Forensic Files

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Forensic Files
Programme adapté Les Enquêtes impossibles
Genre Documentaire
Création Paul Dowling
Narration Peter Thomas
Musique Alan Ett Music Group
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue anglais
Nombre de saisons 14
Production
Lieu de tournage États-Unis, Grande-Bretagne, Canada anglophone, Australie, …
Durée 30 minutes (publicités comprises, environ 22 minutes sans)
Format d’image 4/3 (16/9 pour les reconstitutions couleur)
Société de production Films for the Humanities and Sciences, Medstar (Pennsylvanie)
Diffusion
Diffusion TruTV
Ancienne diffusion Court TV
Lieu de première diffusion États-Unis
Date de première diffusion 21 avril 1996
Date de dernière diffusion 17 juin 2011
Public conseillé à partir de 10 ans
Site web Forensic Files sur TruTv www.forensicfiles.com/ Forensic Files sur TruTv

Forensic Files[1] est une émission de télévision américaine documentaire consacrée aux enquêtes criminelles, à la police scientifique et à la médecine, essentiellement légale. Commencée, durant quatre saisons, sous le titre Medical Detectives, et produite par Medstar, une société basée en Pennsylvanie, elle est diffusée sur la chaîne câblée Court TV – devenue par la suite TruTV – de 1996 à 2011. Il existe un peu plus de 400 numéros d'environ vingt-deux minutes de cette série.

En France et dans les pays francophones, la série a été diffusée, en version doublée, dans le cadre des Enquêtes impossibles, présentées par Pierre Bellemare, accompagnée ou non des commentaires de celui-ci. Certains numéros sont par ailleurs repris dans l'émission Médecins légistes, présentée par Raphaël Charlier et diffusée en Belgique sur La Deux à partir de juillet 2014, émission compilant en fait plusieurs émissions anglo-saxonnes sur le sujet.

Historique[modifier | modifier le code]

La série Forensic Files a d'abord été diffusée aux États-Unis, à partir de 1996, sur la chaîne éducative TLC, sous le titre Medical Detectives, un titre que la série gardera lors de son ultérieure diffusion dans beaucoup de pays étrangers, dont l'Allemagne (Medical Detectives – Geheimnisse der Gerichtsmedizin) ou la Russie (Медицинский детектив).

En France et dans les pays francophones, la série est diffusée, en version doublée, dans le cadre des Enquêtes impossibles, racontées par Pierre Bellemare, et est augmentée de commentaires de diverses natures : historique, anecdotique, critique… Dans cette version, des numéros peuvent, à l'inverse, se voir amputés de quelques courts passages pour des raisons de minutage[2].

Article détaillé : Les Enquêtes impossibles.

Lors de sa diffusion en Allemagne, la série s'accompagne de commentaires de spécialistes allemands en matière de police scientifique, et ces commentaires sont intégrés parmi les témoignages d'origine de l'émission. Tous les numéros de la série n'ont pas été doublés en allemand. La seconde partie du numéro 100 de la version allemande a, par ailleurs, ceci de particulier, qu'il s'agit, d'un bout à l'autre, d'un « à la manière » d'un numéro de Forensic Files, s'intéressant à une affaire s'étant déroulée en Allemagne[3]. Dans cet unique « hors-série » allemand, tous les visages des protagonistes réels sont floutés, ce qui n'est presque jamais le cas dans un numéro de la série américaine.

Sujets[modifier | modifier le code]

La majorité des numéros de Forensic Files sont consacrés à des meurtres ou des assassinats élucidés grâce aux avancées en matière de police scientifique, mais ils peuvent aussi, parfois, aborder d'autres cas, dans lesquels ces mêmes progrès ont joué un rôle déterminant : suicides, incendies – criminels, ou pas… –, accidents[4], maladies[5], etc. Les affaires abordées dans l'émission se sont déroulées dans un pays anglophone, principalement aux États-Unis[6], entre les années 1980 et les années 2010[7]. Les noms des acteurs réels des affaires traitées sont rarement modifiés, soit que ceux-ci étaient mineurs au moment des faits, ou pour quelque autre raison[8].

