Mahajanga

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Mahajanga (ou Majunga) est une ville portuaire de la côte nord-ouest de Madagascar et la capitale de la province de Majunga. Elle se trouve sur le canal de Mozambique, à l'embouchure du fleuve Betsiboka et à 550 km au nord-ouest de Tananarive. Son aire urbaine est estimée à 244 279 habitants en 2014.

Géographie[modifier | modifier le code]

Site[modifier | modifier le code]

La ville occupe sur des terres calcaires et alluviales, l'extrémité de la rive nord de l'estuaire de la Betsiboka, descendue avec son affluent l'Ikopa des hauts plateaux de l'Imerina. L ’estuaire s'élargit en une baie de 10 km de large (baie de la Bombetoka), pénétrant si profondément dans les terres que la rive opposée paraît à l'observateur être celle d'une île.

Quartiers Centraux[modifier | modifier le code]

La ville originelle est dominée par une colline haute d'une soixantaine de mètres, dite Androva, (du nom de l'ancien palais royal merina, le Rova). La colline porte un phare, l'hôpital public universitaire, et une caserne. Au pied d'Androva, du côté de la baie, le quartier historique dit « Majunga Bé » est percé de larges avenues, avec de beaux bâtiments administratifs à varangues et persiennes de la période coloniale (la Résidence (1902), le Tribunal, la Trésorerie) mais aussi des édifices publics "modernistes" en béton armé constituant une collection assez remarquable, (cinémas, magasins, bureaux, cathédrale), datant des années 1950 à 1970.

Mahajanga Gymnase

Sur le flanc d'Androva, le Plateau des Tombes, encore appelé Mangarivotra, est une zone résidentielle de grandes villas, dominée par un grand bâtiment administratif dit le « Bloc ». Autour de ce plateau sont édifiés plusieurs établissements scolaires (Lycée Saint Gabriel, Collège de Simon de Montfort, collège FJKM, Lycée d'état Ph. Tsiranana, Collège Nicoletta).

La promenade du front de mer, dite « Le Bord », ponctuée par un baobab emblématique,(circonférence de 14 mètres) attire tous les soirs une foule de Majungais et de touristes ; le dôme d'une vaste succursale de la Banque nationale (Banky Foiben'i Madagasikara) lui ajoute depuis 2005 un cachet néo-oriental. Il est bienvenu : en arrière de cette voie littorale se trouve le cœur historique de Majunga Bé, le quartier des mosquées et madrassas indo-pakistanaises, de différents rites, parfois très anciennes. Majunga Bé, lieu de premier établissement des communautés venues de l'Inde au rythme des moussons, s'est un peu assoupie, avec ses rues sablées, ses maisons souvent fermées. La Pointe aux Sables porte un vieux sémaphore et l'Ecole de navigation malgache ( ENEM).

Plus proches du nouveau centre de gravité de la ville, plus animés et bien plus densément peuplés, sont les quartiers dits de Manga, aux abords de l'Hôtel de ville ou Lapann'y tanana , construit en 1955(fresques de Gianeli et bas-reliefs de Leclerc.)

faisant face au siège du district, ou Faritany) et celui de Mahabibo (Marché important et grande mosquée Comorienne). Ils se trouvent au croisement des deux axes routiers majeurs de la ville : celui vers la RN4 menant à Antananarivo, à 560 km) et celui vers l'aéroport (6 km)et les plages (12 à 15 km). Le bâti n'excède jamais cinq étages, avec des vastes espaces peu construits en arrière des façades, tandis que le commerce informel s'est emparé du trottoir en avant de celles-ci.

Les faubourgs de l'est et du nord[modifier | modifier le code]

À l'est de ce centre relativement dense, la croissance de la population est forte dans des quartiers populaires et plus récents : l'Abattoir et Morafeno, développés sur un plan en damier tandis que ceux d'Ambalavola, de Tsararano, encore champêtres vers 1980, se densifient de façon plus désordonnée. L'habitat précaire s'y consolide rapidement. (Ils sont mieux desservis par le bitumage récent (2011) des voies d'accès, et la réfection des passerelles sur le canal du vallon Metzinger, exutoire vers l'estuaire du fleuve.)

