Lamotrigine

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Lamotrigine
Noms commerciaux Lambipol (Belgique, Pays-Bas)
Lamictal (Canada, France, Suisse, USA)
LAMOTRIGINE × (génériques, Canada, France, Suisse)
Classe Thymorégulateur, antiépileptique
Autres informations Sous classe :
Lamotrigine
Lamotrigine
Identification
Nom IUPAC 6-(2,3-dichlorophényl)-1,2,4-triazine-3,5-diamine
No CAS 84057-84-1
No EINECS 281-901-8
Code ATC N03AX09
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C9H7Cl2N5  [Isomères]
Masse molaire[1] 256,091 ± 0,013 g/mol
C 42,21 %, H 2,76 %, Cl 27,69 %, N 27,35 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Cp de Lamictal

La lamotrigine est un thymorégulateur utilisé principalement comme anticonvulsivant, c'est-à-dire pour traiter l'épilepsie, et qui est employé depuis quelques années pour traiter certaines formes de troubles bipolaires de l'humeur. Ce médicament est actuellement l'un des traitements les plus efficaces pour le traitement des troubles de l'humeur et particulièrement sur les phases dépressives des troubles bipolaires. Contrairement aux antidépresseurs, il ne provoque pas ou peu de virage maniaque. Les guidelines américains et notamment celui de l'APA, préconisent l'utilisation de la lamotrigine en première ligne dans les phases dépressives[2]. Il a également un effet de prévention des récidives dépressives.

Mode d'administration[modifier | modifier le code]

La dose efficace moyenne est de 100 mg. Celle-ci doit être atteinte progressivement, par paliers de 25 mg tous les quinze jours afin d'éviter des effets indésirables dermatologiques qui peuvent être graves. Ce médicament a peu d'effet sur la vigilance et ne fait pas prendre de poids.

Pharmacovigilance et effets secondaires[modifier | modifier le code]

Lamotrigine peut être responsable de réactions cutanées graves, notamment le syndrome de Stevens-Johnson ou une nécrolyse toxique épidermique (syndrome de Lyell). Le laboratoire indique que la plupart des cas apparaissent dans les premières 2 à 8 semaines de traitement, ou en cas d'arrêt puis de reprise brutale des médicaments à posologie non progressive, ou bien en combinaison avec l'acide valproïque (Dépakine/Depakote en France). Les patients sont encouragés à consulter un médecin pour toute éruption cutanée inattendue pouvant témoigner d'un effet indésirable du médicament. Toute éruption cutanée n'est pas obligatoirement grave, mais imposera généralement l'arrêt du traitement.

Parmi les effets indésirables fréquents (pharmacologiquement parlant, soit entre 1 personne sur 100 et 1 personne sur 10) sont relevés, les maux de tête, des étourdissements, des nausées et l'insomnie. D'autres effets secondaires plus rares existent tel que l'acné et d'autres irritations de la peau, des rêves ou des cauchemars, des sueurs nocturnes, des douleurs et crampes musculaires, une fatigue, des troubles de la mémoire, une irritabilité, une perte de cheveux, une modification de la libido, des mictions fréquentes, etc.[3].

Dans des cas exceptionnels, la Lamotrigine peut provoquer le développement de deux types d'éruption cutanée grave, le syndrome de Stevens-Johnson et le syndrome de Lyell. Ces éruptions cutanée sont bien plus fréquentes chez les enfants que chez l'adulte lors de l'emploi de ce traitement. Il y a aussi une augmentation importante de l'incidence de cette éruption chez les patients qui suivent ou ont eu un traitement récent par valproate de sodium (il y a une compétition lors de l'élimination des deux molécules au profit du valproate, retardant l'élimination de la Lamotrigine, et augmentant les concentration sanguine de cette dernière). Dans les essais cliniques, les femmes seraient plus susceptibles que les hommes de développer des effets secondaires. Même si la majorité des patients guérissent à l'arrêt du traitement par la lamotrigine, certains ont eu des séquelles irréversibles et dans de très rares cas le syndrome de Lyell peut potentiellement être létal, mais il n'y a à ce jour qu'un seul cas de décès lié à la prise de Lamotrigine[3].

L'utilisation pendant la grossesse n'est recommandée que si le rapport bénéfice sur risques d'effets secondaires graves est important. En septembre 2006, la chaine de télévision CNN rapporte que la prise de Lamictal au cours du premier trimestre de la grossesse peut provoquer une fente palatine chez les nourrissons. Comme la Lamotrigine passe dans le lait maternel, l'allaitement est contre-indiqué durant le traitement.

La lamotrigine (Lamictal en France) a une autorisation de mise sur le marché en France depuis 2002. Un générique est déjà sur le marché depuis janvier 2007, mais déconseillé par l'association Ligue française contre l'épilepsie[4] et par de nombreux professionnels de la santé[5] du fait que, même si la molécule principale reste la même, les excipients peuvent différer et l'équivalence des médicaments génériques avec ces excipients n'a pas été prouvée (tout comme la non-équivalence) et ces derniers peuvent avoir une influence redoutable sur le traitement (en particulier de l'épilepsie), il est donc conseillé aux patients suivant un médicament de ne pas en changer (qu'il soit propriétaire ou générique, il est conseillé de rester sur le même médicament). Le prix du Lamictal a d'ailleurs subitement baissé (environ de 12 %) en février 2007[réf. nécessaire]. En effet, les excipients du générique ne permettent pas la même vitesse d'absorption et la même disponibilité à la zone ciblée.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) « Acute Treatment — Formula and Implementation of a Treatment Plan », Practice Guideline for the Treatment of Patients With Bipolar Disorder Second Edition, American Psychiatric Association (consulté le 15 August 2010)
  3. a et b Fiche sur la substance LAMOTRIGINE du BIAM
  4. « lfce-epilepsies.fr » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-09
  5. Magazine Epilepsies. Volume 19, Numéro 1, 6-10, Janvier, Février, Mars 2007, Mise au point