Certains numéros relatent des affaires constituant des « premières fois » dans le domaine de la police scientifique : la première fois que, dans un état des États-Unis, aux États-Unis mêmes, voire dans le monde, telle ou telle branche de la science, ou de tel domaine d'étude particulier – celui des empreintes de chaussure ou des traces de pneu[9]… jusqu'à celui de l'étiquetage de traçabilité des bouteilles de bière[10] ou de la façon dont sont fabriqués les sacs poubelles[11] –, a permis à la police d'élucider une affaire criminelle[12]. D'autres numéros sont consacrés à des affaires atypiques à l'un ou l'autre titre : pompier pyromane[13], policier serial killer[14], homme politique accusé, et reconnu coupable, de délit de fuite, après avoir tué accidentellement un ancien Marine[15], couple vivant reclus depuis des années et sur lequel la société ne se retourne, l'œil suspicieux, qu'au moment de la mort de l'un des deux conjoints[16], ou à des affaires particulièrement horribles, telle que celle de cette sourde-muette homosexuelle qui, par jalousie, tue celle qu'elle imagine être sa rivale amoureuse avant de découper son corps à la tronçonneuse et de jeter ses restes aux ordures[17], ou de cet homme qui continue, durant un bon bout de temps, à déambuler dans sa maison et à effectuer les activités de son quotidien, sans se rendre compte qu'il a reçu seize coups de hache à la tête, et qui s'écroule finalement, mort, vidé de son sang[18].

Souvent, un numéro de Forensic Files comporte en outre un plan montrant la tombe de la ou des victimes et, éventuellement, une scène de recueillement sur cette tombe.

Le microscope, outil emblématique de l'émission Forensic Files. Photo 2012[19].

Chaque numéro se termine généralement par une scène de reconstitution des faits incriminés selon ce que la « justice » a décidé[20], dont la durée excède celle des scènes de reconstitution distillées au cours de l'émission (reflétant quant à elles parfois un ou des points de vue alternatifs), et par des témoignages soulignant que, sans les progrès en matière de police scientifique, il n'aurait pas été possible d'obtenir, selon le cas : la condamnation, ou la disculpation d'un suspect.

Plusieurs numéros sont consacrés à des cold cases – des affaires presque tombées aux oubliettes, faute d'indices exploitables à l'époque où elles ont éclaté –, résolus grâce à aux avancées scientifiques. Dans tous les cas, ce sont les scientifiques, devant leur microscope, activant des machines curieuses, ou effectuant de mystérieux calculs – que l'émission tente d'expliquer –, qui sont montrés comme les héros de la lutte contre le crime, de quelque nature qu'il soit, ou contre l'injustice.

Format[modifier | modifier le code]

L'émission Forensic Files se compose d'images tournées sur les lieux mêmes où se sont déroulés les faits, commentées en voix off par Peter Thomas (célèbre « voix », aux États-Unis).

Des reconstitutions des faits sont jouées par des acteurs, essentiellement choisis en fonction de leur ressemblance avec les protagonistes réels de l'affaire étudiée.

Ces scènes sont entrecoupées d'interviews de légistes – procureurs, avocats… –, de scientifiques spécialisés – médecins, experts en balistique, entomologistes, voire géologues, botanistes… – et de protagonistes des faits[21] ou de leurs proches ; des acteurs ou témoins qui, occasionnellement, peuvent eux aussi prêter leur concours à des mises en scène[22].

Des documents d'origine, tels que photos souvenirs ou de scènes de crime, des lettres, des relevés de communications téléphoniques, des tickets de caisse, des enregistrements d'appels d'urgence[23], ainsi que des scènes réelles de vidéosurveillance, d'interrogatoires ou de procès, sont en outre présentés.

Quelquefois, des animations didactiques, qui ont pour but d'expliquer certains points – autopsies, ADN, trajectoires de balles, projections de sang… – font également partie des ingrédients de l'émission.