La gestion des écoulements dans les quartiers neufs est problématique[modifier | modifier le code]

La marée peut en effet atteindre des amplitudes importantes à Majunga, (4 mètres en vives-eaux) inondant régulièrement certains quartiers bas le long du fleuve comme Aranta, quartier de pêcheurs aux terre-pleins fragiles consolidés par des sacs de sable. Mais de nombreux autres quartiers sont plus inondables exceptionnellement, notamment Tsararano ambany, Fiofio, en période cyclonique, lorsque au flux de la marée s'ajoute la crue de la rivière Betsiboka. Ils occupent un espace naturel quasiment plat de 500 hectares à proximité immédiate du centre-ville. Ce vallon Metzinger regroupe 10 fokontany et près de 80 000 habitants. Sa situation en zone de bas-fonds en fait une zone fréquemment inondée et insalubre (il constitue notamment un foyer dangereux d'épidémies de choléra, la dernière datant de 1999). Cependant, il voit sa population en accroissement rapide, la pression foncière poussant les habitants à s'installer dans le vallon, très souvent de manière informelle.
Un réseau d’assainissement à ciel ouvert avec un canal de 3km, collectant des canaux secondaires permet l’évacuation des eaux usées vers l’estuaire de la Betsiboka. Cet aménagement a permis de limiter les périodes d’inondation grâce à une évacuation plus rapide des eaux, mais a cependant "provoqué un afflux important de la population sur les zones nouvellement drainées" selon ses promoteurs (Ircod Alsace et CUM de Majunga.)

Mahajanga après le cyclone Hellen
Dispositif d'évacuation des crues

Intimement liée au régime des eaux de l'estuaire, la ville basse est donc particulièrement sensible aux effets du changement climatique et notamment à l'élévation du niveau des océans.

L'extension de Mahajanga se fait aussi vers le Nord sur des terrains plus élevés, extension résidentielle dans le quartier d'Ambondrona, près de l'université et du Lycée français (collège F. Dolto), et plus populaire vers le nord-est, à Antanimasanjo le long de la RN4 où se trouvaient des usines de textile jadis importantes (Sotema, Fitim), et où a été créé à partir de 1999 le village d'entreprise du VIM (Villagio Impreza Madagascar).

La façade maritime de la ville[modifier | modifier le code]

Le Port aux boutres de Majunga

Les vastes emprises du Port de Commerce (où les grands navires n'accostent plus, les opérations de chargement se faisant en rade, au moyen d'allèges remorquées) occupent les quais de la Bombetoka sur un kilomètre environ. Ils sont prolongés en aval par le célèbre " Port aux Boutres", bassin d'échouage à flot et de chargement pour des dizaines de cargos à voiles desservant la côte ouest de Madagascar ; et en amont par un chantier naval, et l'embarcadère du bac vers la rive sud de la Baie, à 10 kilomètres. Cet embarcadére est la porte d'accès au village de Katsepy et à la route vers Soalala (sucrerie réhabilitée, mine de fer en projet). En retrait de cette zone portuaire, à Ampasika, sont installés les sièges et usines frigorifiques des sociétés de pêche et d'aquaculture (Aqualma, Unima), les grossistes en pièces auto, les collecteurs de raphia...

