La Voleuse de livres

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La Voleuse de livres
Auteur Markus Zusak
Genre Jeunes adultes
Drame
Version originale
Titre original The Book Thief
Langue originale Anglais australien
Pays d'origine Drapeau de l'Australie Australie
Date de parution originale 2005
Version française
Traducteur Marie-France Girod
Lieu de parution Paris
Éditeur Oh !
Date de parution 2007
Dessinateur Trudy White
Couverture Len Speier (Greendot)
Nombre de pages 560
ISBN 978-2915056488

La Voleuse de livres (titre original : The Book Thief) est un roman pour jeunes adultes écrit par l'auteur australien Markus Zusak, publié en 2005 en Australie et en en France aux éditions OH !, dans une traduction de Marie-France Girod.

La voleuse de livres est une histoire racontée par un narrateur peu ordinaire : la Mort. Cette narratrice nous présente ici l'histoire d'une fillette placée dans une famille d'accueil d'une petite ville près de Munich, dans l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. Nous découvrons le destin tragique de Liesel Meminger par les yeux de la Mort, dotée d'un humour noir et cynique, ultime témoin objectif de la folie des hommes.

Le roman a obtenu un succès international auprès du public comme auprès des critiques qui ont salué l'aspect déconcertant du récit et les valeurs qu'il défend contre la barbarie comme l'importance des liens familiaux, l'amitié, la solidarité humaine et la puissance des livres.

Résumé[modifier | modifier le code]

La Voleuse de livres se situe en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parti nazi d'Hitler est tout-puissant et ses adeptes chaque jour plus nombreux. La Mort, collectionneuse réticente d'âmes, nous raconte une histoire, rare plaisir d'une existence vouée à emporter nos âmes à l'heure de notre mort.

Cette histoire est celle de Liesel Meminger, que l'on découvre alors que son frère et elle sont envoyés par leur mère dans une famille d'accueil, à Molching, dans les environs de Munich, tout près du camp de Dachau. C'était aussi la première fois que la Mort rencontrait Liesel, qu'elle reverrait encore à deux reprises tout au long des évènements qui jalonneront sa vie. En effet, Werner, le frère de Liesel meurt, emporté par la toux, dans le train qui les conduit vers leur nouvelle famille d'accueil. Lors de l'enterrement, Liesel vole son premier livre, Le Manuel du Fossoyeur, tombé dans la neige de la poche du jeune garçon qui fait office d'aide du fossoyeur. Bien qu'elle ne sache pas lire, ce "vol" est le premier d'une série de nombreux autres (d'où le titre). Elle ne devait plus jamais revoir sa mère.

À son arrivée à Molchning, au 33 rue Himmel, Liesel rencontre ses parents adoptifs, Hans et Rosa Hubermann. Hans est peintre en bâtiment et Rosa mère au foyer. Bourrue et grossière, elle travaille en faisant la lessive pour les habitants plus riches de Molching, qu'elle déteste. Liesel rencontre aussi ses nouveaux camarades d'école, en particulier Rudy Steiner, un voisin de la Rue Himmel, qui deviendra son meilleur ami. Rudy admire l'athlète afro-américain Jesse Owens, l'un des meilleurs sprinteurs de l'entre-deux-guerres, quadruple médaillé d'or aux Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, auquel Hitler a refusé de serrer la main parce qu'il était noir. Rudy s'enduit de charbon et tente d'imiter son idole en courant un cent mètres sur Hubert Oval.

Chaque nuit, Liesel est réveillée vers les 2 heures du matin par un terrifiant cauchemar où elle voit son petit frère mort à côté d'elle dans le wagon de chemin de fer qui les amenait à Molching. Et chaque nuit, Hans Hubermann, son "nouveau" père, vient dans sa chambre pour la rassurer et la câliner et reste auprès d'elle le reste de la nuit. Il lui joue parfois de l'accordéon, et plus tard, ils profiteront tous deux de ces longues heures nocturnes pour apprendre à Liesel à lire, se servant des maigres bases de Hans pour déchiffrer les mots et les phrases des livres dérobés.

Le temps passe et Liesel grandit, comme grandit son butin littéraire : après Le Manuel du Fossoyeur, elle reçoit pour Noël deux livres de la part de son père adoptif, Faust le Chien et Le Phare, qu'il avait acheté en vendant les cigarettes roulées qu'il fabriquait. Lors d'un bûcher de livres organisé pour l'anniversaire du Führer, elle vola Le Haussement d'Épaule et reçut même un certain Mein Kampf de la part du fils des Hubermann, fidèle supporteur du parti nazi.

