Borinage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

50° 26′ N 3° 50′ E / 50.433, 3.83

Les communes constituant le Borinage
Carte du Borinage en 1933 avec toutes les lignes de chemins de fer et vicinal.
Carte du Borinage avec les lignes de Chemins de fer et vicinaux. (sans les raccordements industrielle)

Le Borinage est une région belge située en Région wallonne dans la province de Hainaut, à l'ouest et au sud-ouest de la ville de Mons, à l'extrémité ouest du sillon Sambre-et-Meuse. C'est un ancien site minier qui donnait jadis du charbon à l'affleurement, notamment dans la forêt Charbonnière. Les veines se prolongeaient au-delà de la frontière franco-belge et on a retrouvé le charbon du côté français plus en profondeur, la surface étant recouverte de sédiments tertiaires. Plus tard, les hommes ont creusé des mines. La technique évolua si bien que l'exploitation de charbonnages de taille considérable fit du Borinage un des berceaux de la révolution industrielle après l'Angleterre.

Toponymie et orthographe[modifier | modifier le code]

Le nom de « Borinage » vient de « borin » désignant ici les ouvriers de la mine[1], auquel est ajouté le suffixe en, -age, donne un sens de collectif, de groupe (Le Robert donne : Borinage, nom commun : ensemble des borins et aussi leur travail.), même si, en français, ce suffixe a de plus en plus un sens péjoratif[réf. nécessaire].

Deux hypothèses existent quant à l'étymologie du mot borain, e :

  • la première hypothèse viendrait du fait que le terme viendrait du grec Βορέας (Boreas), mot désignant le vent du nord, par le latin boreas, que l’on retrouve dans le français borée.
  • l'autre origine possible du mot serait le verbe néerlandais boren qui signifie « forer », « creuser ». Cette seconde hypothèse est à relier avec l'industrie minière qui a fortement marqué la région.

En ce qui concerne l’orthographe du mot, il faut préférer borin, borinne, plus proches du nom de la région. L’orthographe borain a dû être reconstruite de façon savante, sur le féminin borenne (en dialecte) qui aurait donné, par étymologie populaire, boraine, donc borain au masculin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les communes suivantes font partie du Borinage[2]:

De même que font partie du Borinage les localités d’Hainin et Thulin (rattachées à la commune d’Hensies depuis la fusion des communes de 1977) et les localités de Jemappes, Cuesmes, Flénu et Ghlin (rattachées à la commune de Mons depuis la fusion des communes de 1977).

Cours d'eau

Le principal cours d’eau du Borinage est la Haine. Cette rivière parcourt la région d’est en ouest et récolte notamment les eaux de la Trouille à la limite actuelle de Jemappes et de Mons.

En effet, historiquement, avant la fusion des communes opérée en 1977, le territoire de Jemappes s'étendait jusqu'au quartier du Pont-Canal, juste avant l'avenue de Jemappes (en ce compris la rue Grand'-Route). Mais par la suite cette partie de Jemappes avait alors fait l'objet d'une urbanisation, et constituait un des faubourgs de Mons-Centre.

La limite entre Jemappes et Mons avait entre-temps disparu à la suite de la fusion de ces deux sections, afin de former l'actuelle ville de Mons.

Jusqu’à la fin des années 1960, le Borinage était également traversé par le canal Mons-Condé. Ce dernier a été rebouché au début des années 1970 et l’autoroute E19 a été construite sur son emplacement.

Sociologie et politique[modifier | modifier le code]

Les borains (venant de Jemappes) tués par la Garde civique de Mons le 17 avril 1893 (Le Petit Journal, mai 1893).

Le Borinage est l'un des berceaux du Parti socialiste belge fondé en 1885 dont le texte fondateur est la Charte de Quaregnon adoptée en 1894.

Le fait qu'elle ait été approuvée à Quaregnon et non à Mons s'explique par les événements de 1893.

Début avril, la Chambre belge rejette une proposition de loi tendant à instaurer le suffrage universel. La Commission syndicale du POB décide alors qu'il y a lieu de décréter la grève générale.

