Irving Stone

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Irving Stone, né Tannenbaum le 14 juillet 1903 et mort le 26 août 1989, est un écrivain américain connu pour ses romans biographiques, notamment La Vie passionnée de Vincent van Gogh (Lust for Life) et La Vie ardente de Michel-Ange (The Agony and the Ecstasy) qui furent également adaptés à l'écran.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents d'Irving divorcent quand ce dernier a sept ans et une dizaine d'années plus tard, sa mère se remarie. Irving, né Irving Tannenbaum, décide alors de changer de nom de famille pour prendre celui de son beau-père et devient alors Irving Stone pour l'état-civil. Stone disait que c'était sa mère qui lui avait transmis sa passion de la lecture. Dès lors, il eut toujours l'intime conviction que l'éducation était la seule façon de réussir dans la vie: en 1923, il obtient une licence en science politique à l'Université de Californie à Berkeley et en 1924, une maîtrise en économie à l'Université de Californie du Sud.

Il décide ensuite de devenir dramaturge et s'installe à Paris en 1926 où en une année, il écrit plus d'une dizaine de pièces de théâtre sans en vendre une seule. Submergé d'émotion au cours de la visite d'une exposition consacrée à Van Gogh, il se met à lire tout ce qu'il peut trouver sur l'artiste:

« La première fois que je suis tombé sur les tableaux de Vincent van Gogh, écrivit-il un jour, ce fut au cours d'une exposition à laquelle des amis parisiens m'avaient invité avec insistance. Voir une salle entière emplie des flamboyantes toiles arlésiennes de Vincent fut une expérience émotionnelle que je ne peux comparer qu'à ma première lecture des Frères Karamazov. Je quittai la salle d'exposition déterminé à savoir qui était cet homme qui pouvait m'émouvoir à tel point et je lus tout ce que je pouvais trouver sur lui en anglais, en français et en allemand. »

Ne rencontrant aucun succès à Paris, Stone décide alors de se rendre à New York où, indépendamment de ses pièces, il écrit également des romans policiers pour survivre. Mais Van Gogh continue de le hanter:

« Quand je retournai à New York et à l'écriture de mes pièces, je passai mes soirées à la bibliothèque publique située au coin de la Quarante-deuxième rue et de la Cinquième avenue, immergé dans la lecture des trois volumes de lettres adressées par Vincent à son frère Théo. Je n'avais pas l'intention d'écrire sur Vincent, je tentais seulement de le comprendre.

Mais peu à peu, au cours des mois, l'histoire de Vincent prit possession de moi. Je me réveillais à trois heures du matin, écrivant des bribes de dialogue entre Vincent et Théo, ou encore je me mettais à décrire la manière dont Vincent était mort à Auvers-sur-Oise. Le calvaire de Vincent était devenu pour moi une des histoires les plus significatives qui soient. A la fin de l'année, quand je me retrouvai incapable de penser à autre chose, je décidai que je devais écrire l'histoire de Vincent, même si ce n'était que pour l'effacer de mon esprit.

[...] Ma première tâche fut donc de lire tous les livres que je pouvais trouver sur l'art et les peintres modernes, puis de rechercher les toiles qui étaient disponibles. Je retournai en Europe avec un sac à dos et suivis les traces de Vincent, descendant dans les mines du Borinage où il était descendu, vivant dans la chambre qu'il avait louée à la boulangerie Denis, écrivant des notes dans les presbytères où il avait vécu avec sa famille en Hollande pour me diriger ensuite vers le sud de la France et travailler dans la Maison Jaune, vivre à l'asile de Saint-Rémy où il avait été enfermé et dormir enfin dans la chambre et le lit du petit hôtel d'Auvers le quarantième anniversaire de sa mort. »[1]

L'ouvrage terminé est successivement refusé par 17 éditeurs. La rencontre impromptue de Stone avec Jean Factor, une jeune fille qui, à l'issue de la représentation d'une de ses pièces lui pose des questions sur son oeuvre, décidera de son sort. Stone lui demande de lire son manuscrit et de lui expliquer pourquoi ce dernier est systématiquement refusé. Celle qui deviendra plus tard sa femme lui proposera d'éliminer certains passages trop longs et de rendre son texte plus vivant. En 1934, revu et corrigé par Jean Factor, le texte est finalement publié et devient immédiatement un best-seller.

« Il eut le même problème tout au long de sa carrière », se rappelle Jean. « C'était un universitaire. Il se répètait beaucoup, comme s'il pensait que ses lecteurs ne le comprenaient pas. Je lui disais alors: "Pour moi, c'est un peu sec — ça manque d'humanité, de chaleur. Tu ne fais pas confiance à tes lecteurs." Plus tard, travaillant sur d'autres projets, il disait: "J'ai déjà dit cela trois fois - choisis la meilleure version." Il était trop précis et se perdait dans les détails, comme beaucoup d'enseignants. »[2]

La réaction d'Irving Stone à ces critiques était, selon Jean, magnifique. Il n'a jamais réécrit La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh. Il a demandé à Jean de tout retaper en éliminant les parties qui, selon elle, étaient inutiles et le manuscrit s'est vendu immédiatement. Irving obtint une avance de 250 dollars, ce qui était une très belle somme à cette époque de la Grande Dépression, et avec cet argent, ils décidèrent de se marier.

A dater de ce jour, Jean Stone devint la relectrice et la responsable éditoriale de tous les ouvrages d'Irving Stone. Irving écrivait et Jean corrigeait, perfectionnant sans cesse la prose de son époux.

Toute sa vie, Stone s'intéressa à des personnages importants qui avaient été mal compris, étudia leur vie en détail et décrivit leur vie sous forme de romans. Il disait que ses livres étaient composés à 98% de faits exacts mais que les dialogues étaient sa création. Ses sujets furent entre autres Abraham Lincoln, Charles Darwin et Sigmund Freud.

Stone enquêtait toujours sur le terrain. Il passa notamment de nombreuses années en Italie pour rédiger La Vie Ardente de Michel-Ange, qui relate entre autres les relations conflictuelles de Michel-Ange et du pape Jules II.

Irving Stone mourut le 26 août 1989 d'un arrêt cardiaque. Plus de 30 millions d'exemplaires de ses livres s'étaient vendus à travers le monde.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Amsterdam, 1956 : Kirk Douglas décrit à la presse son rôle dans La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh

Références[modifier | modifier le code]