Entre-temps, Max Vandenburg, un boxeur juif, fils d'un ancien camarade de tranchées de Hans Hubermann, lui demande son aide, la persécution des juifs battant son plein en Allemagne. C'est Liesel qui donne à Hans l'idée d'utiliser le symbolisme de Mein Kampf pour permettre à Max de voyager jusqu'à Molching et de se cacher dans le sous-sol de la maison Hubermann, Rue Himmel. La cohabitation avec Max mit du temps à s'établir pour Liesel, mais il réussit à l'amadouer et ils devinrent des amis proches.

Max lui offrit son sixième livre, intitulé L'Homme qui se penchait, qu'il avait lui-même dessiné à la peinture sur les pages dédoublées de Mein Kampf. Le Siffleur fut son septième livre. Il dérivait dans les eaux de l'Amper jusqu'à ce que Rudy Steiner ne plonge dans l'eau glacée de décembre 1941 et, manquant de se noyer, ne le lui rapporte.

Au fur et à mesure que le roman se développe, le front de guerre se rapproche de Molching. Peu après un raid aérien, un avion allié s'écrase à l'extérieur de la ville, et Liesel et Rudy assistent à la mort du pilote. Ce fut la seconde rencontre de Liesel avec la Mort.

Elle vola son huitième livre dans la bibliothèque du maire, et choisit Le Porteur de Rêves à la mémoire de son ami Max, qui avait décidé de partir, de peur que la SS ne s'en prenne à ses bienfaiteurs. Le même scénario se répéta pour le neuvième et le dixième livre, Un chant dans la Nuit et Le Dictionnaire Universel Duden. Son onzième livre lui fut transmis par Rosa Hubermann elle-même. C'était le carnet de croquis de Max Vandenburg, qu'il avait nommé La Secoueuse de Mots - Petit Recueil de pensées pour Liesel Meminger. La femme du maire lui donna, officiellement cette fois, son douzième livre, Le Dernier Humain Étranger. Elle écrivit elle-même le dernier livre. Elle choisit de l'intituler La Voleuse de Livres.

De nouveaux raids aériens s'abattirent sur Molching, et les habitants s'organisèrent pour se réfugier dans les caves ayant une « profondeur suffisante » lorsque les sirènes se mettaient à hurler. Liesel y apprit le pouvoir des mots en lisant ses livres à ses voisins pour les calmer pendant les bombardements.

Mais un jour, les alarmes sonnèrent trop tard. La plupart des habitants de la Rue Himmel furent tués lors de cette nuit de bombardements, sauf Liesel. Elle s'était enfermée dans le sous-sol des Hubermann pour écrire sa propre histoire. Elle eut soudainement à surmonter la douleur de la mort de sa famille et de ses amis, et la perte du seul bonheur qu'elle avait jamais connu. Elle fut le témoin des corps de ses parents et celui de Rudy, à qui elle fit un dernier baiser d'adieu. Ce fut sa troisième rencontre avec la Mort, qui subtilisa l'autobiographie de la voleuse de livres, ce qui lui donna de nouvelles perspectives sur la vie de cette étrange jeune fille.

Miraculeusement, Max avait étonnamment et ironiquement survécu à son internement dans les camps de concentration et il retrouva Liesel quelques années plus tard, alors qu'elle travaillait à la boutique d'Alex Steiner, le père de Rudy.

L'histoire prend fin avec la mort de la vielle femme qu'est devenue Liesel, vivant désormais avec sa famille à Sydney, en Australie. C'est son ultime rencontre avec la Mort.

Personnages[modifier | modifier le code]

La Mort
Une allégorie de la Mort : le squelette et la faux.
La Mort est la narratrice de La voleuse de livres. Elle se présente au lecteur comme un témoin de l'histoire d'une fillette pendant la guerre dans une petite ville d'Allemagne.

« Un détail : Vous allez mourir.
En toute bonne foi, j'essaie d'aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n'en sommes qu'aux « A ».
Mais ne me demandez pas d'être gentille. La gentillesse n'a rien à voir avec moi. »

— Introduction de la Mort[1].

