Microtus arvalis

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Campagnol commun, Campagnol ordinaire, Campagnol vulgaire

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Le Campagnol commun (Microtus arvalis, aussi appelé Campagnol ordinaire ou Campagnol vulgaire) est une espèce de petits rongeurs, de la famille des Muridés. Il partage aussi les noms de Campagnol des champs, Campagnol fauve ou campagnol tout court, avec d'autres espèces[1],[2]. Il fréquente des milieux ouverts, prairiaux ou des lisières forestières et peut pulluler de manière cyclique, ravageant alors les cultures ou les prairies et propageant des maladies. En Écosse, le campagnol des Orcades forme des populations insulaires qui sont probablement des sous-espèces distinctes.

Le campagnol commun ne doit pas être confondu avec l'espèce canadienne Microtus pennsylvanicus, également appelé « campagnol des champs » (ou « mulot ») au Canada[3].

Description[modifier | modifier le code]

Noter la taille de la queue, bien plus petite que celle de la souris

Le campagnol des champs a un corps trapu et arrondi. Sa queue est plus courte ou égale à la longueur de son corps. À l'age adulte, la longueur de la tête et du corps varie entre 9 à 13 cm, la queue de 3 à 4,5 cm pour un poids de 18 à 50 g.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les effectifs suivent un cycle annuel auquel se superpose parfois un cycle de pullulation. Le cycle est minimal après l'hiver, croissant rapidement en mai-juin, et maximal en septembre-octobre. Un démarrage précoce de la reproduction au printemps et un niveau de population relativement élevé en fin d'hiver annoncent une pullulation.

Le cycle de pullulation se décompose en 4 phases :

  • basse densité (2 à 3 ans ; 0 à 10 individus/ha)
  • croissance (1 à 2 ans)
  • forte densité (1 à 4 ans ; 1 200 individus/ha)
  • déclin (1 à 2 ans).

La durée de vie est de 6 mois et peut atteindre jusqu'à 16 mois en nature.

Le taux de reproduction est élevé : 3 à 6 portées annuelles de 4 à 5 jeunes par femelle.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le campagnol des champs vit dans des terriers. Il creuse des galeries avec de nombreuses ouvertures béantes reliées en surface par des coulées où il dépose ses crottes.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Entrée de terrier d'un Campagnol des champs non loin d'un arbre dont la base du tronc a été rongée.

Il se nourrit de plantes herbacées ou de graines prélevées à la surface du sol, ce qui en fait un ravageur de plantes cultivées. Les plantes attaquées sont principalement les céréales, l'artichaut, l'endive, la laitue et la chicorée. Il consomme les parties aériennes des céréales, luzernières, cultures porte-graines, prairies.

En vergers, la base des troncs est rongée. Il est vecteur potentiel de maladies à incidence humaine ou animale telles que l'échinococcose, la leptospirose ou le virus de Hanta. Il est recommandé de porter des gants pour toucher tout animal vivant ou mort.

Évolution de l'espèce[modifier | modifier le code]

Campagnol des Orcades (Microtus arvalis orcadensis) au muséum d'histoire naturelle de Tring

Le campagnol des Orcades forme une population distincte que l'on trouve uniquement dans l'archipel des Orcades, au large de la côte nord de l'Écosse. Il est plus grand que les autres campagnols communs et ressemble au Campagnol agreste (Microtus agrestris), en plus court et avec une fourrure plus pâle.

Certains auteurs distinguent cinq sous-espèces différentes de campagnols des Orcades, selon l'île où on les trouve dans cet archipel[4] :

  • Orcades (principale île) : Microtus arvalis orcadensis
  • Sanday : Microtus arvalis sandayensis
  • Westray: Microtus arvalis westraensis
  • Rousay : Microtus arvalis rousaiensis
  • South Ronaldsay : Microtus arvalis ronaldshaiensis

On ne trouve pas ces populations sur l'île principale de Grande-Bretagne où dans d'autres îles britanniques. Le plus vieux fossile trouvé sur l'île date de 4 600 ans. Ce campagnol pourrait provenir à l'origine de France ou d'Espagne et il est probable qu'il a été introduit dans l'archipel par l'homme à l'époque néolithique[4].

Interaction écologique[modifier | modifier le code]

C'est une espèce qui localement est hôte et "réservoir" d'un ver cestode, parasite (Echinococcus multilocularis), qui peut contaminer l'Homme. Ses principaux prédateurs sont les mustélidés, le renard et les rapaces.

Les chiens et chats peuvent les chasser, les manger et devenir vecteurs pour l'homme de l'échinococcose alvéolaire.

Limitation des populations[modifier | modifier le code]

Les tourteaux de ricin peuvent être utilisés en traitement répulsif à répandre à l'automne.

Il existe également des pièges[5]. Certains arboriculteurs enfouissent directement du soufre dans le sol autour des arbres, les campagnols et mulots n'aiment pas son odeur et délaissent la zone.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  2. (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. ISBN 0444518770, 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  3. Mulot ou campagnol des champs
  4. a et b (en) S. Haynes, M. Jaarola & J. B. Searle, « Phylogeography of the common vole (Microtus arvalis) with particular emphasis on the colonization of the Orkney archipelago », Molecular Ecology, vol. 12,‎ 2003, p. 951–956 (lien DOI?, lire en ligne [abstract page])
  5. « Pièges à campagnol » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-09

Liens externes[modifier | modifier le code]

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