Compagnie des mers du Sud

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« Scène de la bulle spéculative des Mers du Sud, dans le style de Hogarth », par Edward Matthew Ward (1816-1879).
Cours de la Compagnie des mers du Sud à l'origine du krach de 1720.

La Compagnie des mers du Sud (en anglais : South Sea Company), était une société de commerce au long cours fondée en 1711 en Angleterre par le britannique Robert Harley (alors chef du parti Tory). Spécialisée dans la guerre de course, elle succombe à la spéculation boursière et sa disparition prélude au Krach de 1720.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Compagnie des mers du Sud se voit confier le monopole sur le commerce avec les colonies espagnoles en Amérique et vise en particulier les établissements de la côte Pacifique, au Pérou et en Équateur, d'où les galions reviennent chargés d'or. Les expéditions des corsaires malouins dans les Mers du Sud ont aiguisé les appétits.

Ce monopole suppose des concessions commerciales favorables à la Grande-Bretagne suite à la guerre de Succession d'Espagne, que Harley espère obtenir en entamant des négociations secrètes avec l'Espagne. En contrepartie du monopole, la Compagnie des mers du Sud accepte d'échanger dix millions de livres en bons du trésor contre des actions à un taux d'intérêt de 6 %, une proposition réconfortante pour ses investisseurs puisqu'elle a ainsi la garantie d'une rente perpétuelle.

Les fondateurs de la compagnie tablent sur un attrait spéculatif renforcé par les récits des corsaires et flibustiers qui se multiplient au moment du rendez-vous de l'île d'Or, vingt ans plus tôt, et se diffusent progressivement en Europe, suscitant aussi les appétits financiers lors du lancement en 1696 par William Paterson du Projet Darién, qui a eu un large succès en Écosse mais s'est terminé par un fiasco en 1700 face à l'opposition militaire des espagnols.

Au même moment en France, John Law prépare un pari spéculatif assez proche en lançant un peu plus tard la Compagnie d'Occident, au moment où les corsaires malouins ont, eux aussi, su tirer des richesses des mers du sud, c'est-à-dire des côtes pacifiques de l'empire espagnol.

La Compagnie des mers du Sud sera l'objet d'une puissante spéculation qui s'achève par le Krach de 1720, exactement au même moment que la banqueroute subie à partir de juillet (date) à 1720 à Paris par le système de Law, suivie par l'opération du visa.

Après une restructuration, cette entreprise prospéra jusqu'au XIXe siècle.

Quelques actionnaires de la Compagnie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Works of George Berkeley, Bishop of Cloyne, eds. A.A. Luce and T.E. Jessop, 9 vols., Thomas Nelson and Sons, 1948-1957, vol. VI, p. 69. Voir aussi The Correspondence of George Berkeley, ed. M. Hight, Cambridge University Press , 2013, p. 201-3, Berkeley to Prior, 20 July 1725 (Letter 131).

Article connexe[modifier | modifier le code]