Escitalopram

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Escitalopram
Escitalopram
Escitalopram
Identification
Nom IUPAC (S)-(+)-1-[3-(dimethylamino)propyl]-1-(p-fluorophenyl)-5-phthalancarbonitrileoxalate
No CAS 128196-01-0 S(+)
Code ATC N06AB10
DrugBank DB01175
PubChem 146570
Propriétés chimiques
Formule brute C20H21FN2O  [Isomères]
Masse molaire[1] 324,3919 ± 0,0182 g/mol
C 74,05 %, H 6,53 %, F 5,86 %, N 8,64 %, O 4,93 %,
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité 80 %
Métabolisme Hépatique (CYP3A4) et (CYP2C19)
Demi-vie d’élim. 27-32 heures
Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Antidépresseur ISRS
Voie d’administration Orale
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'escitalopram, commercialisé dans divers pays sous les noms de Lexapro®, Cipralex®, Sipralexa®, et Seroplex®, est un antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. L'escitalopram est utilisé dans le traitement de la dépression et de l'anxiété. Chimiquement l'Escitalopram est l'énantiomère pur (S) du citalopram.

Boîte d'escitalopram de 10 mg (Seroplex®, par Lundbeck)

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1989, les laboratoires pharmaceutiques Lundbeck et Forest Laboratories déposent le brevet de leur nouveau médicament le Citalopram, un antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. En 1997, lorsque le brevet du citalopram allait expirer, pour pérenniser la durée de celui-ci, Lundbeck et Forest Laboratories ont conçu la molécule « miroir » ou énantiomère qui fut appelée l'escitalopram[2]. Il fut développé à partir de l'été 1997 et présenté à la FDA en mars 2001. Celle-ci émit son approbation pour la dépression majeure en août 2002 et pour le trouble de l'anxiété généralisée en décembre 2003.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Des études ont montré la supériorité clinique de l'escitalopram par rapport à certains ISRS comme la paroxétine, la fluvoxamine, la sertraline, la fluoxétine et la duloxetine[3],[4]. Néanmoins aucune étude clinique n'établit de comparaison de l'escitalopram par rapport à un tricyclique avec des patients gravement déprimés. Comparé à la duloxétine, l'escitalopram semble avoir une meilleure efficacité en début de traitement. La revue Prescrire est très nuancée sur cet isomère, et estime qu'il n'apporte aucun avantage thérapeutique par rapport au citalopram ou la venlafaxine que ce soit pour les états dépressifs sévères ou les attaques de panique[5].

L'escitalopram a une bonne efficacité dans le traitement du trouble panique et une meilleure efficacité que le citalopram et le placebo dans le traitement du trouble anxieux généralisé (TAG), des phobies sociales généralisées et des troubles obsessionnels compulsifs[6] (TOC).

Cette molécule semble également améliorer les bouffées de chaleur lors de la ménopause[7].

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

D'après Azorin et les laboratoires Lundbeck, l'escitalopram est plus efficace que le citalopram dans les dépressions sévères. Ils auraient pour cela réinterprété les données d'études comparant les deux molécules avec des critères non définis au moments des études[8]. Il est le plus sélectif des inhibiteurs de recapture de la sérotonine (octobre 2003)[9].

Il est homologué et indiqué dans le traitement :

D'autres indications comprennent :

L'escitalopram agit en bloquant les transporteurs de sérotonine qui recapturent celle-ci, l'augmentant ainsi dans la fente synaptique et permettant le passage de l'information entre les neurones, il a une grande affinité pour le transporteur de sérotonine (SERT).

Effets secondaires et interactions médicamenteuses[modifier | modifier le code]

Les principaux effets secondaires liés aux ISRS sont :

  • les nausées (15 % des patients),
  • la somnolence (6,9 %) (particulièrement en début de traitement),
  • l'insomnie (9,2 %), les céphalées (15,8 % des patients)
  • la diarrhée (8 %). La revue Prescrire fait état lors des essais cliniques comparatifs, d'un arrêt de traitement pour effets indésirables pour 5,9 % des patients. Ainsi 73 % des patients sous escitalopram rapportent un événement indésirable[5].
  • La prise de poids est quasi inexistante, 0,6 kg après 6 mois de traitement contre 0,2 kg avec un placebo.
  • légère baisse de la libido et un retard de l'éjaculation (9 % des patients). On a décrit un Post SSRI Sexual Dysfunction (PSSD) qui est un dysfonctionnement sexuel causé par un traitement par les médicaments antidépresseurs ISRS. Le PSSD persiste après la fin du traitement par l'ISRS et peut devenir chronique et irréversible [10],[11]. Dans le cas où il existe des dysfonctions sexuelles (désir sexuel hypoactif, anorgasmie, trouble de l'excitation...) antérieures à l'apparition d'un état dépressif, une utilisation de l'escitalopram devra être évitée[12].
  • Allongement du QT[13] ce qui contre-indique son association avec la plupart des neuroleptiques

L'interaction médicamenteuse la plus courante est l'association avec d'autres substances à action sérotoninergiques (qui augmente la sérotonine) comme les antidépresseurs IMAO ou tricycliques, le millepertuis ou les suppléments en 5-HTP, les triptans... qui peuvent conduire à un syndrome sérotoninergique (excès de sérotonine dans le cerveau).

