Histoire des femmes en Indonésie

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Jeune femme makassar du sud de Sulawesi en costume de cérémonie

La femme en Aceh[modifier | modifier le code]

Femme de l'aristocratie en Aceh (vers 1900)

Des femmes ont joué un rôle important dans l'histoire de l'ancien sultanat d'Aceh dans le nord de Sumatra. Aceh a eu quatre reines entre 1641 et 1699, dont Tajul Alam (règne 1641-75). Mais surtout, deux femmes de la noblesse d'Aceh tiennent une place de premier rang dans l'histoire de la lutte contre l'envahisseur hollandais : Cut Nyak Dien et Cut Meutia.

La femme en pays bugis[modifier | modifier le code]

La princesse Pancana We Tenriolle de Tanete (vers 1920)

Les Bugis du sud de l'île de Sulawesi ne considèrent pas que l'homme ou la femme doive dominer l'un par rapport à l'autre. Ils appliquent l'égalité des sexes dans leur système de famille bilatéral, dans lequel la mère et le père jouent un rôle égal dans la définition de la parenté.

La liberté des femmes bugis était déjà l'objet d'admiration de la part d'observateurs occidentaux au début du XIXe siècle. Ainsi Raffles, le fondateur de Singapour, note en 1817 dans son History of Java que les femmes "paraissent plus respectées que ce à quoi on pourrait s'attendre du niveau d'avancement atteint par la civilisation bugis en général". John Crawfurd, un médecin écossais qui servit longtemps en Asie du Sud-Est et fut notamment gouverneur de Singapour à la suite de Raffles, écrit dans son Descriptive Dictionary of the Indian Islands and Adjacent Countries (1856) que le fait "que les femmes apparaissent en public est une chose naturelle; elles sont actives dans tous les aspects de la vie; elles sont des partenaires de discussion des hommes dans toutes les affaires publiques, et même il n'est pas rare qu'elles occupent le trône alors que devenir roi est déterminé par un processus d'élection".

La femme en pays minangkabau[modifier | modifier le code]

Chez les Minangkabau de l'ouest de Sumatra, la terre et les biens immobiliers et mobiliers sont la propriété des femmes. Les mères les transmettent à leurs filles. Les hommes n'ayant rien, ils sont contraints d'émigrer (merantau) s'ils veulent faire fortune. Toutefois, leur devoir est de faire profiter le village de leur réussite et ils s’occupent de la religion et des affaires politiques.

Les enfants portent le nom de clan (suku) de leur mère. L'homme qui en a la responsabilité n'est pas le père, mais l'oncle maternel (mamak). Pour le mariage, c'est la famille de la fille qui vient demander la main du garçon. En cas de divorce, la femme a la garde des enfants.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pelras, Christian, Manusia Bugis, Jakarta, 2006
  • Ricklefs, M. C., A History of Modern Indonesia since c. 1300, Stanford, 1981, 1993