Sumatra occidental

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1° 00′ S 100° 30′ E / -1, 100.5

1° 00′ S 100° 30′ E / -1, 100.5

Sumatra occidental
(id) Sumatera Barat
Blason de Sumatra occidental
Héraldique
Carte de localisation de la province.
Carte de localisation de la province.
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Statut Province
Capitale Padang
Date(s) importante(s) 1957 : création
Gouverneur Irwan Prayitno
Fuseau horaire UTC+7
Démographie
Population 4 566 126 hab. (2005)
Densité 106 hab./km2
Rang 11e
Géographie
Altitude Max. (Mont Talakmau) 2 912 m
Superficie 42 899 km2
Rang 17e
 · Terre 41 202 km2
 · Eau 1 697 km2 (3,96 %)
Divers
Langue(s) Indonésien, minangkabau, mentawai
Groupes ethniques Minangkabau (88 %), Mentawai (1,5 %)
Religion(s) Islam (98 %), christianisme (1,6 %), bouddhisme (0,26 %), hindouisme (0,0032 %)
La résidence du gouverneur de la Westkust van Sumatra ou "côte ouest de Sumatra" (lithographie tirée d'un tableau Josias Cornelis Rappard, 1883-1889)
La résidence du gouverneur de Sumatra occidental en 2013

Sumatra occidental, en indonésien Sumatera Barat, est une province d'Indonésie. Sa capitale est Padang.

Sumatra Ouest

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Carte des divisions administratives de Sumatra occidental.

La province comprend douze kabupaten :

et sept kota :

Population[modifier | modifier le code]

Les Minangkabau[modifier | modifier le code]

Le Sumatra-Occidental est le pays des Minangkabau, une population qui a conservé ses traditions matrilinéaires et matrilocales.

Chez les Minangkabau, la terre, les biens immobiliers et mobiliers sont la propriété des femmes. Les mères les transmettent à leurs filles. Les hommes n'ayant rien, ils sont contraints d'émigrer (merantau) s'ils veulent faire fortune. Toutefois, leur devoir est de faire profiter le village de leur réussite.

Les enfants portent le nom de clan (suku) de leur mère. L'homme qui en a la responsabilité n'est pas le père, mais l'oncle maternel (mamak).

Pour le mariage, c'est la famille de la fille qui vient demander la main du garçon.

La langue minangkabau, très proche du malais, est considérée par certains linguistes comme un dialecte de ce dernier.

Les Mentawai[modifier | modifier le code]

Au large de la côte ouest de Sumatra s'étire les îles Mentawai.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier souverain minangkabau connu est Adityawarman (1356-75), un protégé du royaume javanais de Majapahit. C'est lui qui introduit le système de gouvernement royal en prenant comme modèle la cour de Majapahit. Au XIVe siècle, linfluecne du royaume minangkabau rivalise avec celle de Majapahit sur le royaume de Jambi et le sud-est de Sumatra. Sa richesse repose notamment sur la production d'or.

L'islamisation du pays minangkabau commence au XVIe siècle. L'autorité royale repose sur le contrôle de l'or, produit dans la région de Tanah Datar sur la côte. Au début du XVIIe siècle, les Anglais et les Britanniques établissent des postes sur la côte du pays minangkabau. Les princes lcoaux sont cherchent une protections contre l'expansionnisme du sultanat d'Aceh dans le nord de Sumatra. Par le traité de Painan signé en 1663, ils reconnaissent la suzeraineté de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou "Compagnie hollandaise des Indes orientales").

Vers 1780, les mines d'or sont épuisées. L'importance grandissante de nouvelles sources de profit comme le caffé, le sel, les textiles, se traduit par l'essor de la région des hautes terres, notamment le pays d'Agam, qui commerce avec les Anglais basés dans leur comptoir de Penang fondé en 1786, et les Américains.

Cette nouvelle économie permet aux riches marchands d'Agam de faire le pèlerinage de la Mecque. Ces marchands cherchent dans la loi islamique la protection nécessaire à leur commerce, leurs biens, leurs personnes. La conquête de la Mecque en 1803 par les Wahhabites puritains inspirent un groupe de pèlerins. A leur retour, ces Padri ("gens de Pedir", du nom du port de la côte est d'Aceh d'où les pèlerins embarquaient pour la Mecque, aujourd'hui Pidie) entreprennent d'imposer par la violence une réforme de la société minangkabau. Ils dénoncent le jeu et les combats de coqs, la consommation d'opium et d'alcool, le tabac et le bétel, et enfin les traditions matrilinéaires. En 1815, la famille royale de Tanah Datar, qui résistait au mouvement, est massacrée. La noblesse minangkabau demande l'aide des Hollandais. Ceux-ci attaquent les Padri, dirigé par Imam Bonjol, en 1821. La guerre des Padri ne prendra fin qu'en 1838 avec la capture d'Imam Bonjol.

