Normand

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la langue normande. Pour les Normands du Moyen Âge, voir Normands. Pour les homonymes, voir Normand (homonymie).
Normand
Nourmaund
Parlée en France et dans les Îles Anglo-Normandes
Région Normandie
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Drapeau de Jersey Jersey (Jèrriais)
Codes de langue
IETF fra-nor
Échantillon
Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Touos lé houmes nâquissent deylaches y al unis dauns luus heunes y in dreit. Is ount byin eud l'obiche y eud l'ingamo y deivent équerdae do lé aôtes à pis-pus ch'tait por us.
Le Dictionnaire de la langue normande de Kelham (1779).

Le normand est une langue romane parlée en Normandie continentale et insulaire. C’est un des plus importants parlers de la langue d'oïl. Il est classé dans les langues sérieusement en danger par l'Unesco.

Sommaire

Histoire [modifier]

Les colons « anglo-scandinaves », en s'installant sur une grande partie du territoire connu de nos jours sous le nom de Normandie, avaient adopté le dialecte d'oïl, langue Romane proche du Français des habitants de l'ancienne Neustrie. Le tout en donnant à la langue une certaine couleur en l'enrichissant de termes issus du norrois ou du dialecte (angle) vieil anglais dans plusieurs domaines (cf. tableau I)[1],[2].

Cette disparition de la langue norroise peut s'expliquer de différentes façons : selon Henriette Walter, « La colonisation scandinave avait été strictement masculine, et la langue de la famille, née des couples mixtes, a très vite été la langue de la mère, c'est-à-dire la langue romane langue d'oïl de la région, surtout après la conversion des Normands[3] au Christianisme »[4]. Cependant, la raison essentielle se trouve dans la création même du duché de Normandie qui intègre de larges portions de territoires, dans lesquelles les populations sont de langue romane et peut-être aussi dans la diversité des apports ethniques (britannique, anglo-saxon, norvégien, danois et irlandais), qui parlaient des langues sensiblement différentes, d'où l'emploi d'une langue unique et vernaculaire, ainsi que dans la nécessité des relations économiques avec les voisins continentaux. Cependant, l'usage du norrois se serait maintenu sur les côtes normandes jusqu'au XIIe siècle. Le trouvère normand Benoît de Sainte-Maure, à la fin du XIIe siècle, affirme, dans sa Chronique des ducs de Normandie, que l'on parlait encore « danois » sur les côtes[5].

Pour les uns[6], il semble que le h « expiré » en fait un phonème proche de hr que l'on entend encore dans le Cotentin et surtout dans la Hague (prononcer: [χɑ:g]) et que l'on entendait jadis ailleurs, encore jusque la seconde guerre mondiale le long des côtes du Calvados (Bessin), nord du Bocage, au sud de l'estuaire de la Seine (Pays d'Auge, Roumois) et au nord de celle-ci entre Vatteville-la-Rue et Berville-sur-Seine, est dû comme en français à l’influence germanique, cependant qu'il s'est amuï en français (le h dit « aspiré ») pour n'avoir plus que seule fonction d'empêcher la liaison (hiatus, ex: un être / un hêtre), l'installation des colons scandinaves en Normandie(Neustria) septentrionale aurait empêché cette même évolution. Pour les autres[citation nécessaire], l’expiration du h s'expliquerait par l’influence de l’anglais à l’époque du domaine anglo-normand (ce qui n’est pas, en tout cas, exclu en Normandie insulaire).

Angleterre [modifier]

La langue normande s’est implantée en Angleterre à la suite de la conquête de ce pays par Guillaume le Conquérant. C'est la langue franco-angevine qui s'est imposée partout comme langue officielle car c'était la langue maternelle du nouveau roi. Cela se poursuivit jusqu’au XIVe siècle, époque à laquelle le français a perdu peu à peu du terrain pour finir par disparaître. On donne le nom d'anglo-normand au dialecte parlé en Angleterre qui, sous l’influence de l’anglo-saxon et du français littéraire, était devenu assez distinct du franco-normand continental. Le Franco-normand et l’anglo-normand possèdent tous deux une littérature d'origine ancienne et abondante.