Une plage de Majunga

La côte proprement maritime, ouverte directement sur le canal du Mozambique est longée par la Corniche, qui débute au baobab géant, où se succèdent les plus beaux hôtels (la Piscine, les Roches Rouges, le Phare, le Karibu Lodge...), jusqu'au petit Port Schneider, où se situe la Direction des Pêches, l'École de Charpenterie Navale, et une digue de deux cent mètres portant un oléoduc menant à terre aux cuves géantes de la SOLIMA.(capacité 28 500 M3) La côte se poursuit par la plage et le quartier dits du « Village touristique », que la passe d'Antsahabingo, lagune servant d'abri aux grandes pirogues de pêche et aux voiliers faisant le fret de bois d'œuvre, sépare des plages réputées d'Amborovy, - configuration naturelle imposant aux citadins un détour d'environ quinze kilomètres pour leurs sorties dominicales. Des travaux de réhabilitation de la voirie du Village touristique ont débuté en septembre 2014 pour recréer un axe de circulation parrallèle à la plage, et un projet de "liaison douce" au travers d'antsahabingo est évoqué. En arrière de ce paysage balnéaire, les terrains de sport des Gradins (aménagés par la Corée du Nord en 1980) ont été amputés en 2010 de deux hectares pour permettre la construction d'un nouvel hôpital Manaram Penitra à Mahavoky, financé notamment par la Chine.

Nouvel hôpital de Mahajanga - De la série des établissement hospitaliers "Manaram Penitra" décidés par la présidence de la Transition, et inauguré en 2013.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom Mahajanga signifierait « qui guérit »[réf. nécessaire]. La tradition raconte en effet qu'un roi qui cherchait un remède pour guérir son fils fit le tour de l'île et, à son arrivée à Mijangaïa (« cité des fleurs », son ancien nom), déclara : « Maha, janga ity tananà ity », et que le nom serait resté. Une autre version voudrait que la ville tienne son nom d'une fleur, l'angaya, apportée par les arabes au XVe siècle.

Dès la préhistoire la région est probablement habitée : La découverte de traces de découpes sur des ossements d'une espèce d'hippopotame nain aujourd'hui disparue a été effectuée dans l'immense grotte d'Anjohibe située à 30 km au nord-est de Majunga, aux abords de la Mahajamba.  La datation au radiocarbone a fait remonter ces ossements à environ 2000 ans avant notre ère. Cette découverte a fait reculer la date d'arrivée des premières populations humaines à Madagascar de 1500 ans.  Ces deux baies voisines de la Betsiboka et de la Mahajamba se trouvent au carrefour de deux voies probables de colonisation humaine, l'une passant par les Comores pour une origine africaine, l'autre voie traversant l'île par le nord-est depuis Antongil pour une origine asiatique.

Le ville de Majunga ou Mahajanga semble avoir été fondée au XIV ou XVe siècle par les Antalaotry, ou Antalaotse, navigateurs et pêcheurs Arabes métissés de population africaines, venus en longues pirogues du golfe d'Oman via Zanzibar et les Comores, au gré du régime annuel des moussons de l'océan Indien.

Après l'organisation des clans de la côte ouest Malgache en royaumes, la ville fut capitale du royaume sakalava de Boina. La ville a connu au XVIII siècle une certaine prospérité comme entrepôt de richesses de la côte d'Afrique a destination de l'Inde. L'implantation d'une importante communauté indienne est établie à cette époque (6000 familles signalées par Dumaine à "Mouzangaïe" en 1792).

Les rois Andriamisara Efadahy en furent les derniers souverains avant la conquête par Radama Ier, roi de l'Imerina, et l'instauration du Royaume de Madagascar en 1823.

