Mouvement citoyens genevois

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Mouvement citoyens genevois
Image illustrative de l'article Mouvement citoyens genevois
Logo officiel
Présentation
Chef Roger Golay
Fondation 2005
Idéologie Régionalisme, populisme, Nationalisme
Couleurs jaune et rouge
Site web www.mcge.ch
Présidents de groupe
Représentation
Conseillers fédéraux
0 / 7
Conseillers nationaux
1 / 200
Conseillers aux États
0 / 46
Législatifs cantonaux[1]
20 / 2 608
Exécutifs cantonaux[2]
1 / 156

Le Mouvement citoyens genevois (MCG) est un parti politique du canton de Genève. Régionaliste et populiste mais niant officiellement toute xénophobie, ce parti a pour principale ligne la « priorité aux Genevois ».

Histoire[modifier | modifier le code]

2005 : Fondation[modifier | modifier le code]

Il est fondé le 6 juin 2005 par Georges Letellier (Union démocratique du centre) et Éric Stauffer (Parti libéral) en vue des élections cantonales et adopte pour slogan « Genève et les Genevois d'abord ». Il déclare officiellement n'être ni de gauche, ni de droite.

Le 9 octobre, le MCG obtient 7,73 % des suffrages, ce qui lui permet d'obtenir 9 sièges au Grand Conseil[3]. Une partie de ses élus sont issus de la fonction publique genevoise (notamment de la police pour ce qui est de Roger Golay). Le 13 novembre, le parti brigue sans succès un siège au Conseil d'État avec la candidature de Éric Stauffer.

2007 : Municipales[modifier | modifier le code]

Le 25 mars 2007, lors des élections municipales, le MCG présente 91 candidats sur 9 communes et obtient des élus dans les trois communes les plus importantes du canton après la ville de Genève, à savoir Lancy, Vernier et Onex. Le 29 avril, le MCG lance deux candidats à l'exécutif communal de Onex et Vernier, forçant à un deuxième tour dans les deux communes. Le parti représenté par Éric Stauffer est battu à Onex mais Thierry Cerutti l'emporte dans la triangulaire à Vernier avec 184 voix sur le libéral Georges Zufferey.

Cependant, cette dernière élection est suspendue suite à trois plaintes — déposées par Zufferey, l'association libérale de Vernier et une citoyenne de la commune —, le candidat étant inculpé le 19 septembre 2007 de fraude électorale, de captation de suffrages et d'infraction à la loi sur les élections et votations[4]. Finalement, le Tribunal administratif invalide le 5 février 2008 le scrutin[5],[6],[7],[8] et condamne Cerutti et le MCG à payer 3 000 francs d'émoluments, ainsi que 5 000 francs d'indemnité de procédure aux requérants[5], décision que le candidat n'accepte pas. Il dépose donc un appel auprès du Tribunal fédéral[9] et met en place un « Conseil administratif populaire » et informel[10]. Le MCG dénonce quant à lui l'implication de personnalités socialistes dans la procédure[9]. Le 28 septembre 2008, à l'occasion d'un nouveau scrutin, Cerrutti remporte l'élection partielle, devançant le libéral Pierre Ronget et le socialiste Alain Charbonnier[11],[12].

2009 : Grand Conseil[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre 2009, il obtient 14,74 % des suffrages et devient le deuxième parti du canton, avec 17 sièges sur 100 au Grand Conseil, à égalité avec les Verts, mais derrière le Parti libéral et ses 20 sièges[13]. Dans la foulée, il investit Éric Stauffer et Mauro Poggia comme candidats au Conseil d'État.

2011 : Municipales[modifier | modifier le code]

Lors du renouvellement des législatifs communaux du 13 mars 2011, le parti sort vainqueur des élections communales genevoises. À Genève, il dépasse le quorum requis de 7 % qu'il avait raté en 2007[14] et passe de 0 à 11 sièges avec 13,12 %[15] renversant ainsi la majorité absolue de gauche obtenue pendant 24 ans[16].

Ayant présenté des listes dans 19 communes, le MCG y place 73 élus[17] dans 16[18] communes contre 12 élus dans trois d'entre elles lors des élections de 2007[18].