Exemples de mots normands venus du norrois (tableau I)
Normand Français Vieux norrois
bel cour ?
bète appât beita
blèque blet/te bleikr
brumant nouveau marié brumaðr
dalle évier dalr/doli
falle gorge falr
gradile, grade, etc. groseille gaddr
graie préparer(gré) greiða
(é)griller glisser skriðla
hague cenelle heggr
hardelle fille hóra
hèrnais charrette * hernest
hougue mont (petit) haugr
mauve mouette már (pl : mávar)
mielle dune mellr
mucre humide mygla
nez cap nes
tierre chaine tjaðr

La langue française a acquis la plupart de son ancien lexique nautique du vieux norrois par l’intermédiaire de la langue normande (tableau II). De plus, quelques termes d'origine norroise sans rapport avec le domaine nautique ou maritime ont été empruntés par le français. Exemples : mare, passé en français (mare) vers le XVIe siècle, du norrois marr.

Exemples de termes de marine passés en français par l’intermédiaire du normand (tableau II)
Français Vieux norrois
agrès[réf. nécessaire] greiði
bitte biti
bord borð
bouline bóglína
brayer bræða
carlingue karling
cingler sigla
dalot dæla
dégréer greiða
dran drendr
écart skarfr
écarver skarfa
écoute skaut
élinguer slyngva
équiper skipa
esnèque snekkja
étalingue staglína
étambot stafn-borð
étambrai timbr
étrave stafn
étui stæðingr
flotte floti
verguillon (girouette) veðr-viti
gréer greiða
guindeau vindáss
guinder vinda
haler hala
hauban höfuð-bendur
hune húnn
hublot húfa
itague útstag
liban lík-band
mat mastr
houage vök
quille kjölr
racage rakki
ralingue rálik
raquer raka
riper rispa
ris rif
rouf hróf
sombrer sumla
tanguer tangi
tillac ’þilja
tille ’þilja
tolet ’þollr
varangue vrang
vibord vígi-borð

On retrouve de nombreux éléments de la langue normande dans la toponymie normande ainsi que dans la langue anglaise. La langue normande apportée en Angleterre à la suite de la conquête de l'Angleterre en 1066 a enrichi la langue anglaise (tableau III). Inversement, le normand s’est parfois enrichi du vieil anglais (norm. rade « allée, route », vipaer « crier », de rād, wēpan).

Exemples de mots anglais venus du normand (tableau III)
Anglais Normand Français
bacon baconel lard
candle caundèle chandelle
cabbage caboche chou
castle câté (anc. castel) château
catch cachi chasser
cater acater acheter
cauldron cauodroun chaudron
causeway cauchie chaussée
chair tchair chaise
easy aisi facile
fashion faichon façon
hardy hardi bien-portant
garden gardin jardin
can kanne cruche en cuivre
mug mogue, moque (grande) tasse
pocket pouquette poche
poor pouor pauvre
fork fouorque fourche
sorrel surelle oseille
wage Ouage gage
wait Ouaitier g(u)etter
War Ouerre g(u)erre
warrior Ouerreur g(u)errier
ward Ouarde garde
warranty Ouarantie garantie
wicket (U)iquet g(u)ichet

L’anglo-normand, langue des rois de la dynastie normande fut la langue populaire de l’Angleterre jusqu’au XIVe siècle, le franco-angevin en fut la langue officielle.

Statut actuel [modifier]

Les langues insulaires sont reconnues officiellement par les gouvernements des îles, sans être langues officielles. L’enseignement facultatif du jèrriais (normand jersiais) se fait dans les écoles de Jersey, et le guernesiais est présent dans quelques écoles de Guernesey. Les langues jersiaise et guernesiaise sont reconnues en tant que langues régionales des Îles Britanniques dans le cadre du Conseil Britannique-Irlandais (avec l’irlandais, le gallois, l’écossais, le scots, le scots d’Ulster, le mannois, et le cornique).

Le normand continental est pour ainsi dire plus fort dans le Cotentin et dans le pays de Caux qu’ailleurs sur le continent.