L'émission mêle, dans des proportions à peu près égales, traitement de nature documentaire – présentation des lieux et de documents, interviews – et traitement de nature fictionnelle – les reconstitutions, la « remise » en situation de témoins réels. De façon à permettre, de manière implicite, au spectateur de les distinguer, les reconstitutions avec acteurs, qui s'inspirent des flashbacks du cinéma, sont présentées, dans les premières saisons de la série, en noir et blanc, puis en couleur, mais dans un format 16/9 – le reste de l'émission étant diffusé au format 4/3[24] –, et accompagnées, parfois, de certains effets : léger flou, altération du contour de l'image, de sa luminosité ou de ses couleurs, ralentis

Les aspects dramatiques sont accentués par de la musique. La bande sonore a, par ailleurs, souvent recours à un effet particulier, consistant en un cri bref, qui n'est utilisé qu'une seule fois dans certains numéros.

Numéros[modifier | modifier le code]

Saison Numéros Date de début Date de fin
1 13 21 avril 1996 19 décembre 1996
2 13 2 octobre 1997 25 décembre 1997
3 13 1er octobre 1998 24 décembre 1998
4 14 29 septembre 1999 29 décembre 1999
5 18 12 septembre 2000 9 janvier 2001
6 30 21 mai 2001 10 décembre 2001
7 42 12 octobre 2002 26 juillet 2003
8 42 1er avril 2003 21 décembre 2003
9 30 3 juin 2004 2 mars 2005
10 41 27 avril 2005 15 mars 2006
11 42 19 juillet 2006 2 mai 2007
12 30 26 septembre 2007 17 février 2008
13 49 12 septembre 2008 9 juillet 2010
14 21 10 septembre 2010 17 juin 2011

Forensic Files et le fait divers divertissement[modifier | modifier le code]

Forensic Files finit par s'installer, même s'il ne s'agit pas de la forme à laquelle ses concepteurs aspirent forcément au départ, parmi les émissions-phares – avec d'autres productions, notamment littéraires – du genre True crime.

Une réflexion sur la « Justice » ?[modifier | modifier le code]

Gainée dans un format très strict – qui a presque valeur de neutralité –, l'émission n'en pose pas moins certaines questions sur la notion de « Justice ».

Même si elle se rend toujours à ce que la « Justice », dans sa conception américaine, a décidé, l'émission peut également s'intéresser à des affaires susceptibles de remettre en question le système judiciaire américain – cas de condamnés à mort exonérés « scientifiquement », notamment… –, ainsi que son sujet de base lui-même, en relevant, dans quelques cas, les limites de certaines sciences médico-légales quant à leur capacité à fournir des preuves, déterminantes aux yeux d'un jury et, à la fois, valides par rapport à la réalité des faits incriminés[25].

Influence[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre que l'on pourrait traduire par « Dossiers judiciaires ». Le terme forensic est dérivé du latin forensis qui, lui-même, dérive du terme forum, désignant la place publique dans la Rome antique, lieu de tous les débats et où était rendue la justice.
  2. Ce qui peut conduire à certaines bizarreries. Par exemple, dans la version Enquêtes impossibles de Pet Rock, rebaptisée « Association de malfaiteurs », l'enquêteur principal dit : « L'assassin possédait forcément un chien noir ; il possédait également un reptile… », mais le passage expliquant pourquoi « un chien noir », bel et bien présent dans le numéro d'origine, a été escamoté dans la version française.
  3. « Schicksalhafte Begegnungen », 2e partie.
  4. Par exemple Deadly Curve (« Virage mortel »), au sujet d'un accident survenu en mars 1983 dans la Sierra Nevada, lors de la préparation d'une visite de la reine d'Angleterre, ou Visibility Zero (« Brouillard fatal »), consacré à la catastrophe ferroviaire survenue en Alabama en 1993, touchant la compagnie Amtrak.
  5. Par exemple, Outbreak, sur une épidémie d'hyperthyroïdie au Dakota du Sud en 1985, Fatal Fungus, consacré à une épidémie causée à partir de 1993 par le stachybotrys atra dans la ville de Cleveland, Deadly Parasites, consacré à une vague de gastro-entérites, la même année, dans la ville de Milwaukee, et dont le responsable se révèlera être le cryptosporidium, ou encore Breaking the Mold (« Briser le moule »), qui se penche sur le cas d'une famille texane victime d'une moisissure, en 1999, et qui finira par obtenir gain de cause face aux compagnies d'assurance.
  6. La majorité des affaires – plus d'un dixième – ont eu lieu dans l'état du Texas, deuxième des États-Unis en termes de population. Micro-clues est l'un des rares voire le seul numéro traitant d'une affaire s'étant déroulée hors des USA, ou d'un pays anglophone ; il raconte comment, en Suisse, des diatomées ont permis de confondre Roland Kübler, un assassin d'enfants.
  7. La plus ancienne affaire traitée (Marked for Life – « Une enquête de 45 ans ») relate cependant des faits remontant à 1957, mais l'affaire ne sera résolue qu'en 2003.
  8. Par exemple, dans When the Dust Settled (« Meurtre en sourdine »), le nom original – Foley – est remplacé par « Doyle », et dans The Financial Downfall (« Falaise mortelle »), le nom de Deana Wild, la victime, est remplacé par « Donna Hartman ».
  9. Treading not so Lightly (« Pas à pas ») et Treads and Threads (« Le Fil d'Ariane »), où l'expertise de Peter McDonald, surnommé le « Sherlock Holmes des pneus », joue un rôle déterminant.
  10. Trouble Brewing (« Une bière de trop »).
  11. "Sim"ilar Circumstances, concernant l'affaire Paula Sim.
  12. Par exemple, The Purr-fect Match (« Les Faits ») : première fois qu'un ADN animal sert à résoudre une affaire criminelle ; Breaking News (« Meurtre en studio ») : première fois qu'en Virginie l'ADN permet de résoudre un « cold case » ; Ticker Tape (relatant un fait divers s'étant déroulé en Tasmanie en 2000) : première fois qu'un pacemaker permet de confondre un meurtrier ; Drowning Sorrows (« Apparences trompeuses ») : première utilisation de l'immunohistochimie appliquée au domaine de la médecine légale… et, parmi les premiers numéros, The Footpath Murders (1996) sur l'affaire Colin Pitchfork, en Grande-Bretagne, en 1986/1987 : une affaire historique du point de vue de la criminologie, puisque c'est pour ce cas que, dans le monde, l'ADN est pour la première fois utilisé, grâce aux travaux d'Alec Jeffreys, comme élément de preuve devant des tribunaux.
  13. Point of Origin (« Pompiers et pyromane »), sur l'affaire John Leonard Orr.
  14. A Leg Up On Crime (« Serial killer chez les prostituées »), se penchant sur l'affaire David Keith Rogers.
  15. Capitol Crimes, concernant un accident survenu en 1999 et impliquant Thomas Druce, membre de la Chambre des représentants de la Pennsylvanie.
  16. "Kill"Igraphy (« Au pied de la lettre »).
  17. Numéro Hear No Evil (« Triangle mortel » – ou plutôt « Tronçons de jalousie », les titres de deux numéros des Enquêtes impossibles ayant visiblement été intervertis –, s'intéressant à Daphne Wright.
  18. Family Ties (« Tensions familiales »), sur l'affaire Porco.
  19. Cette photo n'est pas extraite de l'émission en question.
  20. Introduite généralement par la formule « The prosecutors believe… » (i.e. : « Selon l'accusation, … »)
  21. Y compris, parfois, le ou l'un des auteurs des faits, comme c'est le cas, notamment, pour Frozen Assets (« Association fatale »), Pet Rock (« Association de malfaiteurs »), ou Three's a Crowd (« Les Chœurs de la mort »).
  22. Des experts refont, pour la caméra, les gestes qui leur ont permis de déceler telle ou telle preuve ; les familles d'une victime sont filmées en train de se recueillir sur la tombe du disparu…
  23. Le 911, aux États-Unis. Les appels sont systématiquement enregistrés, et peuvent être utilisés comme preuves lors d'un procès.
  24. Cela n'apparaît pas dans les versions Enquêtes impossibles, l'image étant recadrée pour présenter un format uniforme.
  25. Cfr., par exemple, « Preuve par l'image » (Sharper Image), sur l'affaire Sharra Ferger, où un suspect est dans un premier temps emprisonné à tort, durant plusieurs mois, sur base d'une comparaison odontologique entre sa denture et une morsure retrouvée sur le cadavre d'une fillette. Un autre expert en la matière, finalement, le dédouanera.

Lien externe[modifier | modifier le code]