La conquête du royaume Sakalave par la royauté Merina en 1824 marque une rupture dans les liens avec le nord de l'île, mais ne nuit pas à la prospérité de la ville ; les américains y ouvrent un comptoir de négoce en 1830. L'ouverture de Majunga sur les voies de communication maritimes, son ancrage alors favorable aux grands voiliers et sa familiarité avec les civilisations voisines en font une cible pour les puissances coloniales  : c'est en effet à Majunga que débarqueront les corps expéditionnaires français, d'abord en 1882 -1883, puis en 1895-1896, (15.000 combattants embarqués sur quelques 23 navires), engagées dans la conquête de l'île de Madagascar. En 1903, la population recensée était de 7908 habitants ( parmi lesquels 646 indiens). Le développement de la ville se fit très rapide après l'occupation française, au rythme imposé par la colonisation, avec des réalisations nombreuses ( Quais dit 'Barriquand' du port de commerce, route carrossable vers Antananarivo, hôpital d'Androva, etc.) En retour, les ressources locales, notamment agricoles, seront exploitées intensément : Dès la première guerre mondiale l'usine frigorifique de Boanamary en amont sur la Bombetoka, a servi a ravitailler les armées françaises en concentrant des zébus venus de tout l'Ouest. Suivront, sur le modèle d'économie de plantation avec des terres attribuées arbitrairement à de grandes compagnies concessionnaires, le tabac, le coton, le riz favorisé dans l'arrière-pays par de vastes projets d'irrigation ( Marovoay, Ambatoboeny) qui feront vivre la ville et son port jusqu'en 1970. Fait moins connu, la ville - point d'arrivée du contingent Anglais envoyé pour chasser les Vichystes en septembre 1942 - a aussi servi de base arrière à la RAF pour le blocus de la Rhodésie blanche à la fin des années 60.

En mai 1976, de graves incidents ont opposé la population locale aux immigrants d'origine grand-comorienne, entraînant le rapatriement massif de ces derniers. Les rotations aériennes vers Moroni, par un avion loué à la Belgique, au nombre de 50, ont commencé dès janvier 1977 et transporteront environ 9000 personnes - d'où le nom de "SABENAs" donné un temps a cette communauté d'artisans et commerçants qui s'est réimplantée par la suite sans heurts.

La ville reste un relais important pour la surveillance du canal du Mozambique : une station d'écoute radio du Gouvernement américain est implantée à Belobaka, à 20 km de la ville.

Dans l'histoire récente de Madagascar, Mahajanga ne joue pas un rôle moteur. (La troisième visite d'un chef d'état français à Madagascar, celle de J. Chirac en Juillet 2005, à cependant commencé par cette ville). La ville est toutefois une caisse de résonance, sujette a des accès de fièvres, émeutes ou 'Rotaka', dirigées contre la communauté Karany ( ou plutôt ses établissements commerciaux très présents. ( 2002, 2009), mais aussi contre ceux réputés proches du pouvoir ( incendie des établissements Tiko.)

Population[modifier | modifier le code]

La ville est réputée hospitalière dans toute la Grande Ile ; on s'y sent bien accueilli, que l'on vienne des Hauts-Plateaux, du grand Sud ou du Nord, voir de l'étranger. On n'y parle pas de variante régionale du Malgache, ni sa version la plus académique, mais une langue réputée pour sa simplicité et son expressivité. En ce sens, Mahajanga est une sorte de microcosme de Madagascar, qui regroupe des populations d'origine variée, coexistant de façon harmonieuse, le substrat Sakalava originel ne representant que 10% de la population. Une enquête du PNUD (UNDP) de 1991 indiquait pour la ville ( 120.000 habitants alors) la composition ethnique suivante: - Merina 37% - Betsileo 16% - Tsimiety 14% - Antesaka 12,5% - Sakalava 9,6% - Antandroy 1,3% - Autres 9,5%.

Parmi ces "autres", l'élément 'Karany' ( Indo-pakistanais) joue un rôle économique tout à fait prédominant, avec la population d'origine comorienne, et quelques familles d'origine franco-malgache, voire anglo- malgaches, témoignant de l'ancienneté de la présence européenne - environ 1800 Français, dont la moité de double-nationaux, étaient recensés au consulat de la ville en 2004.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des évêques de Mahajanga.