L'auteur Markus Zusak ne décida que dans un second temps de choisir ce narrateur si particulier (il avait choisi de faire raconter sa propre histoire par Liesel à la troisième personne) : « Je me trouvais en Tasmanie et j'étais entouré par les eaux. Je me suis rappelé la dernière ligne du livre « Je suis hantée par l'eau ». J'ai alors pensé « Aaaahhh, la Mort est effrayée et hantée par nous, parce qu'Elle est sur place pour voir les terribles choses que nous faisons les uns aux autres ». Il était donc logique qu'Elle raconte l'histoire afin de se prouver à elle-même que les hommes peuvent être beaux et altruistes également[2]. »
À propos des métaphores associant les couleurs aux sons, Zusak répond : « Je pense que c'était particulièrement adapté à ce livre. La Mort est presque obligée de respirer les couleurs pour se détourner de toute la misère qui l'entoure. Dans un sens, c'est une métaphore de l'idée que ce livre est une affaire de gens qui ont fait de belles choses dans une période vraiment moche. Et c'est ce que la Mort tente de rechercher[3]. »
Liesel Meminger
Au début du roman, Liesel est une jeune fille de 9 ans. Elle est l'héroïne involontaire du récit que la Mort nous raconte. Envoyée dans une famille d'accueil modeste, elle y découvre le plaisir de la lecture, les liens familiaux et l'amitié, et devient à la fois actrice et spectatrice de la solidarité humaine dans l'adversité.

« Les survivants. Ceux-là je ne supporte pas de les regarder, et je ne parviens pas toujours à m'y soustraire. Je recherche délibérément les couleurs pour ne plus penser à eux, mais j'en vois de temps en temps, effondrés entre surprise et désespoir. Leur cœur saigne. Ils ont les poumons en charpie.
Ce qui m'amène au sujet dont je veux vous parler ce soir, ou ce matin - qu'importent l'heure et la couleur. C'est l'histoire de quelqu'un qui fait partie de ces éternels survivants, quelqu'un qui sait ce qu'être abandonné veut dire. »

— Introduction à propos de Liesel[4].

Elle meurt à la fin du livre, probablement à notre époque, et la Mort lui apparaît, et lui rend le livre que Liesel avait écrit, volé sur les décombres de la Rue Himmel après le bombardement de Molching.
Hans Hubermann
Hans Hubermann est le père adoptif de Liesel. Il est peintre en bâtiment, il aime fumer et jouer de l'accordéon. Il a participé à la Première Guerre mondiale où il fut sauvé par un soldat allemand juif, envers qui il a une dette qu'il remboursera au cours de la Seconde en venant en aide à son fils, Max Vandenburg, alors recherché, qu'il cachera dans la cave de sa maison.
Hans est un homme discret et honnête qui se refuse à encourager l'injustice, ce qui deviendra au fil du temps un gros défaut aux yeux des partisans du Parti nazi de Molching, jusqu'à ce qu'il prenne sa carte d'adhérent du Parti pour avoir la paix, et mettre sa famille en sécurité. Chaque nuit, il utilisera ses maigres connaissances pour apprendre à Liesel à lire, et va l'encourager à découvrir le pouvoir des mots : le pouvoir de la littérature sur elle-même ou celui des discours de Hitler sur les habitants de Molching et sur les Allemands en général.
Il meurt dans le bombardement qui décima la plupart des habitants de la Rue Himmel, tué dans son sommeil aux côtés de sa femme Rosa.
Rosa Hubermann
Rosa Hubermann est la mère adoptive de Liesel. C'est une femme fruste et très grossière qui fait la loi chez elle, mais elle aime Liesel, bien qu'elle n'ait jamais réussi à le lui avouer. Elle fait la lessive pour les familles aisées de Molching et envoie Liesel récupérer et déposer le linge à sa place.
Elle meurt avec son mari une nuit de 1943, tuée par les bombardements Alliés.
Rudy Steiner
Rudy Steiner est l'un des jeunes voisins de Liesel ; il devient son ami, son camarade de jeux et son complice dans les vols de livres qu'elle entreprend. Rudy est également fan de l'athlète noir américain Jesse Owens qu'il tentera d'imiter lors d'une escapade nocturne, le visage barbouillé de charbon. Leur première rencontre eut lieu peu de temps après l'arrivée de Liesel Rue Himmel, au cours d'une partie de football, pendant laquelle ils se détestèrent cordialement. Mais peu à peu, leur aversion mutuelle se transforma en amitié et ils devinrent inséparables.