Dès le 13 avril, les troubles atteignent une telle violence qu'Henri Pirenne écrit : Les chefs du parti ouvrier s'épouvantent de la tournure des événements. Au Palais de la Nation, l'épouvante est plus grande encore. [3]

Le 17 avril une colonne de manifestants progresse depuis Jemappes vers Mons. À la hauteur du lieu-dit Pont-Canal (où s'éleva longtemps la maternité du même nom), quelques compagnies de la Garde civique barrent le passage. Celle-ci tire alors sur la foule des manifestants. On relève sept morts et de nombreux blessés.

Le lendemain, la Chambre vote le principe du suffrage universel qui devint effectif l'année suivante, principe tempéré cependant par le vote plural (plus d'une voix pour les capacitaires, les pères de famille, etc.).

Le grave incident à la frontière de Mons et Jemappes provoqua une telle colère dans le monde ouvrier que celui-ci refusa que le Congrès du POB prévu pour 1894 se tienne à Mons. C'est ainsi que le texte fondateur du POB porte le titre de Charte de Quaregnon où s’est finalement tenu le congrès.

Les conditions économiques et sociales y sont toujours très dures, avec une reproduction de la misère tempérée par les réformes de l'État-providence dans les années 1960.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Vincent van Gogh - 1878 1879 - Wasmes - Maison du boulanger Denis - Angle Rue du petit-Wasmes et Rue Wilson

Les films suivants ont pour cadre le Borinage :

Cinéastes :

Peinture[modifier | modifier le code]

Dessin[modifier | modifier le code]

  • Armand Simon (Pâturages, 1906 - 1981), surréaliste du Hainaut

Littérature[modifier | modifier le code]

Écrivains :

Scénariste et dessinateur de bandes dessinées :

Photographie[modifier | modifier le code]

  • Norbert Ghisoland (1878-1939), né à La Bouverie et mort à Frameries où il travaillait.

Musique[modifier | modifier le code]

Chanteur

Festival

Chanson

Imprimerie[modifier | modifier le code]

  • Le Hainaut est de toutes les provinces celle où l'imprimerie s'est le plus développée vers 1850. C'est particulièrement dans les localités où l'industrie charbonnière était en pleine activité, et où la population s'était accrue dans une si grande proportion, que le besoin d'avoir une presse s'est fait sentir. La première imprimerie du Borinage fut établie à Pâturages par Pierre-Philippe Caufriez (né le 23 mai 1812 à Pâturages et décédé le 23 avril 1882 à Wasmes). Il y publia en 1844 un journal hebdomadaire sous le titre de L'Écho du Borinage. Caufriez a fait paraître un Almanach borain.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Fabrice Schillaci (1972), acteur et metteur en scène de théâtre né à Mons, il a grandi à Frameries

Folklore[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Arnould, L'Histoire du Borinage, Librairie encyclopédique, Bruxelles, 1951 (OCLC 67061254)
  • Alain Audin, Mons-Borinage, Paul Legrain, Bruxelles, 1989 (OCLC 23007100)
  • Jean Puissant, L'Évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Palais des Académies, Bruxelles, 1982 (ISBN 9782803100316)
  • Pierre Tilly, Les Italiens de Mons-Borinage : une longue histoire, EVO, Bruxelles, 1996 (ISBN 9782870033180)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir aussi sur le site XMLittré
  2. « Les habitants de Wasmes, Quaregnon, Hornu, Boussu, Dour, Warquignies, Pâturages, Eugies, Flénu, Jemappes, Cuesmes, Wasmuèl se disent aujourd'hui Borains et personne ne songe à leur contester ce droit », Pierre Ruelle, Le vocabulaire professionnel du Houilleur borain. Étude dialectologique.
  3. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, Tome VII, Maurice Lambertin, Bruxelles, 1948, p. 319.
  4. http://www.sonuma.be/archive/le-circuit-de-la-mort-au-borinage

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Laurent, Dictionnaire Borin-Français, Édition du Sablier, Ghlin, 1996