Henri Baruk

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Henri Baruk

Naissance 15 août 1897
Saint-Avé (Morbihan) (France)
Décès 14 juin 1999 (à 101 ans)
Saint-Mandé (Val-de-Marne) (France)
Nationalité Drapeau : France Française

Henri Baruk, né le 15 août 1897 à Saint-Avé (Morbihan) et mort le 14 juin 1999 à Saint-Maurice (Val-de-Marne) est un psychiatre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'aliéniste Jacques Baruk, Henri passe son enfance au sein même de l'institution psychiatrique dans laquelle travaille son père (les médecins vivaient alors dans des appartements de fonction logés dans l'institution).

Il s'engage dans des études médicales.

Il est mobilisé, en 1917, au 12e régiment d'infanterie, comme médecin auxiliaire, durant la Première Guerre mondiale, Il est décoré de la Croix de guerre.

Il poursuit, en 1921, son internat et son clinicat dans le service d'Henri Claude à l'Hôpital Sainte-Anne. Il consacre, en 1926, sa thèse aux troubles mentaux dans les tumeurs cérébrales.

Il cite souvent son maître, le professeur Joseph Babinski. Il eut aussi comme professeur Achille Souques.

En 1932, il prend la direction de l'Établissement national de Saint-Maurice (Maison de Charenton), poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1968.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est contraint de porter l'étoile jaune. Cette période le conduit à s'interroger sur la transmission, sur les valeurs de la religion juive qu'il commence alors à étudier et qui vont peu à peu prendre une place importante dans son œuvre.

Professeur agrégé en 1946, nommé en 1961 à l’École pratique des hautes études, directeur du Laboratoire de psychopathologie expérimentale et du Centre de psychiatrie sociale, il est aussi président de la Société médico-psychologique, président de la Société de médecine hébraïque, fondateur de la Société Moreau de Tours,

Baruk est nommé professeur à la faculté de médecine de Paris, puis membre de l'Académie de médecine en 1965.

Parmi ses élèves, on trouve Henri Ellenberger.

Apports théoriques[modifier | modifier le code]

Baruk s'intéresse aux développements de la psychopharmacologie et défend la "psychiatrie morale", c'est-à-dire qui se réfère aux valeurs morales et religieuses. Cela le conduira à prendre position contre la psychanalyse.

"Le malade est trop souvent vu dans une attitude policière, c'est-à-dire comme un homme qui cache des pensées inavouables. Par ailleurs, la doctrine psychanalytique qui met le point sur la jouissance individuelle, l'hédonisme, est contraire à l'altruisme. Par là même, elle détruit la morale et détermine une attitude d'agressivité de l'individu, ceci non seulement chez les malades, mais chez les psychanalystes eux-mêmes. Le processus du transfert comporte lui-même parfois des conséquences troubles et douteuses. La recherche de la responsabilité de la maladie risque d'aboutir à un développement excessif de la mentalité du " bouc émissaire " et à charger sans cesse la famille, ce qui détermine des conflits, des ruptures, des divorces et la guerre au lieu de la pacification. Enfin, la psychanalyse, si elle se poursuit trop longtemps entretient un relâchement de la volonté et une baisse de l'énergie morale, le sujet étant sans cesse replié sur lui-même"[1].

Il s'oppose également vigoureusement à la psychochirurgie :

"Mais la guerre la plus acharnée que j'ai menée concerne la lobotomie. Mon hostilité date même d'une époque où cette méthode n'était pas inventée (…) La bataille des électrochocs et de la lobotomie s'est étendue sur de nombreuses années et j'ai eu le bonheur de voir les thèses que je soutenais avec d'autres l'emporter enfin à peu près partout dans le monde (…) je me suis toujours rangé parmi les adversaires de cette technique que je considère comme barbare et dangereuse. J'ai été ainsi fidèle à la ligne de conduite qui a toujours été la mienne : joindre les données scientifiques aux sentiments d'humanité"[2].

Il se prononce également contre les thérapies de choc, les abus de prescription de psychotropes, ainsi que contre les mesures de protection des incapables majeurs alors mises en place, qu'il juge aliénantes et infantilisantes. Il récuse également la théorie organo-dynamique d'Henri Ey, qu'il juge trop matérialiste et mécaniciste.

Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages, d'articles, et de traités de psychiatrie et d'histoire de la médecine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Henri Baruk, Pathogénie du syndrome catatonique et catatonie expérimentale, G. Doin,‎ 1932
  • Henri Baruk, Psychiatrie médicale, physiologique et expérimentale, : séméiologie-thérapeutique, PUF,‎ 1938, 828 p.
  • Henri Baruk, Psychiatrie morale expérimentale, individuelle et sociale : haines et réactions de culpabilité, PUF,‎ 1945, 135 p.
  • Henri Baruk, La Psychiatrie sociale, PUF,‎ 1963, 128 p.
  • Henri Baruk, Psychoses et névroses, PUF, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1964, 135 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. In : La psychiatrie française de Pinel à nos jours, Paris, PUF, 1967, p. 29
  2. In : Des hommes comme nous. Paris : Éditions Robert Laffont; 1976.p. 221-248.
  3. « Notice no  », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]