Gemalto

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Gemalto

Description de l'image Gemalto brand fullcol HR.jpg.
Création 2006
Dates clés 2006 : création par fusion de Gemplus International et Axalto
2012 : entrée au CAC40
Personnages clés Alex J. Mandl, président
Olivier Piou, directeur général
Forme juridique Société anonyme
Slogan la sécurité pour être libre (security to be free)
Siège social Drapeau des Pays-Bas Amsterdam[1] (Pays-Bas)
Actionnaires Caisse des dépôts et consignations, Texas Pacific Group, Fonds stratégique d'investissement
Activité Sécurité informatique
Effectif 10 000
Site web www.gemalto.com
Capitalisation 5,87 milliards (04/12/2014)
Chiffre d’affaires en augmentation 2,38 milliards d'euros (2013)[2]
Résultat net 258 millions d'euros (2013)[3]

Gemalto est une entreprise multinationale, de droit néerlandais, spécialisée dans le secteur de la sécurité numérique. Elle est notamment le premier fabricant mondial de cartes SIM, et fournissait environ 450 opérateurs de téléphonie mobile en 2014.

Établie aux Pays-Bas avec son siège social à Amsterdam, elle dispose de filiales dans 43 pays et emploie plus de 10 000 salariés travaillant dans 74 bureaux, 15 sites de production et 14 centres de recherche et développement[4].

Historique[modifier | modifier le code]

L'entreprise française Gemplus, fondée en 1988 et spécialiste mondiale de la fabrication de cartes à puce, devient en 2000 Gemplus International après le transfert de son siège social à Luxembourg, réalisé à la suite de la prise de contrôle controversée de son actionnaire Texas Pacific Group, fortement soupçonné d'opérer pour le compte des services secrets américains[5].

En janvier 1997, Schlumberger rachète l'entreprise Solaic, avant d'acquérir plus tard le groupe Sema. Cette dernière acquisition ne sera pas opportune et les problèmes financiers apportés par cette opération obligeront Schlumberger à se recentrer sur son activité de base, la prospection de pétrole. Schlumberger Systèmes devient pour peu de temps SchlumbergerSema, la partie Sema étant ensuite cédée à Atos Origin. À cette occasion, la branche « cartes à puce » de Schlumberger est introduite en bourse en mai 2004 sous le nom d'Axalto[6].

En juin 2006, la société luxembourgeoise Gemplus International fusionne avec la néerlandaise Axalto. Le nouvel ensemble est baptisé Gemalto et devient un acteur majeur du secteur de la sécurité numérique[7].

En 2009, la Caisse des dépôts et consignations via le Fonds stratégique d’investissement rachète 8,43 % de Gemalto[8] au fonds d'investissement américain Texas Pacific Group pour environ 160 millions d'euros[9].

En janvier 2010, le groupe Gemalto est estimé responsable du dysfonctionnement qui bloque les paiements par cartes bancaires pendant plusieurs jours en Allemagne, à la suite du changement d'année. L'annonce fait baisser l'action de 3,37 % à la Bourse de Paris[10].

Entre 2006 et 2012, Gemalto procède à une succession d’acquisitions : le centre de personnalisation de Leigh Mardon à Taïwan, Multos International, Namitech en Afrique du Sud, l’activité de services mobiles de NXP, le fournisseur de logiciel pour solutions mobiles O3SIS, Trusted Logic (fournisseur de plates-formes logicielles sécurisées), Serverside (personnalisation de cartes bancaires avec des images numériques personnelles), les activités bancaires de Xiring[11], Netsize, dans le service et le commerce mobile, Valimo Wireless, fournisseur d’authentification pour mobiles, le spécialiste de la sécurité de la banque en ligne Todos en Suède, Cinterion[12], le spécialiste allemand du « Machine to Machine » (M2M), Plastkart en Turquie, SensorLogic (plate-forme de services M2M) et la plate-forme de paiement mobile d’Ericsson, IPX[13].

En août 2014, Gemalto acquiert SafeNet, une entreprise américaine de sécurité informatique pour 890 millions de dollars[14].