« Quelques informations sur Rudy Steiner :
Il avait huit mois de plus que Liesel, des jambes osseuses, des dents pointues, des yeux bleus allongés et des cheveux jaune citron. Il était l'un des six enfants de la famille Steiner et avait toujours faim.
Rue himmel, on le considérait comme un peu bizarre, à cause d'un épisode dont on parlait peu, mais qu'on avait baptisé « L'incident Jesse Owens » : une nuit, il s'était barbouillé de noir et il était allé courir le cent mètres sur la piste locale. »

— Quelques informations sur Rudy Steiner[4].

Rudy est également mort pendant la nuit de bombardements qui détruisit la Rue Himmel. Liesel accéda alors à l'un des vœux le plus cher de Rudy : elle lui déposa un baiser sur les lèvres en guise d'adieu.
Max Vandenburg
Max Vandenburg est un boxeur juif, fils de Erik Vandenburg, un sergent de l'armée allemande, mort pendant la Première Guerre mondiale en sauvant la vie de Hans Hubermann. En mémoire de cette dette, Max demanda l'aide d'Hans pour l'aider à fuir la persécution juive au cours de l'année 1940.
Hans lui envoya un billet de train de Stuttgart à Munich, une carte d'identité falsifiée, son adresse et une clé de sa maison à l'intérieur d'un exemplaire de Mein Kampf, afin d'utiliser son symbolisme et sa portée pour permettre à Max de voyager dans une relative sécurité jusqu'à Molching. À son arrivée chez les Hubermann, il fut contraint de se cacher dans leur cave. Liesel prit l'habitude de lui rendre visite, et il se développa entre eux une amitié très profonde. Il lui offrirait plus tard deux livres, fabriqués par lui.
Quand la sécurité de sa famille d'accueil fut menacée, il décida de partir. Peu après, pendant un défilé de juifs dans les rues de Molching en route vers le Camp de concentration de Dachau, Liesel reconnut son ami et accourut vers lui, ce qui leur valut à tous les deux de nombreux coups de fouet. Max fut finalement envoyé à Dachau.
Mais ironiquement, il survécut à la guerre. Il fut libéré par les Américains en 1945 et revint à Molching pour retrouver Liesel, qui travaillait alors dans la boutique d'Alex Steiner, le père de Rudy.
Ilsa Hermann
Ilsa Hermann est la femme du maire de Molching. Elle emploie Rosa Hubermann pour faire sa lessive, et c'est la raison de sa rencontre avec Liesel.
Elle a perdu son fils alors qu'il était au front au cours de l'année 1918, et depuis, elle ne sort plus de chez elle et ne met plus les pieds dans la bibliothèque où elle avait l'habitude de passer des heures avec son fils.
Liesel se fit un jour inviter dans la grande maison du 8 Grande Strasse et découvrit la bibliothèque, qui serait plus tard le théâtre de quelques-uns de ses larcins. Malgré cela, Ilsa Hermann éprouva de l'affection pour Liesel et une amitié particulière s'établit entre la femme et la jeune fille. Elle lui offrit son douzième livre, ainsi que le carnet où Liesel allait écrire son histoire.
Après la perte de ses parents nourriciers, Liesel ira habiter chez elle.

Thèmes[modifier | modifier le code]

La Mort[modifier | modifier le code]

Tout au long du roman, la Mort est omniprésente, d'une part puisque c'est elle qui raconte l'histoire, mais aussi parce que cette histoire se situe en période de guerre et dans un pays où le régime en place l'a érigée en modèle. Liesel est donc entourée par la Mort, avec qui elle va devoir composer pour survivre, grandir et garder l'espoir, prenant même des risques inouïs pour aider des fugitifs, comme Max.

« Enfin, les Hubermann.
Hans
Sa grande silhouette était allongée dans le lit et ses paupières étaient entrouvertes sur l'argent de son regard. Son âme m'attendait. Elle m'a accueillie. C'est toujours ainsi que font ces âmes-là, les meilleures. Elles se lèvent et disent : "Je sais qui tu es et je suis prête. Ce n'est pas que j'en aie envie, bien sûr, mais je viens." Elles sont toujours légères parce qu'une part d'elles-mêmes est déjà partie ailleurs. »

— La mort de Hans Hubermann[5].