Variétés [modifier]

On parle plusieurs variétés de la langue normande :

  • En France :
  • Aux Îles Anglo-Normandes (normand insulaire) :
  • Au Canada :
    • Le normand a influencé le québécois, mais aussi l'acadien :
    • Quelques expressions et tournures de phrases normandes sont couramment utilisées par les Québécois, Acadiens et Louisianais (voir « champelure » [robinet], « bleuet » [fruit proche de la myrtille, mais différent], « croche » [tordu], « gricher » [grimacer], « asteure » [à cette heure, maintenant], « à matin », tant pire, aussi pire, pas pire…)[8].
    • D'autres mots normands employés (ou anciennement employés) au Québec :
      • abrier = abriter (y faut s'abrier, y fait frète !),
      • aa = Elle a,
      • ber = berceau,
      • bers = ridelles d'un chariot ou berceau,
      • boucane = fumée ou maison de chétive apparence,
      • boucaner = fumer ou entrer en colère,
      • frète = Froid,
      • gourgannes = fêves de marais,
      • gourgane = bajoue de porc fumée,
      • grafigner = gratter légèrement,
      • graffigner = égratigner,
      • ichite ou icite = ici,
      • itou = aussi,
      • jouquer ou juquer = jucher,
      • marcou = chat mâle (angevin, gallo, également)
      • marganner, déganer,
      • maganer = maltraiter ou malmener,
      • mi-aout = quinze août,
      • mitan = moitié, milieu,
      • pigoche = cheville, cône de sucre d'érable,
      • pognie = poignée,
      • pomonique = pulmonique,
      • racoin = recoin,
      • ramarrer = rattacher, renouer,
      • ramucrir = devenir humide, mucre,
      • v'lin = venin,
      • vlimeux = détestable,
      • v'la = voilà,
      • y = il, ils, elles(qu'est-ce qu'y fait ?)
      • zieu = yeux[9]
  • Le normand a aussi influencé le français standard et le gallo.
Un bar du Becquet, près de Cherbourg : Le Rô d'la Mé.

Par ailleurs, on distingue entre le normand proprement dit (parlé au nord de la ligne Joret) et le normand méridional (pratiqué au sud de cette isoglosse).

Le normand méridional, parlé au sud de la ligne Joret, notamment dans la Manche (région d'Avranches), l'Orne et une partie de l'Eure est plus proche de dialectes comme le gallo, et le mayennais. Par exemple, le mot sac se traduit en pouque au nord et en pouche au sud. Vaque au nord se dit vache en français et en normand méridional.

Dans la Grand' tèrre (France)-(mais désignant l'Angleterre chez les pêcheurs), le normand proprement dit est classé en tant que langue de France parmi les langues d'oïl. L’enseignement du normand du Cotentin (Cotentinais) est présent dans quelques collèges du département de la Manche.


Graphies [modifier]

Il existe aujourd'hui trois orthographes standardisées du normand : le normand continental (dont cotentinais; selon le système Lechanteur), jersiais (selon les dictionnaires Le Maistre (1966) et Société Jersiaise (2005)), guernesiais (selon le dictionnaire De Garis (1982)).

-oun /ɔ̃:/
-aun /aɔ̃/ ou /ɛ̃/ selon la région
e non accentué muet (autrefois représenté par l'apostrophe, et cela toujours dans les îles)
verbe en -aer (et participe en -aé) (s'écrit -aï en guernesiais) /ɘ/ ou /o/ ou /e/ selon la région (// en guernesiais)
qu suivi de é ou i /ʧ/ au nord de la ligne Joret, /k/ au sud de la ligne Joret.

Les îles Anglo-Normandes étant au nord de la ligne Joret ont gardé le tch orthographique. À comparer, le mot normand venu du latin canem (chien) s'écrit quyin (à prononcer [quien] ou [tchi] selon les lieux) sur le continent et tchian selon l'orthographe insulaire.

gu suivi de é, i ou u /ʤ/ au nord de la ligne Joret, /ɡ/ au sud de la ligne Joret
ll suivant b, c, f, g, p (s'écrit li en jersiais) /j/
th /ð/ (en jersiais)
oué /we/
âo //
iâo /jaʊ/
/y/ jusqu'à /œ:/ selon la région

Littérature [modifier]

Avant le XIXe siècle [modifier]

Le Coup d'œil purin, de 1773.

