Le Suicidé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Suicidé
Image illustrative de l'article Le Suicidé
Artiste Édouard Manet
Date 1877-1881
Type peinture
Technique huile sur toile
Dimensions (H × L) 38 × 46 cm
Localisation collection Emil G. Bührle, Zurich (Suisse)

Le Suicidé est un tableau peint par Édouard Manet entre 1877 et 1881. Il fait partie de la collection Emil G. Bührle, à Zurich, en Suisse.

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau représente un homme en tenue de soirée, gisant sur le bord d'un lit, qui vient de se suicider par balle : il tient un révolver de la main droite, et du sang s'écoule d'une blessure à son abdomen.

Inspiration[modifier | modifier le code]

Ce qui a inspiré Manet pour ce tableau n'est pas clair. Il pourrait s'agir du suicide par pendaison de son jeune assistant Alexandre, en 1859 ou 1860, ou bien d'un article d'Émile Zola à propos du suicide par balle de Jules Holtzapffel en 1866[1]. Bien que Manet ait abordé occasionnellement le thème de la mort dans son œuvre, la manière dont il le fait ici est assez atypique[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Manet a fait don du tableau en 1881 pour une vente aux enchères organisée par le peintre Pierre Franc-Lamy au profit du compositeur Ernest Cabaner, alors au sanatorium[3].

Le tableau a appartenu à Paul Durand-Ruel, à Auguste Pellerin, et au baron Hatvany[4], avant d'entrer en 1948 dans la collection E.G. Bührle.

Critiques[modifier | modifier le code]

Adolphe Tabarant décrit ce tableau comme un « incident de palette »[5]. Pour d'autres, il met en évidence que Manet, dans son œuvre tardive (il est mort deux ans après avoir achevé la toile), « vit dans la figure de l'artiste un symbole moderne de la passion, transformant l'artiste en une figure du Christ »[6]. Selon Georges Bataille, le tableau « manifeste [...] clairement un désir de nier — ou de surmonter — l'horreur et de la réduire à la naïveté de la lumière »[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ulrike Ilg, « Painted Theory of Art: "Le suicidé" (1877) by Édouard Manet and the Disappearance of Narration », Artibus et Historiae, Institute for Art Historical Research, vol. 23, no 45, 2002, p. 179-190.
  2. (en) Holly Paradis, « “Le Suicidé:” Édouard Manet’s Modern Crucifixion », PsyArt, 12 juin 2005.
  3. Sophie Monneret, L'impressionnisme et son époque : Dictionnaire international illustré, vol. 1, Paris, Denoël, 1978, p. 100.
  4. Fiche du tableau sur le site de la fondation E.G. Bührle.
  5. Adolphe Tabarant, Manet et ses œuvres, Paris, Gallimard, 1947, p. 411.
  6. Triomphe et mort du héros : La peinture d'histoire en Europe de Rubens à Manet, exposition au Musée des beaux-arts de Lyon, 19 mai-17 juillet 1988, conçue et réalisée par Ekkehard Mai et Anke Repp-Eckert, présentée à Lyon par Guy Cogeval et Philippe Durey, organisée en collab. avec le Wallraf-Richartz Museum de Cologne et le Kunsthaus de Zurich, Milan, Electa, et Lyon, Musée des beaux-arts, 1988, 456 p., p. 140.
  7. Georges Bataille, Manet : Étude biographique et critique, Genève et Paris, Skira, coll. « Le Goût de notre temps » (no 14), 1955, 136 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]