Madeleine Parent

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Madeleine Parent

Naissance 23 juin 1918
Montréal Drapeau : Québec Québec
Décès 12 mars 2012 (à 93 ans)
Montréal
Nationalité Drapeau du Canada Canadienne
Activité principale syndicaliste
Distinctions
Conjoint

Madeleine Parent (née le 23 juin 1918[1],[2] - morte le 12 mars 2012[1],[3]) est une syndicaliste et une féministe québécoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation

Née à Montréal, Madeleine Parent est l'aînée de deux enfants et grandit près du parc La Fontaine[4]. Elle fréquente le couvent Villa Maria ainsi que l'école Trafalgar. Elle affirme avoir vécu ses premières expériences de l'inégalité en ayant constaté la différence de traitement entre les pensionnaires et les servantes de couvent[5]. En 1936, elle entreprend des études en sociologie à l'Université McGill[5],[4].

Militante

À l'université, Madeleine Parent milite au sein du Student Christian Movement (en), ou Canadian Student Assembly, pour l’obtention de bourses d’études aux jeunes issus des milieux défavorisés[6], dont des fils de cultivateurs[4]. À la fin des années 1930, elle rencontre Léa Roback, avec qui elle milite activement pour plusieurs causes, notamment pour le suffrage féminin au Québec[4].

Elle entre dans les unions ouvrières le 1er mai 1942. Elle se lie d'amitié avec le syndicaliste Kent Rowley, avec qui elle aura partagé sa vie[5].

Industrie du textile

En 1942, Madeleine Parent participe à l'organisation des ouvriers de la Dominion Textile sous la bannière des Ouvriers unis du textiles d'Amérique (OUTA)[7]. En 1946, elle participe activement aux grèves d'employés d'usines de Saint-Henri, d'Hochelaga et de Valleyfield[8]. Le 13 août, lors d'un affrontement entre la police et les grévistes à Valleyfield, elle fait partie, tout comme Rowley, des dirigeants syndicaux arrêtés[9].

En 1947, elle est à nouveau dans la mire des autorités lors de la grève de Lachute[10]. Le 19 mai, le premier ministre Maurice Duplessis ordonne l'arrestation des principaux chefs syndicaux : Parent, Rowley et Azéllus Beaucage[4],[10]. Il les accuse d'être de dangereux communistes qui forcent les travailleurs à se mettre en grève[4]. Elle et Rowley seront condamnés en 1948 pour conspiration séditieuse[5],[9]. Rowley purge six mois de prison et Parent, après maintes procédures, est acquittée en 1955[5],[9]. Elle aura subi, en carrière, cinq arrestations au total[6] et cette condamnation pour conspiration séditieuse.

Exil en Ontario

En 1952, expulsés de l'OUTA sous la pression des syndicats américains, Parent et Rowley quittent le Québec pour l'Ontario[5]. Avec lui, elle parcourt le Canada dans les années 1950 afin de créer des syndicats locaux indépendants des syndicats américains[6]. Ils y fondent la Confédération des syndicats canadiens (en) en 1969[5]. La journaliste et féministe Judy Rebick (en) a rendu hommage à « l’une des rares militantes qui avait une influence égale au Québec et au Canada anglais »[6].

Madeleine Parent revient au Québec après la mort de Rowley en 1978. Elle y milite à nouveau, participe au Comité d’action pour le statut de la femme (de la Fédération des femmes du Québec) y porte notamment la cause des autochtones et des immigrantes[6]. Et elle se prononce pour le « Oui » lors du référendum de 1980[6].

Retraite

Retraitée à 65 ans, en 1983, elle continue néanmoins à militer pour diverses causes, notamment pour les immigrants, les autochtones et les femmes.

En 1984, la Confédération des syndicats nationaux lui rend hommage lors de son 52e congrès, en même temps qu'à Michel Chartrand[11].

Elle s’investit à la Fédération des femmes du Québec et participe à la Marche mondiale des Femmes en 1995 et 2000[5],[12],[8], soutient (en 2003) la lettre d’appui au mariage gai, diffusée par la Fondation Émergence[6]. Elle se prononce, en 1991, contre la première invasion américaine en Irak et, en 2003, contre la deuxième invasion, tout comme, en 2001, contre l’intervention étrangère en Afghanistan[6].

Elle meurt à 93 ans, dans la nuit du 11 au 12 mars 2012, au centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Reine-Elizabeth, à Montréal[5], des suites de la maladie de Parkinson[13],[6].

Héritage[modifier | modifier le code]


Honneurs[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Parent, Madeleine : notice nécrologique », sur necrologie.cyberpresse.ca,‎ 14 mars 2012.
  2. Andrée Lévesque (Les amis de Madeleine Parent), « Madeleine Parent 23 juin 1918 - 12 mars 2012 : La syndicaliste et féministe est décédée », CNW Telbec,‎ 12 mars 2012.
  3. Louise-Maude Rioux Soucy, « La militante Madeleine Parent s'éteint », Le Devoir,‎ 12 mars 2012.
  4. a, b, c, d, e et f Louise-Maude Rioux Soucy et Amélie Daoust-Boivert, « Madeleine Parent, 1918-2012 — De toutes les luttes, jusqu'au bout — Une figure de proue du syndicalisme et du féminisme québécois disparaît », sur www.ledevoir.com, Le Devoir,‎ 13 mars 2012.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i « La syndicaliste Madeleine Parent est décédée », sur www.radio-canada.ca, Société Radio-Canada,‎ 12 mars 2012.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Décès de la syndicaliste et féministe Madeleine Parent », sur www.entreelles.net,‎ 13 mars 2013.
  7. « Émeute à la Dominion Textile », sur archives.radio-canada.ca, Ce n'était qu'un début, Société Radio-Canada,‎ 14 juillet 1974.
  8. a et b Andrée Lévesque, « Madeleine Parent, 1918-2012 : L'engagement et la persévérance », Le Devoir,‎ 13 mars 2012.
  9. a, b et c « Émeute à la Dominion Textile à Valleyfield », Bilan du siècle, Université de Sherbrooke.
  10. a et b « Début d'une grève aux moulins de la compagnie Ayers, à Lachute », sur bilan.usherbrooke.ca, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke.
  11. Jacqueline Rodrigue (service des communications), « Décès de Madeleine Parent : Une infatigable battante vient de nous quitter », sur www.csn.qc.ca,‎ 12 mars 2012.
  12. Françoise David, « Lettre à une femme remarquable », Le Devoir,‎ 12-13 mars 2012.
  13. « Décès de Madeleine Parent », Journal de Québec,‎ 12 mars 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]