Le Jersiais Wace est considéré comme fondateur de la littérature jersiaise au XIIe siècle. Béroul, Adam de Ros, André de Coutances, Beuve de Hanstone, Chandos, Chardry, Clémence de Barking, Denis Piramus, Éverard de Gateley, Geoffroy Gaimar, Guernes de Pont-Sainte-Maxence, Guillaume de Berneville, Guillaume le Clerc de Normandie, Jofroi de Waterford, John Gower, Jourdain Fantosme, Marie de France (poétesse), Nicholas Trivet, Nicole Bozon, Philippe de Thaon, Pierre d'Abernon, Pierre de Langtoft, Raüf de Lenham, Robert Biket, Robert de Gretham, Robert de Ho, Robert Grossetête, Wace, Sarrazin, Simon de Freine, Thomas d'Angleterre, Thomas de Kent, Turold ou Wilham de Waddington sont des auteurs de la littérature anglo-normande.

Article détaillé : Littérature anglo-normande.

On retrouve de la littérature satirique ou polémique publiée à Rouen aux XVIe et XVIIe siècle dans ce qu’on appelle le parler purin : David Ferrand (1590? - 1660) a publié la Muse normande, collection d’écritures dans la langue du pays de Caux. Le coup d’œil purin est publié en 1773 à Rouen. Pierre Genty (1770 - 1821) représente le percheron, langage du Perche.

À partir du XIXe siècle [modifier]

En Normandie insulaire [modifier]

Le XIXe siècle a vu un nouvel élan dans la littérature régionale dans laquelle les auteurs insulaires, tels que George Métivier (Guernesiais, 1790-1881) et Robert Pipon Marett (Jersiais, 1820-1884), jouaient un rôle important.

Pendant son exil à Jersey et à Guernesey, Victor Hugo s’intéressait à la langue des pêcheurs insulaires et accueillait les auteurs normands des îles. À Jean Sullivan (1813-1899), auteur jersiais, Hugo a écrit en 1864 que le jersiais est une « précieuse langue locale » et dans son Archipel de la Manche, Hugo a écrit : « Quant au patois, c'est une vraie langue, point méprisable du tout. Ce patois est un idiome complet, très riche et très singulier. »

Et en prenant le mot normand pieuvre qu’il avait entendu lors de ses entretiens avec les Jersiais et Guernesiais pour s’en servir dans son roman Les Travailleurs de la mer, Hugo avait popularisé ce régionalisme qui se glissera à la suite dans la langue française.

En Normandie continentale [modifier]

Littérature normande.

Les érudits normands, dans le cadre des sociétés savantes, se sont intéressés, comme Hugo, aux diverses formes de patois et dialectes présents en Normandie continentale. Le romancier Barbey d'Aurevilly émaillait ainsi certaines de ses œuvres, en particulier celles qui se passent dans le Cotentin, avec des mots entendus dans la campagne et tirés de la langue normande.

Dans les années 1890-1910, la vogue folklorique envahit le Cotentin, et l'on doit à Alfred Rossel, chansonnier, des chansons transmises jusqu'à nos jours, en particulier Sus la mé, sorte d'hymne national du Cotentin (wikisource). Un Louis Beuve, normand de la région de Coutances, est séduit par cette pratique du chant appliqué au normand et entreprend d'écrire lui aussi des poèmes et des petits contes qu'il publie dans le Bouais-Jan à la fin des années 1890. Sa Graind Lainde de Lessay devient un poème prisé. Il publie ensuite plusieurs autres œuvres et initie à l'occasion des fêtes du Millénaire (du rattachement de Cotentin à la Normandie) en 1933, le « Souper des Vikings » où le normand était la seule langue tolérée. Il fait des émules dans la littérature normande avec des Jean-Baptiste Pasturel (de Périers), Alfred Noël (de Valognes) et finalement, dans une seconde génération, des Gires Ganne (Fernand Lechanteur) et Côtis-Capel (abbé Albert Lohier). Fernand Lechanteur unifie les orthographes jusque-là utilisées en la raisonnant[10]. Côtis-Capel ouvre la voie à une littérature normande débarrassée des traits folkloriques du paysan normand. Par ses poèmes, le poète appuie sur la rudesse des hommes normands, sur leur fierté, mais aussi sur leur cœur et leur âme. Dans son sillage, André Louis publie le premier roman entièrement en normand : Zabeth.