Mahajanga est le siège d'un évêché catholique. Il y a aussi une église orthodoxe, et des églises protestantes (FJKM), luthériennes, évangéliques, adventistes. La présence musulmane est marquée par des mosquées et madrassas parfois très anciennes de rites chiites duodécimains, Aga-khanistes, Bhora et Khodjas à Majunga bé et sunnites d'influence comorienne ( Notamment la grande mosquée de Mahabibo).Il y a un temple hindouiste à Majunga bé. Pour les Sakalaves originaires du Boeny, Majunga est le lieu d'inhumation traditionnel du roi et le lieu d'un festival ethnico-religieux, le fanampoana , au Doany de Miarinarivo à Tsararano où se presse une population fervente venue de toute la région Ouest. Le roi actuel, ou 'Ampanjakabe' se nomme Andrianirina Désiré.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Mahajanga détient un patrimoine historique et architectural reflétant toute son histoire, mais demandant des efforts de conservation. Parmi les vestiges historiques de Majunga Bé, le beau marché couvert, aux charpentes métallique type Eiffel demande une restauration urgente, ainsi qu'un immeuble aux vérandahs ajourées de la même période, proche de la Gendarmerie ; certaines maisons indo-musulmanes des Indiens du Gujarat datant du XIX siècle, menacent hélas ruine ( leurs portails de bois à croisillons ont fait l'objet d'une exposition et d'un recensement). Maisons de commerce à arcades et portiques, maisons coloniales à varangues; (voir par exemple la Résidence), ne sont accessibles que de l'extérieur. Le tribunal, aux patios et galeries très dégradés, fera l'objet d'une réhabilitation complète dans le cadre du projet annoncé en 2014 par la présidence.

Le bâti de l'ère post-coloniale, influence par Perret, Le Corbusier est intéressant par son homogénéité, son bon état de conservation et les parti-pris modernistes des architectes.

Il existe un muséum, organisé sur des bases scientifiques, le "mozea Akiba", qui conserve des vestiges archéologiques et paléontologiques ( fossiles de Dinosaures) il est actuellement hébergé sur le site de l'Université de Mahajanga .

Tourisme[modifier | modifier le code]

Avec 40 établissements hôteliers classés et 1500 lits répertoriés, Mahajanga est une destination phare de la Côte Ouest. Favorisée par son climat sec et venté, c'est la station balnéaire de choix des Tananariviens, et une destination de détente prisée des Comoriens, Mahorais et Réunionnais. Deux parcs Naturels à proximité ( Baie de Baly, Ankarafantsika), curiosités ( Cirque Rouge, grotte d'Anjohibé, vestiges de dinosaures, et depuis 2013 réserve privée Reniala, aux portes de la ville) et surtout un littoral intouché au delà de la plage du Grand Pavois sont ses atouts majeurs. C'est un tourisme 'résidentiel', se heurtant toutefois à la difficulté d'inclure la ville, située en cul-de-sac, dans un circuit vers le Nord malgache ( Nosy Bé, Diègo-Suarez) pour les touristes plus itinérants. Les quelques lodges et hôtels de nature, parfois prestigieux, situés sur la côte entre la Betsiboka et la Lova sont desservis depuis Mahajanga en 4x4, bateau et avion légers. Des navires de croisière font de plus en plus souvent escale dans la baie.

Un grand projet de réhabilitation du littoral urbain, avec aménagement d'une plage ludique Soma beach, création de jardins, réhabilitation du "Village touristique", liaisons douces entre les pôles favoris des touristes, est lancé officiellement par le Président de la République en septembre 2014.

Mahajanga souffre d'un problème chronique de tourisme sexuel[1][réf. insuffisante].

Transports[modifier | modifier le code]

Le port de Majunga est le deuxième port de Madagascar. ( trafic moyen 460.000T, scanner à conteneurs) C'est la voie d'accès naturelle à l'Europe, à l'Afrique orientale, au Mozambique en plein essor (Nacala à 354  milles) et bien sur aux îles Comores. Mahajanga est une porte ouverte sur la côte ouest (aquaculture de la Mahajanba, bassin minier de Soalala), sur tout l'archipel des Comores, (L'île la plus proche, Mayotte, département français, n'est qu'à 224  milles). Hélas ce port est pénalisé par l'ensablement, et les routes maritimes et les choix logistiques l'ignorent de plus en plus.

