Hippolyte de Villemessant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hippolyte de Villemessant
Image illustrative de l'article Hippolyte de Villemessant
Hippolyte de Villemessant

Naissance
Rouen, Drapeau de la France France
Décès (à 68 ans)
Monte-Carlo,

Jean Hippolyte Auguste Delaunay de Villemessant, né le à Rouen et mort le à Monte-Carlo, est un journaliste français et patron de journaux dont Le Figaro.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du colonel Pierre Cartier et d’Augustine Louise Renée Françoise de Launay de Villemessant, Hippolyte de Villemessant débute sa carrière comme commerçant de rubans. Après la faillite de son affaire, il part s’installer comme inspecteur d’assurances à Tours, puis à Nantes.

Installé en 1839 à Paris, il lance un hebdomadaire de modes, de littérature, de théâtre et de musique intitulé La Sylphide, qui est imprégné du parfum de ses soutiens publicitaires. En 1841, il crée Le Miroir des dames, qui coule au bout de deux ans. En 1844, La Sylphide connaît le même destin[1]. En mai 1848, il récidive avec Le Lampion, qui dure trois mois. Le journal est renommé La Bouche de fer et vaut à son auteur une incarcération à la prison Mazas. En 1850, il lance La Chronique de Paris remplacée, après sa suppression, par La Chronique de France.

Ancien siège du Figaro à Paris.

« Ce que j’avais voulu faire en fondant le Figaro, c’était créer un journal nouveau, essentiellement parisien, bien vivant, dans lequel serait accueilli toute nouvelle, toute polémique propre à lui infuser le mouvement qui manquait aux autres. »

Telle était l’inspiration d’Hippolyte de Villemessant lorsqu'il ressuscite, le 2 avril 1854, pour la dixième fois Le Figaro sous forme hebdomadaire : « Il avait fait deux fois faillite. Cela peut arriver aux plus honnêtes. Il n’avait plus à choisir qu’entre le suicide et la police correctionnelle. Il en était à cette minute de suprême angoisse où l’homme, qui se sent perdu, risque tout, même un crime. Il risqua plus qu’un crime, il risqua Le Figaro[2]. » écrivit Octave Mirbeau.

Il s’entoure de rédacteurs comme Eugène Caplas et innove[3]‪ : il crée des rubriques permanentes et insère des brèves, une rubrique nécrologique et un courrier des lecteurs. Il est aussi l’instigateur de la rubrique « Échos », qui fait le succès du journal[4].

Il fait également du Figaro le premier journal français à offrir des cadeaux[5] ou faveurs[6] pour tout nouvel abonnement. Il émet alors à ses débuts des bulletins d’abonnement, dans les cafés, cercles, hôtels, restaurants, jusqu’aux bains et chez les dentistes, engageant le souscripteur à ne payer son service qu’à la fin de l’année. Ces abonnements s'appuient sur un principe commercial simple : faire croire à l’abonné que la souscription ne coûte presque rien. Afin d’asseoir le grand frère du Figaro, L’Évènement, un quotidien littéraire créé en novembre 1865 par Villemessant, il adresse à tout nouvel abonné, durant l’hiver 1866, une douzaine de mandarines, fruits alors rares et chers.

En 1857, il lance le journal de modes La Gazette rose. En 1863, il lance L’Autographe. L’année suivante, il lance Le Grand journal. En novembre 1868, il lance le quotidien littéraire Le Diable à quatre.

Menacé d'abolition pour avoir dérogé aux lois en vigueur en matière de presse, Le Figaro publie, dans son édition du 23 mars 1856 en première page, une sollicitation de demande de grâce, destinée au prince impérial tout juste âgé de sept jours. La tournure plait à son père l’empereur Napoléon III, qui lève les condamnations contre la publication.[réf. nécessaire] Le quotidien, fit beaucoup de mal pour le pouvoir en place en affrontant les autorités et se moquant du pouvoir.

En 1869 il fit construire sur la côte d'azur la Villa du Soleil qui est aujourd'hui l'Hôtel du Cap[7] un des Grands Hôtels de la côte d'Azur.

Du 28 février au 4 mars 1871, la parution du Figaro est interrompue durant l’occupation de Paris par les troupes prussiennes. Le 30 mars 1871, la Commune supprime aussi le journal qui ne reparaît qu’avec le retour de Thiers.

En octobre 1874, Villemessant est invité par son ami Jean-Baptiste Daloz à une partie de chasse dans son domaine du Touquet. Émerveillé par le décor qu’il qualifie d’« Arcachon du Nord », il donne l’idée au propriétaire de lotir une partie de son domaine, d’en faire une station balnéaire et de lui donner le nom de « Paris-Plage ». C’est ainsi qu’en 1882, Jean-Baptiste Daloz crée le premier lotissement (partie du Touquet aujourd’hui à l’ouest du boulevard Daloz).

En 1875, Hippolyte de Villemessant cède la direction du journal à Francis Magnard.

Le 17 avril 1879, Le Figaro paraît encadré de noir : Hippolyte de Villemessant a été inhumé la veille au cimetière d’Auteuil. De nombreuses personnes se rendent à ses funérailles. Des écrivains comme Alphonse Daudet et Gustave Flaubert laissent un témoignage de la perte alors ressentie par le monde littéraire et politique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives sur Hippolyte de Villemessant
  2. Octave Mirbeau, Les Grimaces, 28 juillet 1883.
  3. ‪Henri Thévenin, ‪Les Créateurs de la grande presse en France‬ : ‪Émile de Girardin, H. de Villemessant, Moïse Millaud‬, Éditions Spes‬, 1934, 245 p., (OCLC 299909454), p. 132.
  4. Pierre Robert Leclercq, La Comtesse de Loynes : du Second Empire à l’Action, Paris, ‪Cherche midi‬, 2008, 297 p., (ISBN 9782749110714), p. 160.
  5. Henri Thévenin, Les Créateurs de la grande presse en France : Émile de Girardin, H. de Villemessant, Moïse Millaud, Paris, ‪Éditions Spes‬, 1934, 245 p., 1934, p. 147.
  6. Claire Blandin, Le Figaro : histoire d’un journal, Paris, ‪Nouveau Monde‬, 2010, 409‬ p., (ISBN 978-2-8473-6530-6), p. 74.
  7. http://thepalacehotelsoftheworld.com/hotelducap Hippolyte de Villemessant et l'histoire de l'Hotel du Cap]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Monsieur le Comte de Chambord et la France à Wiesbaden, 1850Texte en ligne
  • Les Cancans, petit almanach de la chronique de Paris, 1852
  • Mémoires d’un journaliste, 6 vol., 1872-1884 Texte en ligne 2 3 4 5 6