Maryse Choisy

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Maryse Choisy

Activités écrivain français
Naissance 1903
Décès 1979
Mouvement fonde le suridéalisme et la revue Psyché

Maryse Choisy est un écrivain français, née en 1903 et décédée en 1979, au parcours atypique, fondatrice du suridéalisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un événement inattendu surgit en 1939 chez l'auteur, qui est sa conversion au catholicisme quelque temps après sa rencontre avec Teilhard de Chardin. Elle va alors jusqu'à faire retirer ses ouvrages du commerce et à faire disparaître de la circulation à ses frais ceux qui s'y trouvent - au motif qu'ils ne satisfont pas au critère des trois passoires qu'on attribue à Socrate : vérité, utilité, bonté.

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Passionnée de psychanalyse (elle sera patiente de Charles Odier et découvrira au fil de ses séances avec lui qu'elle est enfant illégitime), elle a l'idée d'en introduire les concepts dans ses romans pour donner plus de densité à leurs personnages.

Elle se consacre à la psychanalyse, qu'elle estime capable de contribuer durablement au bonheur du genre humain. Elle fondera à cette occasion la revue et le mouvement Psyché où de nombreux textes psychanalytiques seront publiés pour la première fois, notamment ceux de Pierre Bachelard, Juliette Favez-Boutonier, André Berge, Jacques Lacan, Françoise Dolto, René Laforgue et Georges Mauco[1].

Occupation[modifier | modifier le code]

Pendant l'occupation (1940-1945), elle écrivit dans Le Pays Libre, journal de Pierre Clémenti (1910-1982), fasciste français : « L'histoire s'étonnera un jour qu'un tel régime (la République) ait pu traîner si longtemps son agonie, inscrite dans sa naissance même... » (Journal 1940-1950 de Jean Galtier-Boissière).

Littérature[modifier | modifier le code]

Elle entreprend de voir ce qui peut être apporté à la littérature par d'autres disciplines. Elle fonde à cette occasion un mouvement qu'elle nomme le suridéalisme pour désigner le gisement conceptuel sur lequel il va pouvoir s'appuyer.

La vocation des lettres ne la quitte pas pour autant, et elle rédige l'histoire de sa conversion (Sur le chemin de Dieu on rencontre d’abord le diable) et de très émouvants Contes pour ma fille (1946), où le thème de la mort prend une importance particulière, même si un humour discret y est en permanence présent. Dernier clin d'œil au suridéalisme, le héros de l'une des histoires est... un atome d'azote, qui se pose des questions sur son existence, connaît des liaisons malheureuses, et finira bombardé.

Elle va comme Jack London ou Alexandra David-Néel, se documenter aux sources, allant jusqu'à passer un mois dans une maison de prostitution pour écrire son enquête Un mois chez les filles et à se travestir en jeune moine pour Un mois chez les hommes (où elle a, écrit-elle, refusé les avances d'un moine du mont Athos). Elle se pastichera ensuite elle-même dans d'autres Un mois chez....

Extraits[modifier | modifier le code]

  • « Mon héroïne s’appelle Cécile, comme tout le monde. Je ne vous dirai pas son autre nom. Cécile existe. Vous la connaissez. Il serait incorrect de la mettre à poil. D’ailleurs, quand une femme se marie, elle change de nom. Donc, le seul qui compte est son prénom ».
  • « Si Cécile ne se fut jamais égarée dans les sentiers de Lesbos, son âme n’eût point été arc-en-ciel. Son âme est un arc-en-ciel ».
  • « Elle aima les femmes pour l’amour de l’homme. Toutes celles qui plurent à Jean, toutes celles qui convoitèrent Jean eurent Cécile ».
  • « Ami lecteur, comme vous êtes très intelligent, - puisque vous me lisez -».
  • « Maintenant, je veux être moi. Delteil est un bouffeur de « moi » Adieu, Delteil ! ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Maryse Choisy[modifier | modifier le code]

Études sur Maryse Choisy[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Alain de Mijolla: La France et Freud T.1 1946-1953, éd. Presses Universitaires de France, 2012, (ISBN 978-2-13-058295-3)
  • 2010: Marcel Scheidhauer : Freud et ses visiteurs. Français et Suisses francophones (1920-1930), Editions ERES, Arcanes, 2010, ISBN 2749212405
  • 2006 : Marc-Alain Descamps, Rencontres avec douze femmes remarquables, Alphée, p. 67-101
  • 2000 :
    • Annick Ohayon,
  • Psychologie et psychanalyse en France : L’impossible rencontre (1919-1969), Editions La Découverte/Poche, 2006, 444p., ISBN 2707147796
  • « Maryse Choisy et psyché : Psychanalyse et mondanités. Topique », Revue freudienne. Autour de l'œuvre de Piera Aulagné. vol. 71, pp. 109–140, pp. 87–107
  • 1959 : Bernard Guillemain, Maryse Choisy ou l'amoureuse sagesse
  • 1932 : Nicole Albert, Dames seules, (ISBN 2-908050-26-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La difficulté d'établir une bibliographie de Maryse Choisy provient de
    • ses nombreux changements d'éditeur,
    • la chasse qu'elle a menée à ses propres livres,
    • sa fécondité littéraire (jusqu’à quatre ouvrages par an).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Cosnier: Psyché, revue internationale de psychanalyse et des sciences de l'homme, in Dictionnaire international de la psychanalyse, sous la dir. de Alain de Mijolla, Hachete, Pluriel, 2002, ISBN 201279145X

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Symboles et Mythes, texte de Maryse Choisy (1947).
  • Jean-Pierre Deconchy, « La Survie après la mort », Archives des sciences sociales des religions, no 25,‎ 1968, p. 229. (lire en ligne)
  • Marc-Alain Descamps, « Analyses de livres : La guerre des sexes maryse choisy, paris, publications premières, 1970 », Imaginaire & Inconscient, no 10,‎ février 2003, p. 110-111. (lire en ligne)