Le pouvoir des mots[modifier | modifier le code]

Liesel est La voleuse de livres. Elle vole son premier livre lors de l'enterrement de son petit frère, et va, grâce à son père adoptif, à la femme du maire et à son ami Max, apprendre à lire et à écrire. Elle va également découvrir le pouvoir des mots, comme un apaisement dans une situation de stress et de tension (pendant les bombardements), mais aussi comme un moyen d'arriver à ses fins, moyen qu'utilisèrent aussi Hitler et son régime totalitaire pour asseoir leur domination sur les esprits du peuple allemand. Les livres qu'elle dérobe ou qu'on lui offre lui permettent finalement de s'évader lors des moments difficiles de son enfance.

« La Voleuse de Livres - Dernière ligne :
J'ai détesté les mots et je les ai aimés, et j'espère en avoir fait bon usage. »

— Dernière ligne des mémoires de Liesel[6].

L'amitié[modifier | modifier le code]

Une grande partie de l'intrigue tourne autour de l'amitié entre Liesel et de nombreuses personnes : Rudy, son meilleur ami, complice et camarade de jeux ; Hans, son père adoptif si compréhensif et intègre ; Max, le boxeur juif qui se cache dans la cave ; ou encore la femme du maire, Ilsa Hermann, la bienfaitrice qui lui permettra d'étendre sa culture littéraire et qui va la recueillir quand la Mort viendra lui ravir tous ceux à qui elle tenait.

La beauté et la brutalité de l'Humanité[modifier | modifier le code]

Ce paradoxe est de nombreuses fois exprimé dans ce récit, chaque fois énoncé avec détachement par la narratrice. La brutalité de l'homme a particulièrement été rattachée à l'Allemagne nazie. Les horreurs de cette guerre sont présentées au lecteur par le biais de la persécution et du traitement inhumain des Juifs. À l'opposé, les scènes telles que celle du pilote en train de mourir sont le reflet de la beauté de l'humanité. Dans cette scène, Rudy dépose un ours en peluche sur la poitrine de l'homme avant que la Mort ne vienne emporter son âme. Ces actes de bonté réapparaissent tout au long du roman, montrant ainsi les deux côtés de la nature humaine.

« J'aurais aimé parler à la voleuse de livre de la violence et de la beauté, mais qu'aurais-je pu dire qu'elle ne sût déjà à ce sujet ? J'aurais aimé lui expliquer que je ne cesse de surestimer et de sous-estimer l'espèce humaine, et qu'il est rare de je l'estime tout simplement. J'aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants.
Rien de tel n'est sorti de ma bouche. »

— Épilogue[7].

Les Allemands résistants[modifier | modifier le code]

Un sujet peu abordé concernant la Seconde Guerre mondiale est la résistance allemande en général. Il existait des mouvements de résistance au nazisme, tels que La Rose Blanche, un mouvement étudiant parti de Munich ou encore la tentative d'assassinat sur Hitler par le comte Claus Schenk von Stauffenberg, ainsi que de nombreux groupes sociaux-démocrates, communistes, catholiques, protestants et même des militaires[8].

Mais il y eut également de nombreux actes isolés et gratuits comme celui de Hans Hubermann, tels que ceux qu'on a pu retrouver en Europe et en France notamment, où de simples citoyens ont, au péril de leur vie et de celle de leur famille, décidé d'aider des juifs ou d'autres populations persécutées par les nazis.

« Le cheminement de la pensée de Hans Hubermann :
Il avait peu d'instruction et de conscience politique, mais au moins, c'était un homme épris de justice. Un juif lui avait sauvé la vie et il ne pouvait l'oublier. Il ne pouvait adhérer à un parti qui manifestait une telle hostilité envers des gens. sans compter qu'au même titre qu'Alex Steiner, un certain nombre de ses clients les plus fidèles étaient juifs. À l'instar de beaucoup de Juifs, il ne pensait pas que cette haine pouvait perdurer et il décida après mûre réflexion de ne pas suivre Hitler. Sur plusieurs plans, ce choix s'avéra désastreux. »

— À propos de Hans Hubermann[9].

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Le lieu de l'intrigue[modifier | modifier le code]

Molching est une petite ville imaginaire d'Allemagne. Elle est située à quelques kilomètres de Munich, en Bavière et proche de Dachau, la ville où fut construit le premier camp de concentration important d'Allemagne qui fut mis en service le  ; c'est en outre l'un des rares camps bâtis avant la mort de l'ancien Président Hindenburg en 1934.