Piratage et vol massif de clefs de chiffrement[modifier | modifier le code]

Premier fabricant mondial de cartes SIM, Gemalto en produit chaque année 2 milliards et fournit sa technologie à 450 opérateurs de téléphonie mobile dans le monde. En février 2015, des documents de la NSA et du GCHQ fournis par Edward Snowden au site d'information The Intercept révèlent que les réseaux informatiques de Gemalto ont été la cible d'un piratage d'envergure mondiale accompli par le « Mobile Handset Exploitation Team » (MHET), une unité commune à ces deux services de renseignement. Le siège français, des centres de données et une douzaine de sites de production de l'entreprise ont ainsi été ciblés, notamment en Allemagne, au Mexique, au Brésil, au Canada, en Chine, en Inde, en Italie, en Russie, en Suède, en Espagne, au Japon et à Singapour. Selon ces documents datant de 2010 et 2011, cette intrusion a permis le vol d'un « nombre sidérant » de clefs de chiffrement de cartes SIM, utilisées pour sécuriser les communications entre les téléphones mobiles et les réseaux de télécommunications. Ces clefs, dites « Ki » ou clefs « maîtresses », peuvent être utilisées entre autres pour écouter des conversations et intercepter des SMS et des courriels sans laisser aucune trace des interceptions[15],[16].

Réagissant à ces informations, la direction de Gemalto indique qu'elle prend cet article très au sérieux et met en œuvre tous les moyens nécessaires pour enquêter et comprendre l'étendue de ces techniques sophistiquées[17]. Ce piratage réalisé au bénéfice de services secrets anglo-saxons relance les soupçons concernant l'ancien directeur général de Gemplus International et actuel président de Gemalto Alex J. Mandl (en), étant donné son rôle dans In-Q-Tel, le fonds d'investissement de la CIA[18].
Le lendemain de ces révélations, l'action Gemalto perd 8 % à l'ouverture de la Bourse de Paris[15].

Métiers[modifier | modifier le code]

Gemalto développe des logiciels, des produits et des services sécurisés qui sont utilisés dans les télécommunications, les services financiers, l’identification, la sécurité des lieux et des individus, la santé, le transport et la communication « Machine to Machine ». Elle compte 400 opérateurs mobiles, 3 000 banques et sociétés financières et plus de 30 gouvernements parmi ses clients.

Les logiciels, produits et services de Gemalto sont utilisés pour de nombreuses applications (services mobiles personnels, paiement sécurisé, authentification des accès au « Cloud », protection de l’identité et de la vie privée, services d’e-santé et d’e-gouvernement, billettique des transports urbains et applications M2M)[19].

Gemalto propose des solutions de sécurité numérique intégrées, depuis le développement des logiciels embarqués jusqu’à la création et la fabrication d’outils de sécurité numérique. Ces dispositifs sont notamment des cartes SIM, des cartes bancaires, des passeports ou des cartes d’identité électroniques. Ses plates-formes logicielles et services gèrent ces produits sécurisés, les données confidentielles qu’ils contiennent ainsi que les services sécurisés qu’ils rendent possibles pour les utilisateurs finaux[4].

Données boursières[modifier | modifier le code]

Elle est cotée à l’Euronext Amsterdam et Euronext Paris sous le symbole GTO (Euronext NL0000400653 GTO)[20] et est un acteur important de la sécurité numérique, considérée même par certains observateurs comme son chef de file[21].

  • Indice de cotation : CAC 40, SBF 250
  • Place de cotation : Euronext
  • Code ISIN : NL 0000400653 GTO

Son chiffre d'affaires en 2013 s'élève à 2,38 milliards d'euros[2] puis a atteint 2,5 milliards d'euros en 2014.

Principaux actionnaires[modifier | modifier le code]

Début 2015, les actionnaires majeurs de Gemalto[22] sont:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « About Gemalto » (consulté le 19 janvier 2012)
  2. a et b Gemalto affiche de solides résultats annuels, Le Nouvel Observateur, 6 mars 2014
  3. Fiche de la société GEMALTO - sur Boursorama
  4. a et b [1]
  5. Gemplus, la puce fratricide, Libération, 19 août 2002
  6. [2]
  7. Journal des Finances 29 janvier 2007
  8. [3]
  9. Gemalto, une cible de choix pour la NSA, Libération, 20 février 2015
  10. Le français Gemalto, leader mondial de la carte à puce, est jugé responsable, Le Monde, 7 janvier 2010
  11. Journal des finances 23 novembre 2009
  12. [4]
  13. [5]
  14. Gemalto to Pay $890 Million for Data Protection Firm, Chad Bray, The New York Time, 8 août 2014
  15. a et b « Des clés de cryptage de cartes SIM massivement volées par la NSA et le GCHQ », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. (en) Jeremy Scahill et Josh Begley, « The Great SIM Heist. How Spies Stole the Keys to the Encryption Castle », The Intercept,‎ (lire en ligne)
  17. « Information concernant un article relatif au piratage de clés d’encryptage de cartes SIM - Communiqué de Gemalto », Gemalto,‎ (lire en ligne)
  18. « Gemalto: un président trop proche de la NSA », L'Express,‎ (lire en ligne)
  19. [6]
  20. GTO Amsterdam
  21. Journal des Finances 30 septembre 2008
  22. ABCbourse-Profil de la société de Gemalto

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]