillet 2005, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA, devenue ANSES) a émis une mise en garde face à l'usage de préparations à base de soja avant l'âge de 3 ans, en précaution et en tenant compte de la teneur élevée en isoflavones[6]. Dans d'autres pays, cette prévention vis-à-vis des produits infantiles à base de soja n'existe pas, la recherche n'apportant pas d'éléments en faveur de la dangerosité des formules à base de soja[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fatih Yildiz, Phytoestrogens in Functional Foods, Boca Raton, Taylor & Francis Ltd,‎ 2005, relié (ISBN 978-1-57444-508-4, LCCN 2005048463), p. 3-5, 210-211
  2. Phytoestrogen content of foods consumed in Canada, including isoflavones, lignans, and coumestan
  3. Clinical studies show no effects of soy protein or isoflavones on reproductive hormones in men: results of a meta-analysis
  4. Effect of a phytoestrogen food supplement on reproductive health in normal males
  5. Dietary soy-phytoestrogens decrease testosterone levels and prostate weight without altering LH, prostate 5alpha-reductase or testicular steroidogenic acute regulatory peptide levels in adult male Sprague-Dawley rats
  6. a et b Rapport de l'AFSSA sur les phyto-œstrogènes apportés par l'alimentation
  7. Cornell veterinary medicine website on phytoestrogens and cancer
  8. Société Canadienne du Cancer - Alimentation et cancer du sein
  9. Case-control study of phyto-oestrogens and breast cancer
  10. Soy food intake and breast cancer survival
  11. Phytoestrogens for vasomotor menopausal symptoms
  12. (en) Safety of Soy-Based Infant Formulas Containing Isoflavones: The Clinical Evidence