Le contexte historique[modifier | modifier le code]

L'histoire débute en janvier 1939, soit huit mois avant l'invasion de la Pologne et le début officiel de la Seconde Guerre mondiale. La fin de La voleuse de livres se situe pendant les bombardements Alliés qui touchèrent l'Allemagne nazie l'été de l'année 1943. L'épilogue, situé à Sydney en Australie, se passe plusieurs dizaines d'années après les évènements narrés dans le roman, à la fin de la vie de Liesel Meminger.

Réception[modifier | modifier le code]

Réception du public[modifier | modifier le code]

La voleuse de livres fut publié pour la première fois en Australie en 2005 dans la catégorie des romans pour adultes, alors qu'il fut publié aux États-Unis et en Europe en tant que roman pour jeunes adultes[10].

Ce fut un succès international puisqu'il devint numéro un des ventes aux États-Unis, ainsi qu'au Royaume-Uni dans les deux éditions (adulte et jeunes adultes) peu de temps après leurs sorties respectives[10].

Réception des critiques littéraires[modifier | modifier le code]

Le succès critique fut aussi au rendez-vous pour Markus Zusak. Il fut plébiscité par de grands journaux américains et australiens[11], et la presse française lui réserva le même accueil[12].

« Le numéro un des ventes du New York Times, La Voleuse de livres a été publiée en tant que livre pour jeunes adultes dans certains pays, et comme un roman pour adultes dans d'autres. Il devrait - oserais-je dire ? - certainement être lu par tous. Déconcertant, intrigant, triomphant et tragique, c’est un roman magistral à vous couper le souffle. Je ne pourrais jamais assez vous recommander de le lire. »

— Philip Ardagh, The Guardian[13]

« La Voleuse de livres célèbre l’amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même. »

— Johanna Luyssen, Le Monde des livres[14].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Une simple histoire, en fait, où il est question, notamment :
- D'une fillette ;
- De mots ;
- D'un accordéoniste ;
- D'allemands fanatiques ;
- D'un boxeur juif ;
- Et d'un certain nombre de vols. »

— Prologue[19].

« Une ultime note de votre narratrice: Je suis hantée par les humains. . »

— Epilogue[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 9.
  2. (en) Interview de Markus Zusak sur Mother Daughter Book Club, consulté le 8 novembre 2008.
    Citation originale : « I was in down in Tasmania and there was water everywhere around me. I was reminded of the last line of a book called “A River Runs Through It,” which is, “I am haunted by waters.” I thought, “Aaaahhh, Death is afraid of us and haunted by us, because he is on hand to see all the terrible things we do to each other. It makes sense that he is telling the story to prove to himself that humans can be beautiful and selfless as well. »
  3. (en) Interview de Markus Zusak sur Mother Daughter Book Club, consulté le 8 novembre 2008.
    Citation originale : « I think it was particularly appropriate for this book. Death was almost breathing colors in to distract himself from all the misery that surrounds him. That in a way was a metaphor for the idea that this book is about people doing beautiful things in a really ugly time. And that’s what Death is trying to seek out. »
  4. a et b La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 10.
  5. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 538.
  6. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 536.
  7. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 558.
  8. (fr) Site de la Résistance Allemande, consulté le 8 novembre 2008.
  9. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 187.
  10. a et b (en) Site officiel de La voleuse de livres, consulté le 8 novembre 2008.
  11. (en) Site officiel, Press Reviews, consulté le 8 novembre 2008.
  12. (fr) Page du livre sur le site de l'éditeur Oh !, consulté le 8 novembre 2008.
  13. (en) Site du quotidien The Gaurdian, consulté le 8 novembre 2008.
    Critique originale : « A number one New York Times bestseller, The Book Thief has been marketed as an older children's book in some countries and as an adult novel in others. It could and - dare I say? - should certainly be read by both. Unsettling, thought-provoking, life-affirming, triumphant and tragic, this is a novel of breathtaking scope, masterfully told. I cannot recommend it highly enough. »
  14. (fr) Johanna Luyssen, « La lecture contre la mort », sur Le Monde,‎ 6 avril 2007 (consulté le 8 novembre 2008)
  15. (en) Site de l'Australian IBBY, consulté le 8 novembre 2008.
  16. (en) Site de l'American Librairy Association, consulté le 8 novembre 2008.
  17. a et b (en) Page de la YALSA sur le site de l'American Librairy Association, consulté le 8 novembre 2008.
  18. (en) Page des nommés aux Quills Awards sur MSNBC, consulté le 8 novembre 2008.
  19. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 11.
  20. La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket Jeunesse, p. 630..

Annexes[modifier | modifier le code]

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