Charles Mauron

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Charles Mauron (1899-1966) est un traducteur français d'auteurs anglais contemporains, un poète, romancier et un critique littéraire ayant utilisé la critique littéraire psychanalytique (en) pour établir et développer les bases de la psychocritique.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1919 à 1949, il est marié à l'écrivaine Marie Mauron (1896-1986), et leur maison à Saint-Rémy-de-Provence devint un lieu d'accueil, pendant l'entre-deux-guerres, pour leurs amis du Bloomsbury Group[1]. Il traduit en français de nombreuses œuvres de ce cercle d'intellectuels britanniques, dont plusieurs romans de E. M. Forster, Orlando et Flush de Virginia Woolf, mais également Les Sept Piliers de la sagesse de T. E. Lawrence, ou encore le classique des lettres britanniques Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme de Laurence Sterne. Il a aussi traduit en anglais les poèmes de Stéphane Mallarmé.

Charles Mauron, résistant, est aussi militant socialiste et il connaît une carrière d'élu local : conseiller général (1945-1949) et maire (1945-1959) de Saint-Rémy-de-Provence.

La psychocritique[modifier | modifier le code]

S'appuyant sur cette notion de mimesis dans la création littéraire, Charles Mauron propose une méthode d'analyse littéraire dans: Des Métaphores Obsédantes au Mythe Personnel[2], s'appuyant notamment sur des analyses de poèmes de Mallarmé, Baudelaire, Nerval et Valéry. L'analyse est menée en quatre phases :

  1. l'inconscient s'exprime dans l'œuvre: métaphores et symboles véhiculent une réalité intérieure, le mécanisme de création s'apparente à celui du rêve éveillé.
  2. il s'avère que ces métaphores et symboles se retrouvent dans les diverses œuvres du même auteur. On procède à une juxtaposition de ces œuvres.
  3. On dégage des réseaux métaphoriques qui éclairent d'un nouveau jour des thèmes symboliques obsédants. Chaque œuvre est une dramatisation, une représentation de désirs, de pulsions, de tabous qui relèvent inconsciemment de l'obsessionnel.
  4. La vie de l'auteur, son passé permettent de mieux comprendre la prévalence de ces réseaux métaphoriques : on définit ainsi le mythe personnel de l'auteur.

Poète, romancier ou dramaturge, le créateur ne peut être réduit à un être ratiocinant : il reproduit, plus ou moins consciemment, son expérience humaine et son art réside dans sa capacité de sublimation de ses pulsions primaires.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Poèmes en prose, Argenteuil, Coulouma, 1930
  • Mallarmé l'obscur, Paris, éditions Denoël, 1941
  • Sagesse de l'eau, Paris, Robert Laffont, 1945
  • L'Homme triple, Paris, Robert Laffont, 1947
  • Introduction à la psychanalyse de Mallarmé , Neuchâtel, À la Baconnière, 1950
  • La Provence visée au cœur, Saint-Rémy-de-Provence, Escolo des Aupiho, 1954
  • L'Inconscient dans l'œuvre et la vie de Racine, Gap, éditions Ophrys, 1957
  • Des métaphores obsédantes au mythe personnel : introduction à la psychocritique, Paris, éditions José Corti, 1963
  • Psychocritique du genre comique, Paris, éditions José Corti, 1964
  • Mallarmé par lui-même, Paris, éditions du Seuil, Écrivains de toujours no 67, 1964 (réédition 1990)
  • Le Dernier Baudelaire, Paris, éditions José Corti, 1966
  • Phèdre, Paris, éditions José Corti, 1968
  • Le Théâtre de Giraudoux : étude psychocritique, Paris, éditions José Corti, 1971
  • Van Gogh : études psychocritiques, Paris, éditions José Corti, 1976

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mary Ann Caws et Sarah Bird Wright, Bloomsbury and France : Art and Friends, Oxford University Press, USA, 1999
  2. Charles Mauron, des métaphores obsédantes au mythe personnel