Gonzalo Queipo de Llano

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Gonzalo Queipo de Llano (5 février 1875 - 9 mars 1951) était un général espagnol. Favorable à la République jusqu'en 1936, il rejoint le camp nationaliste dès le début de la guerre d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gonzalo Queipo de Llano est né à Tordesillas le 5 février 1875. D'abord séminariste, il rejoint l'armée espagnole où il est cadet à l'Académie royale de cavalerie. Officier de cavalerie, il participe aux combats dans les colonies espagnoles de Cuba et du Maroc.

En 1923, Queipo de Llano atteint le rang de général de brigade. D'esprit libre, il n'hésite pas à faire part de ses critiques contre le gouvernement du dictateur Miguel Primo de Rivera. Celui-ci le relèvera de son commandement et le jettera en prison.

Libéré en 1926, Queipo de Llano n'en continue pas moins de contester le gouvernement. Il est finalement démis de l'armée en 1928.

Deux ans plus tard, Queipo de Llano prend le commandement de l'association des militaires républicains. Il est également impliqué dans le comité national révolutionnaire qui complote pour renverser la Monarchie. Le complot républicain échoue, obligeant Queipo de Llano à fuir au Portugal.

Après l'exil du Roi en 1931, Queipo de Llano revient en Espagne et se voit offrir, par le gouvernement provisoire, le commandement de la 1re division militaire de Madrid. Il est plus tard nommé chef d’État major du président Niceto Alcalá Zamora.

En février 1936, Queipo de Llano apporte son soutien au gouvernement du front populaire espagnol et, en avril 1936, est promu directeur général des douanes.

Cependant, bien que loyal au gouvernement républicain, il n'en continue pas moins à garder son indépendance d'esprit qui lui avait valu de connaître les geôles de Primo de Rivera. Il critique ainsi plusieurs aspects de la politique du gouvernement du Front Populaire, notamment sa réforme agraire, l'interdiction de la Phalange espagnole, l'autonomie accordée à la Catalogne ou encore le remplacement de Niceto Alcala Zamora par Manuel Azaña.

Peu de temps après, déçu et amer, Queipo de Llano rejoint la conjuration des généraux Emilio Mola, Francisco Franco et José Sanjurjo afin de renverser le gouvernement du Front Populaire.

Une légende largement diffusée par l'armée franquiste et entretenue par Queipo de Llano lors de ses nombreux discours radiophoniques prétend qu'au début du soulèvement militaire le 18 juillet 1936, Queipo de Llano aurait réussi l'exploit de prendre la ville de Séville par la ruse avec seulement 200 hommes et presque sans effusion de sang. En réalité il y a eu des combats entre les troupes du coup d’État et celles restées fidèles à la République auxquelles s'étaient ajouté des partisans des partis de gauche qui avaient pris les armes et érigés des barricades. Les conjurés purent compter sur environ 6000 hommes et les combats furent violents. Entre 3000 et 6000 personnes furent exécutées à Séville après la prise de la ville. Sur les ondes de Radio-Séville, il fait des discours d'une violence extrême, où il promet la mort aux « chiens rouges » et le viol pour leurs femmes.

Le 17 janvier 1937, l'armée nationaliste du sud commandée par le général Queipo de Llano lance un assaut sur Malaga. La ville tombe le 8 février, grâce à l'aide déterminante du corps expéditionnaire italien, et 4 000 partisans du Front populaire furent exécutés, leurs terres confisquées et distribuées aux familles nationalistes.

À la fin de la guerre civile, il est promu lieutenant général et prend le commandement de la mission espagnole en Italie puis le commandement militaire de Séville.

Ses relations avec Franco sont réduites au minimum, d'autant plus que Queipo de Llano est hostile au rétablissement de la Monarchie (1947).

Gonzalo Queipo de Llano est mort dans sa résidence près de Séville le 9 mars 1951.

Anecdote[modifier | modifier le code]

La fille de Queipo de Llano avait épousé un fils du président Alcalá-Zamora. Il tenta sans succès d'obtenir le retour d'Alcalá-Zamora en Espagne après la fin de la Seconde Guerre mondiale.