Acide abscissique

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Acide abscissique
Acide abscissique
Identification
Nom IUPAC [S-(Z,E)]-5-(1-Hydroxy-2,6,6 -trimethyl-4-oxo-2-cyclohexen- 1-yl)-3-methyl-2,4-pentanedienoic acid
Synonymes

Dormin
ABK
ABA

No CAS 21293-29-8 (+)
No EINECS 244-319-5 (+)
PubChem 643732
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C15H20O4  [Isomères]
Masse molaire[1] 264,3169 ± 0,0146 g/mol
C 68,16 %, H 7,63 %, O 24,21 %,
Propriétés physiques
fusion 160 °C [2]
ébullition 120 °C (Sublimation) [2]
Cristallographie
Classe cristalline ou groupe d’espace P21/c [3]
Paramètres de maille a = 6,347 Å

b = 33,555 Å
c = 7,615 Å
α = 90,00 °
β = 118,29 °
γ = 90,00 °

Z = 4[3]
Volume 1 428,09 Å3 [3]
Densité théorique 1,229 [3]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'acide abscissique ou ABA (de l'angl. abscissic acid) est une phytohormone (hormone végétale). Cet acide est un sesquiterpénoïde composé de 15 carbones (C15H20O4).

Historique[modifier | modifier le code]

Cette substance a été isolée pour la première fois en 1963 sous le nom d'« abcissine », impliquée dans l'abscission (d'où son nom) des feuilles de cotonnier (Gossypium sp.). En 1964, on désigne la « dormine » comme responsable de la dormance chez les bourgeons de sycomore. C'est enfin en 1965 que le double rôle dans l'abcission et la dormance est attribué à l'acide abcissique.

Biosynthèse[modifier | modifier le code]

Chez les plantes, la production d'acide abscissique est concentrée au niveau du parenchyme des racines et des feuilles matures, à l'intérieur des plastes. C'est à partir du DOXP que l'acide abscissique est synthétisé dans les plantes.

1-désoxy-D-xylulose-5-phosphate (DOXP) → isopentényl-pyrophosphate (IPP)[4]caroténoïdes (dont β-carotène) (C40) → 9'-cis-néoxanthine (C40)
9'-cis-néoxanthine (C40) + O2 → Xanthoxine (C15) (oxydation et coupure en deux de la néoxanthine)
Xanthoxine → Aldéhyde abscissique (ABA-aldéhyde) → Acide abscissique (ABA)[5]

Une voie alternative a pour intermédiaire la cis-violaxanthine au lieu de la cis-néoxanthine.

Inactivation[modifier | modifier le code]

L'ABA est une molécule assez instable qui est rapidement inactivée. Elle peut l'être par conjugaison avec des oses sous forme d'ABA-β-D-Glucose ester (stockage ou inactivation irréversible) ou par oxydation sous forme d'acide phaséique (PA) puis acide 4'-dihydrophaséique (DPA)

Migration[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucun système de transport spécifique connu jusqu'à présent, par contre, l'acide abscissique étant un acide faible (pKa = 4,7), les mouvements et la distribution intracellulaire sont régis par son état d'ionisation (transport non polarisé : phloème dans les feuilles et xylème dans les racines). Cet état ionisé lui permet plus facilement de traverser les membranes lipidiques. Le temps de migration est relativement limité puisque l'acide abscissique est très rapidement métabolisé.

Propriétés physiologiques[modifier | modifier le code]

  • Dormance et inhibition de germination
    • Induction de la sénescence (maturation des graines en produisant de la LEA ou Late Embryogenesis Abundant protein).
    • Prolongation de la dormance.
    • Arrêt de croissance de bourgeons ayant démarré et réintroduction de la dormance.
    • Inhibition de la germination des graines par modification de la perméabilité des membranes.
  • Défense contre différents stress
  • Autres rôles
    • Action négative sur l'élongation des entrenœuds.
    • Inversion des conditions photopériodiques nécessaires à la floraison.
    • Accélération de l'abscission des feuilles (repos hivernal) sans la déclencher.
    • Chute des fruits secs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a et b (en) W. M Haynes, CRC Handbook of chemistry and physics, Boca Raton, CRC Press/Taylor and Francis,‎ 2011, 91e éd., 2610 p. (ISBN 978-143982-077-3), p. 3-4
  3. a, b, c et d « Abscisic acid », sur www.reciprocalnet.org (consulté en 12 décembre 2009)
  4. H. K. Lichtenhaler. 1999. Annu. Rev. Plant Physiol. Plant Mol. Biol. 50 : 47-65
  5. Nambara & Marion-Poll. 2005. Annu. Rev. Plant Biol. 56 : 165-85
  6. Anderson et al. 2004. Plant Cell. 16 : 3460-3479
  7. Kunkel & Brooks. 2002. Curr. Opin. Plant. Biol. 5 : 325-331

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]