Paul-Jacques Malouin

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Planche Amydonnier du vol. I de l’Encyclopédie à laquelle collabora Malouin.

Paul-Jacques Malouin, né le 27 juin 1701 à Caen et mort le 3 janvier 1778 à Paris, est un médecin et chimiste français.

Son père, conseiller au présidial de Caen, et qui lui destinait sa charge, envoya Malouin étudier la jurisprudence à Paris mais, entraîné par un penchant irrésistible, le jeune Malouin préféra étudier la médecine et se fit recevoir docteur à Reims en 1724 et à Paris en 1730[1]. Il acquit une grande réputation, devint professeur de médecine au Collège de France, médecin ordinaire de la reine, membre de la Société royale.

Malouin acquit une réputation d’homme laborieux et instruit, exerçant sa profession avec cœur et conscience, mais intraitable envers quiconque se permettait de railler la médecine et les médecins. Sa délicatesse sur cet article était telle qu’il ne pardonna jamais la plus légère des plaisanteries rebattues qu’on débitait, à cette époque, sur la médecine et sur les médecins[2]. Il est nommé membre de l’Académie des sciences en 1744 et professeur de chimie au Jardin du roi en 1745. Ses travaux en ont eu principalement pour objets le zinc, la chaux, l’oxyde d’étain, les amalgames de mercure et d’antimoine, d’étain et de plomb. Particulièrement attentif aux questions d’hygiène, il observe pendant neuf années consécutives les épidémies sévissant dans Paris, qu’il attribue à la température de l’air, et consigne le fruit de ses recherches dans une série de mémoires que publie l’Académie des sciences entre 1746 et 1754[3]. Il devient membre de la Royal Society en 1753.

Aussi économe que désintéressé, il quitta Paris après deux ans d’une pratique lucrative, pour aller à Versailles, où il voyait peu de malades, disant « qu’il s’était retiré à la cour. » Sa fortune, à l’époque de sa mort, sera évaluée à 132 775 livres, 110 000 sous la forme d’obligations d’État et 18 500 investis dans la Compagnie des Indes. Ses biens personnels ont été évalués à 3 275 livres[4].

Il écrivait avec distinction. Parmentier ayant lu à l’Académie des sciences un nouveau traité de l’art du boulanger dans lequel il contredisait sur plusieurs points son vieux collègue, n’osait le regarder ; mais à peine sa lecture était-elle finie que Malouin vint lui dire : « Recevez mon compliment ; vous avez vu mieux que moi. »

Attachant un grand prix à la médecine préventive, il s’était imposé un régime sévère, qui lui procura une vieillesse sans infirmité. Il mourut doucement d’une attaque d’apoplexie. Par son testament il fit un legs à la faculté de médecine de Paris sous la condition de tenir tous les ans une assemblée publique pour rendre compte à la Nation de ses travaux et de ses découvertes. Nommé professeur au Collège royal, en 1776, il occupa la chaire de médecine jusqu’à sa mort au mois de janvier 1778.

La principale publication de Malouin est un Traité de chimie, contenant la manière de préparer les remedes qui sont le plus en usage dans la pratique de la médecine, paru en 1734. Outre ses mémoires sur la médecine et la pharmacopée, il contribue par ailleurs à plus de 75 articles sur la chimie à l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il contribue également à l’Encyclopédie méthodique de Charles-Joseph Panckoucke et à la Description des Arts et Métiers de l’Académie des sciences, pour laquelle il écrit en 1767 une Description et détails des arts du meunier, du vermicellier et du boulenger, avec une histoire abrégée de la boulengerie et un dictionnaire de ces arts[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Éléments biographiques d’après Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paris, 1871, 2e série, vol. IV.
  2. L’‪Encyclopédie méthodique rapporte que Diderot se permit un jour, devant lui, quelques sarcasmes de cette espèce, qui blessent vivement Malouin. Quelque temps après, il tomba dangereusement malade. Malouin en est informé et apprend en même temps la nature du traitement qu’on lui fait suivre ; il court chez le malade : « Vous êtes en danger, lui dit-il, on vous traite mal ; me voici, je vous hais, je vous soignerai, je vous guérirai, et je ne vous verrai de ma vie » et tint parole sur tous les points. Diderot suivit pendant trois ans, avec un courage à toute épreuve et une parfaite exactitude, tous les remèdes qui lui furent prescrits. Alors qu’il vantait, après sa guérison, devant son médecin, la constance avec laquelle il avait exécuté les ordonnances, tout à coup, Malouin l’interrompt et l’embrasse avec transport, en lui disant : « Vous êtes digne d’être malade. » vol. 147‬, Paris, Panckoucke, 1808‬.
  3. (en) James E. McClellan, Specialist control : the publications committee of the Académie Royale, Philadelphie, American philosophical society,‎ 2003 (ISBN 9780871699336), p. 62-3
  4. (en) David J. Sturdy, Science and social status : the members of the Académie des Sciences, 1666-1750, Woodbridge, Boydell & Brewer,‎ 1995 (ISBN 9780851153957), p. 402
  5. Édité sous le titre Descriptions des arts et métiers, par Desaint & Saillant, Paris, 1767. Réédition : Slatkine, Genève, 1984. Partiellement réédité sous le titre L’Art de la boulengerie ou description de toutes les méthodes de pétrir, pour fabriquer les différentes sortes de pastes et de pains. Avec l’explication de leur nature ; & la police, pour la qualité, pour le poids, & pour le prix de cet aliment, le plus commun ou le plus vil, quoique le plus précieux de tous les mets, Saillant & Noyon, Paris, 1779.

Publications[modifier | modifier le code]

  • In reactionis actionisque æqualitate æconomia animalis, Paris, 1730, in-4°.
  • Traité de chimie, contenant la manière de préparer les remèdes qui sont le plus en usage dans la pratique de la médecine, Paris, 1734, in-12.
  • Lettre en réponse à la critique du Traité de chimie, Paris, 1735, in-12.
  • An ad sanitatem musice Paris, 1743, in-4°.
    Fétis affirme dans sa Biographie universelle des musiciens que le véritable auteur de cette thèse est César Coste, d'Arles, qui l’a défendue sous la présidence de Malouin.
  • Pharmacopée chimique, ou chimie médicinale, Paris, 1760, 2 vol. in-12 ; 1755, in-12.
  • Arts du meunier, du boulanger et du vermicellier, dans la collection des Arts et métiers publiée par l’Académie des sciences.

Dans les Mémoires de l’Académie des sciences, on trouve de lui :

  • Histoire des maladies épidémiques observées à Paris en même temps que les différentes températures de l’air, depuis 1746 jusqu’en 1754.
  • Analyse des eaux savonneuses de Plombières, 1746.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 33, Paris, Firmin-Didot, 1860, p. 96.