Mozea akiba 04

. Certaines lignes de navigation ( MSC),relient la ville aux ports des Comores et de la côte orientale de l'Afrique (Zanzibar, Dar es Salam, Mombasa).

Cabotage : Le trafic des boutres, à voile ou motorisés, demeure actif en l'absence de réseau routier irriguant la côte Ouest. [[File:Mahajanga Port aux Boutres.jpg|thumb|Inner harbour  used by botry, ( malagasy for dows and schooners ), wooden sail cargoes plying their trade on the west coast of Madagascar]] Des cargos mixtes en acier, desservent toujours Maintirano, Morondava vers le sud chaque mois. Concurrencé par la RN6 réhabilitée, le ferry Jean-Pierre Calloch qui desservait chaque semaine Nosy-Bé, au nord n'est plus opérationnel.

Le transport de sédiments en suspension dans la baie de Bombetoka a évolué au cours des 30 dernières années, avec "une augmentation spectaculaire de la quantité de sédiments déplacés par le fleuve Betsiboka, et déposés dans l'estuaire et dans les lobes deltaïques au large". Ces changements ont affecté l'agriculture, la pêche et le transport. Une étude bathymetrique est en cours en 2014 pour déterminer une politique de draguage efficace à long terme. Mahajanga a connu en mars 2004 un cyclone aux conséquences dévastatrices (Gafilo), qui a endommagé le promenade du bord de mer, les infrastructures portuaires, et occasionné le naufrage du ferry Samson (cent vingt victimes) et rendu les liaisons maritimes vers les Comores plus aléatoires.

Mahajanga est reliée à Tananarive par la RN 4, longue de 570 km. Le trajet exige une dizaine d'heures en voiture ; cet axe est réhabilité pour répondre aux besoins croissant du transport routier. Des coopératives de transport de passagers assurent un service régulier et rapide de "taxi brousse" (minibus d'une capacité théorique de 12 à 20 passagers).

L'aéroport international de Mahajanga dessert Antananarivo, Nosy Bé, plus localement Besalampy, Maintirano, Soalala, Mandritsara, Tambohorano, Analalava... et à l'étranger les Comores, Mayotte et La Réunion.

Les moyens de transport locaux les plus prisés sont le réseau de transport public ou taxi bé (fourgonnettes mercedes aménagées). les Taxi 4L Renault et les pousse-pousse, complétés récemment par des triporteurs motorisés type "Bajaj" ou " tuk-tuk". Mahajanga ne souffre pas de congestion automobile ; le réseau de transport en commun a des insuffisances cependant, et il n'est pas rare de voir de longues files d'attente, et des foules entières se déplaçant à pied pour revenir de la plage d'Amborovy ou de la promenade du Bord de mer.

Industrie[modifier | modifier le code]

Mahajanga a été un centre actif d'industries de transformation. Les usines textiles (SOTEMA) et de tabacs, jadis florissantes, sont fermées ou en déclin ; les huileries (Mazava Huile) et savonneries sont menacées par les produits d'importation. Une grande cimenterie est en projet sur le site de Boanamary au fond de la baie de Betsiboka.

La fourniture d'énergie est problématique, la centrale thermique JIRAMA de Marolaka (avec une puissance installée de 130.600 kwh en 2008)étant en sous capacité chronique d'où de nombreux déléstages et une politique d'équipement des particuliers et entreprises par des groupes électrogènes privés. Pourtant, la respiration puissante de la mer vers l'estuaire offre un régime de vents soutenu, une forte amplitude de marées et donc un potentiel éolien et hydraulique important. Ajouté a l'ensoleillement record de cette partie de Madagascar, ce potentiel devrait permettre une meilleure alimentation de la ville par des énergies renouvelables (Solarmad, une entreprise locale produit sur place des éoliennes installées dans des sites isolés de toute l'île).

