Jean-Baptiste Cervoni

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Baptiste Cervoni
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Cervoni

Naissance 29 août 1765
Soveria (Corse)
Décès 23 avril 1809 (à 44 ans)
bataille d'Eckmühl
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme cavalerie
Grade général de division
Années de service 17921809
Distinctions commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (17e colonne)

Jean-Baptiste Cervoni, général de division de la Révolution et du Premier Empire, né à Soveria en Corse, le 29 août 1765 décédé le 23 avril 1809, d'un boulet de canon, à la bataille d'Eckmühl.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille[modifier | modifier le code]

Son père, Thomas Cervoni, était un des chefs les plus influents et les plus courageux de l'île, qui se réunirent à Paoli pour conquérir sur les Gênois, et défendre contre les Français, l'indépendance de leur patrie et la liberté de leurs concitoyens.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fidèle à son pays et à son chef, il suivit Pascal Paoli dans l'exil, et s'établit avec sa famille en Toscane. Rentré en Corse avec Pascal Paoli, c'est à Soveria que son fils jean-Baptiste, nait le 27 août 1765. Son fils reçut une éducation soignée, et donna de bonne heure les plus grandes espérances. Les sciences, les lettres, la poésie surtout, occupèrent et embellirent l'imagination la plus brillante et le caractère le plus aimable. Son goût pour les armes lui fit quitter l'université de Pise, où son père, qui le destinait à la magistrature, lui faisait étudier la jurisprudence.

Il se rendit en France et entra, comme simple soldat, dans le régiment de Royal-Corse. Son père, pour lequel il avait le plus tendre et le plus respectueux attachement, le força à quitter l'état militaire, à reprendre l'étude des lois, et à suivre la carrière d'avocat à La Porta. En 1790, il fut nommé chef de l'une des divisions du directoire du département[1].

Il parait que le jeune légiste obtint enfin le consentement de son père, puisqu'il rentra, en 1792, dans le régiment de Royal-Navarre-cavalerie avec le grade de sous-lieutenant. Il est alors âgé de 25 ans. Le colonel de ce régiment, Casabianca, nommé général, le prit auprès de lui en qualité d'aide de camp; mais, après la campagne des Alpes, Cervoni suivit, au siège de Toulon, le représentant du peuple Salicetti, son ami et son compatriote, y fut employé comme adjudant-général, et s'y fit remarquer à la tête de la colonne qui enleva la redoute anglaise, dont le succès décida de la prise de la place.

Cervoni général napoléonien[modifier | modifier le code]

Promu au grade de général de brigade le 25 nivôse an II, il eut ordre de se rendre à l'armée d'Italie, combattit avec distinction à la journée de Cairo, en Piémont, et ne se distingua pas moins, le 3 frimaire an III, à la bataille de Loano, où il mérita les éloges du général en chef Masséna, pour s'être emparé, à la tête de 1 300 hommes, des hauteurs réputées inaccessibles de Burdonetta et de Melegno. Lorsque, le 21 germinal an IV, le général autrichien, Beaulieu, commença ses opérations contre l'armée française par l'attaque des positions de Voltri, le général Cervoni, qui était chargé de les défendre avec 3 000 hommes, opposa à l'ennemi la plus vigoureuse résistance, et le contint pendant quelque temps; mais craignant de se voir déborder par les forces supérieures qui lui étaient opposées, il se replia en bon ordre sur la division Laharpe, et le rejoignit à Madona-di-Savone. Le 25 du même mois, il franchit la Bormida, attaqua l'aile gauche de l'ennemi, et contribua aux résultats de cette journée, où la division du général Provera fut contrainte de mettre bas les armes; sur le rapport de Napoléon Bonaparte, qui citait Cervoni avec éloges, ce général reçut du Directoire une lettre conçue dans les termes suivants :

«Les travaux de la dernière campagne avaient trop fait connaître votre courage au Directoire, pour qu'il ne sût pas d'avance qu'en vous faisant éprouver, le premier échec, les Autrichiens vous ménageaient le premier avantage. »

Cervoni acquit de nouveaux titres à la reconnaissance de l'armée, le 21 floréal suivant, au passage du pont de Lodi. 30 pièces d'artillerie portaient la mort dans nos rangs; les grenadiers s'arrêtèrent un instant incertain, Cervoni, sentant combien cette indécision pouvait devenir funeste aux français, se précipita avec Berthier, Masséna, Dallemagne, Lannes, et le chef de bataillon Dupas, pour se mettre à la tête de nos troupes, et les rappeler à leur courage habituel.

Il donna de nouvelles preuves de courage aux batailles de Castiglione, d'Arcole, de Rivoli, et au siège de Mantoue. Élevé au grade de général de division, le 27 pluviôse an VI, il fit partie, peu de temps après, de l'armée destinée à l'invasion de Rome, et fut chargé, par le général Berthier, lors de l'insurrection de cette ville, d'annoncer au pape Pie VI que le peuple avait changé la forme du gouvernement. Cervoni remplit cette mission avec tous les égards, tous les ménagements qu'on doit au malheur.

Jean-Baptiste Cervoni d'après Pietro Cardelli, Galerie des batailles du château de Versailles. Jean-Baptiste Cervoni d'après Pietro Cardelli, Galerie des batailles du château de Versailles.
Jean-Baptiste Cervoni d'après Pietro Cardelli, Galerie des batailles du château de Versailles.


Il publia ensuite l'acte d'installation du gouvernement provisoire, obtint le commandement de la 2e division militaire, puis fut appelé, en l'an VIII, à celui de la 8e, composée des départements des Bouches-du-Rhône, des Basses-Alpes, des Alpes-Maritimes, du Var et de Vaucluse. Il sut se concilier, dans ce poste important, l'estime et l'affection de tous les habitants, par la modération de sa conduite. Créé membre et commandant de la Légion d'honneur, le 19 frimaire et 25 prairial an XII, le général Cervoni se fatigua du repos auquel il se voyait condamné, et sollicita de l'Empereur, en 1809, un commandement à la grande armée d'Allemagne. Il venait d'être nommé chef d'état-major du maréchal Lannes, lorsque, le 23 avril de la même année, un boulet de canon termina sa glorieuse carrière sur le champ de bataille d'Eckmühl.

La statue de Cervoni devait être placée sur le pont de la Concorde, avec celles des grandes illustrations nationales françaises, suivant le vœu émis par Napoléon Ier en 1810; mais les événements politiques empêchèrent la réalisation de ce projet.

Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est et son buste d'après Pietro Cardelli orne la galerie des batailles du château de Versailles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce long passage a été indiqué dans la Biographie nouvelle des Contemporains, parce qu'il sert à rectifier tout ce que les historiens et les biographes ont écrit sur les débuts de Cervoni dans la carrière des armes.

Source[modifier | modifier le code]

« Jean-Baptiste Cervoni », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]