Marcel Pérès (musicien)

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Marcel Pérès (né le 15 juillet 1956, à Oran en Algérie) est un musicologue, compositeur, directeur de chœur, organiste et chanteur français. Il est le fondateur de l'Ensemble Organum.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de rapatriés d'Algérie, Marcel Pérès passe son enfance à Nice, où il suit des études d'orgue et de composition au conservatoire. Il chante dans la maîtrise de la cathédrale de la ville où les vêpres du dimanche sont interprétées en latin[1].

A l'âge de 14 ans, il occupe un poste d'organiste à l'église anglicane de Nice[1], dont le chanoine l'encourage à se rendre en Angleterre. Il se forme pendant trois ans à la tradition de chant liturgique auprès de la Royal School of Church Music et à l'occasion de stages dans les cathédrales anglaises[1].

Il travaille pendant deux ans au Studio de musique ancienne de Montréal, ainsi qu'au centre de recherche musicale de l'Office national du film du Canada. Il fait à cette époque de fréquents séjours en Algérie, où il apprend, au contact de l'évêque d'Oran, à connaître et apprécier l'Islam[réf. nécessaire].

Il retourne en France en 1979 à l'âge de 22 ans et se spécialise, auprès de Michel Huglo à l'École pratique des hautes études, dans la musique médiévale.

Activité[modifier | modifier le code]

Marcel Pérès fonde à l'Abbaye de Sénanque en 1982, l'Ensemble Organum. Il dirige depuis 1984 le CERIMM (le centre de recherche pour l'interprétation des musiques médiévales, installé auprès de la Fondation Royaumont, fondation créée par la famille maternelle de sa femme), puis depuis 2001 le CIRMA (Centre itinérant de recherche sur les musiques anciennes), à l'Abbaye de Moissac.

Il est lauréat du prix Léonard de Vinci qui lui a été attribué en 1990 par le secrétariat d'état aux relations culturelles internationales pour l'Italie.

Il a également une activité de compositeur : Le Livre des morts égyptiens (1979), Mysteria Apocalypsis, et la mise en musique de la pièce de théâtre Ordet de Kaj Munk (présenté au festival d'Avignon 2008)[2].

Esthétique[modifier | modifier le code]

Ses recherches portent, au-delà du chant grégorien, sur la globalité du chant ecclésiastique avec l'objectif de donner au chant vieux-romain, abandonné par les solesmistes, la place centrale qu'il occupe dans l'histoire de la musique religieuse. En juin 2007, il déclarait ainsi :

« Il est la clé de voûte qui donne sens, cohérence et existence à l’édifice de ce qui devrait être la conscience liturgique du christianisme, et bien au-delà. Car, en amont, il nous livre la clé de la filiation entre le chant du Temple de Jérusalem et l’héritage de la musique grecque. En aval, il nous permet de suivre et de comprendre les trésors de la cantillation coranique. En dehors de certains cercles musicologiques extrêmement restreints, ce répertoire est aujourd’hui inconnu des musiciens, des ecclésiastiques et du public. Pourtant il nous livre la plus ancienne version de la musique gréco-latine de l’antiquité tardive et représente le chaînon manquant entre le chant byzantin, le chant copte, le chant syriaque, la musique arabe et la musique occidentale.

Jusqu’au XIIIe siècle ce répertoire accompagnait à Rome les liturgies pontificales. L’installation de la papauté à Avignon lui fut fatale, et il tomba dans l’oubli. Redécouvert au début du XXe siècle, il n’a toujours pas trouvé la place essentielle qui devrait être la sienne dans l’imaginaire de l’homme occidental et dans celui de toutes les civilisations qui découlent des mêmes origines sémitiques et grecques. Une connaissance réelle de cette musique resituerait dans une tout autre perspective l’héritage commun des religions musulmane, juive et chrétienne. Aujourd’hui, le chant vieux-romain demeure encore le grand absent de toutes les réflexions sur la musique religieuse, l’œcuménisme et les relations avec l’Islam[3]. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com/archive/2013/01/16/une-initiative-de-l-academie-de-chant-gregorien-a-liege.html En savoir plus sur Marcel Pérès ... d'après un entretien dans le mensuel La Nef, n°183, 2007
  2. Interview de Lacavalerie X, Marcel Pérès: leurres de l'apocalypse, Classica-Repertoire, juillet-août 2008, pp. 52-54
  3. Interview de Marcel Pérès pour le magazine La Nef de juin 2007, p. ?[réf. incomplète].

Références[modifier | modifier le code]

  • Marcel Pérès, Xavier Lacavalerie, Le Chant de la mémoire : Ensemble Organum, 1982-2002, Desclée de Brouwer, Collection Texte et voix (ISBN 2-220-05123-4)
  • Marcel Pérès, Jacques Cheyronnaud, Les voix du plain-chant, 2001, Desclée de Brouwer, Collection Texte et voix (ISBN 2-220-04989-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]