Lors des élections fédérales suisses de 2011, le parti gagne un siège par le biais de Mauro Poggia, au détriment du Parti libéral-radical.

2013 : Grand Conseil et Conseil d'État[modifier | modifier le code]

Le 6 octobre 2013, le MCG continue son ascension électorale et confirme sa position de deuxième parti du canton. Avec 19,23 % des suffrages[19], il passe de 17 à 20 sièges au Grand Conseil[20], derrière le Parti libéral-radical (24), qui perd sept sièges, et devant le Parti socialiste (15) qui reste stable. Les Verts (10), qui étaient à égalité avec le MCG lors de la précédente législature, perdent presque la moitié de leur députation et passent à l'avant-dernière place juste devant l'extrême-gauche (9) qui revient après huit ans d'absence[21].

À l'occasion du premier tour des élections pour le Conseil d'État, le MCG présente trois candidats : Mauro Poggia, Éric Stauffer et Delphine Perrella-Gabus. Ceux-ci se placent respectivement à la 6e, 8e et 11e place[22]. L'alliance[23] entre le MCG et l'Union démocratique du centre (UDC) est confirmée pour le second tour qui a lieu le 10 novembre. Leur liste commune, constituée de Mauro Poggia, Éric Stauffer et Céline Amaudruz (UDC, 14e lors du premier tour) conduit à l’élection[24] de Poggia au Conseil d'État (6e), les deux autres se plaçant respectivement 11e et 10e (non-élus).

Il est à noter que la durée des législatures est rallongée d'une année, passant de quatre à cinq ans, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution genevoise[25] le 1er juin 2013.

Année Élections Pourcentage Sièges
2005 Grand Conseil 7,7 % 9
2007 Conseil national 2,5 % 0
2009 Grand Conseil 14,74 % 17
2011 Conseil national 9,78 % 1
2013 Grand Conseil 19,23 % 20
Conseil d'État - 1

Direction[modifier | modifier le code]

Suite à des divergences entre les élus et Georges Letellier, ce dernier quitte le parti en cours de mandat, officiellement pour se consacrer à ses obligations professionnelles, mais reste député indépendant. Le 31 janvier 2006, Georges Jost, ancien député des Vigilants, est désigné à la présidence pour le remplacer. Un bureau directeur est constitué avec Éric Stauffer, Roger Golay et Claude Jeanneret.

La députée Sandra Borgeaud, précédemment assistante parlementaire d'un élu du Parti du Travail (communiste) au Conseil national, est élue au bureau du Grand Conseil contre la volonté de son parti. Elle en est exclue le 22 novembre 2006.

Le 20 février 2008, Stauffer est élu par l'assemblée générale du parti au poste de président. Roger Golay, Pascal Spuhler, Chantal Bauco et Henry Rappaz deviennent vice-présidents. Golay remplace Stauffer à la présidence le 28 avril 2012[26] ; Spuhler, Mauro Poggia et Carlos Medeiros sont réélus en tant que vice-présidents alors que Stauffer est élu président d'honneur pour le remercier de ses services.

Syndicat SEGE[modifier | modifier le code]

Le MCG a décidé de fonder un nouveau syndicat, le Syndicat des employés genevois (SEGE), dont le secrétaire général est Daniel Sormanni[27] pour tenter de rassembler les Genevois qui s'estimeraient victimes de discriminations dues à la présence de travailleurs frontaliers. La Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) refuse de reconnaître ce nouveau syndicat car elle déclare qu'il poursuit un but illicite[28].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Le discours du MCG place le parti « ni à gauche ni à droite », celui-ci se réclamant de la « priorité aux Genevois » en niant toute xénophobie. Néanmoins, ses détracteurs assimilent ses idées à l'extrême droite car le MCG établit notamment un lien direct entre la présence des travailleurs français (frontaliers) à Genève et le taux de chômage[29], notamment lors de la votation sur l'extension de la libre-circulation des personnes tenue le 25 septembre 2006[30].

Il est placé dans le parlement cantonal à l'extrême droite[31], au centre à Onex et à l'extrême gauche à Vernier et Lancy[32].

