Opérations sur les dérivées
Le calcul de la dérivée de certaines fonctions à valeurs réelles ou complexes (ou plus généralement dans un corps topologique) peut être effectué en utilisant un certain nombre d'opérations sur les dérivées, notamment certaines liées aux opérations sur les nombres réels et complexes. Les démonstrations de ces propriétés découlent des opérations sur les limites.
Dans tout l'article, on note
et
deux fonctions qu'on suppose dérivables.
Sommaire |
Linéarité [modifier]
La dérivation est un opérateur linéaire, c'est-à-dire que l'espace des fonctions dérivables est stable par somme et par multiplication de ses éléments par des réels (c'est un espace vectoriel réel), et les relations suivantes sont vérifiées :

.On en déduit en particulier :
.
Composition [modifier]
La composée de deux fonctions dérivables est dérivable, là où elle est définie (précisément sur l'image réciproque par
du domaine de définition de
) et se calcule suivant la règle :
.Un exemple d'application est la règle de dérivation des puissances :

en utilisant le calcul élémentaire de la dérivée de la fonction
(cette règle est donc valide sans restriction si
est un entier positif, mais si
est un entier négatif on se place sur un intervalle où
ne s'annule pas, et si
est un réel non entier, sur un intervalle où
est à valeurs strictement positives).
Un autre exemple d'application est la règle de dérivation des exponentielles :
.Appliquée à
(où a est un réel fixé, strictement positif), cette règle donne :
.
Plus généralement, appliquée à
, (où a>0, et u est une application dérivable) :
.
Produit, inverse et quotient [modifier]
La dérivation est un opérateur différentiel, c'est-à-dire que l'espace des fonctions dérivables est stable par multiplication, et la règle de Leibniz est vérifiée :
.Une démonstration est proposée dans l'article détaillé « Règle du produit ».
Cette relation permet par exemple de retrouver (par récurrence) la règle de dérivation des puissances (vue plus haut), dans le cas particulier
entier positif :
.Un autre cas particulier de cette même règle (pour
, donc sur un intervalle où
ne s'annule pas) est la règle de dérivation de l'inverse :
.Cette dernière, combinée à la règle de dérivation du produit, donne la dérivée d'un quotient :
.Bijection réciproque [modifier]
Soit
une fonction dérivable et strictement monotone de l'intervalle
sur l'intervalle
(f est alors une bijection de I vers J). Si
ne s'annule par sur
alors la fonction
est dérivable sur
et
.On souhaite prouver que
est dérivable en
. En supposant
, montrons que
.
La fonction
étant dérivable en
, on a
.Comme
est continue en
, le théorème de composition des limites donne
.Cette limite étant non nulle, d'après le théorème sur l'inverse d'une limite, on a


ce qui conclut.
Remarquons que le point crucial dans cette démonstration était la preuve que
est dérivable en
. Si l'on admet ce fait, la formule
peut se retrouver en posant
et en appliquant la règle de composition :
.
.