Jerzy Giedroyc

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Jerzy Giedroyc à Maisons-Laffitte en 1997
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Jerzy Giedroyc, né le 27 juillet 1906 à Minsk (alors dans l'ancien grand-duché de Lituanie, annexé à l'Empire russe, aujourd'hui en Biélorussie), dans une famille portant un titre princier mais appauvrie, et mort le 14 septembre 2000 à Maisons-Laffitte) est un journaliste et homme politique polonais.

Il fonde Kultura à Paris, revue sur la culture polonaise et mondiale et instrument de lutte contre le totalitarisme communiste. Il parvint à obtenir pour sa revue la collaboration des plus grands écrivains et penseurs du XXe siècle, comme Albert Camus, Simone Weil, George Orwell, Witold Gombrowicz, Thomas Stearns Eliot, Emil Cioran et Czesław Miłosz.

Son père, Ignacy Giedroyc, était pharmacien. Il avait deux frères plus jeunes : Zygmunt (1909-1973) et Henryk (1922-2010). Malgré son origine aristocratique, Jerzy Giedroyc ne se reconnaissait pas comme prince.

Après avoir étudié au lycée Jan Zamoyski à Varsovie, il étudia le droit à l'Université de Varsovie. En 1930, il travailla pour l'hebdomadaire "Dzień Akademicki" et pour "Dzień Polski" ("Le jour polonais"). Puis il le réorganisa comme revue "Bunt Młodych" ("La Révolte de Jeunes"). Il fut aussi le secrétaire particulier de personnalités gouvernementales, notamment du vice-ministre de l'Agriculture, un de ses mentors des premières années et ami Roger Adam Raczyński[1]. En 1937, la revue "Bunt Młodych" changea de titre pour "Polityka" ("Politique")[2].

Au début de la guerre, secrétaire d'Ambassade en Roumanie, il contribua auprès du même Raczyński à recueillir et faire transiter, en particulier vers la France, de nombreux Polonais soucieux de poursuivre le combat sous les ordres des autorités polonaises légitimes en exil (les autorités polonaises passées en Roumanie le 17 septembre 1939 et internées ayant pu transmettre leurs pouvoirs)[3].

Jerzy Giedroyc fut soldat de l'armée de Władysław Anders. Il voyagea en Syrie, jusqu'à Rome où il fonda l'Institut Littéraire (Instytut Literacki) et la revue Kultura, avant de l'installer à Paris. Il mobilisa les talents de l'émigration polonaise autour de la revue. Parmi ceux-ci, à différentes périodes, Witold Gombrowicz, Czesław Miłosz, Marek Hłasko, Leszek Kołakowski.

Il publia également des textes d'autres grands écrivains, comme Albert Camus, Simone Weil, Emil Cioran et George Orwell.

Après la chute du communisme en Pologne, il ne revint jamais dans son pays d'origine. Conformément à son souhait, la revue Kultura a cessé de paraître après sa mort. Son héritage intellectuel et les archives de l'Institut littéraire sont conservés au siège historique de "Kultura" à Maisons-Laffite, près de Paris.

Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'Université jagellonne de Cracovie en 1991[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Aktualność przesłania paryskiej "Kultury" w dzisiejszej Europie. Zbiór studiów", 2008.
  • "Ostatnie lato w Maisons-Laffitte", Hanna Maria Giza, 2007.
  • "Rozmowy w Maisons-Laffitte, 1981", Barbara Toruńczyk, 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrzej Stanislaw Kowalczyk, Giedroyc i Kultura, Wroclaw 2000, p. 20
  2. Andrzej Stanislaw Kowalczyk, Giedroyc i Kultura, Wroclaw 2000, p. 34
  3. Andrzej Stanislaw Kowalczyk, Giedroyc i Kultura, Wroclaw 2000, p. 54-55
  4. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]