Les Hollandais porteront une attention particulière aux Minangkabau, notamment à l'aristocratie. Koto Gadang, un petit village de 2 000 habitants dans les hautes terres, se vante d'avoir eu le premier réseau d'eau courante des Indes Néerlandaises, et d'avoir donné naissance à la première femme médecin. Le pays Minangkabau a produit des intellectuels et des hommes politiques qui ont joué un rôle de premier plan dans le nationalisme indonésien. Le poète Chairil Anwar, le romancier et essayiste Sutan Takdir Alisjahbana, les dirigeants nationalistes Hatta, Sjahrir et Tan Malaka sont originaires du pays Minangkabau.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Sumatra Ouest a bien des choses pour séduire le visiteur : des plages, de la forêt, des paysages de montagne, des villages traditionnels, de l'artisanat, des danses.

L'aéroport international de Padang Minangkabau est relié par avion à Kuala Lumpur en Malaisie et à Singapour.

Plages et îles[modifier | modifier le code]

Au large de Padang se trouvent de petites îles, dont Pasumpahan et Sikuai.

L'île de Cubadak est située non loin de la côte, à 40 km au sud-est de Padang, dans la baie de Mandeh, où se trouvent quelques autres îles. D'origine volcanique, elle a une superficie de quelque 40 km². Quelques pêcheurs y habitent. L'île est couverte de forêt, où vivent de nombreuses espèces d'oiseaux, des singes, des varans, des cerfs, des sangliers. Ces derniers font parfois la traversée d'une île à l'autre à la nage. Les habitants du coin les chassent alors dans l'eau.

Cubadak est entourée de récifs de corail abritant de nombreuses espèces de poissons. La mer dans la baie, protégée par les îles, est calme et permet la pratique des sports nautiques.

Cultures traditionnelles[modifier | modifier le code]

La fête du Tabuik à Pariaman

La culture traditionnelle minangkabau se traduit par une grande richesse d'expression, tant matérielle que symbolique.

Cette culture traditionnelle est déjà immédiatement visible dans l'architecture. Pour cela, il faut visiter les villages des hautes terres. On y trouve encore de nombreuses rumah gadang ("grandes maisons") traditionnelles avec leur toit caractéristique à l'allure de cornes de buffle, s'incurvant vers le hautaux extrémités. Une bonne base d'excursions est la ville de Bukittinggi.

Comme beaucoup d'autres peuples d'Indonésie, les Minangkabau possèdent un riche artisanat traditionnel, notamment en matière de tissus.

Les danses traditionnelles sont fondées sur des principes très différents des danses classiques de Java et Bali. On peut distinguer les danses cérémonielles des danses populaires. Mais d'autres distingueront les danses dérivées des arts martiaux (silat), celles destinées à transmettre un message religieux et enfin, les danses séculières. La danseuse et chorégraphe Gusmiati Suid (1942-2001) a voulu, à travers son groupe "Gumarang Sakti", réinterpréter cet héritage en recréant des formes modernes à partir des danses traditionnelles.

Un autre peuple à la culture remarquable sont les Mentawai. Sous la dictature de Soeharto, leurs traditions étaient non seulement dénigrées mais réprimées, parfois avec violence. Depuis la démission de Soeharto en 1998, la contrainte des autorités semble s'être relâchée, d'autant plus que les îles Mentawai ont acquis le statut de kabupaten (département) en 1999 et bénéficient désormais d'une certaine autonomie. Un millier de Mentawai ont ainsi décidé de retourner dans la forêt reprendre le mode de vie de leurs ancêtres.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cribb, Robert, Historical Atlas of Indonesia, Nordic Institute of Asian Studies, 2000
  • Ricklefs, M. C., A History of Modern Indonesia since c. 1300, Stanford University Press, 1993

Liens externes[modifier | modifier le code]

Gusmiati Suid