Phalaris arundinacea

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Baldingère faux-roseau

La Baldingère faux-roseau (Phalaris arundinacea) également appelée Alpiste faux-roseau est une plante vivace de la famille des poacées (anciennement graminées).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom proviendrait du grec phalaros : « brillant », une allusion à ses épillets argentés et luisants). Le terme arundinacea, du latin arundinaceus fait référence à sa ressemblance aux roseaux[1].

Description[modifier | modifier le code]

La Baldingère faux-roseau est une plante vivace à rhizome de 80 à 200 cm qui fleurit de mai à juillet.

Phalaris arundinacea

Toute la partie aérienne de la plante est verte, ses rhizomes, noirs, sont longuement rampants. Elle se présente souvent en touffe, dont les tiges dressées sont fortes aux feuilles larges de 8-20 mm, scabres en haut. La ligule est large de forme ovale et obtuse, longue de 2,5-16 mm généralement non-déchirée. Ses fleurs forme une panicule allongée (5-25 cm) ramifiée et étalée à la floraison, puis reserrée vert blanchâtre à violacée. Les glumes sont lancéolées, terminées en pointe ; les glumelles sont glabres et luisantes ; À la base de la fleur se situent deux petites écailles ciliées.

Il est possible de confondre[1] Phalaris arundinacea avec Phragmites australis à ligule remplacée par des poils ou Calamagrostis arundinacea et Calamagrostis epigejos, toutes deux à feuilles moins larges et à panicule dressée (jamais étalée).

Écologie[modifier | modifier le code]

Son aire de répartition se déploie sur la totalité de l'hémisphère nord, plus précisément en Europe, en Asie, le Nord de l'Afrique et l'Amérique du Nord. L'alpiste faux-roseau est commun dans presque toute la France, Corse comprise mais plus rare en région méditerranéenne. Sa distribution s'élève jusqu'à 1500 m d'altitude, de l'étage collinéen à montagnard et à la base de l'étage sub-alpin[1].

La Baldingère faux-roseau est une espèce héliophile, voire de demi-ombre. Elle affectionne les sols riches en bases et en éléments nutritifs dont le pH est neutre à légèrement acide. Elle apprécie les sols assez humides à mouillés[1] .

Phalaris arundinacea se plait au sein des rives d'étangs, de lacs et de rivières en particulier au sein des phragmitaies, des cariçaies. Elle apprécie également les ripisylves (les saulaies blanches et autres saulaies arbustives, les aulnaies et les aulnaies-frênaies)[1],[2].

Usages et propriétés[modifier | modifier le code]

Cultivée comme plante ornementale, il existe des variétés panachées de blanc. Phalaris arundinacea est aussi cultivée en tant que fourrage. En outre, elle fournit des fibres utilisées dans la fabrication de pâte à papier.

Plante psychotrope[modifier | modifier le code]

L'Alpiste faux-roseaux[3] était vraisemblablement déjà connue dans la Grèce antique, mais on ne sait rien d'un usage traditionnel comme psychotrope. C'est l'analyse phytochimique à l'usage de l'agriculture moderne qui a révélé le caractère psychotrope de Phalaris arundinacea. Depuis quelques années les « chamanes des caves » essaient de concocter des analogues de l'ayahuasca, breuvage fort psychotrope d'Amazonie créé à partir d'espèces du genre Banisteriopsis. Un extrait de feuilles et de racines de Phalaris arundinacea combiné avec le Peganum harmala aurait, une fois bu, des effets hallucinogènes similaire à ceux de l'ayahuasca.

Toute la plante contient des alcaloïdes indoliques très variables selon le lieu et le moment de la récolte. Il s'agit surtout de DMT (Diméthyltryptamine) et 5-MeO-DMT (5-méthoxy-diméthyltryptamine), toutes deux étant des substances psychédéliques. On trouve parfois un taux élevé de gramine, un alcaloïde très toxique.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Flore forestière française Plaine et Colline ; JC Rameau, D.Mansion G.Dumé, IDF, 1989
  2. Guide des groupements végétaux de la région parisienne ; M. Bournérias, G. Arnal, C. Bock, Belin, 2001
  3. Les plantes des Dieux, botanique et ethnologie : les plantes hallucinogènes, Richard Evans Schultes et Albert Hofmann, Ed. du Lézard, 2000

Liens externes[modifier | modifier le code]

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