Anah (Irak)

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34° 26′ 54″ N 41° 59′ 46″ E / 34.4483, 41.9961 Anah, ou `Ana, est une ville d'Irak située sur l'Euphrate à mi-chemin entre le golfe d'Alexandretta et le golfe Persique.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Anah, s'écrivait Hanat à l'époque de la Babylone antique (aux environs de 2200 avant notre ère), on la retrouve sous le nom d'a-na-at en 885 av. J.-C. (scribes de Tukulti-Ninurta Ier), puis d'An-at (en -879). Elle devient successivement Anatho (sous la plume d'Isidore de Charax), Anatha (chez Ammien Marcellin). Puis `Ana (ou Anat) chez les écrivains arabes.

Description[modifier | modifier le code]

La plupart des écrivains les plus anciens placent son site sur une île. Ainsi le font Tukulti-Ninurta II, Assur-nasir-pal, Isidore de Séville, Ammianus Marcellinus, Yuanna ibn Sarabiyun, Aboul Féda et Karamani Mehmed Pacha. Plus tardivement Leonhart Rauwolff, en 1574, la trouve divisée en deux villes dont une ville turque séparée de l'autre partie par un fleuve. Texeira, en 1610 affirme quant à lui qu'Anah se trouve au bord d'une rivière, et de même que lui, Pietro Della Valle. Au début du XIXe siècle Guillaume-Antoine Olivier la décrit comme une longue rue, parallèle à la rive droite de l'Euphrate.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peu de documents donnent avec certitude des renseignements sur son histoire antique. Une lettre, datant du troisième millénaire av. J.-C., mentionne six hommes de Hanat (Ha-na-at) impliqués dans les troubles qui se sont produits près de Babylone. On admet communément qu'Assur-nazir-pal a terminé sa campagne de 879 avant notre ère devant Anah. C'est à «Ana que l'empereur Julien a rencontré la défaite et terminé sa désastreuse expédition contre les Perses en 363. C'est là aussi que Ziyad et Shureih se sont vu refuser le passage à travers l'Euphrate où il comptait se joindre à Ali[1].

Plus tard, en 1058 Anah fut la résidence du calife Qaim Al-Qaim bi-amr-Illah en exil. Au XIVe siècle Anah devint le siège du primat des Perses[2]. En 1610, Pietro Della Valle y retrouve l'écossais, George Strachan, venu à Anah pour étudier l'arabe et officiant en tant que médecin de l'émir. Della Valle y trouve également des adorateurs du soleil[réf. nécessaire].

En 1835, le vapeur Tigre de l'expédition anglaise Euphrate descend vers Anah, près du lieu où les armées de Julien ont souffert d'une tempête similaire. La même année, William Harrison Ainsworth rapporte que les Arabes habitent la partie nord-ouest de la ville, les chrétiens le centre et les Juifs le sud-est ; peu après, Olivier trouve son prince régnant avec seulement vingt-cinq hommes à son service, la ville est dépeuplée et manque de protection contre les Arabes du désert. Mais Max von Oppenheim (en 1893) y voit 1 800 maisons, deux mosquées et 16 roues hydrauliques.

Anah aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La mosquée d'Anah en 2008

L'Anah moderne est formée d'une seule rue longue de plusieurs kilomètres dont les maisons sont séparées par des jardins fruitiers. Elle forme la frontière entre les zones de culture des oliviers (au nord) et des dattiers (au sud).

Les poètes arabes ont célébré son vin[réf. nécessaire]. À l'exception de ruines d'un antique château ; peut-être celui d'Anatho, les restes d'un minaret attribué à la dynastie des Uqaylides (Ve siècle-XIe siècle) constituent la plus grande richesse patrimoniale de la ville ; cependant, le 22 juin 2006, le minaret fut détruit dans un bombardement attribué à une milice shiite[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon l'historien arabe Muhammad bin Jarīr bin Yazīd al-Imām abū Ja`far at-ṯabarī.
  2. Selon l'historien Marin Sanuto.
  3. (en) A. Northedge, 'Minaret at 'Ana,' in Iraq crisis, online, 25 juin 2006 et A. Janabi, 'Mosque blast blow to Iraq treasures,' in Aljazeera.net, Qatar, 24 juin 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • G. A. Olivier, Voyage dans l'empire othoman, etc., iii. 450-459 (1807)
  • (de) Carl Ritter, Erdkunde von Asien, vii. b., pp. 716– 726 (1844); W. F. Ainsworth, Euphrates Expedition, i. 401-418 (1888).

Sources[modifier | modifier le code]