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

Mahajanga a bénéficié de plusieurs interventions de bailleurs de fonds et d'ONG étrangères, généralement réussies car suivies de près par l'Etat et la CUM (Commune urbaine de Mahajanga). On peut citer des projets : -Allemands (TüV, ramassage municipal des déchets verts), -Anglais (Fondation de l'Aga Khan, microfinance, écoles) -Français, (Interventions structurantes de l'AFD (Agence française de développement) pour le bitumage des avenues de la ville et la réfection des marchés couverts d'Analakely, Tsaramandroso et Mahabibo), coopération décentralisée avec la ville de Mulhouse et l'IRCOD et nombreux projets associatifs, notamment Médecins du monde, Enfants du Monde, Enfants de Majunga, Handicap International, Gevalor qui produit du compost à base de déchets ménagers dans le cadre de la compensation des émissions de CO2…). -Italiens (VIM, village d'industries et hôpital d'Antanimasanjo), -Japonais (Maison de la mère et de l'enfant à l'hôpital d'Androva, projet JIVA de valorisation du poisson) -Suédois, avec une coopération avec l'université de Gotland pour le Mozea Akiba déplacé du Village touristique vers le site de l'Université. (liste non limitative)

Personnalités[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités ont un lien avec la cité des fleurs. Le président Philibert Tsiranana, 1er président de Madagascar, y avait une résidence. L'artiste Majungais le plus populaire est certainement le chanteur Clo Majunga, dont les œuvres rendent l'ambiance à la fois festive et un peu nostalgique de la ville. Le journaliste français Jean-Marc Laurent a vécu à Madagascar et en particulier à Mahajanga toute une partie de son enfance dans les années 1970. Il écrit régulièrement des articles pour valoriser Madagascar dans la presse générale ou culturelle. Charles Gassot, producteur de cinéma, a ouvert il y a une décennie une association, « Écoles du Monde », dans la province de Mahajanga.

Notes et références[modifier | modifier le code]

- PAYSAGES URBAINS ET LIEUX DE LIEUX DE VIE : Etude diachronique des villes maritimes insulaires du sud-ouest et de l'ouest de l'océan indien ( Zanzibar, Moroni, Mamoudzou, Mahajanga, Toamasina, Antsiranana, Saint-Denis de la Réunion, Port-Louis) Marie-S. Bock Digne, l'Harmattan, Paris France 2003

- http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=8900 : Relation des travaux d'une équipe franco-malgache comprenant plusieurs chercheurs du CNRS (UPR 2147-CNRS et de l'Université de Mahajanga ), Comptes rendus de l'Académie des sciences.

- Découverte Madagascar : Guides Olizane, Genève CH, 1997

- Madagascar : Bradt travel Guide, Chalfont St Peter UK, 2007

- Cahiers de la Coopération no 6, École polytechnique de Lausanne CH, 2009 auteur Benjamin Michelon.

- Tour de Ville, Itinéraires I, II et III - Office régional du tourisme de Boeny (Mahajanga 2013/ 2014)

- http://www.cefrepade.org/documents/credits_carbone_valorisation_dechets_pays_sud.pd

- Tsilavo Raharimahefa et Timothy M. Kusky (2010). "La surveillance environnementale de la baie de Bombetoka et de l'estuaire de la Betsiboka à Madagascar, en utilisant les données satellites multi-temporelles.

- Décolonisation et économie de plantations. Situation des propriétés européennes à Madagascar Francis Koerner, Annales de Géographie, Paris 1969 Volume 78; Numéro 430

-Les 'Sabena' de la Grande Comore: étude d'une migration. Mohamed, Mzé -2007 Periodique : Études océan Indien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]