Dans un entretien au journal Le Temps, Soli Pardo affirme, après avoir rejoint le parti, que l'Union démocratique du centre, son ancienne formation, avait une ligne politique « très proche de celle du MCG »[33].

Publication[modifier | modifier le code]

Le MCG publie le journal Le Citoyen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Répartition des mandats, Office fédéral de la statistique, consulté le 7 décembre 2013
  2. Exécutifs cantonaux, Office fédéral de la statistique, consulté le 7 décembre 2013
  3. Résultats des élections cantonales de 2005 (État de Genève)
  4. « Scrutin non validé à Vernier : Cerutti inculpé de fraude électorale », Swissinfo, 19 septembre 2007
  5. a et b Arrêt du Tribunal administratif du 5 février 2008
  6. Éric Budry, « Voici pourquoi l'élection de Cerutti a été annulée », Tribune de Genève, 8 février 2008
  7. Sandra Moro, « La justice genevoise éjecte le MCG de la mairie de Vernier », Le Temps, 8 février 2008
  8. Sandra Moro, « Les juges genevois décortiquent la démocratie de pacotille de Vernier », Le Temps, 16 février 2008
  9. a et b Fedele Mendicino, « Élection contestée à Vernier : le scrutin est annulé », Tribune de Genève, 8 février 2008
  10. Marc Guéniat, « Le MCG crée une Mairie parallèle à Vernier », Tribune de Genève, 13 février 2008
  11. Philippe Bach, « Thierry Cerutti remis en selle à Vernier », Le Courrier, 29 septembre 2008
  12. Résultats de l'élection administrative partielle à Vernier en 2008 (État de Genève)
  13. Résultats des élections cantonales de 2009 (État de Genève)
  14. (de) « MCG siegt bei Gemeindewahlen in Genf », Schweizer Fernsehen, 13 mars 2011
  15. Élection des conseils municipaux du 13 mars 2011, République et Canton de Genève, consulté le 15 mars 2011
  16. « Le MCG sort vainqueur des municipales 2011 », Tribune de Genève, 13 mars 2011
  17. « Le MCG grand vainqueur des élections », 20 minutes, 13 mars 2011
  18. a et b Élection des conseils municipaux du 13 mars 2011 - Résultats globaux, République et Canton de Genève, consulté le 15 mars 2011
  19. « L'UDC et le MCG continuent leur marche en avant », Tribune de Genève, 6 octobre 2013
  20. « Meyrin, Vernier, Onex..., communes bastions du MCG », Tribune de Genève, 7 octobre 2013
  21. Jean-François Mabut, « Le parlement genevois est divisé en trois blocs de même poids », Tribune de Genève, 6 octobre 2013
  22. Jean-François Mabut, « Pierre Maudet manque la majorité absolue de 2152 voix », Tribune de Genève, 6 octobre 2013
  23. « Le MCG et l'UDC confirment une liste à trois ». 20 minutes, 7 octobre 2013
  24. « Le MCG, avec Mauro Poggia, fait son entrée au Conseil d'Etat genevois », RTS Info, 11 novembre 2013
  25. [PDF] Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012
  26. « Roger Golay remplace Eric Stauffer à la tête du MCG », Tribune de Genève, 28 avril 2012
  27. Site web du syndicat SEGE
  28. Christophe Koessler, « Non à un syndicat xénophobe à Genève ! », L'événement syndical, n°28/29, 15 juillet 2009, p. 6
  29. « À court terme, il [le Conseil d'État] nie les problèmes que pose l'accaparement de la main d'œuvre extérieure qui envahit les places de travail que pourraient fort bien prendre des résidents genevois » paru dans le blog de Stauffer (3 mai 2007)
  30. « Qui a peur du frontalier ? », Temps présent, TSR, 7 juin 2007
  31. Ce contre quoi ses élus se sont opposés lors de leur première session au parlement genevois selon « Genève : les nouveaux élus quittent la salle fâchés », TSR, 3 novembre 2005
  32. Résultats des élections municipales de 2007 (État de Genève)
  33. Sandra Moro, « Le transfuge qui relance la guerre des populistes », Le Temps, 26 octobre 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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