Farces et moralités

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Farces et moralités
Édition princeps
Édition princeps

Auteur Octave Mirbeau
Genre Théâtre
Pays d'origine Drapeau de France France
Éditeur Eugène Fasquelle
Date de parution 1904
Date de la 1re représentation 1894-1904

Farces et moralités est le titre sous lequel l’écrivain français Octave Mirbeau a publié, en 1904, six petites pièces en un acte, représentées sur diverses scènes parisiennes entre 1894 et 1904 : Vieux ménages, L’Épidémie, Les Amants, Scrupules, Le Portefeuille et Interview. Deux d’entre elles, Les Amants et Vieux ménages, ont été reprises à la Comédie-Française en 1999.

Sommaire

[modifier] Thèmes

Comme à son habitude, Mirbeau y démystifie et y tourne en dérision tout ce qu’un vain peuple respecte aveuglément : la loi, oppressive par nature, et la police, arbitraire et répressive par définition ; l’amour, une duperie, et le mariage, un marécage ; la richesse, mal acquise, et la réussite sociale, une « grimace » trompeuse ; la presse, anesthésiante et désinformatrice, et le personnel politique, indifférent aux misères sociales et seulement soucieux de ses prébendes. Sa grande originalité est d’étendre la contestation au langage lui-même, grâce auquel les classes dominantes obtiennent la soumission et le respect des dominés et perpétuent un ordre social inégalitaire : le langage est une fausse monnaie qui sert aux échanges inégaux entre les classes et entre les sexes.

Mirbeau parvient cependant à nous faire rire de ce qui devrait plutôt nous désespérer, dans l’espoir que l’étincelle de la conscience nous aidera à mieux vivre, à mieux exercer notre liberté et à mieux nous révolter.

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] De la moralité à la farce

Tout en se situant dans la continuité des moralités médiévales, qui avaient un but pédagogique et moralisateur, Mirbeau a choisi délibérément le registre de la farce, où le grossissement, l’emballement, la caricature, les jeux de mots, le grotesque et l’absurde sont de mise et garantissent l’indispensable distanciation, sans prétention au moindre réalisme. Il anticipe tout à la fois le théâtre de Bertolt Brecht, de Marcel Aymé, d’Harold Pinter et surtout d’Eugène Ionesco[1].

[modifier] Notes

  1. Voir Pierre Michel, « Les Farces et moralités », dans les Actes du colloque Octave Mirbeau d’Angers, Presses de l’Université d'Angers, 1992, pp. 379-392 et « Mirbeau, Eugène Ionesco et le théâtre de l’absurde », Cahiers Octave Mirbeau, n° 13, 2006, pp. 159-170.

[modifier] Liens externes

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues