Magenta (couleur)

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Fuchsia (couleur)

échantillons de magenta

Le magenta est un colorant rouge violacé d'aniline de synthèse inventé en 1858, appelé fuchsine ou roséine. C'est aussi la désignation normalisée du colorant primaire absorbant le vert dans la synthèse soustractive des couleurs en imprimerie et en photographie argentique.

Le fuchsia désigne les mêmes couleurs et colorants d'après le nom de la fleur rose fuchsia, nommée en hommage à Leonhart Fuchs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Alors qu'on découvrait les possibilités générale de la fabrication de colorants à base d'aniline, les expérimentations de François-Emmanuel Verguin débouchèrent sur une substance rouge pourpre foncé qu'il appela fuchsine, dont la production commença en 1859. L'année suivante, une recherche indépendante déboucha en Angleterre sur la production d'un colorant chimiquement identique découvert par Chambers Nicholson, qui l'appela roséine.

La couleur devint plus populaire sous le nom commercial de Magenta, du nom de la bataille de Magenta qui avait eu lieu en 1859[1].

Le Répertoire des couleurs de la Société des chrysanthémistes (1905) indique que la couleur Magenta est une « dénomination ordinaire dans les commerces de laines, étoffes, cotons, rubans, etc.[2] ». Le même ouvrage enregistre un « violet rougeâtre » (synonyme : violet magenta) (p. 182), et note que le Magenta n° 2 de chez Friant est un « violet évêque » (p. 189). Il présente la fuchsine, avec une nuance différente, plus rouge, comme la « couleur formée par divers sels de la Rosaniline (…) découverte en 1856 par Natanson » (p. 160).

Colorants magenta[modifier | modifier le code]

Le magenta aniline fut remplacé dans les années 1950 par les pigments organiques de synthèse de la famille des quinacridones. La teinte magenta proprement dite est obtenue avec le rouge de quinacridone (PV19), qui a une tendance légèrement bleue. Lui-même a deux nuances distinctes : claire (rouge rosé) et foncée (rouge violet). On peut aussi utiliser le rose de quinacridone (PV42) ou le magenta de quinacridone (PR122), plus vifs et à tendance plus rouge.

Le magenta aniline est la couleur PR4 du Colour Index international. Des colorants naphtol (PR5, PR31, PR184)) ou thioindigoïdes (PR88, PR181), quinacridone (PR202, PR282, PV19, PV42) de diverses nuances sont distribués sous le même nom.

Un colorant quinacridone (PR202) est distribué sous le nom de fuchsia.

Le magenta primaire de l'imprimerie est à base de lithol (PR57:1) de naphtol (PR146) ou surtout de quinacridone (PR122, PV19)[3].

Colorimétrie et perception des couleurs[modifier | modifier le code]

Le magenta est un pourpre au sens de la colorimétrie, c'est-à-dire une couleur qui n'a pas de métamère composé d'un rayonnement monochromatique et de blanc. Pour produire un pourpre pur, on doit mélanger un rouge et un bleu ; ce qui revient à enlever du vert d'un blanc reconstitué par un mélange de rouge, de vert et de bleu. C'est pourquoi on caractérise les pourpres par une longueur d'onde dominante négative.

L'appellation magenta étant un nom commercial, ne correspond pas à une colorimétrie précise ; le magenta est un pourpre vif, tirant plus sur le rouge que sur le bleu. Sur le cercle chromatique, il se trouve dans la région opposée au vert.

En synthèse soustractive des couleurs, chaque colorant retranche du blanc de départ une partie des rayonnements lumineux. La chromaticité ne suffit pas à définir un colorant. Il faut spécifier la courbe d'absoption spectrale[4].

En photographie argentique en couleurs, sa caractéristique est déterminée par les colorants coupleurs associés à la couche sensible au rouge obtenus au développement chromogène par réaction de la p-phénylène diamine du développeur, oxydée pendant le processus, sur un pyrazolone, corrigée par des masques[5].

En imprimerie[modifier | modifier le code]

En imprimerie, la norme ISO 2846 fixe la courbe d'absorption spectrale et la transparence des encres afin de permettre une reproduction uniforme en quadrichromie. Elle définit avec précision le magenta couleur primaire.

Il existe en outre des encres magenta, dont les nuances peuvent s'identifier sur les nuanciers comme le Pantone (entreprise). Certaines sont fluorescentes, par exemple le Pantone 806 ou le Pantone 812.

L'image ci-dessous montre trois magentas, de gauche à droite le magenta RVB, le magenta CMJN des imprimeurs et le magenta fluo Pantone 806[6] :

Couleurs du web[modifier | modifier le code]

Magenta ou Fuchsia (Web)

Composante
RVB (r, v, b) (255, 0, 255)
Triplet hexa. FF00FF
CMJN (c, m, j, n) (0 %, 100 %, 0 %, 0 %)
TSL (t, s, l) (300°, 100 %, 100 %)

En synthèse additive des couleurs, on produit le magenta par un mélange égal des primaires rouge et bleue.

Les concepteurs des noms de couleur X11, dont les définitions sont passées en HTML, CSS et SVG, ont appelé « Magenta » ou « Fuchsia »la complémentaire exacte de la couleur primaire verte de la synthèse additive, et « Dark Magenta » (magenta foncé) la couleur (r=139, v=0, b=139).

« Thistle » (chardon, r=216, v=189, b=216), « plum » (prune, r=221, v=160, b=221) et « Violet » ((r=238, v=130, b=238) ont la même valeur de teinte[7].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC,‎ 1999, p. 194sq

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, p. 312 ; A.W. Hofman, « Chimie organique — Recherches sur les matières colorantes dérivées de l'aniline », Comptes rendus hebdomadaire des séances de l'Académie des sciences, Paris, t. 54,‎ janvier 1862, p. 428-439 (lire en ligne) ; Trésor de la langue française, Oxford English Dictionnary « Magenta ».
  2. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 1, Paris, Librairie horticole,‎ 1905 (lire en ligne), p. 182.
  3. (en) artis creation.com.
  4. Robert Sève, Science de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009, p. 199-201.
  5. René Dennilauler, La photographie en couleurs,‎ 1990, p. 23-33, Sève 2009, p. 200 indique les courbes pour plusieurs concentrations de colorant.
  6. Les caractéristiques numériques données dans le cartouche « Magenta (CMJN) » ne sont pas liées par les équations de conversion. Les données RVB permettent d’afficher une nuance approchée de la couleur, alors que les données CMJN rendent compte du caractère primaire de la couleur dans le monde de l'impression.
  7. W3C: (en) CSS 3: Color Module et (en) Color SVG.