Une autre interaction médicamenteuse, moins courante mais dangereuse, est possible avec le dextrométhorphane. C'est un constituant des médicaments contre la toux et le rhume, mieux connu sous le nom de DXM. Ce constituant réagit avec l'escitalopram mais aussi avec tout autre antidépresseur de la famille des ISRS[14].

Sevrage[modifier | modifier le code]

L'arrêt d'un ISRS nécessite une diminution progressive de la dose prescrite pour éviter un syndrome de sevrage qui a lieu lorsque l'arrêt est fait en une seule fois ; les symptômes de ce sevrage seraient alors de l'irritabilité, des étourdissements ou de la paresthésie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) « New drugs from old », Drugs and Therapeutics Bulletin, vol. 44, no 10,‎ octobre 2006, p. 73–77 (ISSN 0012-6543 et 1755-5248, DOI 10.1136/dtb.2006.441073) [présentation au Medical Journal Club, Morriston Hospital, par Scott Pegler, pharmacien au National Health Service (Royaume-Uni), le 20 novembre 2006]]
  3. (en) Andrea Cipriani, Toshiaki A. Furukawa, Georgia Salanti, John R. Geddes, Julian P.T. Higgins, Rachel Churchill, Norio Watanabe, Atsuo Nakagawa, Ichiro M. Omori, Hugh McGuire, Michele Tansella et Corrado Barbui, « Comparative efficacy and acceptability of 12 new-generation antidepressants : A multiple-treatments meta-analysis », The Lancet, vol. 373, no 9665,‎ 28 février 2009, p. 746–758 (ISSN 0140-6736 et 1474-547X, PMID 19185342, DOI 10.1016/S0140-6736(09)60046-5, lire en ligne)
  4. (en) Sidney H. Kennedy, Henning F. Andersen et Raymond W. Lam, « Efficacy of escitalopram in the treatment of major depressive disorder compared with conventional selective serotonin reuptake inhibitors and venlafaxine XR : A meta-analysis », Journal of Psychiatry & Neuroscience, vol. 31, no 2,‎ mars 2006, p. 122–131 (ISSN 1180-4882 et 1180-4882, PMCID PMC1413963)
  5. a et b La rédaction de la revue Prescrire, « Escitalopram (Seroplex°) : Un isomère du citalopram, sans aucun avantage thérapeutique », Prescrire, vol. 24, no 250,‎ mai 2004, p. 325–328 (ISSN 0247-7750, résumé)
  6. A. Pelissolo, « Efficacité et tolérance de l'escitalopram dans les troubles anxieux : Revue de la littérature », L'Encéphale, vol. 34, no 4,‎ septembre 2008, p. 400–408 (ISSN 0013-7006, PMID 18922243, DOI 10.1016/j.encep.2008.04.004, lire en ligne)
  7. Freeman EW, Guthrie KA, Caan B et Als. Efficacy of Escitalopram for hot flashes in healthy menopausal women: A randomized controlled trial, JAMA, 2011;305:267-274.
  8. J.-M. Azorin, P.-M. Llorca, N. Despiegel et P. Verpillat, « Traitement des épisodes dépressifs sévères : Escitalopram est plus efficace que citalopram », L'Encéphale, vol. 30, no 2,‎ avril 2004, p. 158–166 (ISSN 0013-7006, DOI 10.1016/S0013-7006(04)95427-9, lire en ligne)
  9. Antonio Delmas, « États-Unis : le plus sélectif des IRS dans le traitement du TAG », sur Psythère,‎ 12 octobre 2003
  10. (en)Bahrick AS. Post SSRI Sexual Dysfunction. American Society for the Advancement of Pharmacotherapy Tablet 2006; 7:2-10.
  11. (en) Csoka AB, Bahrick AS, Mehtonen O-P, « Persistent Sexual Dysfunction after Discontinuation of Selective Serotonin Reuptake Inhibitors (SSRIs) », J Sex Med., vol. 5, no 1,‎ 2008, p. 227–33 (PMID 18173768, DOI 10.1111/j.1743-6109.2007.00630.x, lire en ligne)
  12. Sutherland JE, Sutherland SJ, Hoehns JD, « Achieving the best outcome in treatment of depression », Journal of Family Practice, vol. 52, no 3,‎ mars 2003, p. 201–09 (PMID 12620174, lire en ligne)
  13. http://www.minerva-ebm.be/fr/article.asp?id=2396
  14. Chantal Morissette, « Le dextrométhorphane et la toux sèche (2e partie) : les interactions médicamenteuses » Cahier de FC de L'actualité pharmaceutique, mars 2010[PDF]