Le pays de Caux a vu une abondante littérature en normand cauchois. Parmi les éditions: Les idées de Magloire (1913) d'Ernest Morel, Les histouères de Thanase Pèqueu de Gabriel Benoist en 1932, et en 1925 Les Terreux de Gaston Demongé.

Enfin, dans de nombreux romans et nouvelles de Guy de Maupassant se déroulant au pays de Caux ou alentours comme Toine, les personnages locaux s'expriment parfois en Cauchois, mais avec de nombreuses erreurs grammaticales (conjugaison) volontaires ou non, et aussi souvent une phonétique impropre (ex : ou lieu de mei). Maupassant mélange le cauchois à des formes populaires de français, (par exemple: « quelque » devient quèque, alors qu'un cauchois dirait queuque ou encore « où est-ce qu'elle se trouve? » devient ousqu'elle est?, alors qu'en cauchois on dit ouyou qu'elle est?, etc.). En réalité, il désirait se faire comprendre de lecteurs s'exprimant en français standard.

Auteurs en langue normande [modifier]

Maurice Fernand Lesieutre.

Parmi les auteurs de la littérature d'expression normande on trouve :

auteur de Arseine Toupétit
  • Les revues Le Boués-Jaun, La Voix du Donjon, Le Viquet (Manche), Le Pucheux (ISSN 0248-6474) (pays de Caux) publient régulièrement des productions littéraires en normand.
  • À Cherbourg et à Caen, des radios proposent des émissions régulières en langue normande.
  • L'association Magène, établie dans le Cotentin, a produit plus de 12 CD de chansons d'hier et d'aujourd'hui en normand.

Conjugaison [modifier]

Les verbes du normand ne se classent pas facilement en groupes de conjugaison.

aver - avoir
présent passé composé passé simple imparfait futur simple conditionnel
j'i j'i-z-ieu j'eus j'avais j'érai j'érais
t'âs t'âs-ieu t'eus t'avais t'éras t'érais
il/ol a il/ol a-z-ieu il/ol eut il/ol avait il/ol éra il/ol érait
j'avouns/j'ouns j'avouns-ieu j'eûnmes j'aviouns j'érouns j'ériouns
vos avaez vos avaez-ieu vos eûtes vos aviaez vos éraez vos ériaez
il/ol ount il/ol ount-z-ieu il/ol eûtent il/ol avaient il/ol érount il/ol éraient
acataer - acheter
présent passé composé passé simple imparfait futur conditionnel
j'acate j'i acataé j'acatis j'acatais j'acaterai j'acaterais
t'acates t'âs acataé t'acatis t'acatais t'acateras t'acaterais
il/ol acate il/ol a acataé il/ol acatit il/ol acatait il/ol acatera il/ol acaterait
j'acatouns j'avouns acataé j'acatîmes j'acatiouns j'acaterouns j'acatériouns
vos acataez vos avaez acataé vos acatîtes vos acatiaez vos acateraez vos acatériaez
il/ol acatent il/ol ont acataé il/ol acatîtent il/ol acataient il/ol acaterount il/ol acateraient

Lexique et expressions [modifier]

Cette liste n'est pas exhaustive, elle vise à présenter quelques mots ou prononciations propres au normand.

