Palais universitaire de Strasbourg

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Palais universitaire de Strasbourg
Palais universitaire de Strasbourg
Palais universitaire de Strasbourg
Présentation
Période ou style Néo-renaissance (d'inspiration italienne)
Architecte Otto Warth
Date de construction 1879 - 1884
Protection  Inscrit MH (1990, façades avec décor)
Logo monument historique Classé MH (1990, hall d'entrée, atrium, escaliers principaux, galeries de circulation avec décor)[1].
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg
9 place de l'Université
Localisation
Coordonnées 48° 35′ 05″ N 7° 45′ 45″ E / 48.584777, 7.76241848° 35′ 05″ Nord 7° 45′ 45″ Est / 48.584777, 7.762418  

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Palais universitaire de Strasbourg

Le palais universitaire de Strasbourg en France, est un bâtiment de style néo-renaissance (d'inspiration italienne), construit entre 1879 et 1884 sous la direction de l'architecte Otto Warth et inauguré par l'empereur Guillaume Ier de Prusse en 1884. Cet édifice constitue le pôle majeur de la nouvelle université strasbourgeoise lors de l'annexion de l'Alsace à l'Empire allemand, en 1871, remplaçant l'université française issue du Gymnase Jean-Sturm en 1538.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'annexion de l'Alsace-Moselle par l'Empire allemand, des intellectuels et des hommes politiques allemands souhaitent la création d'une université allemande à Strasbourg. Franz von Roggenbach, homme politique badois, est l'artisan de ce projet, il souhaite créer une université moderne. La création de la nouvelle université, la Kaiser-Wilhelms-Universität va débuter dès la fin de la guerre. L'université est inaugurée dans ses locaux provisoires, au Palais des Rohan, du 1er au 2 mai 1872. À la suite des dégâts du siège de Strasbourg et des désirs de faire de la nouvelle université un centre de la vie intellectuelle et un foyer de rayonnement allemand de nouveaux bâtiments sont construits. Le Palais Universitaire sera le cœur du campus universitaire implanté dans le nouveau quartier allemand, la Neustadt[2].

Plaque commémorant la première session de l'Assemblée du Conseil de l'Europe (10 août 1949)

Un premier projet pour le palais est proposé par Hermann Eggert, urbaniste de l'université. Mais la façade n'est pas appréciée et un concours va être lancé pour la réalisation du palais, 101 architectes concourront, dont seulement sept alsaciens. Finalement le lauréat du concours est le jeune architecte allemand Otto Warth, il propose un bâtiment de style Néo-renaissance italienne. La construction débute en 1879 et prend fin en 1884 sous la direction de l'architecte[1]. Outre le palais, de nombreux bâtiments, accueillant les divers instituts et facultés de l'université, seront construits dans le prolongement de ce dernier. Le Jardin botanique de l'université de Strasbourg, héritier du jardin botanique de l'ancienne université va prendre place à l'arrière du Palais. Autour de celui-ci un complexe va être bâti, comprenant plusieurs instituts ainsi que l'Observatoire astronomique de Strasbourg. Le nouveau bâtiment sera inauguré le 27 octobre 1884 par Guillaume Ier d'Allemagne après un investissement de 2 500 000 Mark allemand[3].

Du 10 août 1949, au 8 septembre 1949, dans l'Aula du palais, se tient la première session du Conseil de l’Europe, réunissant 101 délégués de douze États européens.

Le 21 mai 1990, le hall d'entrée, l'Aula, les escaliers principaux et les galeries de circulation avec leurs décors d'origines font l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques. Les façades extérieures du bâtiment, avec leur décor sculpté, font, quant à elles, l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques[1].

Extérieur[modifier | modifier le code]

D'un point de vue esthétique, les façades reprennent le style du Palais Pompéi (1530) de Vérone, par Michele Sanmicheli. Les six pavillons d'angle sont ponctués de 36 statues en pied représentant autant de scientifiques et d'érudits de la Renaissance au XIXe siècle. À l'exception de Calvin, la plupart de ces personnalités sont issues du monde germanique.

