Joseph Babinski

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Joseph Babinski

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Naissance 17 novembre 1857
Paris
Décès 29 octobre 1932 (à 74 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Neurologue

Joseph Jules François Félix Babinski (en polonais Józef Julian Franciszek Feliks Babiński), né à Paris le 17 novembre 1857 et mort dans la même ville le 29 octobre 1932, est un médecin neurologue français d'ascendance polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un ingénieur polonais installé à Paris en 1848 pour échapper à la répression russe des revendications d'indépendance de la Pologne, Joseph Babinski grandit à Montparnasse. À la fin de son internat, il est promu chef de clinique de Charcot, dont il devient l'élève préféré, et participe aux leçons du maître à l'hôpital de la Salpêtrière.

En 1890, il est nommé médecin des hôpitaux. On dit qu'il était peu loquace durant ses consultations mais qu'il était un observateur exceptionnel. En 1895, il devient chef de service à l'Hôpital de la Pitié où il exerce jusqu'à sa retraite en 1922. Atteint de la maladie de Parkinson, il meurt en décembre 1932.

Il a codifié la neurologie et distingué les grandes affections neurologique organiques des syndromes psychiatriques. Ses études sur les réflexes, la physiologie du cervelet ne sont que quelques étapes de l'œuvre de l'un des fondateurs de la société française de neurologie.

La vie privée de Babinski est peu connue. Il resta célibataire et partagea son existence avec son frère Henri, ingénieur des mines et gastronome célèbre à l'époque sous le pseudonyme d'« Ali-Bab  ». On sait par son testament qu'il fut le tuteur des trois filles de son ami Henri Parinaud devenues orphelines en 1905, et que deux d'entre elles, Ellen (1897-1981) et Karen (1903-1975), héritèrent de sa fortune[1].

Joseph Babinski est coauteur, sous le nom de plume d'Olaf, d'une pièce de Grand Guignol écrite avec Pierre Palau et intitulée Les Détraquées. Celle-ci fut représentée pour la première fois au Théâtre des Deux-Masques le 15 février 1921[2]. Elle relate le meurtre d'une jeune élève par la directrice d'un collège de filles et sa complice, professeur de danse. La pièce évoque sans fards les pulsions érotiques entre femmes. André Breton, qui fut en 1917 l'un des externes de Babinski, fait allusion à cette pièce dans Nadja[3].

Il est le frère de Henri Joseph Séverin Babinski (1855-1931)[4],[5], ingénieur civil des Mines, connu sous le nom de "Ali Bab".

Éponymie[modifier | modifier le code]

Manœuvre de recherche du "signe de Babinski"
  • signe de Babinski
  • syndrome Anton-Babinski
  • méthode de Babinski
  • syndrome de Babinski
  • syndrome de Babinski-Fröhlich
  • syndrome de Babinski-Froment
  • syndrome de Babinski-Nageotte

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

Jean-Martin Charcot (1825 - 1893) durant une leçon avec une patiente hystérique, à l'Hôpital de la Salpêtrière et Joseph Babinski à droite tenant la patiente.
  • Étude anatomique et clinique sur la sclérose en plaques, G. Masson (Paris), 1885, disponible sur Gallica.
  • Recherches servant à établir que certaines manifestations hystériques peuvent être transférées d'un sujet à un autre sujet sous l'influence de l'aimant, A. Delahaye et E. Lecrosnier (Paris), 1886, disponible sur Gallica.
  • Notice sur les travaux scientifiques du Dr J. Babinski, G. Masson (Paris), 1892, Texte intégral.
  • «De l’asynergie cérébelleuse», in: Rev Neurol, 7 (1899): 806-816.
  • Démembrement de l'hystérie traditionnelle : pithiatisme, Impr. de la Semaine Médicale (Paris), 1909, disponible sur Gallica.
  • De l'Hypnotisme en thérapeutique et en médecine légale, Imp. de la Semaine Médicale (Paris), 1910, disponible sur Gallica.
  • Exposé des travaux scientifiques du Dr J. Babinski, Masson et Cie (Paris), 1913, Texte intégral.
  • Œuvre scientifique de Babinski , [recueil des principaux travaux publié par les soins de J. -A. Barré et coll.], Masson (Paris), 1934, Texte intégral.

En collaboration:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Poirier, « Le testament de Joseph Babinski : Les relations entre Babinski et Parinaud », Neurologies, vol. 14, no 134,‎ 2011, p. 4-8
  2. Jacques Poirier, « Joseph Babinski : une personnalité complexe », Bull Acad Natle Méd, vol. 191, no 7,‎ 2007, p. 1343-1354 (lire en ligne [PDF])
  3. (en) J. Philippon et J. Poirier, Joseph Babinski: A Biography, New York, Oxford University Press,‎ 2009 (ISBN 0195369750)
  4. Henri Joseph Séverin Babinski
  5. Jacques Poirier: «L'autre Babinski», in: Neurologies, Avril 2008 • vol. 11 • numéro 107, p. 219-225,Texte intégral


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Tournay: Le Signe de Babinski: caractéristiques, mécanisme et signification, Masson (Paris), 1926, 36 p.
  • Auguste Tournay: La vie de Joseph Babinski, Elsevier (Paris), 1967, 131 p.
  • (en) J. Van Gijn: «The Babinski sign and the pyramidal syndrome», in: Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 1978, 41, 865-873, doi: 10.1136/jnnp.41.10.865, Texte intégral.
  • Richard Khalil: Vie et œuvre de Babinski, Lab. Ciba-Geigy, 1979, 33 p.
  • Jean-Jacques Dubarry: «Note sur la communication princeps de Babinski concernant le réflexe cutané plantaire», in: Histoire des Sciences médicales, 1989, 23 (2), p. 145-148,Texte intégral.
  • (en) J. Van Gijn: The Babinski sign: a centenary, Universiteit Utrecht, 1996, 176 p.
  • Jacques Poirier: «Joseph Babinski : une personnalité complexe», in: Bull Acad Natl Med, 2007;191:1343-1353, Texte intégral.
  • (en) Jacques Philippon, Jacques Poirier: Joseph Babinski : A Biography, Oxford University Press (New York), 2008, 472 p., (ISBN 978-0-19-536975-5).
  • (en) Jacques Poirier: «Babinski, histologist and anatomo-pathologist», in: Romanian Journal of Morphology and Embryology 2008, 49(2):263–269
  • Hubert Déchy; Sous le signe de Babinski, 127 pages, Association des Amis du musée d'Histoire de la médecine - La Compagnie d'Hauteville, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]