  • à tantôt [a tanto] : à cet après-midi ou à tout à l'heure
  • tout à l'eur' : tout de suite(ou bientôt)
  • afaiter : asaisonner
  • eun neir quyin [un ner tchi][13] ou quien [k(i)ɛ̃] : un chien noir
  • eun quenâle [un knal] : un enfant
  • boujouo [bujwu] / boujou : bonjour ou au revoir
  • goule [gwul] / [gul] : figure, visage
  • croquè ou ahoqui [ar'otchi] : accroché
  • broquer à travers le carreau : passer
  • eune mouque a miè : une abeille
  • travailleu comme pièche ou coume pyiche [piche] : travailleur comme personne
  • bavacheux : bavard ; de bavacher, bédasser : « bavasser », commérer
  • étivoquer ou étiboqui [étibotchi] : taquiner
  • vésèye, vésouye : force
  • I commenchait à ête chargè à drié : Il commençait à être passablement enivré
  • tracher d's poux à eun vieuillard ou [trachi] : chercher le moindre motif de querelle
  • Ch'eyt eun bouon gâs, ma I s'néyerait dauns as roupie ou [i se nérait : il se noierait dans sa morve] : C'est un bon garçon, mais pas très intelligent
  • Ej sieux aussi fidèle que l'quien l'eyt au berquier ou [bercaleu] : je suis aussi fidèle que le chien l'est au berger
  • Eun grand fallu : un grand benet
  • Vi-t'en vé : viens voir
  • Machu : têtu
  • s'léquer al grouèye, al groèye : s'embrasser avec effusion
  • béser al pue : avoir peur
  • Ej sieux qu'eun paur mônant, bié malhueux : Je ne suis qu'un pauvre manant bien malheureux
  • Tei itou : Toi aussi
  • Vla oco que l'quien I pouche su sa caïne : Voilà encore que le chien tire sur sa chaîne
  • È dreit cha! ou [ché dré cha] : C'est tout à fait ça, tout à fait juste
  • Y a du fu dans la qu'minèye ou [chim'na] : Il y a du feu dans la cheminée
  • r'doubler : faire demi-tour
  • futiau : un hêtre
  • eun berouette : une brouette
  • coche : truie
  • Fourkete : fourchette
  • vio : Veau
  • mâquese : Tête (Gueule)

Notes et références [modifier]

  1. « Beaucoup [de Vikings] seraient venus s'établir en Normandie, amenant avec eux des Anglo-Saxons, qu'ils avaient pris à leur service ou qui, dans un contexte historique inconnu, s'étaient associés à leur sort ; peut-être même aussi avaient-ils retrouvé dans cette province d'autres Vikings venus directement de Scandinavie. Quoi qu'il en soit, le terme « anglo-scandinave » semble pouvoir caractériser l'ethnicité des Vikings et la toponymie le confirme aussi puisqu'elle revèle en Normandie la coexistence d'appellatifs anglo-saxons et scandinaves, qu'il est du reste souvent difficile de distinguer entre eux en raison de la parenté des parlers germaniques. » dans François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Editions Picard 1986. p. 44.
  2. Jean Renaud, Les Vikings et la Normandie, Editions Ouest-France université 1989. p. 198.
  3. Ici au sens de Vikings
  4. Henriette Walter, L'Aventure des mots français venus d'ailleurs, p. 95, éditions Robert Laffont
  5. Charles Bruneau, Monique Parent, Gérard Moignet. Petite histoire de la langue française : des origines la révolution. Page 34. A. Colin, 1969.
  6. René Lepelley, La normandie dialectale, Presses universitaires de Caen 1999.
  7. L'enseignement du normand dans le Nord-Contentin →Étude des pratiques et des attitudes linguistiques
  8. Termes inusités en cauchois par exemple, dont l'origine spécifiquement normande est à confirmer. Champlure, par exemple, peut être un terme d'ancien français, la forme cauchoise est campleuse. « Grimacer » se dit grigner en cauchois. Croche est un terme d'ancien français
  9. [Clapin] Dictionnaire canadien-français (1894) de Sylva Clapin (1853-1928) - http://www.dicocf.ca [Decorde] Dictionnaire du patois du pays de Bray (1852) de Jean-Eugène Decorde (1811-1881) - http://gutenberg.ca/ebooks/decorde-dictbray/decorde-dictbray-00-h-dir/decorde-dictbray-00-h.html [Dunn] Glossaire franco-canadien (1880) d'Oscar Dunn (1845-1885) - http://www.dicocf.ca/ [GPFC] Glossaire du parler français au Canada (1930) de la Société du parler français au Canada - http://www.dicocf.ca/
  10. F. Lechanteur, « Remarques sur l'orthographe... » dans : Louis Beuve, Oeuvres choisies, Saint-Lô : Jacqueline, 1950, p. 19-26.
  11. Les Falaises de la Hague, Lebarbenchon 1991, Caen, ISBN 2-9505884-0-9
  12. WikiManche : André Dupont
  13. L'antéposition de l'adjectif exprimant la couleur, qui existait en ancien français (influence syntaxique du germanique) et qui reste en poésie est la règle sur la côte ouest du Cotentin et en Normandie insulaire, tout comme en wallon. On en trouve des traces en cauchois par exemple ou « geler blanc » se dit blanc rimer.

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]