Dans le cadre du 50e anniversaire du Traité de l'Élysée, marquant la réconciliation franco-allemande, l'Université de Strasbourg a décidé de replacer dans sa niche, sur le fronton du Palais universitaire, la statue de Germania, allégorie de l'Allemagne de 2,5 mètres de haut, façonnée dans 3,5 tonnes de calcaire de Bourgogne et qui avait disparu après la Grande Guerre. Le sculpteur Patrick Berthaud, d'Eschbach-au-Val près de Munster, l'a reconstituée d'après une photo très ancienne. Il achevait son travail à la fin de 2013[4].

Intérieur[modifier | modifier le code]

Plaques[modifier | modifier le code]

Aula[modifier | modifier le code]

L'Atrium (aujourd'hui appelé l'Aula) est une cour (couverte d'une verrière fermée) à l'italienne semblable à celle de la villa Garzoni de Pontecasale (1540) de Jacopo Sansovino. Le décor peint des voussures qui relient la façade à la verrière rappelle celui du grand salon du Palazzo Doria-Pamphili (1521-1529) de Gênes.

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Statue de Ramsès[modifier | modifier le code]

Grande statue assise de Ramsès II

Une grande statue assise de Ramsès II est érigée dans l'aula. En granit noir, d'une hauteur de 2,15 m, c'est l'une des deux pièces semblables exhumées par la Mission Montet le 18 mars 1933, dans le cadre des fouilles que Pierre Montet menait à Tanis (Égypte) depuis 1928. Le professeur Montet pensait alors avoir découvert un temple d'Anta, fondé par les Hyksôs et embelli par Ramsès[5]. Les recherches ultérieures, notamment celles de Jean Yoyotte, conduisent à penser qu'il s'agissait en réalité d'un temple de Mout et Khonsou l'Enfant. Alors que l'autre statue se trouve aujourd'hui sur l'île de Gezira au Caire, l'aula du palais Universitaire a reçu celle-ci en 1938. Pierre Montet la jugeait « plus maussade », en raison des « mutilations du nez, du menton, des mains et des genoux, mais aussi aux plis trop accentués des lèvres et aux yeux trop à fleur de tête ».

Le Palais aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Le Palais universitaire est toujours utilisé comme lieu de formation, il abrite aujourd'hui les facultés d'archéologie, d'histoire, d'histoire de l'art, d'arts visuels, de théologie protestante, de théologie catholique de l'Université de Strasbourg.

Presses universitaires de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Une maison d'édition universitaire, les Presses universitaires de Strasbourg (PUS), créées en 1920, ont leur siège au rez-de-chaussée du Palais universitaire.

Musée des moulages[modifier | modifier le code]

Le rez-de-jardin du Palais universitaire abrite le musée des moulages – ou Gypsothèque de Strasbourg[6] –, une collection réunie à partir de 1873 par le professeur d'archéologie Adolf Michaelis[7] et installée en 1884 dans l'édifice achevé. C'est une collection unique au monde de reproductions en grandeur nature d'œuvres majeures sculptées de l'antiquité grecque et romaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA00085185 », base Mérimée, ministère français de la Culture Consultée le 31 janvier 2013
  2. CRDP Alsace, Base numérique du Patrimoine d’Alsace: La Kaiser-Wilhelms-Universität ou l’Université impériale de Strasbourg (1872-1918) sur le site du CRDP Alsace : www.crdp-strasbourg.fr. Consulté le 31 janvier 2013.
  3. Archi strasbourg : Palais Universitaire - 9 place de l'Université sur le site www.archi-strasbourg.org. Consulté le 31 janvier 2013.
  4. « Germania retrouve le palais », article de l'édition de Colmar des Dernières Nouvelles d'Alsace dont la lecture complète est réservée aux abonnés, la photo est cependant visible par tous.
  5. Pierre Montet, Tanis, une capitale oubliée, Paris, 1942, p. 194
  6. Site de la gyspsothèque de Strasbourg [1]
  7. « Éloge funèbre de M. Adolf Michaelis, correspondant étranger de l'Académie », in Auguste Bouché-Leclercq, Comptes-rendus des séances de l'année, Académie des inscriptions et belles-lettres, 1910, vol. 54, no 6, p. 480-481 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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